2. Dans les pattes

Par Lydasa.

Rowan

 

Il me saoul, bien plus qu’une bouteille entière de whisky bas de gamme. Yale est le genre de fils ingérable qui adore foutre la merde dans à peu près tout ce qu’il fait. À cause de ses conneries, je suis obligé d’attendre au QG qu’il rentre. Le Pres’, Anton, m’a ordonné de rester et de vérifier qu’il rentre bien pour le prévenir. À cause de sa petite crise de fils pourris gâtée, je ne serais pas sur la route avec les autres, un grand sourire aux lèvres.

Sauf que là je suis dans mon bureau à faire de la paperasse interminable. J’ai des études en comptabilité, du coup le Pres’ ma charger de tenir les comptes du club. Depuis quelques jours, à cause de Yale, ce travail a été légèrement négligé et j’ai pas mal de retard. En soi rester ici et le faire est un bien, car sur la route j’aurais pris bien plus de retard. Au bout de quelque heure, une brebis dans une tenue trop courte pour la couvrir, entre après avoir frappé.

— Tu ne t’ennuies pas trop Rowanounet ?

— Ne m'appelle pas comme ça veux-tu ? grognais-je.

Cette femme s’est mise en tête de me draguer lourdement depuis quelques jours. Elle n’arrête pas de me faire chier toujours au moment où il ne faut pas.

— C’est quand que tu me prends en régulière, minaude-t-elle.

— Retires-toi ça de la tête, Cassie ! Je ne prendrais pas de régulière et vous le savez tous.

— Mais pourquoi ? Enfin, il n’y a pas une Nana du groupe qui t’intéresse ?

— Disons… que je préfère quand c’est… plus expérimenter.

— Oh ! Tu préfères les couguars ? Mais Mérida a quarante ans, elle devrait te plaire.

— Je préfère beaucoup plus vieille…

En vérité je suis carrément en train de créer une fausse rumeur auprès des brebis. Je n’aime pas les vieilles ni les jeunes. Je n’aime pas les femmes, ce n’est pas une régulière qu’il me faut, mais un régulier. Le club possède quelque chose qu’aucun autre club n’a aussi fort, la tolérance. Tout le monde à part les brebis, les prospects, les nomades et Yale sait pour mon homosexualité. Tout le monde l’a totalement accepté. Je sais très bien qu’en créant cette rumeur, ceux qui sont au courant vont me charrier comme pas possible.

J’ai de la chance d’être tombé sur ce club, pour commencer quand je suis arrivé, le Pres’ n’était pas Anton, mais sa femme Aria. L’un des rares clubs diriger par une femme, mais aussi l’un des plus influant de Texas. Cela a beaucoup fait parler, nous apportant pas mal d’ennemies dans le milieu, mais Aria avait su imposer sa loi et le respect de tous. Alors quand je suis arrivé de nul par, de haut de mes seize ans, elle mon accueillie sans se soucie de mon orientation. Je venais de me faire jeter dehors par mon père, un Texan pur et dur. Je suis même étonné qu’il ne m’ait pas balancé au flic plutôt que de me mettre a la porte. Pour la première fois, je me suis enfin senti comme dans une vraie famille.

Cette femme était vraiment exceptionnelle, mais quand elle se mettait en colère absolument tout le monde se tassait. Elle n’avait pas peur de tirer une balle entre les deux yeux d’un mec, tout ça avec un sourire sensuel. Elle était aussi belle que dangereuse, et Anton en était fou amoureux.

Mais comme dans tout couple ça leur arrivait de se disputer, une fois fut de trop. Aria prit sa moto sous le coup de la colère, elle n’est jamais rentrée. Anton partit à sa recherche ; il la trouva dans un ravin. Elle avait fait une sortie de route un percutant un animal sauvage qui avait traversé devant sa moto. Un accident qui avait chamboulé pas mal de choses au club.

Anton était devenu le président, il avait eu envie de tout lâcher, car il venait de perdre la femme de sa vie. Il avait pas mal délaissé Yale à l’époque, les gars du club s’étaient occupés de lui, sauf qu’en pleine crise d’adolescence et avec la perte de sa mère il aurait eu besoin de son père. Peut-être qu’il aurait été quelqu’un de différent.

Il fallut un an à Anton pour s’en rendre compte, c’est quand il en prit conscience que le club reprit vie. Il me nomma VP, je ne sais pas pourquoi j’étais à peine majeur. Les gars semblaient contents, pour eu il y avait besoin de sang neuf à la tête du club. Pourtant il y avait des mecs bien plus expérimenté et qualifier que moi. Le Pres’ fit surement une grosse erreur, pas avec moi, mais son fils. Comme il était la seule chose qu’il lui restait d’Aria, il le surprotégea.

Aujourd’hui on avait le droit à un casse couille de première qui faisait des crises de colère quand il n’avait pas ce qu’il voulait. Il partait bouder comme un petit con sur sa moto. Cela faisait vraiment peur à notre Pres’, car à chaque fois qu’il partait, il l’imaginait au fond d’un ravin lui aussi. Mais Yale revenait toujours, en un seul morceau, parfois avec une gueule de bois énorme, mais il revenait.

La brebis me sort de mes pensées, caressant ma mâchoire du bout des doigts. Je me dégage en grimaçant la regardant méchamment.

— Oh détend toi mon beau, tu ne veux pas faire une exception ? Tu es tout tendu, je pourrais te détendre, tu as juste à imaginer que j’ai soixante-dix ans. Une bouche est une bouche.

— Arrêt tu es connerie, pourquoi tu me fais chier alors que tu vois très bien que je suis occupé avec la compta. J’ai du retard, fou moi la paix.

— Mais… couine-t-elle.

Je tends le bras lui indiquant la porte, le visage froid et les eux noir. Elle me fait une grimace, avant de tourner les talons en grommelant. Elle arrive à la porte et se retourne.

— Sérieux Rowan, je ne comprends pas, tu es vraiment le seul biker que je connaisse qui refuse de se faire tailler une pipe.

Je lui fais u doigt d’honneur, elle écarquille les yeux avant de claquer la porte. Je suis enfin seul, j’avoue que je suis content, j’ai vraiment trop de travail. Il semblerait tout de même que le destin est décidé que je ne fasse pas de compta tranquillement. J’entends le bruit d’un moteur résonner dans la cour. Je sais très bien de qui il s’agit, cela ne loupe pas, quelqu’un instant plus tard j’entends des hurlements dans le manoir. Je lâche un soupire exaspérer, avant de sortir de mon bureau pour me diriger vers l’escalier principal.

Yale est en train de gueuler sur chaque personne qui croise sa route avant de monter les marches. Arriver en haut son regard croise le mien, et je remarque qu’il n’est pas très frais.

— Tu n’as pas pris la moto bourrée quand même ?

— Quoi ? hurle-t-il. Tu me prends pour qui ? J’ai juste la gueule de bois, lâche-moi les couilles d’accord !

— Hey tu vas te détendre OK ? Ton père se fait un sang d’encre et toi tu…

— Je m’en fiche OK ? Me coupe-t-il en se dirigeant vers sa chambre.

Je me frotte le visage énervé, avant de le suivre et de bloquer la porte avant qu’il ne la ferme. Ce con a failli me coincer la main.

— Tu vas jouer au con encore combien de temps Yale ? Ce n’est pas avec ce comportement que ton père va accepter de te donner le badge de prospect.

— Tu veux que je fasse quoi ? J’ai beau essayer d’être un fils parfait, obtenir tous mes diplômes, n’avoir aucun casier, ça ne change rien. Alors j’en ai marre, j’ai vingt-cinq piges, pas seize OK ? Ne commence pas à me faire la morale, être le VP ne te donne aucun droit de jugement sur moi OK ?

Cette fois il me claque la porte au nez. Je lâche un grognement de rage, avant de retourner dans mon bureau. Je m’assois en fixant mes papiers, ce sale gosse me sort par le nez, nous n’avons que quatre ans de différence. J’ai pourtant l’impression d’être avec un ado buté et borné. Le Pres’ m’énervent tout autant, je suis son VP pas sa nounou pour son fils chéri. En plus l’un et l’autre ne savent pas communiquer, quand il discute c’est en hurlant. Je ne l’ai jamais vu se dire de mot d’amour, mais c’est clairement deux ours.

Agacer je me lève pour rejoindre tout le monde dans la pièce principale, je ne vais pas réussir a bossé. Quand j’arrive, la rumeur comme quoi je suis un homme à cougar s’est déjà répandu. Ils me fatiguent tous, mais ils ont le mérite de me changer rapidement les idées.

Si bien que je ne voie pas le temps passé jusqu’au soir. J’ai tout de même pensé envoyer un message aux Pres’ pour lui dire que son adorable fils était rentré. J’étais à boire une bière avec un des nomades nouvellement rentrés, quand le cuisinier, Conrad, s’approche de nous.

— Rowan, tu crois que Yale va sortir de sa caverne pour manger avec nous ? On ne l’a clairement pas vu de la journée il doit avoir faim le petit.

Je lâche un soupire, en soit il n’a pas tort.

— Je vais aller le chercher, c’est bon, serpé Nani à la rescousse, grinçais-je des dents.

Évidement les gars ricanent dans mon dos, c’est le surnom qu’ils m’ont donné depuis quelque temps. Je monte les escaliers pour arriver au troisième étage, ce manoir est trop grand, au moins ça nous fait faire du sport. J’arrive devant sa porte, toquant doucement. Aucune réponse, je ne devais m’en douter. J’ouvre la porte, une odeur de vinasse me monte au nez, me faisant grimacer. Il avait bien une gueule de bois. Je me dirige vers la fenêtre ouvrant le volet et la fenêtre. Il ne fait pas trop froid ça devrait aller pour la princesse qui est déjà a grogner sous la couette.

— Aller sort de là, Conrad va préparer le repas, vas prendre une douche et rejoins-nous.

— Mais putain, tu fais chier…

— Ne m’oblige pas à t’attraper par le slip et à te trainer jusqu’au salon.

Je l’entends ricaner sous la couette avant qu’il ne se relève. Je remarque qu’il est torse nu.

— Va y attrape moi le caleçon, ricane-t-il en se levant cette fois.

Je me suis trompé il n’est pas juste torse nu, il est complètement à poile ce con. Je me tourne par réflexe en grinçant des dents.

— Oh tu es gêné ? On est deux mecs, on a la même chose entre les jambes, ne fait pas ton timide, ricane-t-il de plus belle en s’approchant.

— Tu es chiant putain, je n’ai juste pas envie de voire ta loche pendouille. Aller va te doucher, tu fouettes plus que Bubulle.

— Quoi ? Bubulle sent super bon ! ricane-t-il.

Bubulle c’est le mastiff du club, un chien qui ne fait que baver et qui a été aussi nommé Dyson, car il ramasse toutes les miettes sur le sol quand on mange. Par contre c’est une boule d’amour, absolument tout le monde est d’accord avec ça. Je n’ai pas fait attention, mais Yale s’est approché de moi, passant son bras autour de mes épaules.

— Tu sais ce que je sens ? demande-t-il.

— Le phoque !

— Non le sexe, j’ai baisé comme un malade hier soir. Tu devrais essayer mon vieux, ça te dériderait franchement.

Il me bouscule avant d’aller dans sa salle de bain en roulant des hanches. Mes yeux n’ont pas pu s’empêcher de tomber sur ses reins, heureusement il ne l’a pas vu. J’ai eu le temps de voir une multitude de suçons. Sur ce point il n’a pas menti, la nana avec qui il devait être devait être une folle enrager ma parole. Je secoue la tête pour reprendre mes esprits, sortant de la chambre. Au moins il est levé et il va venir manger avec nous après une douche qu’il n’aura pas volée.

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