2 - Ambtorn

Eve Carmène tendit les bras. Elle resserra l’écharpe autour du cou de son fils, puis lissa la manche du manteau de sa fille, tout en énumérant à voix haute une liste de recommandations, entre deux encouragements. Les Jumeaux Carmène la laissèrent faire sans broncher, un léger sourire sur leurs lèvres. À côté de sa femme, Rufus Carmène tenait encore les deux imposantes valises de ses enfants, probablement remplies de nombreux effets étiquetés « on ne sait jamais », par leur mère.

À leurs côtés, les trois Saravel restaient silencieux. Son propre bagage calé entre ses pieds, Levan assistait à la scène avec un mélange d’émerveillement et de consternation. Eve Carmène était ce genre de mère qui ne pouvait s’empêcher de trop veiller sur sa progéniture. Mais tout en lui accordant une grande confiance, puisqu’elle laissait toujours ses enfants aller et venir comme bon leur semblait hors de la demeure familiale. Les Carmène étaient une famille soudée. Levan et Mane avaient été une fois invités à une de leurs fameuses soirées jeux de société du samedi. Il n’aurait su dire s’il avait apprécié de partager un moment fusionnel en famille ou s’il avait été dérouté par tant de partage et d’honnêteté entre leurs membres. Un peu des deux probablement.

Le jeune homme jeta un coup d’œil à Mane. Il vit une lueur d’envie briller dans ses prunelles, qui avec la lumière du soleil, avaient pris une teinte plus verte que d’ordinaire. Il tenait sa propre valise à la main, malgré son poids. Levan songea qu’il était sans doute pressé de commencer sa nouvelle vie.

À quelques pas de lui, l’adolescent entendit quelqu’un souffler par le nez. Les mains dans les poches de son vieux manteau élimé, son père fixait l’horizon d’un air distrait, attendant la venue du dirigeable qui emmènerait les quatre jeunes adultes à la capitale. Il n’avait pas dit un seul mot depuis le départ de leur maison jusqu’au train qui les avait emmenés en ville. Et toujours pas un son émis depuis la gare jusqu’au quai aérien qui desservait les dirigeables. Il faut dire qu’Eve Carmène avait tendance à faire la conversation pour plusieurs.

            Elle était à nouveau en train d’arranger les cheveux de ses enfants.

– Vous avez bien pensé à vos convocations ? Et à vos billets pour le dirigeable ? Et à retenir l’adresse de l’internat ? demanda leur mère pour la troisième fois.

– Oui… soupira Aldarian.

– Oui ! fit en même temps Cordélia.

Owen tourna la tête vers ses fils et leur adressa silencieusement les mêmes questions. Les garçons hochèrent la tête de concert.

Ève soupira.

– La maison va me paraitre terriblement vide sans vous !

– Chérie… Nous avons quatre autres enfants, rappela Rufus.

– Oui, mais eux ne s’envolent pas pour Ambtorn ! Cacilia travaille dans le restaurant voisin à notre rue et les trois autres sont encore au collège ou au lycée !

Un vrombissement lointain emplit soudain l’air, couvrant la voix d’Eve Carmène. Levan aperçut un point noir qui pourfendait la ligne de nuages et se dirigeait vers eux depuis l’horizon. Le quai commença à se remplir d’autres voyageurs en partance pour la capitale. Une vingtaine de personnes se massèrent sur la plateforme.

Ève ne put s’empêcher d’adresser ses ultimes conseils. Elle dut hausser la voix pour couvrir le bruit du ballon qui s’approchait de plus en plus.

– Si toutefois vous avez besoin d’aide, demander aux cousins de votre père, qui habitent dans le centre de la capitale. Sinon, il y a votre grand-tante Adélaïde, qui connait tous les meilleurs centres de soin de la région ! Et aussi, Tony, un petit-neveu, il tient un restaurant à succès, on y mange des sandwichs, je crois… De toute façon, où que vous alliez, vous trouverez toujours un Carmène pour vous aider !

Aux oreilles de Levan, cette dernière phrase sonnait comme le début d’une mauvaise blague. Il avait du mal à imaginer qu’une famille puisse avoir autant de membres. Et maintenant que le gène de la gémellité s’était invité, elle n’avait pas fini de s’agrandir. En tout cas, les Jumeaux Carmène semblaient prendre cela au sérieux, puisqu’ils hochèrent la tête.

Le dirigeable était parvenu au-dessus de la plateforme. Il se posa dans un vacarme d’hélice ou de ferraille. Le vent généré par les pâles fit s’envoler le contenu d’une poubelle, dont l’un des papiers vint se coller sur le manteau de Cordélia, qui la retira avec une moue de dégout. Le ballon coupa les moteurs et déploya la rampe d’accès. À peine une dizaine de personnes descendirent. Le contrôleur fit ensuite signe aux passagers voulant embarquer de s’avancer. Les quatre jeunes gens laissèrent les autres voyageurs passer devant eux. Ève embrassa une dernière fois ses enfants. Rufus leur tendit leurs valises, avant de les prendre à son tour dans ses bras.

– Écrivez-nous quand vous serez installés, fit-il.

Levan se surprit à se tourner vers son père avec espoir. Mais il n’obtint rien d’autre qu’un signe de tête en guise d’adieu. Mane eut droit à un sourire. Levan se détourna et commença à se diriger vers la passerelle d’embarquement. Il entendit les bottines à talons de Cordélia claquer derrière lui, signe que son frère et leurs amis le suivaient. L’employé de la compagnie de transport contrôla leurs billets, avant de refermer derrière eux. Les quatre jeunes gens se dirigèrent vers les cabines qu’on leur avait assignées et qu’ils occuperaient durant les sept jours de voyage jusqu’à la capitale.  

À leur arrivée, tous les Jumeaux seraient logés dans un internat, en attendant de passer leur test et de recevoir les résultats – ce qui pouvait d’une semaine à une dizaine de jours, selon le nombre de Jumeaux. Après quoi ils rejoindraient leurs écoles et seraient officiellement admis au sein de leur caste.

Levan laissa tomber sa valise sur le lit de la minuscule cabine. Mane s’était mis devant le hublot, et regardait une dernière fois la ville qui commençait déjà à rapetisser. Ils ne reviendraient pas avant plusieurs mois, le temps de commencer leur apprentissage. Mane se détourna et s’assit sur l’autre lit, puis leva la tête vers Levan avec un grand sourire.

– Tu as l’air heureux.

– Évidemment ! On va enfin entamer ce pour quoi on a attendu toute notre vie. Et la capitale est, parait-il, une attraction à elle seule. Tu n’as pas hâte de tout découvrir, toi ?

– Si, bien sûr.

En tout cas pour ce qui concernait Ambtorn elle-même.

On toqua soudain à leur porte. Levan fit glisser la cloison qui révéla le visage d’Aldarian, qui avait enfin consenti à abandonner son écharpe – le ruban autour de son col de chemise était cependant de travers. 

– Il y a un bar-restaurant à l’étage. Cordélia veut aller faire un tour.

Les Jumeaux Saravel le suivirent. La jeune femme les attendait déjà à une table, près d’un hublot. Sa robe couleur lavande se détachait sur la décoration aux tons cuivrés de la salle. Les garçons prirent place, après quoi, un serveur en uniforme impeccable les servit. Pour l’heure, il n’y avait personne à part eux. Cordélia proposa une partie de cartes. Tandis qu’Aldarian distribuait, Levan laissa son regard errer autour de lui. Dehors, il n’y avait que les nuages, et dans la salle, des serveurs qui s’ennuyaient et tuaient le temps en astiquant des verres déjà propres. 

Derrière le comptoir du bar, le large pan de mur était tapissé de cinq affiches, qui masquaient entièrement le papier peint. Chaque d’entre elles se voulait attirante pour l’œil, avec leurs couleurs voyantes et leurs graphismes soignés. Chacune d’elle était consacrée à une caste et vantait l’importance de son rôle :

 

Alchimistes : gardiens du temps et des anomalies

Naturalistes : protecteurs de la faune, de la flore, et du climat

Bâtisseurs : garants de l'espace et de la matière interne

Aidants : gardiens de l'intégrité humaine

Défenseurs : protecteurs et explorateurs

 

Les cinq secteurs considérés comme les plus essentiels à l’humanité depuis l’évitement de sa fin.

Si pour les Jumeaux, devenir membre d’une de ces classes était une obligation, il n’en était pas de même pour les gens normaux. Or, les castes avaient chacune l’ambition de devenir celle qui serait la plus indispensable et la plus novatrice dans l’avancement de la nouvelle humanité. Mais pour cela, il fallait de l’argent et beaucoup de monde. Raison pour laquelle on trouvait ce type d’affiche un peu partout, et que des représentants n’hésitaient pas à faire le déplacement jusque dans les lycées ou collèges. Réussir à en faire partie était ensuite une autre affaire, bien plus complexe.

Et pour les personnes dont le métier n’était pas affilié à l’une de ces castes, il existait des guildes ou des conventions les regroupant. Mais le jeune homme aurait bien été incapable de toutes les citer, tellement elles étaient nombreuses.

Sur la table, Aldarian avait achevé de donner les cartes. Ils jouèrent tout le restant de la journée.

 

Il y eut huit arrêts supplémentaires, le prochain étant leur destination finale. Le dirigeable s’était de plus en plus rempli, notamment d’autres Jumeaux – six duos en tout, avec qui les quatre amis avaient fait connaissance, mais s’en s’attarder à nouer des liens.

Depuis la fenêtre de leur cabine, Levan observait le décor que les nuages dissipés voulaient bien lui montrer. Si pour se déplacer de villes en villages, il était possible de prendre le train, pour changer de région, il fallait forcément emprunter un dirigeable. Sous eux, il n’y avait que de grandes étendues vertes. Les plaines se succédaient aux forêts, puis aux collines ou aux rivières. Le paysage ne cessa de changer durant ces sept jours. De temps à autre, on apercevait d’anciennes routes ou rails de chemin de fer, presque entièrement recouverts par quatre siècles de végétation. 

Levan entendit son frère refermer son livre. Mane le rejoignit devant le hublot et lâcha quelques commentaires sur la beauté du paysage. Soudain, il changea de sujet.

– J’espère qu’on sera Aidants !

Levan lui adressa un sourire crispé.

Il n’était pas surpris par ce choix. Évidement que Mane voulait être Aidant, lui qui était d’un naturel social et altruiste. S’il y avait un voisin à aider ou un animal à sauver, il répondait toujours présent, quelles que soient l’heure ou les circonstances. Levan ne se voyait pourtant pas endosser ce rôle. Pour les Jumeaux qui devenaient Aidants, leurs rôles se limitaient au traitement des maladies graves ou rares, ou à défaut de parvenir à sauver les personnes atteintes, à faire progresser la recherche en essayant de comprendre pourquoi l’Etherarium se détraquait ainsi dans le corps humain. Ça mais aussi suivre et assister les femmes enceintes de Jumeaux.

Une ambiance morbide, en somme, mais le pire serait probablement le dernier point. Si une naissance, en particulier de Jumeaux, était un évènement heureux, il était également dangereux pour la mère ou les enfants, à cause de l’afflux d’Etheranum capté par les auras des bébés à leur naissance. Des mères décédaient chaque année. Levan ne se voyait pas annoncer une telle chose à une famille qui avait prévu de fêter l’événement. Le jeune homme sentit sa gorge se nouer. Pour la première fois, il se surprit à comprendre ce que son père avait dû ressentir. Leur mère était morte de cette manière. Quant à Mane et son frère, ils avaient passé les six premières années de leur vie dans un centre de soin, entourés d’Alchimistes et d’Aidants, qui tentaient d’apaiser leurs auras trop puissantes. Levan ne conservait pratiquement aucun souvenir de cette période.  

Non vraiment, Levan ne se voyait pas travailler dans un climat aussi morbide et pesant toute sa vie. Mais puisque les Jumeaux avaient la même psyché, il serait forcément Aidant lui aussi. Il suivrait Mane, dans tous les cas. Les Jumeaux faisaient tout à deux. Le même métier, les mêmes aspirations profondes. Les paires s’aimaient entre elles, divorçaient entre elles, se liaient ou se détestaient entre elles. Elles avaient envie ou non de rejoindre la même caste. Et même lorsqu’elles étaient indécises, elles étaient indécises ensembles.

En ne voulant pas suivre son frère, Levan avait la sensation de le trahir. Mais il n’aimait pas l’idée de devoir vivre dans l’ombre d’un autre, de devoir aligner ses désirs sur les siens. Où était le libre arbitre dans tout ça ? Comment Cordélia et Aldarian faisaient-ils ? Mane se détourna du hublot et retourna à sa lecture, sans se douter du conflit intérieur qui agitait l’esprit de son frère.

            Ce dernier laissa échapper un soupir. On toqua soudain à leur porte pour leur annoncer que la capitale était en approche. Les Jumeaux firent leurs valises. Levan sut qu’ils étaient arrivés quand il sentit le dirigeable ralentir et amorcer un large virage sur la droite. Quelques minutes plus tard, le jeune homme put apercevoir le premier rempart, haut d’environ trois mètres. Celui-ci servait à délimiter un vaste espace entourant la capitale, et que l’on surnommait la Lande. On y trouvait principalement les centrales électriques, les usines de traitements des eaux et des déchets, tout ce qui devait se trouver loin des yeux des habitants, mais aussi des terrains alloués aux castes ou à l’agriculture. Après dix minutes de survol, les premières silhouettes des bâtiments de la capitale se montèrent enfin. Une tour en forme de flèche, dont la pointe crevait les nuages, était bien visible par-dessus les autres. Le jeune homme reconnut le siège de la Présidence, là où ministres, conseillers et présidents prenaient les décisions qui régissaient la vie du pays. Les dirigeants étaient un peu considérés comme la sixième caste, composée de Jumeaux et non-Jumeaux, appelés Uniques, confondus.

Le ballon perdit de l’altitude. Il survola les rails du tramway suspendu qui encerclait la ville et passait par-dessus le mur d’enceinte qui la délimitait. Sous eux, Levan vit une multitude de petits points noirs, se déplaçant sur les larges avenues et les ponts suspendus qui reliaient les immeubles. Certains semblaient même marcher sur les façades mêmes des tours, au mépris des lois de la physique. Une prouesse des Bâtisseurs, sans aucun doute. Le jeune homme esquissa un sourire malgré lui. Il devait reconnaitre qu’il était effectivement émerveillé, après tant d’années passées au même endroit. À ses côtés, Mane s’était collé au plus près du hublot, son souffle produisant une légère buée sur le verre.

Le dirigeable ralentit l’allure et entama sa descente vers une large plateforme, pouvant accueillir une vingtaine d’autres bâtiments identiques, abrités par une immense coupole de verre et d’acier. Des portes numérotées permettaient aux ballons d’entrer et de se poser.

Mane et Levan enfilèrent leurs manteaux et récupèrent leurs valises. Dans le couloir, ils rejoignirent leurs amis. Cordélia sautillait d’impatience, son bras enroulé autour de celui de son frère, qui la regardait d’un air amusé.

Les quatre jeunes gens suivirent la foule qui s’était rassemblée devant la passerelle en train de se déployer. Les quais de la gare fourmillaient de monde. Des plantes grimpantes aux feuilles très fournies serpentaient autour des poteaux métalliques qui soutenaient la structure. Des échoppes permettaient aux voyageurs de se restaurer et de se divertir en attendant leurs vols.

– Et maintenant ? fit Aldarian.

Levan vit que les autres Jumeaux de leur dirigeable étaient tout aussi indécis. Ils fouillaient les alentours du regard. Deux Jumelles aux cheveux teints en mauve n’avaient cependant pas hésité et se dirigeaient vers un large ascenseur qui trônait au milieu des quais.

– Suivons-les, proposa Levan.

Il n’attendit pas la réponse de ses amis et s’élança. Devant eux, les Jumelles s’étaient retournées et leur jetèrent des regards compatissants. Elles les invitèrent à les suivre d’un signe de tête. Dix paires de Jumeaux s’entassèrent ainsi dans l’ascenseur, dont la cabine les déposa au rez-de-chaussée de l’immeuble. Les Jumelles violettes les entrainèrent dans le hall. Sans la moindre hésitation, elles fendirent la foule qui attendait l’arrivée des cabines et gagnèrent une salle où s’entassaient d’autres Jumeaux.

Levan eut le tournis face à autant de visages identiques. Duos de garçons, de filles, principalement, ou des deux à la fois, parfaitement semblable ou présentant des différences. Il n’aurait su dire combien d’individus se tenaient là, mais il savait qu’entre soixante et cent paires naissaient par ans.

Un homme vêtu de l’uniforme de la compagnie se dirigea vers eux et inscrit leurs noms sur un registre.

– Merci de patienter, il nous manque encore des candidats.

Une heure plus tard, les derniers arrivants se présentèrent. Deux paires, engoncées dans d’épais manteaux de fourrure. Ils venaient sans aucun doute des régions de l’extrême nord, peu habitées.

L’homme qui tenait le registre s’empara d’un mégaphone et invita les Jumeaux à se présenter à l’appel de leurs noms. Ils furent ainsi tous répartis dans les wagons du tramway, qui filèrent entre les calèches et les badauds qui flânaient le long des avenues.

Après une heure de trajet, le tramway s’arrêta sur une place circulaire, située non de la flèche de la Présidence. Un bâtiment de pierres ocre, aux balustrades en fer forgé, épousait la forme des lieux et traçait un demi-cercle autour de la place. Le reste de celle-ci était fermée par une grille.

On expliqua aux Jumeaux qu’il s’agissait de l’internat où ils resteraient durant toute la période des épreuves. Il leur était défendu d’en sortir tant que les résultats n’avaient pas été donnés. Levan resserra les doigts autour de la poignée de sa valise. Il se sentait pris au piège. Aux yeux du gouvernement, les Jumeaux étaient comme des oiseaux rares sur lesquels il fallait absolument veiller. La perte d’un seul d’entre eux pouvait s’avérer dramatique, d’autant qu’un Jumeau ne survivait jamais bien longtemps à son frère ou à sa sœur disparu.

À cette perspective, Levan fut parcouru d’un frisson. On leur remit à lui et Mane la clé de leur chambre, ainsi d’un papier énumérant les consignes de l’établissement et les horaires des repas. Ils se dirigèrent vers le dernier étage du bâtiment. Cordélia et Aldarian avaient disparu quelque part entre le rez-de-chaussée et le troisième palier.

Levan tourna la clé dans la serrure et pénétra dans la chambre. Les meubles étaient faits d’un bois simple et toute la décoration, des murs aux draps, étaient entièrement blancs. Il s’agissait clairement d’un lieu de transition, qui ne servait pas plus de quelques jours par an.    

Mane se laissa tomber sur son lit. Il fixait le plafond en souriant. De son côté, Levan avait tiré le rideau et ouvert la fenêtre. Des effluves de métal et les échos de la foule lui parvinrent. À quelques kilomètres de là, il apercevait une partie de la Présidence. Il se tordit le cou, mais ne parvint pas à en voir le sommet. L’internat était trop près et pas assez en hauteur.

– C’est chouette d’être là, pas vrai ? 

Le jeune homme se retourna. La tête renversée en arrière, Mane le fixait avec son éternel sourire sur le visage. Levan sentit plusieurs émotions se bousculer en lui. Il était heureux de s’être éloigné de chez lui et de découvrir un univers qu’il n’avait fait qu’imaginer durant toutes ses années. Mais la perspective de l’épreuve, et surtout le résultat, lui nouait l’estomac. Oui, il était content d’être là, mais ne savait pas vraiment pourquoi.

Parce que c’est ainsi que vont les choses, lui souffla une petite voix.

L’inconnu n’avait jamais fait peur à Levan. Et quelle que soit la caste qu’ils intégreraient, Mane serait à ses côtés. Plus que d’être à Ambtorn, il était heureux d’y être avec lui.

– Oui. C’est chouette d’être là. 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Edouard PArle
Posté le 22/11/2021
Coucou !
Trop la classe les dirigeables ! C'est une super trouvaille, ça donne vraiment du charme à ton univers, vraiment je suis trop fan de ce moyen de transport. ^^ Ca doit faire quelque chose d'en emprunter un pendant sept jours.
On en apprend un peu plus sur les cinq castes et leurs spécificités, notamment les aidants. J'attends d'avoir plus pour choisir mes chouchous xD
C'est intéressant que les deux jumeaux n'aient pas les mêmes envies mais soient forcés de rejoindre la même caste. Mon petit doigt me dit qu'ils ne vont pas finir aidants mais ce n'est qu'une théorie xD
Mes remarques :
"Il n’aurait su dire s’il avait apprécié de partager un moment fusionnel en famille ou s’il avait été dérouté par tant de partage et d’honnêteté entre leurs membres." mettre au pluriel
"et cent paires naissaient par ans." -> an
"située non de la flèche de la Présidence." -> non loin
Bravo pour ce chapitre,
A bientôt !
Benebooks
Posté le 22/11/2021
Merci :D en espérant que la suite te surprendra !
Emmy Plume
Posté le 22/11/2021
Bon, j'ai pas pu résister, j'ai lu un deuxième chapitre avant de me coucher ^^'

Honnêtement, ça valait le coup. Très belle description de la ville et du voyage lui-même. On pressent déjà que Levan va être séparé de Mane, et on se demande quelles vont en être les conséquences...

On découvre les castes aussi, qui promette beaucoup (j'avoue que mes préférés pour l'instant sont les Défenseurs et les Bâtisseurs, j'ai trop envie d'en savoir plus sur eux).

Je suis aussi assez d'accord avec Levan sur les Aidants. ça a beau être une caste honorable, elle ne doit pas être facile à vivre tout les jours, et assez sombre au quotidien. A moins d'agir par conviction, ou vrai désir d'altruisme, c'est vraiment pas une vie de rêve ! ^^'

Bref, j'ai beaucoup aimé et reviendrai bientôt ! Bonne écriture =^v^=

Emmy
Benebooks
Posté le 22/11/2021
Merci ! Je suis contente que les descriptions t'aient emballés, ça me tenait à cœur qu'on comprenne la teneur du décors !

A bientôt :)
robruelle
Posté le 17/11/2021
Hello !
Bon je suis désolé, j'écris ce commentaire sur mon téléphone et je n'aime pas trop ça :-)
J'ai bien aimé ce chapitre également
D'abord, j'aime les dirigeables. Je suis sur que c'est l'avenir du transport aeriens :-)
Je me suis bien représenté l'immeuble de la présidence. L'administration avec un grand A
Tu en dis plus également sur les castes et ce système qui a été mis en place
On va voir maintenant j'imagine quelles épreuves ils vont devoir passer
C'est chouette tout ça
Sinon sur la forme j'ai relevé quelques petites étourderie comme un mot qui manque mais rien qui n'échappera à une relecture attentive quand le moment viendra :-)

A bientôt !
Benebooks
Posté le 17/11/2021
Merci
J'adore les dirigeables également. Pour moi c'est LA touche steampunk qui donne du charme
robruelle
Posté le 17/11/2021
Yes c'est vrai
J'ai réfléchi 5 min mais c'est vrai que j'ai pas trouvé mieux
D'ailleurs, je sais pas s'ils ont prévu d'autres voyages en dirigeable dans ton histoire mais ça vaudrait ptet le coup de décrire davantage l'intérieur
Je me le suis représenté un peu comme dans le titanic mais c'est ptet pas ça du tout lol
Benebooks
Posté le 18/11/2021
Si c'est un peu l'idée
Mais celui là c'est du transport eco/moyenne classe, donc ya juste un ou deux bars et salon de thé
Vous lisez