2. Ely

Notes de l’auteur : V1.

            Ely trépignait dans la cuisine. On était samedi, le seul jour de la semaine où la Maîtresse l’autorisait à sortir de la maison.

            Du bout de la rue, les bruits de l’effervescence du marché remontaient jusqu’à elle. Le claquement des roues en bois des chariots, les cris des marchands...

Dans une main, la liste de course, dans l’autre le grand panier en osier, il était temps d’y aller avant que le soleil ne soit trop haut dans le ciel. L’été était particulièrement chaud cette année.

            Le spectacle avait beau être identique chaque semaine, Ely ne s’en rassasiait jamais. Tous ces étals qui débordaient de produits venant des quatre coins du royaume... Ces marées de fruits et légumes qui se déversaient sur ces vastes étendues de babioles exotiques. Mais ce qu’elle préférait, étaient ces cascades luxuriantes de tissus colorés et brillants qui coulaient des toits de ces boutiques ambulantes. Elle se prenait parfois à rêver qu’elle pourrait confectionner une robe dans l’une de ces étoffes. La monotonie du gris de sa tenue lui pesait parfois.

            Ely se faufilait sans peine au milieu de la foule. Sa petite taille et son gabarit tout menu, lui permettait de se glisser discrètement. C’était un avantage non négligeable qui compensait le fait que son nez se situait à hauteur d’aisselles. Et en cette période de forte chaleur, même l’étal du poissonnier était plus agréable.

             Les commerçants faisaient chanter leurs grosses voix pour attirer les chalands, des chariots croulaient sous le poids des marchandises et se croisaient au rythme du martèlement des sabots des chevaux. De petits groupes de garnements se faufilaient à quatre pattes sous les épais jupons de flanelle, à l’affut de la moindre gourmandise à chaparder, tandis que les femmes se poussaient sans ménagement, se pressant pour obtenir les plus beaux morceaux de gibiers.

            Pendant les longues files d’attente, Ely aimait écouter les ragots qui s’échangeaient. Oh bien sur elle ne se serait jamais permis d’intervenir. Le simple plaisir de grapiller quelques informations du dehors et de les partager avec Marie, la faisait sourire. La Maîtresse n’aimait pas que ses domestiques sortent et encore moins les tenir au courant des nouvelles du Royaume. Alors après le marché, quand elle déposait les courses à la cuisine, c’était leur petit moment de frisson à elles deux avec Marie. Il fallait faire vite, pendant que la cuisinière rangeait les courses, Ely lui partageait ce qu’elle avait entendu. Et chacune reprenait ses activités comme si de rien n’était. Elles ne s’étaient jamais fait surprendre et il valait mieux.

Ce jour-là, un seul sujet était sur toutes les lèvres.

Vraiment ? Kidnappé ? Vous êtes sur ? Trois jours ? Retrouvé mort ?

            Ely était un peu déçue. Elle avait espéré avoir la suite de l’histoire sur la liaison entre le notaire et sa bonne. Un vrai scandale. Au lieu de ça, tout le monde ne parlait que de ce chuchoteur retrouvé mort. Chaque jour des gens mourraient, elle ne voyait pas en quoi cette affaire était si importante. Certes la personne en question faisait partie de la cour du Roi, mais face à la mort, tout le monde était égal.

            Une femme à droite de l’étal, en pleine discussion avec le marchand, semblait consternée d’apprendre que le chuchoteur avait été torturé. Quelques coups de fouets ou de martinets ne tuaient personne et Ely était bien placée pour le savoir. Le moment était certes désagréable, mais la Maîtresse disait toujours que ça remettait les idées en place. Elle profita de l’attente pour jeter un coup d’œil à sa liste de course. Après ce stand, il ne lui restait plus que celui du boulanger et elle aurait fini. Elle aimait bien terminer par Michel. En fin de marché, il y avait souvent des invendus et il n’était pas rare qu’elle reparte avec une petite douceur sucrée offerte.

            Les muscles de ses bras étaient tétanisés à force de porter le panier. Il y avait une réception ce soir à la maison et la Maîtresse n’avait pas lésiné sur le nombre de choses à acheter. Ely ne savait pas encore si elle était prévue au service et n’avait pas osé poser la question. Les cicatrices de son dos lui rappelaient que la curiosité était un vilain défaut.

La vision de Michel et son grand sourire, faisait naitre de petits papillons dans son ventre. Il n’était pas comme les domestiques masculins de la maison. Toujours à la fuir, à l’espionner, à rapporter la moindre tasse cassée à la Maîtresse. Le martinet remettait bien les idées en place mais n’avait jamais réussi à la rendre moins maladroite, à son grand désespoir.

 — Bonjour Boulanger, deux gros pains bien moelleux !

— Nom de nom Ely, combien de fois faut que je répète… J’ai un prénom ! Et enlèves moi ce petit sourire au coin de ta bouche !

— Taratata, arrête de grogner et pose les deux miches dans le panier. Tu sais bien que tu es mon marchand préféré et que j’aime te taquiner… Qui aime bien châtie bien hein !

D’un air faussement bougon, Michel prit le temps de choisir avec attention les deux pains les plus tendres, ajouta une gourmandise briochée et posa le tout délicatement dans le panier. Le petit clin d’œil qui lui lança à travers ses sourcils broussailleux, montrait bien qu’il ne s’était pas vexé de la plaisanterie d’Ely.

D’un geste vif, Ely saisit d’une main le petit gâteau, tandis que de l’autre elle enlevait la mèche de cheveux qu’elle mâchonnait. La croute brillait du beurre généreusement étalé et la pulpe de ses doigts s’enfonça sans aucune résistance. Sans attendre, elle mordit dedans à pleines dents et savoura la mie onctueuse de cette brioche qui fondait amoureusement contre son palais. En trois bouchées il ne resta plus rien, hormis les doigts luisants d’Ely qu’elle prit plaisir à suçoter. Le ventre plein, elle ne put retenir un soupir d’aise avant de reprendre sa route.

Il était déjà bien tard et le soleil frappait fort. L’atmosphère s’alourdissaient tandis que les effluves de nourriture gagnaient en puissance. Le front d’Ely se couvrait de fines gouttelettes tandis que les jointures de ses mains blanchissaient sous le poids de ses courses. Sa gorge asséchée était irritée par quelques miettes de brioche, que sa salive n’arrivait pas à faire descendre dans son estomac.

Les oreilles bourdonnantes et la vue qui se brouillait l’obligèrent à reposer son panier.

Du coin de l’œil, elle sentait le regard bienveillant et inquiet de Michel. Elle ne voulait pas l’inquiéter et s’obligea à rapidement se redresser. Hors de question qu’il n’aille alerter encore une fois la Maîtresse. Le souvenir de leur rencontre lui cuisait encore le dos. Ça lui avait valu une grosse semaine à dormir sur le ventre. La Maîtresse avait raison, les gens adoraient se mêler des affaires des autres et ça n’amenait que des ennuis.

Malgré la chaleur, Ely sortait toujours couverte d’un châle. Enveloppée dans ce bout de tissus, elle se sentait à l’abri des regards indiscrets. Un rempart bien utile pour échapper aux remarques sur le fait que sa robe flottait autour de ses maigres formes. Seuls ses joues creusées et les cernes qui mangeaient son visage d’enfant la trahissait. Mais en baissant la tête, elle arrivait à cacher ça aussi.

La mâchoire serrée, elle reprit le chemin du retour. La Maîtresse était très pointue sur la ponctualité et le trajet s’annonçait laborieux avec ce panier chargé. Inutile de tenter de faire de grandes enjambées pour aller plus vite. Le poids des courses l’en empêchait. La seule solution était d’enchainer rapidement de petits pas, mais elle se retrouva vite essoufflée. Heureusement la route parsemée de pavés se trouvait à l’ombre des grandes bâtisses. Elle savoura la relative fraicheur de l’atmosphère en marquant une brève pause. Elle pouvait sentir des perles de sueurs couler le long de son dos et s’imprégner dans le tissu élimé de sa robe.

Les lèvres entrouvertes, à la recherche d’un surplus d’air, sa maigre poitrine se soulevait et s’abaissait de plus en plus rapidement. La chaleur, la fatigue et ce dernier effort pour porter les courses lui faisait pulser le sang dans la tête. La sensation étouffante d’un orage qui grondait dans son crâne, accompagnée d’éclairs foudroyants et douloureux lui firent fermer les yeux un court instant. Derrière ses paupières closes, une image bleutée apparut en fulgurance. Une odeur d’embrun vint lui caresser les narines tandis que la sensation rafraichissante d’une bruine légèrement salée se déposait délicatement sur sa peau.

Surprise, Ely ouvrit brusquement les yeux et la rue ombragée au sol pavé réapparut aussitôt. Aucune trace de ce qui aurait pu provoquer ces sensations.

 Je suis en train de devenir complètement folle était la seule pensée qui emplissait son esprit.

Une voix rocailleuse et tonitruante interrompit son délire.

— Ely ! l’interpella Marie, blanche de farine du bout des doigts jusqu’au bout de son nez. Tu ferais mieux de te magner, la Maîtresse est déjà passée une fois voir si t’étais là ! Je lui ai dit qu’avec la liste qu’elle t’avait filé, c’était bien normal que tu sois plus longue... Mais je crois pas qu’elle patientera encore une fois ! T’es plus blanche que la fois ou tu t’étais renversé le sac de farine sur la tête... Bouge pas de là, je viens t’aider.

En quelques enjambées rapides, elle rejoignit Ely. La manche de sa robe retroussée laissait apparaitre un bras étonnamment musclé qui empoignât le panier chargé de victuailles. L’autre bras libre se glissa fermement autour de sa taille pour l’aider à se déplacer et rentrer.

Ely aimait la proximité du corps de Marie dont la peau avait la couleur et l’odeur du pain d’épice. Enfin arrivée à l’intérieur, dans la douceur de la cuisine, Ely s’effondra sur son tabouret, le dos trempé, les mains moites, la migraine persistante. Marie s’était éloignée pour retourner à ses tâches et s’activer pour ranger et commencer à préparer le dîner. Sous une apparence un peu rustre accentuée par ses larges épaules et son manque d’entrain à communiquer, se cachait en réalité une personnalité toute en guimauve sucrée. Malgré les risques, elle n’avait jamais hésité à dissimuler une tranche de pain sous son tablier pour la donner à Ely ou lui faire passer un petit pot de camphre, les soirs de punition.

Marie était trop affairée à préparer le dîner de ce soir pour prendre le temps de papoter. De toute façon, Ely n’avait pas de ragots bien croustillants.

— La Maîtresse voulait te voir tout à l’heure. Elle m’a chargée de te dire que t’es de service ce soir. Elle veut que t’aille te reposer cet après-midi. Et... je crois que ça tombe bien, glissa la cuisinière en jetant un coup d’œil inquiet sur la mine grisâtre d’Ely.

Malgré son mal de tête qui persistait, un grand sourire était plaqué sur son visage. Elle participait à la réception. C’était si excitant ! La Maîtresse faisait tant de mystères autour de l’identité des invités. Depuis plusieurs jours, elle s’amusait à glisser indices et contre-indices auprès du voisinage. Les rumeurs allaient bon train, la curiosité de tout le quartier avait été piqué et les badots commençaient déjà à affluer peu à peu autour de la maison, trouvant une excuse pour se trouver là.

Par la fenêtre, Ely pouvait observer une de leur proche voisine s’arrêter devant la fenêtre donnant sur la salle de réception. Les rideaux rouges avaient été laissé ouvert pour que chacun puisse observer les somptueux préparatifs de la soirée.

L’une de leur plus proche voisine, Adeline de Montribloud venait de faire tomber son ombrelle. Elle prenait tout son temps pour s’abaisser et la ramasser. Le bout de ses doigts tâtonnait aveuglément le sol pendant qu’elle jetait plusieurs coups d’œil curieux en direction du salon. La Maîtresse apparut sur le perron, l’air amusé, et feignant l’étonnement, se dirigea vers l’apprentie espionne pour la saluer.

Les joues de cette dernière se teintèrent légèrement de rose, tandis qu’elle se relevait brusquement, l’ombrelle alibi dans sa main. Rapidement, le masque de mondanité refit vite surface et son visage reprit sa pâleur habituelle. Ses boucles parfaitement dessinées, encadraient à merveille l’ovale de son museau pointu. D’un léger mouvement de tête, elle salua poliment la Maîtresse et engagea habilement la discussion sur un sujet neutre.

Ely les dévorait des yeux. Elle avait toujours adoré attraper les petits indices qui s’échappaient d’un mouvement de main énervé ou d’un froissement agacé d’étoffe, dévoilant la véritable nature de la discussion qui avait lieu. Durant toutes ces années ici, elle avait pris plaisir à développer ce talent lui avait permis d’éviter quelques punitions. Mais visiblement pas assez.

Par le tissu délicat de la robe qui frôlait nerveusement le sol, Ely devina que le sourire innocent d’Adeline de Montribloud n’était qu’une façade. Son pouce gauche faisant tourner compulsivement son alliance dorée, s’opposant au regard ingénu qu’offrait ses grands yeux verts. Et la position de son corps bien nourrit démontrait clairement son envie de fuir cette situation inconfortable.

            De son côté, la Maîtresse semblait follement s’amuser et rien ne venait contester cette humeur. Comme à son habitude, elle portait une robe couleur saphir, qui venait recouvrir ses bras jusqu’à la naissance de ses poignets. Ses yeux pétillaient, ses pupilles étaient dangereusement dilatées, et un sourire carnassier déformait son visage. Un prédateur s’amusant à torturer sa proie. Ely connaissait trop bien ce regard. C’est celui qui se posait sur elle avant les punitions. Un frisson lui parcourut le ventre et les cicatrices de son dos.

Si elle recommence, nous t’aiderons.

La puissance de cette phrase manqua de la faire tomber de son tabouret. Il n’y avait que Marie dans la cuisine, qui lui tournait le dos et sifflotait en s’activant aux fourneaux pour préparer le festin. Ely jeta un coup d’œil furtif sous la table recouverte de plats en tout genre. Rien. Les coins de la pièce était vide, lui confirmant que personne ne se trouvait là. Personne qui n’ait pu lui chuchoter çà. Une froide torsion au creux du ventre lui déclencha une forte nausée, et sa migraine retrouva de sa vigueur. La fatigue lui faisait entendre des voix. Une douloureuse grimace figée sur le visage, les mains crispées sur son abdomen, Ely quitta silencieusement la pièce pour se diriger vers le dortoir.

Jamais le couloir ne lui avait semblé aussi long et cette épaisse moquette bleue posée au sol qui semblait avaler chacun de ses pas, elle était obligée de redoubler d’effort pour avancer. La couleur rouge des murs se confondait avec la douleur qui la tenaillait. Et quand au bout du couloir, le dernier obstacle avant son lit se dressa devant elle, un sentiment de découragement mêlé à de l’impuissance, l’envahit. L’escalier menant à l’étage des domestiques la narguait de  toute sa hauteur.

Une marche après l’autre. Une main sur la rampe, l’autre sur le ventre. Ely priait pour ne pas vomir la brioche qui se débattait vigoureusement pour sortir de son estomac, elle serra les dents. Son nez habituellement habillé de discrètes taches de rousseur, était constellé de multiples gouttelettes qui filaient dans les commissures de sa bouche, lui laissant un gout salé de cette ascension.

Quelques pas, une dernière porte à ouvrir, et enfin le dortoir apparut. Ely s’affala sur l’un des six lits, qui l’accueillit en grinçant bruyamment. C’était un vrai luxe de pouvoir venir se reposer en journée alors que tout le monde était à son poste de travail, occupé à terminer les corvées du jour en plus de finaliser les préparatifs de la réception.

D’un geste rapide, elle déboutonna le col de sa robe pour l’enlever en la passant par la tête et la déposer au sol pour ensuite enfiler une tenue plus confortable et légère. Une longue chemise blanche sans fioriture, cousu dans un tissu fin, suffisamment fluide pour être agréable à porter et suffisamment légère pour laisser l’air se faufiler.

Depuis toutes ces années où elle travaillait ici, Ely avait acquis un véritable talent pour se déshabiller et s’habiller en un tour de main. Elle détestait sentir le regard de Jean qui la fixait quand elle se changeait.

Enfin allongée, elle savourait la fraicheur brise venant la caresser et laissa son esprit vagabonder. Son regard errait sur le plafond dont la peinture blanche s’écaillait et sur les murs tapissés, fatigués et jaunit par le temps qui passe. Les motifs circulaires imprimés avaient toujours eu un effet apaisant sur elle. Le cerveau trop épuisé, elle n’arrivait plus à aligner ses pensées. Lentement, elle se laissa envahir par le souvenir des ragots du marché, la visite de la voisine, la réception, les invités mystères… Les images de ces moments s’évaporèrent et ses paupières ne tardèrent pas à clignoter pour finalement se fermer.

            Le craquement du parquet, des portes des armoires qui grincent, le bruissement d’un tissu rigide, semblable à celui d’une tenue officielle, tous ces bruits venaient se déposer dans l’oreille d’Ely. Les yeux toujours clos, elle refusait de laisser le sommeil s’enfuir. De discrets chuchotements attirèrent son attention. L’esprit encore embrumé, elle ne reconnaissait pas ces voix graves.

— Dix jours que le roi n’est pas sorti de sa chambre, et la reine qui n’a même pas envoyé de missive.

— Un meurtre tellement féroce, on pouvait à peine reconnaître le corps. Il parait que…

— Chut, des oreilles trainent. Reprenons notre garde, nous discuterons plus tard.

Les pas de bottes claquèrent et s’éloignèrent. Les questions commençaient à se bousculer dans la tête d’Ely quand un chuchotement la transperça.

Ecoute, c’est pour toi

Ses yeux se rouvrirent brutalement. Son cœur cognait rapidement, ses membres tremblaient. Son corps tout entier était esclave d’une fulgurante montée d’adrénaline. Le souffle court, elle s’assit sur le rebord de son lit, inspirant profondément pour retrouver la maîtrise et le contrôle de la situation. Et cette migraine qui ne la lâchait pas…

La chambre était vide de présence, et se plongeait doucement dans la lumière rougeâtre du coucher de soleil. Les seuls bruits qui provenaient du rez de chaussée était le raclement des pieds de chaises qu’on installe autour d’une table, le bruissement tissu des nappes et serviettes et l’affolement des pas des domestiques.

 Des questions tournaient en boucle dans la tête d’Ely. Qui pouvait bien être ces hommes discutant du Roi ? Cela semblait si vrai qu’elle avait du mal à croire qu’il ne s’agissait que d’un rêve... mais elle ne trouvait pas d’explication au fait d’avoir pu les entendre. Elle avait beau réfléchir, aucune réponse ne lui venait. Juste un sentiment de panique grandissant au creux de son ventre. Plongée dans ses pensées, elle n’entendit pas la Maîtresse arriver et son corps se figea au son de sa voix.

— Tu restes allongée ? Tu ne te sens pas bien ? J’ai besoin que tu sois en forme pour ce soir. Je ne peux pas m’occuper de toi, je vais être fort occupée avant l’arrivée des invitées. Reprend vite tes esprits, fais moi honneur. J’attends de toi, un service parfait et sans aucun incident. Ne m’oblige pas à te remettre les idées en place....  tu sais que...

Elle n’eut pas besoin de terminer sa phrase. Le souvenir des précédentes sessions de punitions et les cicatrices gravées dans le dos d’Ely suffisaient à la faire frissonner et à raviver les douleurs. La porte se referma dans un claquement. La Maîtresse partie, il était grand temps pour Ely de se préparer. Encore secouée par la violence de la tirade, les jambes chancelantes, elle se dirigea vers la salle de bain. L’unique pièce de l’étage à posséder un verrou.

A l’abri de toute intrusion, elle laissa glisser sa chemise le long de son corps amaigrit. L’eau bouillante du bain donnait naissance à un brouillard dense et humide. Le carrelage blanc du sol se couvrit d’une fine pellicule de buée, tout comme le miroir accroché au dos de la porte. Par la pointe de son orteil, Ely rentra doucement dans la baignoire. La sensation brulante de l’eau qui lui pénétrait la chair, venait réchauffer cette froide solitude qui lui tenait compagnie. Au fil des minutes, sa peau habituellement pale, prit une teinte rosée puis franchement rouge sous l’effet de la chaleur mordante de l’eau.

Ely laissa ses doigts explorer le rebord de la baignoire et chercher à tâtons le pain de savon et le gant de crin. Une fois en main, elle termina rapidement sa toilette pour s’échapper de ce réconfort bouillant qui se transformait en soupe tiédasse et crasseuse. Le brouillard s’était dissipé et le miroir renvoyait clairement le reflet d’Ely. Un corps menu, les os des hanches et des épaules saillants, une poitrine trop naissante pour être remarquée. Les boucles de ses cheveux s’étaient resserrées sous l’effet de la chaleur et de l’humidité. L’épaisse masse brune masquait à moitié son dos zébré par les cicatrices. Du bout de son index, Ely, parcourut silencieusement certaines des traces qui se prolongeaient sur ses flancs. Ne rien dire, subir, faire de son mieux pour s’améliorer. Malgré tout ses efforts, elle finissait toujours par gaffer et se faire punir. Et pourtant la Maîtresse se donnait beaucoup de mal pour l’éduquer. A peine achetée au marché des orphelins, qu’elle lui avait imprimé les règles de la maison à coup de martinet.

            Emmitouflée dans son peignoir, elle sortit à regret de la salle de bain pour regagner la chambre et enfiler un uniforme propre. Sur son lit, l’attendait un nouvel habit. Bien plus jolie et sophistiquée que les tenues habituelles. La Maîtresse tenait à éblouir ses invités jusque dans les moindres détails. Domestiques inclues.

De petits papillons voletaient dans l’estomac d’Ely. La robe semblait si douce et légère ! Et le rosé poudré se mariait à merveille avec le voile bleu pâle. Les tissus n’étaient pas aussi jolis que ceux qu’elle avait vu au marché, mais peu importe. C’était la première fois qu’elle avait l’occasion de porter quelque chose de si habillée. Un court instant, elle se surpris à s’imaginer fille d’un riche aristocrate, vivant dans un quotidien douillet, sans ombre, sans martinet, s’apprêtant à sortir.

            Mais pour elle, pas de bal ou de spectacle. Le moral armé, le regard décidé, il ne lui restait plus qu’à relever ses cheveux en chignon et à entrer en scène.

            Elle sera parfaite ce soir, le martinet de la Maîtresse n’aura rien à se mettre sous les crocs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Isapass
Posté le 29/04/2020
Changement de pov, changement de ton ! Le contraste est saisissant. Tu as choisi ici une narration, un personnage et un contexte plus classique. Pour autant, il y a de subtils liens avec le chapitre précédent, notamment le personnage de la maîtresse, qui torture Ely en lui faisant croire que c'est pour son bien, ce qui n'est évidemment pas sans rappeler UJU.
L'orpheline exploitée et martyrisée par ses vilains maîtres, c'est effectivement un classique (Cosette et les Ténardier), jusque dans ce qui a bercé mon enfance (je ne sais pas quel âge tu as, mais en ce qui me concerne, j'ai des références un peu plus anciennes que celles de la plupart des plumes XD) : Candy, Princesse Sarah, Rémi sans famille pour la version masculine, etc... Ceci dit, c'est intéressant qu'Ely ne considère pas sa situation comme injuste. Elle ne va pas jusqu'à aimer ça, quand même, mais pour elle, les punitions sont méritées et ne dépendent que d'elle. En plus, hormis quand elle voit la tenue neuve et s'imagine ailleurs, elle ne semble pas du tout remettre en question sa situation. On a déjà une touche d'originalité sur ce plan.
Ensuite, si ce chapitre relativement calme pose le contexte "normal" de la vie d'Ely, tu l'as tout de même émaillé de quelques éléments qui donnent des pistes pour la suite du récit : la vision et les voix venues de nulle part, bien sûr, mais aussi, ces rumeurs sur l'horrible assassinat du chuchoteur du roi, de l'absence de la reine (si j'ai bien compris ?) qui (et ça aussi c'est original) n'intéressent pas du tout Ely. Evidemment, pour le lecteur c'est autre chose :)
Et puis, les voix semblent insinuer que ce crime a été fait pour elle ? C'est prometteur !
Sur la forme, j'ai trouvé qu'il y avait quelques redondances (sur le concept du martinet qui "remet les idées en place", par exemple, ou sur la maigreur d'Ely). Ce sont des notions fortes : je pense que tu peux faire confiance à ta plume et aux lecteurs pour les enregistrer sans que tu aies besoin de les répéter plusieurs fois. Sinon, ta plume se lit toute seule et donne bien envie de continuer, ce que je ferai sans faute !
A+
Cocochoup
Posté le 29/04/2020
Alors oui... J'ai tellement peur que le lecteur passe à côté des infos que j'appuie lourdement. Faut que je travaille ma subtilité hein XD
Et pour les références... J'ai les mêmes, je suis une plume qui a vécu 😅
Shangaï
Posté le 27/04/2020
Un deuxième chapitre bien différent !
Pour moi il apparaît que c'est plutôt dans les chapitres d'Ely que va se passer le gros de la narration, et je suis curieuse de voir comment les deux personnages (et type de narration bien différentes) vont pouvoir se rencontrer et se lier !
Beaucoup de description mais cela n'est pas désagréable car elles sont bien faite, peut-être que cela fait juste perde un petit peu de rythme par instant mais rien de gênant :)
Cocochoup
Posté le 29/04/2020
Coucou !
Oui je sais que je dois travailler mes descriptions. Trouver le bon équilibre entre trop et pas assez. Sachant que J'adoooooore en écrire 😅
Et oui c'est la grosse question... Comment ces 2 narrations vont bien pouvoir se rejoindre....
Espelette
Posté le 11/04/2020
Quelle contraste entre les 2 chapitres. Ça accroche le lecteur. Le personnage d'Ely me plaît bien, surtout son espièglerie.
Le mystère est bien amené, tu sèmes des indices qui intriguent sans en faire trop. J'ai bien ri devant la scène de la voisine qui laisse tomber son ombrelle (mais j'ai dû relire ces paragraphes 2 fois car à la première lecture, j'avais cru qu'il y avait 2 voisines différentes).
C'est rythmé et, malgré mon aversion pour les lectures sur écran dont je parlais sur Discord, je n'ai eu aucune difficulté à arriver au bout de ces 3000 mots ;)
J'ai un peu tiqué sur la Maîtresse qui parle de son "fidèle martinet". Ça ne me parait pas très naturel comme formulation orale mais peut-être qu'elle en parle toujours ainsi ?
J'ai lu dans les commentaires que c'était ton premier jet. Du coup, pour les petites coquilles, est-ce que tu veux qu'on t'en fasse part ou tu géreras ça à la relecture ?
Espelette
Posté le 11/04/2020
Oh, et j'ai oublié de dire que j'adorais le titre :-D
Cocochoup
Posté le 11/04/2020
Coucou espelette et bienvenue pas ici !
Tu as raison pour la manière dont parle la Maîtresse. Je me suis noté de modifier ça :)
Merci pour ton joli commentaire plein d'encouragement ❤️
Ysaé
Posté le 11/04/2020
Je poursuis sur ce second chapitre, avec la découverte d'Ely. Toujours une foison de détails et d'images : je me suis imaginée à la Havane, avec les maisons grand style et le soleil :)
Les phrases sont bien tournées, j'en ai repéré trois cependant qui m'ont fait tiquer :

Les commerçants faisaient chanter leurs grosses voix pour attirer les chalands, des chariots croulant sous le poids des marchandises, se croisaient au rythme du martèlement des sabots des chevaux => la dernière partie de la phrase s'articule mal avec le reste


Sa gorge asséchée était irritée par quelques miettes de brioche, que sa rare salive n’arrivait pas à faire descendre dans son estomac => la dernière formule est lourde, à mon sens

Son nez habituellement habillé de discrètes taches de rousseur, était constellé de multiples gouttelettes qui filaient dans les commissures de sa bouche, lui laissant un gout salé de cette ascension. => le mot ascension ne me semble pas approprié

Belle découverte du personnage principal, auquel on s'attache immédiatement : son rude quotidien, son intelligence (la façon dont elle observe les rapports humains), sa gentillesse (scène avec le boulanger).
Je suis également intriguée par les voix qu'elle entend. Mon hypothèse, c'est que ça a un rapport avec UJU mais bien sûre à ce stade c'est un peu tôt pour dire. Concernant le chuchoteur, c'est bien amené.

Je me laisse le plaisir d'en apprendre davantage au prochain chapitre !

Bonne continuation !
Cocochoup
Posté le 11/04/2020
Coucou
Tes remarques sont tout à fait juste.
Il s'agit d'un 1er jet et je me suis un peu enflammée sur les descriptions. Je prend note de tous les conseils. Je les garde précieusement pour le moment où j'attaquerai la ré écriture !
À bientôt 😉
Folklore
Posté le 10/04/2020
J'ai beaucoup aimé me plonger dans ces deux premiers chapitres !
On sent le travail et l'inspiration et une très jolie écriture ! Un passe d'un personnage à l'autre et on a hâte d'en découvrir le lien!
J'ai remarqué que la fin de ce 2e chapitre est un peu moins travailler et peut gagner en quelques précisions. Je pense à quelques phrases un poil complexe ou à des mots pas toujours utile. Je n'ai pas lu les autres commentaires donc j'avoue ne pas savoir si l'on t'a déjà fait la remarque :) J'en suis désolée si c'est le cas
Quelques exemples:
"Son nez habituellement habillé de discrètes taches de rousseur, était constellé de multiples gouttelettes qui filaient dans les commissures de sa bouche, lui laissant un gout salé de cette ascension." => plusieurs idées sur un même phrase :)

"D’un geste rapide, elle déboutonna le col de sa robe pour l’enlever en la passant par la tête et la déposer au sol pour ensuite enfiler une tenue plus confortable et légère." => Le changement peut se faire plus rapidement, sans la tête ni le sol

"les cicatrices laissées par les morsures des lanières de cuir du martinet de la Maîtresse" => On peut s'arrêter à lanières de cuir comme on a déjà eu l'info plus tôt

Voilà ! je suis nouvelle ici alors je ne sais pas trop comment apporter mes critiques, j'espère qu'elles te seront utile car j'ai vraiment apprécié ses chapitres. Je me plonge dans la suite dès que possible :) !
Cocochoup
Posté le 10/04/2020
Coucou et bienvenu par ici !
Je prend note de tout conseil :)
Il s'agit d'un 1er jet qui aura grandement besoin d'être retravaillé et j'irai puiser avec plaisir dans tous les conseils reçus
Merci en tout cas pour la bienveillance de ton commentaire et j'espère que la suite te plaira !
Elornyx
Posté le 09/04/2020
La rencontre avec Ély pour moi est plus difficile, j'ai un peu de mal à suivre ce style de personnage et ça sonne tellement différent à coté d'UJU. Mais ! le chapitre est bien amené et le mystère autour de ses voix arrive à m'interpeller pour connaitre la suite. Je pense qu'avec le temps j'arriverais à me laisser envoûter par cette petite Ély. À qui j'espère ne lui arrivera pas trop plus de malheur que déjà rencontré. J'ai quand même un coeur XD Il me faut juste un peu plus de temps qu'avec UJU ne t'en fais pas :)
Cocochoup
Posté le 09/04/2020
Ah je comprend, UJU est si particulier qu'il a tendance à prendre beaucoup de place !
Ely est plus en retrait, mais j'espère que tu arriveras à t'attacher à elle et son histoire !
C'est vrai qu'il s'agit de 2 personnalités complètement opposé et il est normal d'avoir une préférence 😘
Cocochoup
Posté le 09/04/2020
Je peux te demander ce que tu veux dire par le fait que tu as plus de mal avec ce style de personnage ?
Elornyx
Posté le 09/04/2020
Oui bien sûr, dissons que " l'enfant mal traité qui essaie de se faire oublier pour moins souffrir" en tant que personnage principal ça fait un peu cliché dans mon esprit et j'aimerais être plus surprise par l'origine du héros ou un personnage principal avec une personnalité atypique ou peut-être plus d'ambition par rapport a sa situation de manière générale pour casser le cliché. Mais avec l'histoire que tu sembles vouloir raconter ce choix de départ reste cohérent à mon sens. Donc j'attends de la voir s'épanouir déjà elle semble taquine avec le boulanger c'est agréable, et ses prédispositions apparentes au rôle de chuchoteuse créée quand même l'intérêt. Donc j'attends de voir qui est vraiment Ély :) Par rapport a mes attentes de lectrice tu t'en sors bien. Mais sur ma première lecture en diagonale je n'ai pas forcément été interpeller par ses détails, seulement par les voix j'avais finalement lâché ma première lecture diagonale par rapport à Ely (au chapitre 8, c'était trop lent pour moi par contre rien à redire sur UJU même en diagonale, hâper) Donc cette lecture plus concentrée et agréable.
Cocochoup
Posté le 09/04/2020
Ha vi en diagonale t'a été jusqu'au chap 8 quand même!
Effectivement la narration d'ely est plus lente. J'ai conscience des faiblesses de ce perso et je me suis notée de retravailler son caractère sur la ré écriture. Essayer de la faire pétiller un peu plus pour que ça soit moins longuet !
Flowrale
Posté le 07/04/2020
Zut j’espérais en savoir plus sur cette viix en fin de chapitre ! Ma curiosité va devoir attendre que je lise les prochains chapitres !
J’ai beaucoup aimé ce chapitre. Je trouve qu’on parcourt avec élégance la ville et ses personnages. J’ai aimé les descriptions et les indices glissés.
Un tout petit bémol sue le début, lorsqu’on apprend qu’elle est orpheline. Le personnage ne donne pas l’impresssion de s’apitoyer sur elle et du coup la façon de parler de sa situation, j’ai trouvé que c’etait décalé.
Hâte d’attaquer les prochains chapitres ! :D
Cocochoup
Posté le 08/04/2020
Coucou !
J'espère qu'en lisant les prochains chapitres tu comprendras un peu mieux le comportement d'ely 😉
Effectivement est paraît détachée mais ce n'est pas sans raison 😜
Flowrale
Posté le 08/04/2020
Je reviens pour préciser mon commentaire, et avec l'ordinateur c'est plus facile que sur la tablette !

Pour la phrase qui me chiffonnait, je parlais de celle-ci :
"La vie d’orpheline n’était facile pour personne, mais celle d’Ely était particulièrement rude."

Je la trouve en contradiction avec la position forte d'Ely. En fait, je n'ai pas besoin qu'on me dise "c'est pas facile", je le sais ou plutôt je le sens à travers ce qu'elle ne dit pas (les cicatrices dans son dos et le reste des indices que tu donnes).

Je ne sais pas ce que tu en penses ?
Je ne m'étais pas bien exprimée dans le premier commentaire faute de citer la phrase :s
Cocochoup
Posté le 09/04/2020
Oh d'accord ! Je prends note de ta remarque. Effectivement c'est un point que je devrai revoir. Merci d'avoir soulever cette incohérence !
Fauchelevent
Posté le 03/04/2020
Le contraste entre ce deuxième chapitre et le premier est très bien géré, tant dans le fond que dans la forme, et j'ai adoré les descriptions contrairement à ce que j'ai pu un peu lire dans un commentaire au-dessous (mais moi je les apprécie en règle générale :)). Je trouve qu'elles nourrissent très bien le lecteur, d'un point de vue sensoriel, et c'est vraiment un truc qui m'importe quand je lis une histoire. (Le petit paragraphe sur la brioche a fait gargouiller mon ventre.)
A plus tard ! :)
Cocochoup
Posté le 04/04/2020
Coucou Fauchelevent !
Je t'avoue qu'en relisant ce chapitre, je n'ai qu'une envie c'est de le ré écrire. Il me paraît tellement... Maladroit. Mais pour le moment, je ne me retourne pas et j'avance dans l'histoire. Il sera toujours temps d'entamer l'étape de ré écriture plus tard XD
En tout cas merci de ton passage par ici!
Fauchelevent
Posté le 04/04/2020
C'est une opinion toute personnelle, mais je trouve les petites maladresses presque nécessaires, dans une histoire. Ça laisse une béance souvent appréciable sur l'humanité de la personne qui l'a écrite. A mes yeux de lectrice, ce qui compte c'est que le texte sonne et qu'il soit sincère. Tu n'es pas un robot, et heureusement. Si tu l'étais, je ne prendrais personnellement pas la peine de lire ton histoire... <3
kujiu
Posté le 22/03/2020
Superbes descriptions. J'ai été transporté dans cet univers et je trouve les petits détails très justes. C'est vraiment bien d'avoir montré non pas la punition mais la peur qu'elle entraîne, et ce quotidien très dur. J'ai hâte de voir en quoi Uju et Ely sont liés.
Cocochoup
Posté le 23/03/2020
Je suis contente que les descriptions t'ai plu ! J'ai encore un peu de mal à doser...
Et en quoi ils sont liés ? Et bien. Je ne peux rien te dire pour le moment 😜
Ra(p)ture
Posté le 20/03/2020
Je découvre avec plaisir le deuxième personnage et point de vue de l'histoire. Le contraste est pour le moins saisissant, même au niveau de la narration -ce que j'aime beaucoup. On découvre le quotidien d'Ely, malgré tout plusieurs mystères sont dispersés dans le récit, ce qui le rend bien intriguant :)
Sinon, l'écriture est fluide et plaisante, et on se représente bien les scènes à travers tes descriptions.

Bref je poursuis la lecture avec joie !
Cocochoup
Posté le 21/03/2020
Salut !
Oui j'ai essayé qu'il y ait une vraie cassure pour que ça soit plus simple de savoir qui est le perso principal.
Ravie que cela t'ai plu !
_HP_
Posté le 16/03/2020
So ! Ce chapitre est très bien écrit, avec parfois certaines descriptions un peu longues (il faut avouer que je ne suis pas fan des descriptions ^^). J'aime beaucoup ta plume, ce chapitre est léger et pourtant...pas tant que ça ^^ j'ai envie de savoir ce qui arrivera à cette Ely à laquelle je suis déjà attachée ^^
Je trouve ce chapitre très joli, la dernière phrase est bien trouvée ^^ bravo

- "à peine visible derrière cette foret sauvage de sourcils." → forêt
- "La croute brillait du beurre généreusement étalé et la pulpe de ses doigts s’enfonça sans aucune résistance." → croûte
- "ses rayons frappaient durement les têtes nus," → nues
- "Un léger vertige l’a fit vaciller " → la
- "les badots commençaient déjà à affluer peu à peu autour de la maison" → badauds
- "dont les rideaux rouges avaient été laissé ouvert pour que chacun puisse observer les somptueux préparatifs de la soirée." → ouverts
- "Et la position de son corps bien nourrit" → nourri (je crois ^^)
- "Personne qui n’ait pu lui chuchoter çà." → ça
- "Une marche après l’autre, une main sur la rampe, l’autre sur le ventre" → ça fait une légère répétition de 'l'autre' ^^ : 'une marche à la fois', 'la seconde sur le ventre'... ^^
- "cousu dans un tissu fin" → cousue
- "sur les murs tapissés, fatigués et jaunit par le temps qui passe." → jaunis
- "Les questions commençaient à se bousculent" → se bousculer
- "le bruissement tissu des nappes et serviettes" → bruissement du tissu, des tissus...
- "sa peau habituellement pale" → pâle
- "un voile bleu pâle sertie de broderie parme" → serti
Cocochoup
Posté le 16/03/2020
Coucou !
J'ai conscience des longueurs et je reprendrai tout ça quand j'aurai réussi un jour à finir cette histoire. Je vais apprendre à mieux doser les descriptions pour que ça ne soit pas trop indigeste !
Jupsy
Posté le 05/03/2020
Alors...

Si mes souvenirs sont bons, tu as alterné tes points de vue. Au départ c'était par celui d'Ely que l'on débutait, n'est-ce pas ? Eh bien je dois dire que tu as eu raison d'échanger.

Pourquoi ? Ce chapitre a une narration plus classique que celui de UJU. Je n’ai pas autant accroché à lui. Du coup, je n’aurais sans doute pas immédiatement continuer ma lecture. J’aurais attendu un peu. Bon, soyons honnête, me connaissant, j’aurais peut-être mis dix ans à revenir, mais je serais revenue ! Maintenant cela ne veut pas dire que c’est un mauvais chapitre. Il n’aurait juste pas fait un premier chapitre accrocheur à mes yeux.

Bien entendu, les coquilles sont présentes. Maintenant elles sont moins scandaleuses que celles qu’on trouve dans livre que l’on a acheté et qui est censé être corrigé. Sinon j’ai trouvé que par moment, tu allais un peu trop dans le détail ce qui ralentissait le rythme de l’histoire. Après il faut savoir que je ne suis pas une grande adepte de la description.

Par contre, je tiens à souligner que j’ai apprécié le fait que tu sois juste sur la brioche. Oui, manger une brioche, ça vous sèche le gosier et la salive ne suffit pas à la faire passer. C’est peut-être un détail pour certains, mais pour moi non.

Je trouve aussi intéressant le fait que tout ne tourne pas rond pour Ely, que ce soit montré de manière sporadique. Cela ne lui tombe pas dessus d’un coup, et ce n’est pas une mauvaise chose. Cela permet d’apporter une dose de mystère et nous pousse à vouloir savoir ce qui lui arrive exactement. J’apprécie aussi sa détermination à la fin du chapitre et la phrase avec laquelle tu conclus ton chapitre.

D’ailleurs même si je ne suis pas une adepte de la description, j’aime la manière dont tu décris les choses. Je pense notamment à ta façon de présenter les personnages, à nous permettre de savoir exactement à qui on a à faire en peu de mots. Du coup, je pense qu’avec le temps, par toi-même, tu finiras par doser correctement ce que tu dois montrer et ce qui n’est pas forcément utile de décrire. Pour un premier jet, tu fais de belles promesses. Ne perds pas confiance en toi car tu as clairement ta place en tant qu’autrice et il ne tient qu’à toi de la prendre.
Cocochoup
Posté le 06/03/2020
Merci pour la pertinence de tes commentaires !
Effectivement j'ai un peu de mal en dosage et quand je relis ce chapitre, je vois tellement tout ce qui est à améliorer ! C'était ma 1ere fois en narration à la 3eme personne et j'ai eu du mal à me cantonner à la vision du perso sans que ça ne devienne omniprésent.
Et merci pour les jolis compliments que tu me fais, j'ai mon petit cœur qui tremblotte :)
Renarde
Posté le 22/02/2020
Coucou CorinneChoup,

Un bien joli premier chapitre !

C'est vivant, coloré, et tu exploites vraiment bien les différents sens de ton héroïne, on s'y croirait !

La pauvre Ely n'a pas une vie facile et sa "maîtresse" est bien horrible comme il faut. La vraie belle-mère des contes pour enfants, brrrr.... Je m'accroche très fort à ce qu'on soufflé les voix : "Si elle recommence, nous t’aiderons.", et j'espère que la mégère en prendra pour son grade.

Du coup, je me réjouis de découvrir ton prochain personnage ;-)
Cocochoup
Posté le 24/02/2020
Coucou Renarde !
Merci de ton passage par ici :)
J'espère que tu as passé un bon moment et que le reste de la lecture te séduira !
Flammy
Posté le 11/02/2020
Coucou !

Ca faisait un moment que le résumé m'avait rendu curieuse et j'ai enfin un peu de temps pour lire donc j'en profite !

Bon, je ne sais pas encore trop où on va aller, mais j'ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture ! J'aime beaucoup la façon dont tu écris, avec toutes ces images et les jolies formulations, c'est vraiment cool !

Sinon pour l'histoire, c'est encore le début, je il se passe déjà des trucs louches et ça laisse pas mal de possibilités pour la suite, c'est plutôt bien géré je trouve ! On comprend vite qu'il y a un truc louche et ça donne envie de poursuivre la lecture pour savoir justement quel est ce truc louche ^^

Bref, j'ai aimé ma lecture et je vais clairement me faire la suite ^^

Pluchouille zoubouille !
Cocochoup
Posté le 12/02/2020
Ah ah oui et des trucs bizarres va y'en avoir encore pas mal :)
UnePasseMiroir
Posté le 07/02/2020
Coucou ! Ton histoire m'intriguait depuis plusieurs jours, et ce premier chapitre est juste magnifique ! J'adore ton écriture, à la fois fluide et imagée, et tes descriptions m'ont particulièrement plu. Tu t'attarde sur des petits détails qui rendent la scène vraiment vivante, et j'adore ça ! <3

La petite Ely est d'emblée attachante, d'autant que sa vie n'a pas l'air des plus faciles, la pauvre... T_T et j'ai direct casé la Maîtresse et son martinet dans la catégorie des personnages à détester sans modération.
Bref, j'ai pas grand chose de constructif a dire pour l'instant, à part que ton écriture me séduit beaucoup ^^ Je file découvrir la suite de ton histoire !


J'ai juste relevé quelques petites choses au fur et à mesure de ma lecture :

derrière cette foret sauvage de sourcils. --> forêt

En 3 bouchées il ne resta plus rien, hormis les doigts luisants d’Ely --> tu devrais préférer les chiffres écrits en lettre (trois)

Un léger vertige l’a fit vaciller --> la

Je suis en train de devenir complètement folle était la seule pensée qui emplissait son esprit. --> tu pourrais mettre une virgule entre folle et était
Et la position de son corps bien nourrit --> nouri

La sensation brulante de l’eau qui lui pénétrait la chair --> brûlante
Cocochoup
Posté le 08/02/2020
Merci pour les coquilles relevés ! Ça va bien me servir en attendant d'investir dans antidote.
Ravie que tu ais passé un bon moment de lecture :)
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 07/02/2020
Hello CorinneChoup,

Magnifique écriture ! Très fluide dans le style, on te lis très facilement.
Dans le contenu, tes descriptions sont aussi très réussies. Souffrant aussi de sévères migraines, je me suis vraiment reconnue dans les sensations que tu décrivais. Impressionnant !
Grâce à tes descriptions, j'ai réussi (je pense) à bien me représenter Ely, notamment la fragilité de son petit corps dû à la sous nutrition dont elle est victime.

Il y a une petite coquille qui s'est glissée discrètement dans la phrase suivante sur se bousculer :)
"Les questions commençaient à se bousculent dans la tête d’Ely quand un chuchotement la transperça."
Cocochoup
Posté le 07/02/2020
Merci pour ton passage par ici :) et contente que cela t'ai plu !
Je corrige la coquille que st un vestige de mon hésitation à faire le récit au présent ou au passé XD
Allie Oster
Posté le 28/01/2020
Tout cela est SI VIVANT! Je n'avais pas pris le temps de commenter, encore, j'avais eu besoin de relire ça à tête reposée pour en sortir l'impression (qui était déjà super positive). Et quel festival d'impressions! Je suis une feuille baladée par le vent et j'écoute aux portes d'un monde qui bouge tellement que je décide de rester.
La plume est bel et bien ton outil, merci pour ce beau partage!
Cocochoup
Posté le 28/01/2020
Merci Allie pour ton passage ici, ça me touche beaucoup. Et heureuse que cela t'ai plu, quand je vois le niveau de ce que tu écris, je prend vraiment ça comme un compliment :)
peneplop
Posté le 21/01/2020
Hello :)

Je rejoins les copains pour dire que c’est une belle surprise que de découvrir ta plume. Je dirais que tu dois être quelqu’un de sacrément sensible et observateur (comme Ely) pour être capable de dépeindre des ambiances et des lieux avec autant de précisions. J’avais le nez empli d’odeurs, les yeux éblouis par le soleil, les doigts luisant de beurre. J’y étais, quoi ! Je me suis régalée des petits détails (les doigts qui blanchissent à cause du poids du panier,...). C'est assez fou.
Il y a de très jolies images aussi, des manières de décrire des sensations qui ne sont pas "vues" et donc vraiment crédibles.
Je rentre totalement en empathie avec ton personnage. La pauvre...
Ma curiosité est piquée : on est donc face à une fillette qui entend des voix et qui "ressent" des situations irréelles. J’ai hâte de voir ce que tu lui réserves ! J'ai envie de croire que la soirée ne va pas se passer comme prévue... Espérons qu'au final elle botte les fesses à cette affreuse Maîtresse...

Des petites remarques (parce qu’on va le gagner ce concours !!!) :

«son regard se frayait un chemin entre deux silhouettes.» : Je ne sais pas si «se frayer un chemin» n’est pas une expression réservée au corps ? Tu en penses quoi ? Pour moi, c’est une action de force... Arf...
«déchargé de leur chaleur» / «mourir en se faufilant sous les tenues» : dans le même genre, j’ai aussi un doute sur la personnification des rayons du soleil même si j’ai tout à fait compris où tu voulais en venir. A prendre avec des pincettes, faudrait demander à une autre plume pour voir...
«L’atmosphère s’alourdissaient en même temps que les effluves de nourriture des chalands.» : tu veux dire qu'il fait de plus en plus chaud ? Une histoire de chaleur assommante ? Pourquoi est-ce la nourriture s’alourdie ?

«Du coin de l’œil, elle sentait le regard bienveillant et inquiet de Michel qui la suivait.» : J’ai cru que Michel la suivait. Mais c’est son regard, c’est ça ?

«autorisant à la température ambiante de baisser légèrement.» : autoriser la température à baisse. Faisant chuter ? Simple proposition...

«— Ely ! - l’interpella Marie qui officiait comme cuisinière du même manoir où elle habitait -» : d’après mes recherches (GENRE...), quand une incise est longue, on revient à la ligne pour poursuivre la suite avec un nouveau tiret :)

«Plongée dans ses pensées, elle n’entendit pas la Maîtresse arriver» : Je me suis demandée pourquoi Ely n’a pas eu de réaction plus vive ? Elle était au calme et tout à coup, l’ogresse surgit. Compte tenu des châtiments qu’elle lui inflige, Ely aurait pu sursauter, se redresser, s’assoir... Tu en penses quoi ? :)
Cocochoup
Posté le 22/01/2020
oh mais c'est du boulot de beta lectrice que tu m'as fait la! Merci pour toutes ces remarques bien pertinente, je les note précieusement pour plancher dessus à la ré écriture.
Pour l'atmosphere qui s'aourdit en meme temps que les effluves de nourriture, c'est pour dire que la bpuffe qui est resté en plein soleil pendant tout le marché commence a sentir fort. mais faut que je revois ca pour que ca soit plus clair
Pour la réaction d'ely, tu as raison, faut que je modifie ca
Alice_Lath
Posté le 19/01/2020
Whaaaaaat, attends, me dis-pas que tu appréhendais de poster ça? C'est juste génial, je suis bluffée par la qualité de ta narration. Les descriptions sont vivantes et dynamiques, les personnages bien campés. La psychologie de ton héroïne est juste un régal, franchement topissime. Je vais me délecter de cette histoire je sens haha!
Si j'avais un point à te suggérer, mais c'est vraiment mineur, c'est peut-être au niveau des dialogues ;) Ils sonnent encore un peu "écrits"
Mais pour tout le reste, j'ai juste à dire: chapeau! Franchement, bravo! Tu peux être fière
Cocochoup
Posté le 01/03/2020
Arf je viens de voir que j'étais passé à côté de ton commentaire... Shame on me!!
Xendor
Posté le 19/01/2020
Bigre ! C'est à couper le souffle 🙂

Tu appréhendais beaucoup la publication mais il y a rien à redire. Je viens de lire du début à la fin et j'ai été dedans jusqu'au bout. C'est bien écrit, le texte est fluide, et en plus il y a une bonne dose de mystère 🙂

Seul le résumé sera peut-être à retravailler, au fur et à mesure que l'histoire évoluera. Mais ça c'est complètement normal. Les miens ont dû changer une bonne trentaine de fois x)

Même si le thème est dur, franchement j'ai bien envie de savoir le fin mot de l'histoire. L'objectif est atteint 😉
Cocochoup
Posté le 19/01/2020
Ah ah les résumés c'est quelque chose que je dois apprendre à bosser. Je ne sais pas quoi dire dedans...
Contente si cette lecture t'a plu :)
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