2. Ici-bas

 

Chapitre 2 - Ici-bas

 

Peu après la tombée de la nuit, on sonna les cloches du repas. Les Rassemblés se regroupèrent à l'intérieur et s'attablèrent dans un joyeux désordre, mélangeant clans et familles, jeunes et vieux, nomades et sédentaires. Les servantes et les commis firent un service rapide avant de s'asseoir eux-mêmes à table, partout où il restait de la place. Endrin les aurait volontiers aidés, comme le faisaient souvent d'autres jeunes pendant les Rassemblements, mais à peine entrée dans la grande salle, elle s'était faite intercepter par des amis d'enfance arrivés à l'auberge dans l'après-midi, qui l'avaient invitée à rejoindre leur tablée.

Face à Endrin, Ull des Skoll se tenait debout, occupée à découper une miche de pain dont elle distribuait les tranches à la ronde. À côté d'elle, son frère jumeau, Frey des Skoll, était en train de faire tourner Frigg Maam en bourrique. Le frère et la sœur se ressemblaient beaucoup physiquement, avec leurs longs cheveux d'un blond cendré, leur peau pâle et leur nez pointu ; mais là où Frey arborait souvent une expression taquine, Ull avait généralement un visage plus doux et une attitude plus sérieuse. Endrin les avait toujours connus tels qu'ils étaient, et les retrouver inchangés, cette année encore, lui donnait envie de sourire.

Une fois les dernières tranches de pain distribuées, et les derniers commis installés, le repas commença pour de bon. Andrev était à la table juste en face de celle d'Endrin et des Skoll, en compagnie de Piotr des Venn et son père Asgeir, ainsi que divers membres d'autres clans et familles. Un peu plus loin, Azar remplissait à lui seul un tiers de l'espace sonore, son timbre sonore surpassant le raclement des fourchettes et le tintement des bols en fer-blanc.

Ull et Frey racontèrent à Endrin les événements marquants de leur année, notamment l'épidémie qui avait décimé les chevaux que leur clan s'apprêtait à dresser.

-       Donc quand on a perdu tous les poulains, conclut Frey en parlant la bouche pleine, les chefs de clan ont décidé qu'on dresserait un peu plus de munnins cette année, et Mom a réussi à en choper une demi-douzaine...

-       Tant que ça ? s'étonna Frigg Maam, qui était en train de couper le saumon d'un de ses petits frères assis à côté. Les parents ne vous ont pas attaqués quand vous avez pris leurs petits ?

-       Non, parce que Mom et les autres ont fait attention à ne prendre qu'un seul munnin par couvée, expliqua Ull.

-       Ouais, bref, fit Frey. Le dressage est allé vachement vite, après. C'est fou ce qu'ils sont malins, ces oiseaux, et ils tiennent mieux le coup que les chevaux quand il fait froid...

-       Ils sont plus confortables, aussi, renchérit sa sœur en reprenant du fromage. Et plus facile à nourrir, ils ne sont pas difficiles.

Frey hocha la tête en s'essuyant la bouche avec sa manche. Il avait sur le menton une cicatrice droite qui se détachait sur sa peau pâle, à l'endroit où il était tombé après que Skadi des Vrak, une autre de leurs amis d'enfance, l'avait poussé quand ils avaient sept ou huit ans. Endrin se souvenait qu'il y avait eu du sang partout et de longues, longues remontrances de la part des adultes.

-       Quand les munnins deviennent grands, ils peuvent voler, déclara le petit frère de Frigg Maam qui guettait l'occasion de prendre part à leur conversation.

-       C'est un peu gros pour voler, lui fit remarquer Frigg. Mange plutôt tes patates, au lieu de dire des bêtises.

-       Mais c'est vrai, protesta le garçon. C'était écrit dans un des livres d'Azar !

Ull adressa à Endrin un sourire en coin, et les losanges de bois et de métal qu'elle portait aux oreilles tintèrent quand elle pencha la tête sur le côté.

-       Tu vois lequel, je suppose ? lui demanda-t-elle.

-       Je crois, répondit Endrin. Ça doit être un des bestiaires, il y en a un qui parle des animaux domestiques, et il y a tout un chapitre sur les montures...

-       Oui, c'est ça ! fit le petit Maam. Dedans ils disent qu'au Sud, les gens chevauchaient des varans, avant !

Frey ricana.

-       Ces espèces de gros lézards, c'est ça ? Ça doit se traîner beaucoup trop lentement !

-       Bah, les Sudistes s'en fichent, ils ont du temps à perdre, s'amusa Frigg. Pas d'hiver, pas de feux à allumer, rien à craindre pour leurs récoltes...

-       Mais ils ne montent plus ces bestioles-là, maintenant, relança son frère. Ils n'ont plus besoin des animaux, ils ont des machines à la place !

Endrin grattait les écailles de sa peau de saumon, Ull émiettait son pain.

-       Peu importe ce qu'ils ont, dit Frey en haussant les épaules. Tu voudras monter nos munnins, Endrin ?

Elle acquiesça en souriant. Ull proposa au petit Maam d'essayer, lui aussi, mais il s'était déjà détourné d'eux et rejoignait les enfants de son âge qui préparaient une énième poursuite.

Andrev mangeait lentement, relevant la tête de temps à autre pour balayer du regard la table d'en face. La plupart de ses voisins s'étaient lancés dans une discussion à propos de l'expédition de pêche qui partirait de l'auberge dans deux ou trois semaines, avant que l'hiver ne les frappe de toute sa vigueur. Deux hommes, Asgeir des Venn et Georg Maam, juste à la droite d'Andrev, avaient cependant entamé une autre conversation, à voix basse.

-       Tu les as vus, toi aussi ? demandait Georg Maam.

-       Oui, répondit Asgeir tout bas. J'étais avec mes enfants en bordure de la forêt, et ils sont passés juste au-dessus de nous.

-       J'ai dû les voir au même moment. J'avais toujours cru que ça ressemblait à des nuages comme les autres, mais finalement... Impossible de s'y tromper, hein ?

Asgeir secoua la tête en se resservant de la bière blonde. Le père Maam regardait la table d'un air absent, tout à son souvenir.

-       J'aurais préféré que mes enfants ne les voient jamais, reprit Asgeir en jetant un coup d'œil furtif à son fils Piotr, qui participait à une autre conversation. Maintenant, ils y pensent. Trop souvent. Je n'aime pas ça - on dirait qu'ils veulent y aller, eux aussi, mais cet endroit...

Il fit un geste équivoque, le front plissé par l'inquiétude, puis reprit une gorgée de sa boisson. Le père Maam marmonna un assentiment.

-       Pourtant, l'Université continue d'attirer les foules, fit-il remarquer. ‘Doit bien y avoir quelque chose de bon là-bas.

-       Je ne parle pas de l'Université, répliqua Asgeir. Ce sont les États Suspendus eux-mêmes qui m'inquiètent.

-       On n'en sait foutre rien, des États.

-       C'est bien ce qui me fait peur. On ne sait rien. L'Université, certains d'entre nous y sont allés, et ils sont revenus, ils ont raconté ; on sait à peu près à quoi ressemble la vie là-bas.

Le père Maam, qui avait surpris le regard d'Andrev, se pencha vers lui.

-       Sonja y est allée, pas vrai ? Il y a longtemps.

Andrev hocha la tête et détourna ses yeux noirs. À la table d'en face, Endrin souriait.

-       Mais les États Suspendus, reprit Asgeir, on n'a aucune idée de ce qui s'y passe, on ne sait même pas vraiment ce qui s'y trouve... Je ne veux pas que mes gosses cherchent à monter là-haut, murmura-t-il.

Georg Maam lui tapota l'épaule en un geste réconfortant.

-       Tu sais bien comment ça se passe. Te fais pas de mouron. Les jeunes y pensent quand ils les voient, ça leur trotte dans la tête un moment, puis ils oublient. Personne n'y monte jamais, de toute façon. Ou alors c'est vraiment très rare.

-       On n'en sait rien, fit remarquer Andrev à mi-voix. Tu l'as dit toi-même.

-       Peut-être que c'est juste très secret, murmura Asgeir.

Ils échangèrent des regards indéchiffrables.

-       Peu importe, on est bien mieux ici-bas à se les peler, marmonna le père Maam avant d'avaler d'un trait ce qui lui restait de bière.

 

*

 

Le repas touchait à sa fin, les conversations s'étiraient en longueur. Plus personne ne mangeait grand-chose, les gens se levaient, changeaient de table, allaient coucher leurs enfants. Certains s'étaient même endormis sur place, tandis que d'autres étaient toujours en train de trinquer. Les feux des deux cheminées craquaient encore par moments, mais la plupart des braises retournaient lentement à leur sommeil de cendre.

Endrin avait récupéré ses fourrures, s'était enveloppée dedans et blottie dans un fauteuil, les bras autour des genoux qu'elle avait serrés contre sa poitrine. Seul le haut de son visage était visible, et ses yeux brillaient, papillonnaient, comme indécis quant à la nouvelle couleur qu'ils allaient prendre. Frey somnolait dans le fauteuil voisin, le visage enfoui dans ses bras, ses longs cheveux blonds trempant un peu dans son assiette ; Ull, quant à elle, était déjà partie se coucher.

Azar donna le signe du rassemblement avant que tout le monde ne s'endorme. Les rescapés se regroupèrent aussitôt autour d'une des cheminées, en un large demi-cercle décousu, serrés les uns contre les autres, assis par terre, sur les bancs, sur les tables. Frey fit signe à Andrev de les rejoindre, Endrin et lui.

L'aubergiste était installé au centre du demi-cercle, face aux autres, un peu décalé par rapport au feu qui ronflait dans son dos. Il parcourait l'assistance des yeux avec un grand sourire. Endrin savait que c'était le moment de la soirée qu'il préférait. Lorsqu'il croisa son regard, noisette et bruyère, il cligna affectueusement des yeux, et elle se redressa dans son fauteuil, se préparant à la suite.

Les chuchotements s'étouffèrent sans que personne n'ait besoin d'en donner l'ordre. Alors, les Rassemblés entonnèrent leur air traditionnel. Au début, ce fut à peine perceptible ; un murmure dans les rangs, un rire chuchoté, quelques raclements de gorge ; ensuite le bruit prit de l'ampleur. Les Rassemblés se redressaient, levaient le menton, posaient leurs verres pour se joindre à la mélopée qui gagnait en intensité. Progressivement, chacun retrouvait la hauteur qui lui était propre, les visages se faisaient plus sérieux et le volume grimpait.

Lorsque toutes les voix eurent trouvé leur place, la chanson partit pour de bon. Il n'y eut pas de signe donné pour le départ, et certains commencèrent un peu en décalé, s'arrêtèrent, reprirent ; les autres entendaient, attendaient. Ils s'accordaient. La mélodie était simple, toute la finesse résidant dans l'enchevêtrement des voix ; le sens exact des paroles échappait aux convives qui ne maîtrisaient pas la langue des nomades, comme Endrin ou Azar, mais ce n'était pas important. On leur en avait dit assez : ils savaient que c'était un chant d'hiver, le chant qui en appelait aux esprits et aux éléments, qui renvoyait les Hommes à l'intérieur d'eux-mêmes et à l'intérieur des autres, là où brûlait ce feu qui réchauffait leurs contrées enneigées.

Frey et Andrev chantaient tout bas, dans les tons graves, mais Endrin y allait plus franchement, malgré sa voix faiblarde qui s'enrouait un peu dès qu'elle se risquait vers les aigus. Elle regardait fixement le visage d'Azar ; sa joie y était peinte en couleurs vives, la ferveur qu'il mettait dans la chanson avait rendu son front moite, il irradiait l'affection et la bonne humeur.

Les chanteurs commençaient à éprouver les frissons caractéristiques des chants d'hiver au creux de leurs dos ; quelques-uns tapaient contre les tables ou dans leurs mains pour accompagner l'air. D'ordinaire, la chanson durait encore un bon moment, jusqu'à ce que le rythme devienne erratique, effréné, jusqu'à ce que les vieux se mettent à tousser ou à rire, jusqu'à ce qu'enfin Azar ne tienne plus en place, se lève et se mette à danser.

Ce qui signa la fin du chant cette fois-ci, ce fut un tumulte qui venait du dehors, auquel de plus en plus d'oreilles prêtèrent attention parmi l'assemblée ; et lorsque la porte s'ouvrit avec fracas, toutes les voix se turent en chœur. Une dizaine de personnes déboulèrent dans la pièce qui s'emplit soudain d'un courant d'urgence. Ils portaient quelqu'un dans leurs bras ; l'un se détacha du groupe pour courir vers Azar, qui avait sauté sur ses pieds dès que la porte avait claqué.

-       Nous avons une blessée grave, lança l'homme d'une voix forte.

Il s'efforçait visiblement de garder son sang-froid. Endrin le reconnut comme Garig des Belt, l'un des chefs du clan qu'on avait attendu en vain toute la journée. Les nouveaux arrivants le suivirent, l'air éperdu. Ils avaient le souffle court et plusieurs d'entre eux portaient des plaies au visage. D'autres boitaient.

Azar dégagea hâtivement un espace autour d'une grande table où on déposa la blessée. C'était une jeune femme, apparemment inconsciente mais agitée de frissons irrépressibles, aux vêtements trempés d'un mélange de neige et de sang. L'aubergiste aboya des ordres et des commis s'élancèrent dans plusieurs directions différentes, tandis que Sonja et le père Maam accouraient vers la table pour examiner la femme. Derrière eux, les gens s'agitaient, inquiets, partagés entre leur désir de savoir ce qui s'était passé et leur crainte de gêner les soins. Azar était trop occupé lui-même à poser des questions pressées aux nomades du clan Belt, il ne pouvait pas s'occuper des autres.

Endrin grimpa sur une table.

-       S'il vous plaît ! interpella-t-elle l'assemblée en poussant sur sa voix. Regagnez tous vos couches et tâchez de dormir, il n'y a rien que nous puissions faire ce soir...

La foule était agitée, les visages plissés par l'angoisse - personne ne l'entendit. Frey grogna et rejoignit Endrin d'un bond.

-       Ho ! rugit-il. Lytts, réfléchissez un peu au lieu de paniquer ! Le clan Belt nous aurait avertis tout de suite s'il y avait le moindre risque. On fait que gêner, là, alors tout le monde au lit !

Ses paroles portèrent. Les gens grimpèrent l'escalier ou se dirigèrent vers leurs tentes en toute hâte. Très vite, il ne resta plus dans la salle que les hommes du clan Belt, avec Azar, Sonja et le père Maam qui examinaient la femme, et Endrin, Frey et Andrev qui mettaient un peu d'ordre parmi les tables et les chaises.

Les commis revinrent, chargés d'une grande bassine d'eau chaude, de couvertures propres et de la pharmacie de l'auberge.

-       Andrev, appela Sonja, apporte-moi mes affaires. Tout est à l'étage.

Le garçon s'élança vers l'escalier. Endrin et Frey le suivirent des yeux tandis qu'il grimpait les marches.

-       Si elle a besoin de son matériel shamanique, souffla Frey, ça veut dire que...

Endrin hocha la tête en se mordant les lèvres.

-       Qu'il y a des esprits impliqués, oui, confirma-t-elle dans un murmure.

Frey fit une grimace qui souligna brièvement la cicatrice de son menton, puis ils se tournèrent vers la table où la jeune femme respirait faiblement. On lui avait retiré sa veste. Sa tunique était en lambeaux, tachée du sang de dizaines de plaies réparties sur tout son torse et ses bras. Aucun animal ne pouvait causer ce genre de blessures. C'était bien là l'œuvre de quelque chose qui n'était ni humain, ni animal.

En s'écartant pour laisser plus de place au père Maam, Azar surprit le regard d'Endrin, fronça les sourcils et abandonna le groupe quelques instants.

-       Vous ne pouvez plus rien faire, maintenant, leur intima-t-il. Merci pour tout à l'heure, mais allez vous coucher, tous les deux, partez - et toi aussi, garçon, lança-t-il à Andrev qui dévalait l'escalier, un large sac de cuir entre les mains.

Azar récupéra le matériel de Sonja et congédia fermement les jeunes gens.

-       On peut dormir avec Endrin ? demanda Frey avant qu'il ne s'éloigne. Mes parents et ma sœur sont déjà couchés...

-       Dormez là si ça vous chante, grommela l'aubergiste. Mais tu leur trouves des matelas, Endrin, compris ?

Puis il retourna prestement auprès du groupe. La femme avait repris connaissance et gémissait, haletait, se débattait entre les mains de ceux qui s'efforçaient de la soigner. Lorsqu'Endrin jeta un dernier coup d'œil depuis le haut de l'escalier, Garig et un autre Belt la maintenaient fermement par les épaules, et Sonja tissait autour d'eux un sort de confinement. Sans doute pour que toute l'auberge ne résonne pas des cris de la jeune femme.

 

*

 

-       Restez là, dit Endrin en allumant la lanterne de son bureau. Je vais vous chercher de quoi dormir.

-       Tu veux pas qu'on s'en charge ? proposa Frey.

Endrin secoua la tête et ressortit dans le couloir en direction de la remise. Andrev attrapa le briquet de silex qu'Endrin avait laissé traîner et alluma les deux autres lanternes, une sur la table de nuit et une sur la fenêtre. L'auberge était le seul bâtiment nordiste à disposer de fenêtres en verre, et celle de la chambre d'Endrin donnait sur l'arrière de l'auberge. Quelques tentes avaient été dressées de ce côté-là, et on apercevait aussi une grange un peu plus loin, mais au-delà, il n'y avait que la forêt. Les silhouettes des arbres les plus proches se dessinaient vaguement à la lueur des torches ; on ne distinguait rien d'autre, la nuit noire plongeait le reste dans l'obscurité.

-       Il fait bon ici, remarqua Frey, les poings sur les hanches.

La pièce était pourtant dépourvue de cheminée.

-       Endrin a tissé des sorts de chaleur, je pense, dit Andrev.

-       Elle sait faire ça ?

Andrev hocha la tête. Sa shaman de mère le lui avait appris l'an dernier, et Endrin l'avait tout simplement imité. Elle était douée. Il balaya la chambre du regard.

Il y avait des livres partout. Dans les étagères, serrés les uns contre les autres, rangés selon un ordre mystérieux, mais aussi par terre, en piles hasardeuses, et sur le lit, sur le montant de la fenêtre - partout. Plusieurs carnets s'amoncelaient sur le bureau, avec des feuillets couverts de l'écriture illisible d'Endrin, qu'Andrev ne chercha pas à déchiffrer ; çà et là dépassaient entre les pages des tiges de fleurs séchées, des plumes et de petits fragments d'écorce. Sous le bureau se trouvaient des nécessaires à couture et un tas de bûchettes surmonté d'un couteau sculpteur ; en face, sur ses étagères, Endrin empilait indifféremment des tas de linge ou des pierres peintes, des fossiles, du verre poli, du bois flotté ; tout ce qu'elle pouvait dénicher quand elle avait l'occasion de quitter l'auberge.

-       Tu cherches ses culottes, ou quoi ? demanda Frey d'un ton narquois.

-       Pas du tout, répliqua Andrev.

Il détourna quand même le regard, sans trop savoir où le poser dans tout ce désordre, et finit par contempler les tissus ornementés, aux couleurs tour à tour sombres et chatoyantes, qu'Endrin avait accrochés aux murs. Frey eut un petit rire, puis redevint sérieux.

-       Sacrée scène, tout à l'heure, fit-il en nattant ses cheveux blonds. Je suis bien content de pas avoir à dormir dehors ce soir.

-       Ils ont posté des vigiles, remarqua Andrev en regardant à nouveau par la fenêtre. Et les shamans doivent être sur leurs gardes.

-       C'était aussi une shaman, elle - la fille sur la table. Tu l'as pas reconnue ? Valle des Belt. Elle avait donné le départ du Brasier, l'an dernier.

Andrev hocha légèrement la tête. Endrin fit irruption, traînant derrière elle deux matelas qui avaient connu des jours meilleurs, et ferma la porte.

-       Il ne restait que ça, lança-t-elle en écartant ce qui traînait pour faire de la place.

Elle leur jeta un coussin et une couverture à chacun, puis entreprit de mettre de l'ordre sur son propre lit. Les deux garçons s'installèrent tant bien que mal. Frey enleva ses chaussures et s'étendit immédiatement sur son matelas, les bras croisés sous la nuque, tandis qu'Endrin secouait ses couvertures. Andrev préféra s'installer sur la chaise du bureau. Elle le remarqua et eut un soupir.

-       Vous voulez discuter ?

-       Tu sais bien qu'on coupe jamais aux discussions quand Andrev est de la partie. C'est vraiment terrible d'être aussi bavard, ironisa Frey en époussetant la poussière de sa couche.

-       Je suis fatiguée, dit Endrin en ôtant à son tour ses chaussures, puis sa veste.

Gardant sur elle sa tunique et ses chausses, elle se glissa dans son lit.

-       Qu'est-ce que c'était ? demanda Frey en plissant légèrement le front, une fois qu'Endrin eut rabattu ses couvertures sur elle. Ce qui a attaqué Valle des Belt. J'imagine que tu le sais, Endrin ?

-       Éteins la lanterne du bureau.

Frey s'exécuta puis se retourna vers elle, attendant sa réponse.

-       C'était un Pan, finit-elle par marmonner.

-       Un Pan ? s'étonna Frey. Mais les Pans n'attaquent quasiment jamais, non ?

-       Ils ont fait des ravages il y a quelques années, intervint Andrev. Aucun esprit n'est complètement inoffensif.

Frey se redressa et soupira, résigné. Quand ça causait esprits, il était habitué à se retrouver à la traîne ; Andrev était le fils d'une shaman, et Endrin était... Endrin.

-       Bon, vas-y, lança-t-il au Wa. Explique-moi.

-       T'expliquer quoi ?

-       Pourquoi ils ont attaqué ? Valle aurait fait quelque chose de mal à leurs yeux ?

-       Pas forcément. Les esprits n'ont pas les mêmes notions que nous en ce qui concerne le bien et le mal, dit Andrev. Ils peuvent se montrer durs... cruels, selon notre point de vue.

Endrin hocha légèrement la tête, puis se pencha vers la fenêtre pour éteindre la deuxième lanterne sans avoir à quitter la chaleur de son lit.

-       Ils ne veulent peut-être pas faire de mal, poursuivit Andrev. Mais ils ne se rendent pas compte.

Il coula un regard vers Endrin. Elle gardait les yeux baissés.

-       Ou alors ils en sont parfaitement conscients, reprit-il, mais ils ont des raisons qu'on ne peut pas comprendre. Ils ne sont pas humains - même si certains nous ressemblent vaguement, il ne faut pas s'y tromper. On ne peut pas expliquer ce qu'ils font, ni prévoir comment ils vont réagir.

-       Donc faut toujours se méfier d'eux, c'est ça ?

Andrev secoua gravement la tête.

-       Pas forcément, dit-il.

-       Peut-être qu'on est juste censés recevoir ce qu'ils nous donnent, murmura Endrin. Quoi que ce soit. De la même manière qu'on reçoit la neige en hiver.

-       Mais Valle ne méritait pas une chose pareille. Personne ici ne mérite une chose pareille.

-       Ce n'est pas une question de mérite, dit Andrev. Les fjords ne méritent pas de geler en hiver, ni les bouleaux de perdre leurs feuilles. Mais les choses se passent comme ça.

Frey les dévisagea l'un après l'autre, sourcils froncés, puis gratta distraitement sa cicatrice avant de lancer :

-       Alors selon vous, ils nous blessent, ils nous tuent, mais c'est dans l'ordre des choses et on ne peut rien y faire ? Laissons-nous tous tuer, dans ce cas, non ?

-       Ne dis pas ça, Frey, répliqua Endrin d'un ton tendu. On vit ici et ils vivent ici, c'est tout. On s'accommode bien du froid, alors qu'il tue chaque année, lui aussi. Pourquoi pas des esprits...

-       Tu préférerais qu'on les chasse, tous ? demanda Andrev à mi-voix. Les Pans et les autres... Tu voudrais qu'on fasse comme les Sudistes, les repousser loin de chez nous pour être tranquilles ?

-       Branns, Andrev, les rares fois où tu parles, tu me fais regretter de poser des questions, rétorqua Frey. C'est peut-être évident chez les Wa, mais chez nous, les esprits font régulièrement des misères aux chevaux, tu sais ?

-       Je sais, marmonna Andrev sur un ton d'excuse. Je comprends. Pour nous non plus, ce n'est pas toujours facile. Mais on peut vivre avec eux... quand même. C'est bien ce qu'on fait en hiver.

Frey jeta un coup d'œil fugitif à Endrin, qui gardait les yeux baissés sur ses mains, triturant ses couvertures. Puis il soupira, croisa les bras.

-       Je sais bien que t'as raison, lança-t-il finalement. Pas question de faire comme les Sudistes, je ne veux rien avoir à faire avec eux, ni leurs machines bizarroïdes ni rien d'autre. Mais je n'aime pas non plus l'idée d'être à la merci des esprits les trois quarts de l'année. Ça me met en colère.

-       Les Sudistes aussi devaient être en colère quand ils les ont chassés, remarqua Endrin à mi-voix.

Frey haussa les épaules, l'air gêné.

-       Je suis pas comme les Sudistes, répéta-t-il. Ça me met en colère, mais je... Bah, je ferai comme vous dites. Je continuerai à m'accommoder.

Ils se turent un instant.

-       Je préfère ce monde-là à celui qui s'étend au Sud, dit Andrev.

-       Ouais, moi aussi. Largement. Et ta mère saura guérir Valle.

-       Peut-être.

La flamme de la dernière lanterne vacillait. Endrin avait les paupières qui papillonnaient - ses yeux noisette et bruyère brillaient de fatigue. Andrev quitta le fauteuil du bureau pour aller s'étendre sur son matelas, en prenant juste le temps d'enlever, à son tour, chaussures et veste.

-       Hé, Endrin, demanda quand même Frey avant qu'elle n'éteigne la lanterne, tu veux devenir shaman toi aussi, pas vrai ?

Elle suspendit son geste.

-       Non. Enfin, je ne sais pas.

-       Mais tu pourrais, non ? Avec les esprits, tu... tu sais y faire, quoi.

Andrev regarda Frey en fronçant les sourcils, comme pour le dissuader d'aborder ce sujet-là.

-       Je ne sais pas, répéta Endrin. Je suis fatiguée, Frey...

-       D'accord, d'accord. Tu peux éteindre. Bonne nuit.

Endrin souffla la flamme. 

 

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C. Kean
Posté le 06/12/2020
Hey ! J'ai lu ce chapitre la semaine dernière et je n'avais pas trouvé le temps de laisser trace de mon passage. Je viens corriger cela !
Je trouve que tu introduis ici les différents éléments de ton univers de façon très troublante, notamment en minimisant l'importance de l'Université (qui donne son titre au roman) par rapport à celle des Etats Suspendus. Et je trouve ce trouble très cool, déstabilisant, qui vient redéfinir nos attentes et notre approche de l'histoire. Puis, on a bien envie de lier ces Etats suspendus au prologue où il est question de descendre, ce qui donne une dimension plus vaste au cadre de l'histoire avec ces cheminements horizontaux des peuples nomades nordiques, et des périples qui pourraient quant à eux se faire verticalement.
J'ai bien aimé aussi ce qu'on découvre un peu plus de la présence des Esprits. J'ai bien hâte de voir comment se déploie le rôle des shamans par rapport à eux dans ton univers, c'est en tout cas une figure que j'ai pas mal étudié et que j'aime beaucoup.

Je te laisse finalement avec mes deux/trois remarques de lecture :
*« Un peu plus loin, Azar remplissait à lui seul un tiers de l'espace sonore, son timbre sonore surpassant le raclement des fourchettes et le tintement des bols en fer-blanc. » : très lourde répétition.

* « un peu décalé par rapport au feu qui ronflait dans son dos. » : avant on en était à des braises qui commençaient à refroidir.

* « Andrev hocha la tête. Sa shaman de mère le lui avait appris l'an dernier » : on a compris que sa mère était shaman, la tournure « sa shaman de mère » sonne assez péjorative.

A bientôt !
EryBlack
Posté le 06/12/2020
Hey ! Merci d'avoir pris le temps de me laisser ton retour !
Ça me fait super plaisir ce que tu dis, car je crois que ce trouble a déstabilisé beaucoup de monde et on m'a parfois "reproché" (toutes proportions gardées, hein, on parle de retours bienveillants ^^) une certaine confusion entre Université et États Suspendus. Mais je suis heureuse que ce ne soit pas tout à fait clair, d'autant plus que comme tu l'as senti, les États sont bien à lier au prologue !
J'espère que mes shamans te convaincront. Je ne suis pas beaucoup renseignée, j'ai surtout puisé dans ce que mon imagination déclenchait par rapport à cette fonction.
Oh, fort bonnes remarques, merci beaucoup ! Je vais rouvrir ma réécriture pour voir si tout ça a déjà été corrigé ou non ^^
À plusse !
Cherry
Posté le 04/12/2020
Hello (Désolée pour le retard !)
Je m'étais engagé à lire le plus d'histoires possibles pour les HO, mais avec les partiels c'est pas gagné :/
La première partie de ce chapitre m'a un peu perdue. Je veux dire qu'on a une foule de personnages nouveaux qui interagissent en même temps. J'ai eu du mal à repérer qui parlait avec qui toutefois, j'ai adoré l'ambiance ! Je me suis crue près d'une cheminée dans un château en fête :) surtout quand ils ont chanté ensemble ! Et Andrev et Frey, je les aime déjà. Leurs interactions sont drôles et contradictoires. Tu as bien travaillé les personnages et ça se sent.

A plus !
EryBlack
Posté le 04/12/2020
Salut ! Ah courage pour les partiels, ce n'est jamais une période facile. Fais comme tu peux pour les HO, il n'y a aucune culpabilité à avoir ^^ (et les histoires PAennes ne bougeront pas, c'est ça qu'est bien !!)
Ah oui oui, beaucoup de lecteurs m'ont dit avoir été paumés par la multitude de personnages. J'ai essayé de retravailler ça. D'un coté, ça me plaît qu'on soit perdu, parce qu'il y a plein de monde à ce Rassemblement, cette profusion est donc complètement voulue. Mais si on ne peut pas repérer qui sont les personnages importants, c'est quand même un problème. Bref, ta remarque me conforte dans l'idée que j'ai bien fait de retravailler ce point ! Merci pour l'ambiance, contente que ça te plaise malgré tout <3
Je ne sais pas si j'ai tant que ça travaillé les personnages... Je crois qu'ils se sont vraiment construits par nécessité les uns par rapport aux autres. Andrev parce qu'il fallait quelqu'un pour aimer Endrin, Frey parce qu'il fallait un boute-en-train qui puisse dérider Endrin et Andrev, sinon on s'ennuierait... En tout cas, chouette si ça fonctionne ^^
Merci encore pour tes commentaires !
Codan
Posté le 05/01/2020
Coucou !

J'ai beaucoup aimé ce chapitre. Il introduit beaucoup de choses de ton monde, plus de personnages, et il accélère le rythme. Déjà, il introduit également l'Université. Je commence sérieusement à me poser des questions sur celle-ci, parce que si elle est en titre, c'est qu'elle est importante !

J'aime beaucoup le monde que tu dessines. La confrontation entre le Sud, moderne, qui a chassé les esprits, et le Nord, qui vit encore avec eux, dresse la thématique de la modernité et de ses conséquences sur nos traditions et nos cultures. J'ai tiqué quand j'ai vu les États suspendus : serait-ce de là que les gens du prologue sont issus ? Qu'est-ce que c'est ? Ça attise tellement ma curiosité !

Concernant les personnage, j'aime beaucoup Frey, il fait le pendant un peu plus léger des deux personnages assez sérieux que sont Andrev et Endrin. On a vraiment besoin de lui. N'ayant pas encore vu sa soeur jumelle en action, je ne peux pas trop en dire, mais j'espère juste qu'elle n'est pas là uniquement pour mettre en valeur Frey et que leur lien va être bien exploité ! (... oui j'ai moi-même un jumeau, ça m'enquiquinerai de n'être que son faire-valoir xD)

Bref, un chapitre riche, que j'ai beaucoup apprécié !
EryBlack
Posté le 13/11/2020
Je continue mes réponses tardives.
Héhé, ravie que les questions arrivent sur l'Université ! Bon, avec le recul, je trouve ma version maladroite, car par la suite j'entretiens peu le mystère, mais déjà je suis contente si au moment où on commençait à l'évoquer, c'était accrocheur.
Merci pour tes impressions sur le Sud et le Nord ! C'est tout à fait raccord avec ce que je voulais transmettre. Quant aux États, motus 8)
Ah oui Frey a été créé précisément pour apporter un peu de vie dans ces chapitres, on s'ennuierait beaucoup sans lui ! J'espère que sa soeur Ul a trouvé grâce à tes yeux.
Merci encore.
Envoleelo
Posté le 29/12/2019
Je continue sur ma lancée !
Toujours aussi fan. Les événements se précipitent un petit peu avec l'arrivée de cette blessée, ça te permet d'aborder la thématique des esprits. C'est très délicat pour le lecteur et en même temps tu en dis beaucoup sur ton monde en procédant de la sorte.

Petit bémol, j'ai parfois trouvé qu'il y avait trop d'adverbes. C'est drôle parce que c'est un travers dans lequel je tombe souvent moi-même, je comprends donc très bien pourquoi tu les as mis. Mais en tant que lectrice, je trouve qu'ils alourdissent un peu le passage, par exemple :
"mais là où Frey arborait souvent une expression taquine, Ull avait généralement un visage plus doux et une attitude plus sérieuse"
Souvent / Généralement, je trouve que ça fait trop, ç
Envoleelo
Posté le 29/12/2019
Ça casse le rythme de la phrase (désolée, j'ai validé mon commentaire en cliquant n'importe où sur mon clavier...).

Peut-être aussi la fin de chapitre qui tombe un peu à plat par rapport au reste qui est très enlevé : la réplique d'Endrin, par exemple, est un peu diluée. Je trouverais ça plus fort qu'elle dise juste "je suis fatiguée", sans le "je ne sais pas" juste avant ; ça aurait un côté plus sec et on percevrait encore mieux le malaise que lui procure cette question.
EryBlack
Posté le 13/11/2020
Et je continue ma série de réponses ! Merci encore pour tes commentaires super encourageants <3
J'ai beaucoup réécrit depuis l'année dernière, donc je crois que mes adverbes sont moins envahissants (même si ma grand-mère m'a fait remarquer que je répétais "furtivement" plus de 14 fois dans le premier tome... !) . Ta suggestion sur la fin du chapitre est bonne aussi. Merci !
Zenodote
Posté le 17/06/2018
Coucou Eryblack,
Après un petit temps d'acclimation à ce site qu'on ne retiendra pas dans les annales de l'ergonomie, j'ai enfin trouvé ton roman!
Je comprends pourquoi mon premier chapitre t'a plu, car je trouve plein de similitudes dans nos débuts respectifs, comme par exemple l'évocation d'éléments inconnus du lecteur (les munnins, l'Université, les esprits) avec des détails par-ci par-là pour titiller l'imagination sans la laisser complètement dans le vide, ou comme l'introduction des personnages dans des premières scènes riches en mouvements pour rentrer vite dans l'histoire.
La narration est vraiment maîtrisée, en tant que lecteur on a tout de suite l'impression qu'on entre dans un monde "clos", avec sa propre logique et sa propre histoire, on sent qu'en tant qu'auteur tu mènes la danse sans forcer l'imagination, tu poses l'intrigue par petites touches habiles, tu nous fais naviguer d'un personnage à l'autre sans effort. Et enfin le style est travaillé mais pas pompeux, bref que du bonheur!
J'ai cependant quelques remarques, je te les livre en vrac:
A mon sens, le premier chapitre évoque un peu trop souvent le ballet des voyageurs et des commis, les discours d'accueil d'Azar, les enfants qui courent. Tous ces éléments brossent parfaitement le tableau de l'auberge qui fourmille d'activité, cependant je pense qu'ils pourraient être assemblés avec plus d'efficacité et d'économie. Je ne dirais pas la même chose si ce passage arrivait plus tard dans le récit, mais comme il s'agit du premier chapitre, il vaut mieux que l'attention du lecteur ne se relâche pas un instant :)
Je n'ai rien à redire sur le deuxième chapitre, c'est très fluide, très intriguant, le système magique que tu mets en place semble vraiment solide, avec ses sorts "tissés" et ses références au monde shamanique. Je trouve l'écriture presque poétique par endroit sans pour autant manquer à ses devoirs de vectrice du récit. Les objets qui vont et viennent (chaises, lanternes, bois, matelas) enrichissent les scènes et rendent les dialogues plus réalistes. Le personnage d'Endrin est à la hauteur de son statut d'héroïne, elle se détache du paysage et se fond à la fois dedans, on a hâte de mieux connaître ses particularités et de comprendre leurs origines (est-elle mi-esprit mi-humaine?).
Un petit hic concernant le style quand même: nous avons le même défaut, à savoir la tendance à abuser des adverbes et des participes présent ("apparemment", "visiblement", "prudemment, "brusquement", "en prenant" etc.). Dans bien des cas, ces mots qui alourdissent le texte peuvent être enlevés ou remplacés par des expressions plus fluides ("prudemment" = "avec prudence"). Un conseil: tape "ment " dans la barre de recherche sur word, et demande-toi pour chaque adverbe qui tombera dans les résultats s'il vaut la peine d'être gardé... J'ai dû retirer une centaine d'adverbes avec cette technique, et même si ça a été dur de les effacer sur le coup, mon texte n'en a pas souffert, au contraire :D
Enfin, dernière remarque, typographique cette fois: pour les dialogues, le tiret cadratin (—) est plus adapté. Sur word, en faisant "remplacer - par —", tu obtiendras une présentation beaucoup plus pro en un clin d'oeil. Et il ne faut pas oublier de mettre un petit alinéa au début de chaque retour paragraphe. Là encore, je crois que tu peux modifier facilement tout le texte en bidouillant les paramètres de ton document.
Voilà voilà, j'ai hâte de lire la suite, à très bientôt!
Zénodote / Grive
EryBlack
Posté le 17/06/2018
Hé, coucou Zénodote ! Très bonne surprise de te retrouver ici :D
Ah ça oui, ce site est pas évident à prendre en main :') nos admines travaillent actuellement sur une nouvelle version du site qui sera incomparablement mieux - mais c'est du gros boulot ! En tout cas, bravo pour avoir bravé les obstacles de FPA et ne t'en fais pas, on prend rapidement l'habitude tout de même ^^
Waouh, ben après t'avoir lue je dois dire que je suis très flattée de cette comparaison ^^ Merci beaucoup pour ces compliments qui me touchent ! Et un grand merci également pour tes remarques : elles sont extrêmement justes et c'est super intéressant pour moi, l'oeil neuf que tu poses sur cette histoire. Le souci principal avec ce début, c'est que la première version date d'il y a un moment (été 2014 !) et que j'ai tout réécrit par-dessus plein de fois. Du coup, c'est un peu "patchwork" ; jusqu'ici, je n'ai encore jamais pu me résoudre à tout raser pour repartir sur du neuf, mais sans doute qu'il faudrait, afin de tout resserrer. Ton commentaire me conforte dans cette visée en tout cas.
Ça me plaît beaucoup, ce que tu dis sur le statut de héros/héroïne ! Maintenant que j'y réfléchis, c'est vrai que la plupart de mes persos préférés sont comme ça, à la fois très "installés" dans leur petit monde et à la fois en décalage. C'est très intéressant et ça me fait plaisir que le personnage d'Endrin soit apprécié, à ce stade où on en sait encore si peu sur elle.
Oh là lààà ce conseil est très très bon ! Je passe beaucoup de temps à peaufiner le style, j'aime beaucoup ça ; et là aussi le côté patchwork des premiers chapitres est embêtant. En les relisant rapidement l'autre jour, je me suis rendu compte que je trouvais ça lourd par moments... J'aimerais bien revenir dessus un de ces quatre pour tailler un peu dans les adjectifs et les adverbes. Merci beaucoup pour la technique du -ment, ça va être bien pratique !
Arf et oui, les tirets, j'ai du mal :'D Sur mon fichier a priori c'est bon, mais sur FPA c'est difficile d'ajuster la mise en page. Je revérifierai que ce soit bon partout et j'essaierai de mettre à jour è.é merci pour ton oeil aiguisé !
J'espère que la suite te plaira si tu t'y attaques, et n'hésite pas à me faire part de toutes tes remarques, tu sembles être une lectrice très pertinente <3 Pour ma part j'espère pouvoir vite aller voir ton chapitre 2 8D À très bientôt ! 
Isapass
Posté le 26/03/2018
Décidément, je suis épatée par ta plume. Ton récit est vraiment très agréable à lire : fluide, varié, riche. L'écriture se laisse oublier au profit de la narration. C'est un compliment, je précise : je veux dire que ton style est simple et recherché. Donc, on ne se bat pas avec le texte, et on peut se concentrer sur l'histoire. Et syntaxe et vocabulaire sont très imagés, ce qui permet de se projeter sans peine. J'aime beaucoup !
En ce qui concerne l'histoire : le déroulement et les détails que tu distilles donnent l'impression que tu sais pafaitement où tu vas (j'admire parce que c'est rarement mon cas, mais je sais aussi que tu as retravaillé, ce qui doit jouer aussi).
C'est drôle, je me voyais plus dans un univers d'héroic fantasy après le premier chapitre. Du coup, le passage sur les trucs volants m'a surprise. Mais dans le bon sens : j'aime beaucoup l'idée du contraste entre la simplicité de la vie des nordistes, et la technologie évoquée. 
Tu réussis déjà à rendre les trois personnages de Andrev, Endrin et Frey attachants. J'aime beaucoup l'ambiance du passage dans la chambre. 
Et encore une fois, on se pose de nombreuses questions, ce qui donne très envie de continuer.
Juste un petit détail : comme au chapitre 1, j'ai tiqué sur la répétition du mot "hiver", qui revient 4 ou 5 fois dans la conversation sur les esprits. Ca peut passer parce que le mot apparait dans les répliques, mais peut-être que tu pourrais trouver un ou deux synonymes ou périphrases... 
EryBlack
Posté le 26/03/2018
Coucou Isa, contente de te revoir par ici !
Merci pour le compliment ! Je passe beaucoup de temps à travailler sur le style. Mon objectif est effectivement de faire en sorte que la lecture soit parfaitement fluide, mais j'ai aussi un faible pour les "belles phrases" ; ces deux trucs ne vont pas toujours ensemble xD Mais si ça fonctionne, tant mieux. C'est très important pour moi qu'on puisse avoir des images en tête à la lecture, je ne sais lire que comme ça.
Oh là, ça me fait bien plaisir de donner l'impression de savoir où je vais, parce que c'est loin d'être le cas xD Ou du moins, ce n'était pas DU TOUT le cas lors de la première rédaction de ces chapitres. Maintenant, bien sûr, j'ai une idée plus précise de la suite, et comme tu dis la réécriture est passée par là pour tout rectifier. Mais il reste pas mal de zones d'ombre, donc c'est chouette si ça ne donne pas cette impression à ce stade.
Oho, alors selon toi les "trucs volants" sont forcément un signe de technologie avancée ? 8) c'est une déduction assez logique, en fait, c'est vrai. Je serais curieuse de voir comment ta vision des États Suspendus va pouvoir évoluer au fil de l'histoire.
Merci beaucoup encore ! Concernant la répétition, je note et j'essaierai de bidouiller ce dialogue ;) 
Carvage
Posté le 25/10/2017
J'ai enfin trouvé le temps de lire un peu ce qui doit être ton oeuvre majeure.
Sans surprise, je ne suis pas déçu du style, on est rapidement immergé dans l'univers, tant par les descriptions que par les dialogues. Ces derniers sont bien articulés, puisqu'ils laissent le temps de mémoriser tes personnages malgré leur nombre, et apportent des précisions sur l'univers en évitant de nous noyer sous des pages de descriptions.
A ce stade, on finit donc avec plusieurs interrogations : le rôle des esprits, les Etats suspendus et l'Université, le suspens autour de l'attaque, sans oublier le texte du prologue qui reste lourd de mystère ; peut-être est-ce des esprits ou des dieux dans les Etats suspendus qui parlaient ?
Sans surprise encore, je ne trouve pas de correction à faire, uniquement une suggestion concernant un dialogue : 
"-       Tu sais bien qu'on coupe jamais aux discussions quand Andrev est de la partie. C'est vraiment terrible d'être aussi bavard, ironisa Frey en époussetant la poussière de sa couche. "
Je mettrais la dernière partie plus en avant ; c'est vraiment infime mais ça m'a perturbé dans ma lecture :
"-       Tu sais bien qu'on coupe jamais aux discussions quand Andrev est de la partie, ironisa Frey en époussetant la poussière de sa couche. C'est vraiment terrible d'être aussi bavard."
 Je refais des commentaires pour la suite si j'en vois le besoin.
 
EryBlack
Posté le 25/10/2017
Salut Carvage ! J'ai mis un peu de temps à te répondre, désolée : j'avais besoin de ces premiers jours de vacances pour décompresser de façon radicale ^^
Je suis très heureuse que tu aies cette impression vis-à-vis des personnages : on m'a beaucoup fait remarquer qu'ils étaient difficiles à différencier, c'est un soulagement si les changements que j'ai apportés règlent un tant soit peu le problème ! Et j'essaye effectivement d'alterner la narration/description et les dialogues (c'est d'ailleurs un conseil qu'un professionnel m'a donné, je partage...), même si parfois j'ai tendance à me laisser porter par l'un ou l'autre.
Eh bien, tu te poses les bonnes questions à ce stade de l'histoire ! J'espère que tout s'éclaircira en temps voulu.
Merci pour ta remarque, elle est juste ! En effet ce n'est pas grand-chose, mais c'est le genre de détail qui contribue à améliorer l'ensemble :) Tu as très bien fait de me le signaler. 
Liné
Posté le 04/10/2017
Hello Ery,
Ce 2e chapitre est un pur régal !
Direct dans le feu de l'action, tu mentionnes les Universités et les Etats suspendus (et contrairement à certains de tes personnages, je VEUX y aller!), il y a des esprits, des blessés...
Le rythme des actions est impeccable ! J'ai le temps de me poser sur chaque "scène", d'en profiter, de comprendre les protagonistes... J'ai beaucoup apprécié l'interlude du chant des clans, ou encore la conversation "philosophique" d'Endrin, Andrev et Frey avant de dormir. Bref, que du bonheur, et je VEUX poursuivre ma lecture au plus vite =D
A bientôt
Liné
EryBlack
Posté le 04/10/2017
Coucou Liné !
Roh, alors là, tu peux pas savoir comme ça me fait plaisir ! Dans les précédentes versions, on m'a souvent fait remarquer que ce début était un peu lent, qu'on voyait pas toujours très bien vers quoi ça allait, que les protagonistes restaient flous (car trop nombreux) et tout ça... Bref, là, à lire ton commentaire, on dirait que le travail que j'ai mené sur cette première partie n'a pas été totalement vain :'D je suis ravie !
Merci beaucoup pour ta lecture <3 et à bientôt pour la suite !
Ery 
Jamreo
Posté le 03/06/2017
Asgeir hein ? :p
Coucou Erybou ! Les HO étaient l'occasion de passer sur cette nouvelle version de l'Université. Je n'ai pas l'impression que dans le contenu, ces deux premiers chapitres aient beaucoup changé, et c'était déjà bien écrit dans l'ancienne version mais voilà : qu'est-ce que c'est bien écrit ! C'est tout naturel, on ne pense même plus aux mots pour voir tout ce qui se passe directement sous nos yeux. Cette auberge donne toujpurs très envie et j'aimerais bien m'y installer aussi pour les longs mois d'hiver.
J'aime beaucoup ce qu'Andrev explique au sujet des esprits : ils ne raisonnent pas comme les humains, ils ont leurs propres raisons qu'on ne comprend pas, ils ne pensent peut-être pas à mal en blessant les gens et les animaux... c'est un peu comme l'hiver qui tue, comme les lacs qui ne méritent pas de geler. C'est très bien vu et ça permet d'appréhender un tout petit peu l'étrangeté de ces êtres.
Une très bonne (re)lecture, et j'espère avoir du temps pour poursuivre dans pas trop longtemps <3 
EryBlack
Posté le 03/06/2017
Huhu, bien sûr :p J'aurais dû en faire un musicien, tiens !
Merci pour ta lecture Jamou <3 Effectivement, ces premiers chapitres n'ont que très peu changé, j'aurais d'ailleurs dû préciser que pour la plus grande partie, les changements de cette nouvelle version concernent la deuxième partie >< Enfin, il y a quand même quelques trucs qui ont bougé dans les chapitres 5-6-7-8. En tout cas, ça me fait super plaisir ce que tu dis sur l'écriture, merci beaucoup <3 Et l'auberge serait ravie de t'accueillir :D
Contente que ça te plaise ! J'ai mis un certain temps à vraiment définir cette "étrangeté" des esprits, et ce n'est pas toujours facile de s'y tenir ; mine de rien, on raisonne comme des humains, c'est pas évident de mettre en scène des êtres qui "pensent" si différemment. Mais j'essaye ! 
Je serais très contente que tu repasses ! À bientôt <3 
Keina
Posté le 31/05/2017
Oh, que de mystères dans ce nouveau chapitre ! Je comble le retard pris pour le triptyque, je suis désolée pour ça. En tout cas, on ne s'ennuie toujours pas dans ton récit ! Dis-moi, les Pans, ce ne seraient pas ceux qui parlent dans ton prologue ? Ça y ressemble en tout cas.
Et je suppose qu'on réentendra parler des Etats Suspendus avant longtemps, j'adore ce nom en tout cas ! Sans parler de l'Université, mais ça, je sais déjà, ayant pas mal entendu parler de la précédente version, qu'Andrev et Endrin vont bien finir par s'y rendre. À moins que tu aies décidé de tout changer dans cette réécriture, mais bon, quand même... 
En tout cas tes héros sont attachants, surtout Endrin pour l'instant. Frey est un peu "frustre" et c'est dommage que Ull ne participe pas à la conversation de fin parce que j'aurais bien aimé entendre le point de vue d'une autre fille... Mais j'imagine qu'on apprendra à la connaître un peu mieux par la suite, du moins je l'espère ! :)
EryBlack
Posté le 31/05/2017
Pas de souci pour le retard, il faut dire que quand on démarre un triptyque, c'est difficile de savoir si on aura vraiment le temps jusqu'au bout, et je comprends parfaitement ^^ Heureuse que la lecture te plaise, par contre :D Et je ne vais évidemment pas répondre à ta question... mais ça me fait plaisir que tu la poses ! 
Non, effectivement, cette réécriture s'est concentrée sur le forme et le "poids" de certains événements, mais les grandes lignes n'ont pas changé. J'espère que ce qu'on apprendra petit à petit de l'Université et des États te plaira ! D'ailleurs, pour la petite histoire, le nom "États Suspendus" a été une des premières choses décidées pour cette histoire, bien avant que je sache de quoi ça allait parler. J'étais en pleines révisions du bac de géographie et en consultant la page wikipédia d'une organisation inter-étatique dont je ne me souviens même plus du nom, j'ai vu qu'il y avait dans le sommaire une rubrique "États Suspendus". Évidemment, ça voulait dire que certains États membres avaient été, sinon radiés, du moins éloignés par les autres États ; mais mon esprit embrumé et ennuyé par les révisions a décidé d'interpréter ça au pied de la lettre (des États Suspendus, qui flottent dans le ciel, ouah !), et j'ai écrit dans un carnet "Je vais écrire une trilogie : 1, l'Université ; 2, les Caravanes ; 3, les États Suspendus", mais je n'ai pas commencé l'écriture jusqu'à l'été suivant. Et hop we go !!
Contente qu'Endrin te plaise, ce n'est pas forcément si évident de s'attacher à elle alors qu'elle ne dévoile pas grand-chose. Ou alors peut-être qu'au contraire ça facilite l'attachement ? Je ne sais pas trop. Frey a effectivement un côté un peu brut de décoffrage, mais j'espère que tu pourras l'apprécier quand même ^^ Et le caractère de Ull devrait se dévoiler un peu plus également ! J'espère que ça ne s'emmêlera pas trop avec les autres personnages qui arrivent ensuite, par contre :')
Fannie
Posté le 24/05/2017
Chapitre 2 :
<br />
Coucou Ery,
Me revoici après une pause. J’ai eu l’outrecuidance de me croire capable de mener de front deux lectures PAennes. Mais quand tu m’as fait remarquer que j’avais carrément oublié la description des Skums, que j’avais lue et qui est très bien écrite, ça a été le signal d’alarme. Maintenant, je reviens l’esprit libre. J’ai relu le premier chapitre.<br /> Quand j’ai dit qu’Andrev commençait à prendre les devants, je voulais juste dire qu’il anticipe, qu’il suggère, mais bien sûr, j’avais compris que ce n’est pas lui qui donne le signal du départ. Et concernant le résumé, qui dit clairement qu’Azar est le père adoptif d’Endrin, je ne l’avais pas lu. Honte à moi. Mais le fait de ne pas le comprendre tout de suite n’a rien de dérangeant.
Venons-en au chapitre 2.<br /> Le rythme est plutôt lent, mais ça me plaît. Ça laisse au lecteur le temps de respirer l’ambiance, de comprendre quelle est la place de chaque personnage, quels sont les différents groupes et quelles relations ils entretiennent. De même, on commence à comprendre quels rapports existent entre les gens et les esprits, on entrevoit les différentes régions, de même que l’idée qu’on s’en fait dans le Nord et – last, but not least – l’Université est évoquée. Que de mystères à se mettre sous la dent...
Cette histoire est bien écrite, bien structurée, ta plume est fluide, alliant richesse et simplicité ; descriptions, explications et dialogues sont bien dosés. Bref, que du bonheur !
Coquille et remarques :
le sens exact des paroles échappaient aux convives [échappait]
Lorsqu'Endrin jeta un dernier coup d'œil depuis le haut de l'escalier [même remarque que dans le chapitre précédent, qui concerne « lorsque », « puisque » et « quoique ». Voici, juste pour info, un lien vers un article que je trouve bien fait : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=2052]
Sa shaman de mère le lui avait appris l'an dernier, et Endrin l'avait tout simplement imité. [Comme « le » se rapporte au fait de tisser des sorts de chaleur, je trouve dérangeant d’accorder le participe passé à « le » plutôt qu’à « sa mère ».]
Peut-être qu'on est juste supposés recevoir ce qu'ils nous donnent [censés recevoir ; « supposé » suivi d’un infinitif est de plus en plus souvent employé à la place de « censé » sous l’influence de l’anglais. Ni le Larousse, ni le TLFi, ni le dictionnaire de l’Académie française, ni même le Dictionnaire historique ne valident cet emploi.]
<br />
 
P.S. Les points-virgules, c’est bien ! ;-) 
<br />
 
 
EryBlack
Posté le 24/05/2017
Coucou Donna,
Contente de te revoir par ici ! Je comprends ton sentiment, j'ai régulièrement besoin d'aller relire les chapitres précédents quand je me remets à des fictions - surtout que j'en lis toujours plusieurs à la fois ^^ Merci pour tes précisions sur le chapitre 1, je suis ravie que rien ne fasse vraiment problème dans tout ça !
Le fait que le rythme te plaise me rend très heureuse, c'est vrai que j'ai passé du temps à installer cette ambiance et je suis vraiment contente que ça se sente. Tu verras (peut-être) par la suite que cette lenteur est pour ainsi dire constitutive de cette première partie, même si j'ai essayé de faire des efforts pour qu'on ait l'impression que les choses progressent un peu plus vite. En attendant, si ça te plaît, c'est chouette ! Merci aussi pour ce que tu dis de ma plume, ça me fait très plaisir !
Concernant tes remarques, là encore, je vais conserver "lorsqu'Endrin" ; je me dis que, si j'alternais entre "quoique imposant" et "lorsqu'Endrin" (par exemple) ce serait un problème, mais que si je décide de systématiser l'apostrophe, ça va, puisque c'est uniforme et que ce n'est pas une faute, si j'ai bien compris. Qu'en penses-tu ? Pour "supposés", tu as raison et je le remplace immédiatement. Pour le participe passé, je ne comprends pas très bien : tu voudrais que je dise "Sa shaman le lui avait apprise l'an dernier" ? Ça ne veut rien dire, non ? Et puisqu'il y a le verbe avoir, le participe passé ne s'accorde pas, si ? Bref, je veux bien que tu m'expliques ce que tu veux dire >.< Quant à la coquille, aïe, je vais vite la corriger ! Merci pour ta minutie. Je dois dire que je me sens presque flattée d'avoir si peu de remarques sur le style de ta part, connaissant ton exigence !
Et oui, longue vie aux points-virgule ! 
itchane
Posté le 04/05/2017
Bonjour Ery !
Haaaaa, l’Université, depuis le temps que j’en entends parler, j’ai l’impression de partager les petits frissons qui parcourent les Rassemblés lorsqu’ils évoquent ce lieu mystérieux, ça fait vraiment bizarre ^^
Je suis assez bluffée je dois dire par ce début. Sur FPA, il y a les textes qui « fonctionnent », avec une écriture fluide, des personnages sympa et une intrigue intéressante. Et puis il y a les projets qui ont vraiment du corps, du fond, et qui semblent porter bien plus que cela.
 
En un prologue et deux chapitres, je suis déjà convaincue de placer ton travail dans la seconde catégorie.
L’écriture n’est pas juste facile à lire, elle est belle (comme Cliène, le « sommeil de cendre » quoi ! ♥ ) , et l’univers donne un vrai sentiment d’épaisseur, et de richesse.

Dis moi, dis moi, la chambre d’Endrin, ce serait pas un peu la tienne par hasard ? : P<br /> J’ai eu l’impression qu’Eryblack pourrait tout à fait avoir ce genre de chambre aussi ^^
Comme déjà dit par d’autres, j’apprécie beaucoup le fait que le monde ne soit révélé que par touches ; j’ai été plongée dans cet univers tête la première, et de façon très naturelle. Cela créé beaucoup de mystères mais pas artificiels, au contraire. Il n’y a pas de raison d’avoir à ce stade une description précise des Skums – par exemple – puisque les personnages de l’histoire savent très bien à quoi ça ressemble, ils ne se posent pas la question à ce moment là, donc l’auteur ne le souligne pas. Ouf, c’est le choix de narration que je préfère !!
 
 
Contrairement à d’autres, j’ai bien perçu qu’Endrin était particulière pour Azar, j’ai pensé « sa fille peut-être ? Ou en tout cas c’est lui qui l’a élevée… », donc je n’ai pas eu de problème de compréhension sur ce point.
 
Mon seul bémol pour le moment, c’est peut-être le manque de caractérisation entre les personnages d’Edrin et Andrev. J’ai conscience que ce n’est que le début de l’histoire, donc c’est difficile de juger avec si peu, ça se trouve c’est un faux problème. Mais je m’explique. Ils sont tous les deux serviables, travailleurs, timides, porteurs de certaines responsabilités et sagesses en tant que "fils et fille de" mais pas encore des grands ; dans la scène de la chambre, ils ont vraiment les même références en terme d’appréhension de ce que sont les esprits et la nature, et semblent « sur la même longueur d’onde » face aux autres jeunes. Les deux sont apparemment influencés pas la même personne, Sonja.
Je ne sais pas trop comment dire, mais pour le moment je trouve que les deux personnages se ressemblent un peu trop. Mais bon, on les a juste entre-aperçus pour le moment et ils n’ont toujours pas vraiment interagit, j’imagine que les prochains chapitres vont permettre de mieux voir leurs caractères distinctifs ^^
 
J’ai tellement de choses à te dire encore, tellement j'ai kiffé, mais ce n’est pas idéal les commentaires de 3km… alors je m’arrête là (pour cette fois !).
 
Bravo en tout cas !
 
J’ai vraiment (vraiment) hâte de lire la suite ! *o*
(PS : Ouiiiiiiii des points-virgules ! Copine : D )
EryBlack
Posté le 04/05/2017
Coucou Tchanouuuu
Déjà un grand merci pour tout, j'étais super heureuse en lisant ton commentaire <3 Et je t'en PRIE, si tu as le temps et l'envie d'en faire des très longs, ne t'en prive surtout pas ; non seulement ça me rend super contente, mais en plus tu soulignes là un point très intéressant qu'on ne m'avait encore jamais fait remarquer, donc je pense que tu seras une lectrice précieuse !
Je suis ravie que ces premiers chapitres t'aient donné une telle impression <3 Même si ça me fout la pression pour la suite !!
T'as pas tort du tout, pour la chambre d'Endrin ^^ De manière générale, il y a beaucoup de moi en elle (même si je suis un chouia moins drama queen, haha), comme il y en a beaucoup un peu partout dans cette histoire ! Mais c'est clair que je ne cracherais pas sur une chambre comme la sienne ! (j'ai ça de différent que je ne supporte pas longtemps quand c'est le bordel ; alors je range à ma sauce, mais je range !)
Oh, c'est trop chouette ! Merci beaucoup pour ton précieux retour sur ce choix de narration, et sur ta compréhension de la relation Azar-Endrin ; tu me rassures !!
Ce qui m'amène au point que tu soulèves, et que je trouve très pertinent. Je pense que ce problème de caractérisation s'explique par la difficulté que j'avais, quand je me suis lancée dans cette histoire, à définir mes personnages. Je ne savais pas du tout qui ils étaient. Même après toutes ces réécritures, les premiers chapitres doivent garder des traces de cette incertitude. Cela dit, le fait qu'ils se ressemblent beaucoup est tout à fait vrai ! Dans cette première partie, je crois que ça va beaucoup fonctionner selon une dynamique "eux deux / les autres", mais ça change dans la suite et je serais vraiment curieuse de voir ce que tu en penseras. Donc je ne sais pas trop s'ils se différencieront beaucoup l'un de l'autre dans les chapitres suivants (n'hésite pas à m'en reparler, d'ailleurs !), ou alors ce sera très subtil, mais que ce soit le cas ou pas, j'espère que ça te conviendra. En tout cas je note la remarque ! J'ai l'impression que tu viens de me dévoiler tout un pan de leur relation, c'est fou :'D 
Je vais poster la suite tout de suite, j'espère qu'elle te plaira aussi ! Encore un grand grand merci pour ton commentaire <3 Et à très vite !
(Et OUI ! Des points-virgules PARTOUT ! 8D) 
Jowie
Posté le 02/05/2017
Hello hello, je poursuis ma lecture ^^
Ah chouette, on en apprend plus sur les munnins et sur les esprits ! Jusque-là, je pensais que les esprits étaient pacifiques et "jolis" à regarder, mais ce chapitre leur donne plus de dimension. J'aime bien le fait que les Pans soient un peu imprévisibles et qu'ils ne soient pas 100% méchants ou gentils, mais qu'ils fonctionnent à leur façon. Par contre, je me demande ce qui leur a pris d'attaquer cette shamane...
Et voilà les premières mentions de l'Université et des Etats Suspendus ! J'ai très envie de savoir ce qui s'y passe et à quoi ça ressemble (toute cette histoire de machines bizarres utilisées contre les esprits m'intrigue aussi)!
En tout cas, c'est clair, tu sais créer le suspens ;) Hâte de découvrir la suite !
Bonne scribouille !
Jowie
EryBlack
Posté le 02/05/2017
Coucou Jowiiie !
Oui, comme promis, j'essaye de ne pas laisser le flou trop longtemps :D Et j'aime bien qu'on puisse "changer d'avis" sur les esprits au cours de l'histoire, en fait. genre s'en faire une idée qui est démentie par la suite. Bon, évidemment, faut pas que ça arrive trop souvent... Contente que tu apprécies cette façon d'être des esprits, en tout cas, ni méchants ni gentils ; un peu comme des animaux, finalement ! Quant à l'attaque de la shaman, autant te le dire, je n'ai pas de réponse claire à formuler. Il y a quelque chose d'aléatoire dans leur façon d'agir. Cela dit, ce n'est pas parce que moi je ne connais pas l'explication qu'il n'y en a pas, donc si tu en trouves une qui te satisfait, c'est très bien !
Héhé, ça me fait plaisir que ça t'intrigue ^^ Là-dessus, les infos arriveront assez lentement, j'espère que ce ne sera pas trop frustrant. Tu me diras !!
Merci beaucoup pour ta lecture, ça me fait très plaisir <3 À bientôt ! 
Cliene
Posté le 30/04/2017
Je suis de nouveau bluffée par ton histoire et par ton écriture fluide qui nous entraîne sans difficulté.
"mais la plupart des braises retournaient lentement à leur sommeil de cendre" : juste magique cette phrase ! Comme beaucoup d'autres passages d'ailleurs, notamment celui de la description de la chambre d'Endrin.
Une petite coquille que j'ai remarqué au tout début du chapitre : "qu'ils fallait"
Je serai au rendez-vous pour la suite !
EryBlack
Posté le 30/04/2017
Coucou Cliène,
 
Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait vraiment plaisir <3
Oh, c'est très gentil, justement j'hésitais à la conserver cette phrase ; grâce à toi, elle est sauvée ^^ Merci aussi pour la coquille, hiii elle m'a échappé celle-là, ça y est c'est corrigé !
Je suis touchée, j'espère que la suite te plaira aussi, du coup ! À bientôt :)
Primrose
Posté le 19/03/2018
(Re) Bonjour ! 
Dans ce chapitre, j'ai énormément apprécié le passage du chant. Tu en as fait quelque chose de très mystique, et surtout très touchant. Encore une fois, c'est vraiment visuel: j'ai eu l'impression de voir ce demi-cercle chanter à l'unisson, se recueillant autour de ce chant. Ça m'a donné des frissons dans le dos ^^
Puis, l'action s'emballe, et la première perturbation se manifeste. J'ai apprécié ce contraste entre la "cérémonie" de chant et l'effervescence qui s'empare immédiatement après de l'auberge, c'était inattendu et ça met en branle l'histoire. 
J'espère que tu m'excuseras de ne pas avoir de commentaires à faire sur les tournures des phrases ou des petites coquilles, j'ai tendance à me laisser embarquer par mes lectures et à oublier les coquilles que je rencontre (si j'en rencontre, car je n'ai pas l'impression d'en avoir vu ici).  
Dernière petite remarque et pas des moindres: en la lisant ce matin, une phrase m'a particulièrement marquée: "la plupart des braises retournaient lentement à leur sommeil de cendre". Quelle jolie image que celles des braises qui s'assoupissent ! J'ai retourné cette phrase plusieurs fois dans ma tête et c'est la première chose que j'ai pensé à remarquer en rédigeant mon commentaire, comme quoi, elle m'a fait de l'effet :D 
Voilà, voilà, à bientôt ^^ 
EryBlack
Posté le 19/03/2018
Re ! :D
Roh, carrément des frissons <3 J'adore quand un bouquin me colle les frissons, ça me fait trop plaisir que ç'ait été le cas pour toi ici. Effectivement, j'aimais bien ce contraste que tu as noté, c'était important pour faire comprendre que oui, le Rassemblement c'est sympa et les Nordistes sont gentils, mais leur vie est pas toute simple non plus. Je suis contente que ça fonctionne !
Aucun souci pour les tournures/coquilles ! Je les traque avec Antidote et en plus, Donna/Fannie est passée par là avec ses yeux de lynx, donc normalement, il devrait en rester un tout petit minimum. Et puis loin de moi l'idée de te blâmer d'être embarquée dans ta lecture, attends, c'est trop gratifiant pour moi <3 
Hihi, cette phrase a fait réagir pas mal de Plumes, c'est drôle <3 De base je n'étais pas du tout sûre de l'image, j'avais peur que ce soit too much. Comme quoi. Merci beaucoup pour ton avis dessus, et plus généralement pour tes commentaires :D
Et du coup, j'espère à bientôt !  
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