1x02 - Deux temps, trois mouvements (11/15)

Par Zlaw
Notes de l’auteur : Ça se bouscule (et oui, je sors, avec mes blagues nulles). Bonne lecture ! =)

Mae, Ellen, et Nelson se dirigent vers leur cours de Mathématiques de début d'après-midi. Malgré les grandes jambes du garçon, la petite blonde est en tête du cortège. Il y a aussi du fait que le grand brun et la petite excentrique se sont lancés au déjeuner dans un débat auquel Maena n'a pas vraiment son mot à dire, faisant du Français tandis qu'ils apprennent l'Espagnol. Il l'a appris par l'un de ses pères adoptifs, et l'a donc choisi par facilité, tandis qu'Ellen s'y est inscrite par curiosité, connaissant déjà suffisamment bien le Français par ses parents, globetrotters polyglottes.

 

Lorsqu'elle arrive au détour du couloir de leur salle, Mae regarde par-dessus son épaule pour vérifier que ses compagnons ne sont pas trop loin derrière elle. Ce qui est hélas le cas. Avec un soupir, elle lève les yeux au ciel tout en réalignant son regard avec la direction dans laquelle elle avance. Malheureusement, quelqu'un arrive également au carrefour, en provenance du couloir perpendiculaire, et ne regarde pas non plus où il va.

 

Surprise, l'adolescente n'est capable que d'un dérapage maladroit de dernière minute pour éviter l'autre individu, qui s'est pour sa part immobilisé. La manœuvre dégénère cependant instantanément en glissade incontrôlée, les baskets humides de la petite blonde n'adhérant absolument pas au linoléum. Incapable de regagner son équilibre à temps, Maena ferme les yeux, se préparant à entrer en contact avec le sol de manière violente, en plus d’embarrassante.

 

L'impact ne vient cependant pas. Sa chute s'interrompt aussi rapidement qu'elle a commencée, quoiqu'en douceur, ce qui n'est pas tellement logique. Mae rouvre les yeux, pour comprendre ce qui lui est arrivé, et découvre son nouveau professeur de Maths penché au-dessus d’elle, un genou à terre. Elle reste une seconde hypnotisée par son regard sombre planté dans le sien, encadré de mèches tout aussi foncées, qui tombent vers elle à cet instant précis.

 

Lorsqu'elle reprend ses esprits, Mae se rend compte qu'elle s'est instinctivement agrippée à lui, le tenant par l'épaule et le bras, et qu'il a pour sa part une main dans son dos. La prise de conscience lui fait l'effet d’une décharge électrique, et elle se redresse brusquement. L'enseignant l'accompagne dans son mouvement, laissant la main qu'elle avait sur son avant-bras glisser tout naturellement jusqu'à la sienne, l'air inquiet. La jeune fille se détache cependant de lui en vitesse, gênée, ce dont témoigne son teint rouge pivoine.

 

- Tout va bien ? lui demande Strauss, prévenant, tout en rabattant ses cheveux en arrière d'une main.

 

Ellen et Nelson arrivent seulement, et le duo avise la scène d'un air perplexe, ayant simplement vu la chute de loin, alors que la jeune fille était occupée à refaire ses lacets.

 

- Oui. Merci, Mae répond, s'efforçant de faire passer son rougissement, même si c'est le genre de réaction qui ne se contrôle pas vraiment.

 

Ses deux acolytes habituels ne sont pas les seuls à observer l'échange en silence. Les élèves qui passaient dans le couloir à ce moment-là se sont presque tous retournés, et certains se sont mêmes arrêtés, sans compter ceux qui étaient déjà immobiles. Maena les avise d'un regard circulaire, ce qui ne fait que redoubler son teint écarlate, tandis que son professeur n'a d'yeux que pour elle, sans doute d'ailleurs plus inquiet qu'il ne devrait l'être après un accident aussi bénin.

 

- La prochaine fois, je regarderai où je vais, reprend la blonde, cherchant à combler le silence.

 

- Oui. Moi aussi. Je crois que ça s'impose, approuve le mathématicien, d'une voix tout à fait posée, lui.

 

- Ça vous arrive souvent de rentrer dans les gens comme ça ? demande alors éhontément Ellen.

 

Tandis que Mae la foudroie du regard par-dessus son épaule, Nelson se retient de rire derrière sa main, et l'adulte sourit.

 

- Non, Ellen, c'est ma première collision, révèle l'enseignant d'un ton très sérieux.

 

- Vous connaissez mon prénom ! remarque l'adolescente, sa mâchoire se décrochant.

 

Elle pourrait compter sur les doigts d'une main les professeurs qui avaient retenu son nom au bout d'une semaine. Et elle n'est pas exactement l'élève la moins remarquable qui soit, avec ses excentricités vestimentaires multicolores.

 

- Oui. Est-ce que tu ne te souviens pas du mien ? il lui renvoie la balle, visiblement doté d'un humour très pince-sans-rire.

 

- C'est une question piège ? est tout ce que trouve à répondre Ellen, n'arrivant pas à discerner s'il plaisante effectivement ou non.

 

Avant qu'il puisse la fixer sur le sujet, la sonnerie retentit, signalant la fin de l'heure du déjeuner, et plus que quelques minutes avant le début de leur heure de cours. Tout le monde ayant machinalement levé la tête vers l'origine du bruit, l'échange est interrompu.

 

- À tout de suite, Ellen. Nelson. Maena, l'enseignant salue alors ses trois élèves, avant de reprendre le chemin sur lequel il était lorsque la petite blonde lui a coupé la route.

 

Les trois adolescents le regardent se rendre jusque dans la salle de cours où ils ne vont pas tarder à le rejoindre, avant d'échanger des œillades perplexes. Cet homme est décidément bien étrange, pour un prof de Maths. Voire plus que ça, il est bien étrange même pour un professeur de Mathématiques.

 

Tout autour, suite à la sonnerie, les autres lycéens sont tous entrés en mouvement, chacun se dirigeant vers son prochain cours, l'incident déjà oublié. Le trio se joint à la foule, mais Mae manque alors une nouvelle fois d'être bousculée !

 

Une jeune fille rousse, qui est clairement passée aussi près d'elle intentionnellement, lui jette un regard noir par-dessus son épaule, bien que sans rien dire. Les trois camarades ont un nouvel échange de regards d'incompréhension. Ils savent très bien qui est l'adolescente en question. Ils sont tout à fait conscients de son statut de mégère absolue dans le lycée. Ce qui les laisse cois est la raison pour laquelle elle s'abaisserait à s'en prendre à eux, bien plus bas sur la pyramide sociale selon laquelle elle vit sa vie.

 

Puisqu'ils n'ont ni le temps ni l'envie d'en discuter, ils arrêtent d'y penser, et reprennent une nouvelle et dernière fois leur avancée jusqu'à leur salle, sans plus aucun problème, enfin.

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