19.Histoire ou conte?

Par Lydasa.

L’ambiance est lourde sur le navire, mes hommes et Raphaël m’ont forcé à regagner ma cabine. J’avais envie de rester près de Roberto, car malgré tout, il était de ceux qui se souvenaient encore de mon père. Il l’avait servie, l’avait suivie jusqu’au bout du monde. Ce vieillard était celui qui m’avait raconté le plus d’histoires m’avait fait rêver et grâce à lui je voyais mon père comme le plus grand des héros.

 

Raphaël vient se blottir contre moi, me prenant dans ses bras frêles. J’aime la douceur de ses caresses et de ses câlins, lui qui m’a repoussé et même défier plus d’une fois à m’en faire sortir de mes gonds. Je regrette les horreurs que je lui ai fait subir, mais c’est le passé et nous devons avancer. Sauf qu’actuellement, avec la mort de Roberto, je repense à celle de mon père, je le revoie debout sur l’échafaud avant que la sentence ne tombe.

 

— Tu veux que je te raconte une histoire ? murmurais-je.

— J’aime beaucoup les histoires, mais j’ai l’impression que la tienne va être triste.

— Elle va l’être.

 

Cela fait longtemps que je n’ai pas parlé de moi, tellement longtemps que j’en ai oublié mon chemin. Conrad me l’a rappelé il n’y a pas longtemps. Nous avons un passer qui a forgé notre nous d’aujourd’hui, qui a fait qui nous sommes aujourd’hui. Raphaël attend que je commence, silencieux il me laisse le temps de me lancer. J’inspire un bon coup avant de me lancer.

 

— C’est grâce à mon père que je suis devenu capitaine de ce navire, grâce à sa force. Mais c’est surtout pour sa mémoire et le venger en faisant un pied de nez à l’armée, au roi et aux autorités.

 

Mon ange a relevé les yeux vers moi, buvant mes paroles comme un enfant qui écoute les grands leur raconter leur aventure. Je devine aisément que c’est un peu son cas, il n’a que vingt ans, il ne connaît rien à la vie et sa première aventure a fini échouée sur une île. J’enchaine alors mes paroles, lui racontant avant tout l’histoire de mon père, car il est le pilier de l’homme que je suis aujourd’hui.

 

Mon père était corsaire, un homme loyal a la couronne. Il s’est engagé très tôt dans l’armée et en est sorti premier de sa promotion. Il est parti sur un navire tout comme Raphaël, enchainant les missions longues en mer jusqu’à prendre du galon et devenir capitaine de son propre navire. À vingt-cinq ans, il était le plus jeune amiral de l’armée, mais aussi le plus admiré et respecter grâce à ses exploits. Il avait réussi à contrer l’attaque de trois navires pirates sur une ville portuaire.

 

Mais lord d’une semaine de repos, à l’île d’Yeu, il la rencontra. Ma mère, une femme si belle que tous se battaient pour la courtiser. Elle avait une très longue chevelure d’une noire de jais, des yeux aussi sombres. Elle avait toujours ce sourire d’ange sur les lèvres, mais ce sourire était encore plus beau lorsque ses yeux croisaient ceux de mon père. Ils se sont aimés, passionnément à tel point que mon père ne voulait plus la quitter. Mais les obligations de l’armée le forçaient à repartir en mer pendant de longue période. Ne supportant plus l’absence et la distance devenue trop longue, il quitte l’armée rendant son uniforme pour s’installer auprès de ma mère. Mais l’amour ne nourris pas un homme, il dut travailler aux champs, regardant la mer rêveusement sachant qu’il n’y retournerait pas.

 

Puis je suis né de cet amour, mes parents étaient heureux comblé, jusqu’à ce que ma mère tombe malade. Nous ne savions pas ce qu’elle avait, les traitements habituels ne faisaient rien. Puis le verdict tombe une maladie maligne lui ronge les organes. Le traitement expérimental coute beaucoup trop cher et mon père ne peut subvenir à nos besoins en restant simplement aux champs. Il reprit la mer, devenant chasseur de prime et corsaire sans pour autant revenir dans l’armée. Il pouvait revenir voir ma mère régulièrement.

 

Roberto était son meilleur ami de l’époque, sa femme attendait un enfant et il voulait lui aussi pouvoir subvenir au besoin de tout le monde. Ils se sont lancés dans l’aventure, avec d’autres gars. Il y avait aussi Jacobs, c’est trois-là faisait une équipe de choc. Je les voyais revenir tous les mois avec des tonnes de cadeaux pour moi, pour ma mère et la femme de Roberto. Mais un soir, la femme de Roberto fit une fausse couche, elle tombât gravement malade quelques jours plus tard. Malheureusement ils étaient en mer à ce moment-là et Roberto ne put pas dire adieu à sa femme. Quand ils revinrent, elle avait été enterrée sur une île à l’écart à cause de la tuberculose très contagieuse. Le vieil homme ne réussit pas à s’en remettre tout de suite, se lançant à âme perdue dans son travail.

 

Mon père réussi a accumulé assez d’argent pour pouvoir placer ma mère dans une clinique spécialisée. Je n’avais que seize ans, il me prit avec lui sur le navire. Les premiers jours furent compliqués, car il ne me laissait absolument rien faire, et dès qu’il s’apprêtait à attaquer des navires pirate, il me débarquait sur une île. Il ne me faisait pas confiance, et même ses hommes ne comprenaient pas. Jusqu’à ce que je fasse semblant de débarquer. Je me suis caché en cale et je suis sorti au moment où mon père attaquait un navire ennemi. Ce jour-là j’ai prouvé que j’étais un homme, en tuant le capitaine pirate. Depuis mon père m’avait laissé un peu plus de liberté sous les conseils de Roberto.

 

Même si mon père essayait de me surprotéger Roberto a toujours cru en moi, il m’a toujours poussé à faire le contraire de ce que me disait mon père. C’était assez amusant en réalité. Il me racontait aussi toutes leurs aventures, celle qu’il avait vécue sur ce navire, le Faucheur sombre. Mon père l’avait appelé ainsi, car il arrivait toujours à ses fins, il était chasseur de prime et espérait réussir à avoir tous les hors la loi. Jusqu’à ce que la jalousie de certains soit trop grande. Nous étions revenus sur l’île d’Yeu, ma mère n’allait pas bien du tout. Elle était considérée comme mourante et mon père voulait voir ses derniers instants.

 

Sauf que les choses ne se passèrent pas vraiment bien, lords d’une inspection surprise, des soldats, découvrir un trésor dans la cale du Faucheur sombre. Un trésor qui avait été dérobé à la couronne, mon père voulait le restituer, mais n’avait pas eu le temps à cause de la maladie de ma mère. Il fut alors arrêté ne pouvant plus tenir le chevet de ma mère. J’étais encore jeune, encore inconscient, j’ai cru naïvement que cette erreur allait être résolue et que les autorités comprendraient. Mais ce ne fut pas le cas et mon père fut condamné à mort, lord de ma dernière visite avant son exécution, il me fit promettre une chose. Prendre soin de ma mère. J’étais perdu, totalement anéanti, mon père allait se faire exécuter. Je l’ai vu sur la place centrale de la ville, se faire pendre devant une foule de badauds curieux. Si Roberto ne m’avait pas entrainé avec lui ce jour-là, je me serais fait aussi arrêter.

 

Nous avons réalisé la chose la plus folle, nous avons retiré ma mère de la clinique et nous avons volé le Faucheur sombre qui avait été réquisitionné par l’armée. Tout l’équipage qui avait servi mon père avait suivi le mouvement, nous n’avions plus rien à perdre dans la manœuvre. Mon père avait été jugé de façon arbitraire, sans aucune preuve. Roberto avait perdu sa femme et chaque homme de l’équipage n’avait pas de pied-à-terre. Nous avons pris la mer, nous sommes devenus des hors-la-loi pour avoir fui pour nos vies. Ils m’ont choisi pour être leur capitaine et Roberto m’a épaulé pendant de nombreuses années.

 

Il a fait de moi un homme, il a essayé de faire comme mon père le voulait. Ma mère est morte quelque semaine plus tard sur le navire, elle voulait voir la mer. Elle est morte dans mes bras en me disant que mon père serait tellement fier de moi. Elle a caressé ma joue avant de rendre son dernier soupire. Depuis ce jour je provoque les autorités, je vole véritablement leurs trésors et je coule leurs navires. Simplement, car ils ont tué mon père sur de fausses accusations, lui qui voulait simplement pouvoir soigner ma mère et m’offrir une belle vie. Roberto m’avait toujours suivi et aidé dans mes manœuvres. S’il n’était pas mon bras droit, c’est qu’il avait simplement voulu rester un homme de l’équipage et rien de plus.

 

À la fin de mon récit, je peux voir les larmes dans les yeux de Raphaël. Ce que je viens de lui raconter semble l’avoir touché. Il renifle un coup avant de faire disparaitre les preuves de ses larmes ce qui me fait sourire.

 

— Ton histoire est triste, m’avoue-t-il.

— C’est mon histoire et celle de la plupart d’homme de l’équipage.

— Tu as rencontré Conrad comment ?

— Il s’est caché dans la cale, au début je voulais le jeté à l’eau, mais finalement tu voies ou nous en sommes.

 

Je lui fais un beau sourire avant de l’embrasser tendrement.

 

— Et toi Raphaël, pourquoi tu t’es engagé dans l’armée ?

 

Je le vois détourner les yeux, se mordant la lèvre inférieure.

 

— Je n’ai jamais connu mon père, mais il a fait partie de l’armée. Il est mort un an après ma naissance alors qu’il était en mission. Des pirates auraient fait couler son navire aux abords du triangle de bermude. J’ai voulu m’engager… pour le venger et surtout pour toutes les larmes que ma mère a pu verser à cause de ça.

 

Je me crispe légèrement, nous avons presque la même histoire, a par que nous ne sommes pas dans le même camp. Il y a vingt ans j’étais encore avec mon père sur les flots. Je me demande quel est le pirate qui a pu faire ça à son père, j’avoue que j’aimerais le savoir pour l’aider à se venger. Je lui caresse tendrement la joue, il me fait un petit sourire timide avant de m’embrasser tendrement. Ce baiser se mue en quelque chose de bien plus passionnel. Très vite je me retrouve au-dessus de lui à caresser son corps. J’aime entendre les soupire qu’il pousse quand je le touche avec douceur. J’aime entendre sa respiration s’accélérer. J’ai envie de penser à tout autre chose, j’ai envie de me noyer dans ses bras, d’oublier la mort quelque instant.

 

Je lui retire son haut, et mes lèvres se perdent sur sa peau si douce, mes mains le caressent sur les côtes avant que je ne sente des aspérités sur sa peau que je ne connaissais pas. Je fronce des sourcils et regarde d’un peu plus près. Je finis par le mettre sur le ventre, ce qui le fait couiner de surprise, son dos est marbré de brulure et de large cicatrice.

 

— Mon dieu… c’est Liath qui t’a fait ça ? demandais-je tremblant.

— Oui…

 

Je me penche et embrasse ses cicatrices qui le font frissonner.

 

— Elles te font mal ?

— Non ça va, juste que c’est sensible encore, m’avoue-t-il.

 

Il se remet sur le dos, préférant me regarder dans les yeux, il me fait un doux sourire avant de tendre les bras. Je me penche et l’embrasse amoureusement. Contre toute attente je me retrouve soudainement plaqué sur le dos, à la place de Raphaël il y a quelque instant. Je le regarde avec les yeux écarquillés.

 

— Tu fais quoi là ?

— Toi tu es blessé, alors laisse-moi gérer OK ?

— Euh… c’est juste que ce n’est pas mon genre de me laisser faire…

 

Je le vois plisser les yeux et avoir un sourire en coin très pervers. Pourquoi je ne le sens pas, cela ne rate pas, il se penche sur moi, entrelace ses doigts entre les miens et remonte mes bras au-dessus de ma tête. Avant que j’aie le temps de me rendre compte de la supercherie. Il m’attache les poignets avec son haut que je lui ai retiré il y a peu.

 

— Quoi ? Nan, mais tu te fous de moi ?

— Aller laisse toi faire, profite, ne t’inquiet pas je n’ai pas l’intention de toucher à tes petites fesses.

— HEIN ??? Nan, mais quoi ??

 

Je ne le pensais pas aussi entreprenant niveau sexe, surtout que là je le vois descendre sur mon torse nu et bander. Avant d’arriver à la lisière de mon pantalon, qu’il me retire délicatement. Je ne sais pas pourquoi, mais mon bas ventre a décidé d’être contre moi, car mon membre se tient fièrement dressé. Je le vois me prendre en bouche entièrement, ce qui me fait me cambrer et gémir de plaisir. Je comprends mieux ce qu’il a en tête, alors je vais l’écouter et vraiment profiter de ce qu’il m’offre. Je ferme les yeux, soupirant de plaisir. Chaque vas et viens me détend de plus en plus, mais me fait monter de plus en plus.

 

— Raphaël ! soupirais-je.

 

Il se redresse, j’ouvre les yeux, le regardant avec amour. Il se penche sur la table de chevet pour attraper la petite fiole qui se trouve dans le tiroir. Il le débouche pour en faire couler sur mon membre avant de le caresser doucement. Il se redresse retirant son pantalon pour finalement revenir au-dessus de moi. Il commence à se frotter contre moi, mon sexe contre des fesses. S’il continue à me chauffer comme ça, je vais déchirer sa chemise qui me retient les poignets pour le prendre violemment.

 

Je le vois commencer à se préparer, lâchant un gémissement alors qu’il se cambre comme un dieu grec devant moi. J’ai envie de le toucher, de caresser ses courbes, mais je ne peux que l’admirer au-dessus de moi. Puis il commence à se placer juste au-dessus de mon membre, commençant à se laisser glisser sur moi. Il fait une grimace douloureuse avant de finalement arriver jusqu’au bout. Je me sens l’emplir entièrement, il est haletant.

 

— Mon Dieu Raphaël !

 

Il ne répond rien commençant à se soulever puis se refaisant tomber. Je lâche un grognement de plaisir, alors qu’il commence à bouger de plus en plus. Je me crispe la mâchoire. Je ne tiens plus, il est tellement beau, le tissu de la chemise craque et d’un coup je j’attrape. Je le retourne sur le lit, commençant alors à le pilonner sauvagement. Ses bras se perdent dans la couverture alors qu’il hurle de plaisir. Il jouit, se serrant autour de moi en quelque seconde de mon traitement. Je lui donne encore deux gros coups de reins avant de m’enfouir en lui, jouissant moi aussi dans un grognement animal.

 

Je reprends mon souffle avant de me laisser glisser à ses côtés, lâchant finalement un couinement de douleur. Il se redresse et me regarde avec froideur.

 

— OK c’était super cool… Mais… enfin tu es blessé et toi tu y va comme une brute me gronde-t-il.

— J’ai du mal à me contrôler quand c’est aussi bon…

— Tu es un idiot.

 

Il m’embrasse amoureusement en gloussant. Il se blottit contre moins, perdant sa main dans mes cheveux. Je me mets à ronronner, j’aime bien cette sensation. Je trouve ça tellement agréable. Au moins ses bras ont réussi à me faire oublier ma tristesse. Je l’aime vraiment.

 

— Je t’aime Raphaël, murmurais-je

— Moi aussi je t’aime Samuel, me répond-il.

 

J’ai un grand sourire sur les lèvres, c’est la première fois qu’il me le dit, la première fois qu’il me dit m’aimer. Quand je lui ai dite il m’avait simplement souri. Nous finissons par nous endormir l’un contre l’autre.

 

Le lendemain c’est le départ pour l’île du crâne, Roberto va enfin pouvoir rejoindre sa femme, reposer en paix à côté d’elle. Il nous fallut deux jours pour y arriver, nous n’avons jamais voyagé aussi vite. Mais c’était pour la bonne cause. J’étais beaucoup plus doux avec les prisonniers, leur donnant à manger comme tous les mondes même s’il dormait en cale. Pendant la bataille ils étaient simplement restés dans leur cage, à attendre. Aucun d’eux n’avait été blessé, ils avaient juste eu tous très peur que le navire sombre à cause d’un coup de canon bien placé.

 

Quand nous arrivons sur l’île du crâne, nous y accostons en canot, car elle n’est pas accessible avec notre navire. Quelques hommes sont restés à bord, mais nous sommes quasiment tous descendu pour un dernier hommage à Roberto. Même Raphaël, Elias et Grégoire sont venus. Les deux amis de mon ange se sont très bien intégrés à l’équipage et tout le monde semble les apprécier. Depuis cette bataille, ils se sont rendu compte qu’il était fidèle au navire. Je pense surtout qu’ils le sont pour Raphaël. La cérémonie se passe de grand discours, nous sommes des pirates, pas des chrétiens pratiquants. Je ne crois pas en une divinité, ou quoi que ce soit, je crois, juste en la mort.

 

Nous enterrons notre camarade dans un silence de plombs, fixant cette tombe nouvellement creusée pour lui à côté de son épouse. J’aimerais moi aussi reposer au côté de mon âme sœur, au côté de Raphaël quand notre tour sera venu. Je veux surtout pouvoir vivre les plus belles aventures à ses côtés, je veux lui faire découvrir le monde, le ramener près de sa mère pour qu’il puisse la rassure. Je veux le voir sourire quand il me regarde. Je veux entendre encore une fois ces trois mots magiques qu’il m’a murmurés dans mes bras. Je veux passer ma vie à ses côtés, l’aimer pour toujours.

 

Je veux avoir le même amour pur qu’avait mon père pour ma mère, Roberto pour sa femme. Je veux moi aussi avoir cela et mourir en paix d’avoir connu le véritable amour. Nous regagnons alors le navire, mes pensées perdues dans les nuages à me dire que malgré tout, on va continuer notre voyage. La mort n’est que le point final de notre histoire et nous sommes en train de l’écrire.

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