18. Confidences

Par tiyphe
Notes de l’auteur : Et non, tu ne rêves pas, me revoilà ! Chapitre qui m'a donné du fil à retordre et ça doit se voir, n'hésite pas à passer sur mon JdB pour plus d'infos :D

Louise

Sortant d’une énième réunion tout aussi inutile et éprouvante que les précédentes, Louise s’enfuit le plus loin possible de la Grande Salle. Elle n’en pouvait plus. Elle se sentait épuisée mentalement. Un peu plus d’une semaine s’était écoulée depuis l’attaque au dortoir. Il n’y en avait pas eu d’autres au soulagement des conseillers. Et pourtant, la Créatrice avait le sentiment de patauger dans des sables mouvants. Ils n’avaient aucun indice sur la ou les causes de ces attentats.

Les jours passaient et les questions s’accumulaient, toujours sans réponses. Était-ce l’œuvre de quelqu’un ou de quelque chose ? Pourquoi ? Comment ? Ils n’avaient pas les moindres information ou renseignement leur permettant de conclure sur de simples interrogations telles que ces dernières. D’anciens enquêteurs ou détectives, comme ils étaient appelés à présent, s’étaient penchés sur ce mystère. Cependant, comme les filaments argentés disparaissaient, il leur était impossible de les étudier ou de les lier à un quelconque suspect. De la même façon, les témoignages des personnes présentes s’étaient révélés totalement inutiles compte tenu de l’amnésie générale.

Et si c’était l’œuvre des Êtres Supérieurs ? Louise n’en avait parlé à personne, mais elle soupçonnait les divinités d’être responsables de bien plus de choses qu’elles n’avaient laissées paraître jusque-là. Elles avaient emmené Jeanne sans justification particulière et Jacques avait lui-même été comme possédé par le Mal. La jeune femme imaginait également que ça avait été grâce ou à cause des colossaux nuages que l’expédition avait pu traverser les plaines vides. Elle ne voyait pas d’autres raisons pour lesquelles son équipe avait pu passer et pas les millions d’Occupants qui s’y étaient aventurés avant eux ou ceux qui s’y essayaient depuis deux ans, curieux de découvrir l’Autre-Part. Ces derniers se faisaient repousser par la tempête et n’avaient pas la moindre chance d’apercevoir le phare damné.

Lucas ne lui était pas d’une grande aide non plus. Il passait son temps dans la Salle de Création avec Gabie et parfois d’autres experts en communications afin de trouver un moyen de joindre les disparus, sans succès. C’était rare que le jeune homme se retrouve face à des difficultés concernant leur pouvoir. Il y avait bien le principe qu’il n’arrivait pas à faire fonctionner, celui au nom qu’elle ne prenait pas le temps de retenir, permettant de déplacer instantanément une personne d’un endroit à un autre. Pourtant les billes de télépathie avaient semblé si simples à imaginer pour lui. C’était son invention. Qu’est-ce qui pouvait bien le bloquer à présent ? Était-ce une fois encore les Êtres Supérieurs ? Ou alors cela avait-il un rapport avec sa crise au dortoir ?

Le garçon ne s’était d’ailleurs pas fabriqué de nouvel outil de communication après avoir cassé le sien dans la Grande Académie. Il s’était justifié d’avoir besoin de calme pour créer. Et puis, si quelqu’un le cherchait, il ne bougerait pas de son laboratoire, avait-il conclu en fermant la porte de ladite salle. Le garçon ne s’était pas plus étendu sur ses convulsions, même auprès de son amie, et avait simplement évoqué un surmenage concernant le cri qui avait été entendu de chaque Occupant dans l’Entre-Deux. Il ne parlait plus qu’à Gabie. Louise s’inquiétait, qu’est-ce qui avait bien pu se passer dans la tête surmontée de cheveux blond cendré ?

À cet instant-là, la Princesse eut envie de le rejoindre. Elle désirait qu’il se confie à elle sur ses peines et ses doutes, de la même façon qu’elle souhaitait lui évoquer ce qui lui pesait. Malgré son jeune âge, Lucas pouvait être de bon conseil. Leur amitié s’était développée, parfois contre leur gré tandis qu’ils partageaient la Création et certaines responsabilités, mais elle existait bel et bien. L’avis du garçon avait de l’importance pour la dirigeante, même si elle ne le montrait pas. Cet homme avait de l’importance pour elle, c’était certain.

Louise était de ceux qui se livraient difficilement, même lorsque Jeanne était encore là, à son grand dam. Sa pudeur ne concernait pas uniquement son physique, mais également son esprit, même parfois envers elle-même. Elle préférait éclater sa fureur, sa douleur ou encore sa noirceur dans son bassin secret ou fuir. Ce fut ce qu’elle fit une fois de plus en n’osant pas déranger son ami dans son laboratoire et en décidant de sortir du château.

La Créatrice avait besoin de prendre l’air, tout du moins de respirer autre chose que la poussière de la Grande Salle. D’un pas décidé, elle marcha jusqu’au rempart Sud où était garée les véhicules de Jacques qui étaient à présent ceux des habitants du château. Elle s’installa dans une voiture choisie au hasard, sur la banquette arrière. Elle avait envie de se cacher dans sa grotte, mais pour pouvoir sortir un long moment elle avait bêtement prétexté l’édification d’un haut bâtiment pour une famille multigénérationnelle.

Louise soupira. Elle avait passé trop de temps enfermée avec les conseillers. L’Entre-Deux se révélait être au plus mal. Les Occupants affluaient en trop grand nombre à la Porte d’Argent, si bien que la dirigeante avait dû fabriquer une clé pour le nouveau Gardien, approuvé par Naïra. Le dortoir débordait et ne pouvait plus accueillir personne. Les gens avaient peur qu’une autre attaque se produise dans les souterrains alors ils n’acceptaient pas de s’y installer en attendant une différente solution de logement. Même s’il n’existait pas de problèmes liés au climat ou au manque de sommeil, ne pas avoir de toit au-dessus de sa tête pouvait en inquiéter plus d’un, surtout les inhabitués.

— Jeanne, où es-tu dans ces moments-là ? déplora Louise en s’avachissant dans le cuir confortable. Est-ce que ta nouvelle vie vaut le coup ? Que fais-tu ? M’as-tu oublié ? Parce qu’il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toi. Tu me manques tellement. J’essaie de prendre des décisions comme tu le ferais. Je guide les conseillers comme je le peux. Je gère l’arrivée des Occupants de mon mieux. J’ai même arrêté de rêver de Conan lorsque je vois Lucas, comme tu me l’avais recommandé. Mais sans toi, tout est tellement plus morne, vide, mort.

La jeune femme sanglota un moment, recroquevillée sur la banquette. Elle crut s’assoupir. C’est un bruit qui la réveilla de son absence mentale. Elle leva des yeux gonflés et aperçut une adolescente de l’autre côté de la vitre. Sa main en suspension devant elle indiquait qu’elle venait de tapoter sur le verre. Une moue désolée s’était dessinée sur son visage doux. Louise resta un instant interdite, ne sachant quoi faire. Elle crut voir passer une aura agacée au fond du regard noisette avant d’être remplacée par de la gêne. Louise s’empressa alors de sortir du véhicule en essuyant discrètement ses pommettes. Fini de fuir les responsabilités, se répéta-t-elle. Elle devait se montrer forte face à son peuple.

— As-tu besoin de quelque chose, Chloé ? s’enquit la Créatrice en faisant disparaître toutes les traces de sa tristesse derrière un masque qu’elle voulut neutre.

La jeune fille parut tout à coup surprise. Elle devait se demander comment la Princesse de l’Entre-Deux connaissait son prénom. Cette dernière sourit, sa mémoire physionomique impressionnait tout le monde, elle la première. Louise soupçonnait une fois encore les Êtres Supérieurs de lui avoir donné cette faculté afin de diriger les Occupants plus facilement. Chloé se reprit et sa longue chevelure blanche ondula dans son dos.

— Je suis désolée de vous déranger, s’expliqua-t-elle. Je cherche Hans pour lui rendre cet objet.

Elle tendit son bras gauche devant elle, affichant un instrument que la Créatrice n’eut aucun mal à reconnaître. Il y en avait six dans l’Entre-Deux, violons, violoncelles et altos confondus. Peu de personnes savaient manier un Stradivarius, pourtant beaucoup s’étaient mis à la musique après la mort. Mais les plus grands virtuoses ne semblaient pas faire partie de ce monde. L’intérêt de la dirigeante fut tout de suite attisé, d’autant plus qu’elle connaissait le lien entre cet objet et les deux personnes concernées.

— Pourquoi veux-tu le lui rendre ? interrogea Louise, à la fois curieuse et indiscrète.

Si elle n’aimait pas parler d’elle, elle adorait entendre ce que les autres avaient à lui raconter si cela se trouvait en dehors des plaintes et demandes de la Salle des Doléances. À présent distraite par la jeune fille, la Créatrice s’adossa à son véhicule, les doigts croisés devant elle sur sa longue robe vert sauge. Ses avant-bras étaient découverts de tissus, mais habillés de fins bracelets en argent assortis à un sautoir qui suivait la forme de son col. Sa pose rappelait celle de Jeanne sur le grand portrait dans le château.

Chloé parut un instant gênée. Elle se mordillait la lèvre inférieure et fuyait le regard de la dirigeante.

— Hans l’a laissé à mon intention dans la Bibliothèque alors que je venais emprunter des ouvrages. Mais je ne peux pas accepter un tel cadeau, rougit l’adolescente.

— S’il te l’a offert, c’est qu’il avait une bonne raison, affirma la Créatrice. Hans fait rarement des gestes irréfléchis.

La jeune fille semblait sonder le regard émeraude de la Princesse, peut-être se demandait-elle si elle pouvait lui faire confiance. C’était tout du moins ce que Louise imagina. Elle comprenait le questionnement de la petite, elle-même se méfiait facilement de tout et de tout le monde.

— Que t’a-t-il raconté ? sonda alors la dirigeante, profitant du silence de son interlocutrice pour avoir plus de détails sur la question.

La jeune fille sembla réfléchir un instant, ses yeux noisette intrigués toujours posés sur la Créatrice.

— Il m’a dit qu’un ancien assistant d’Antonio Stradivari se trouvait ici et qu’il avait reproduit quelques œuvres de ce luthier de génie, attesta l’adolescente.

— C’est exact, confirma Louise avec un sourire sincère. Hans est d’ailleurs le descendant de ce charmant monsieur, annonça-t-elle alors.

Chloé faillit s’en décrocher la mâchoire en poussant un cri d’étonnement. Elle se reprit en se redressant, comme si sa stature avait de l’importante face à la Princesse. Cette dernière proposa à l’Occupante de marcher vers le jardin de verre qui resplendissait de ce côté du château. La jeune fille révéla alors à Louise l’avoir trouvée par hasard tandis qu’elle cherchait un véhicule semi-automatique pour se rendre à la Grande Académie, ou là où elle aurait pu dénicher Hans.

— Je suis encore désolée de vous avoir importunée, s’excusa-t-elle de nouveau alors que les deux femmes marchaient tranquillement entre des orangers de cristal. Je dois vous avouer que vous m’avez toujours intimidée, mais j’étais tellement en colère que j’ai tapé à votre carreau sans réfléchir.

Louise peina à dissimuler sa surprise et son admiration. L’adolescente parlait avec tant d’aisance, sans cacher ses émotions. Était-ce lié à son époque ou peut-être à son éducation ? Incapable de poser ces questions à voix haute, la dirigeante préféra rassurer la plus jeune.

— Ne t’en fais pas, tu m’as réveillée au bon moment. Il faut que tu saches, confia la Créatrice tout en portant son regard sur celle qui avançait à ses côtés. Hans est quelqu’un de parfois maladroit et surtout d’assez farouche lorsqu’il s’agit de dévoiler ses pensées.

« Un peu comme moi. », conclut la Princesse dans sa tête. Chloé était à présent complètement attentive. De jolies couleurs venaient se refléter dans sa longue chevelure pâle. Louise s’étonna de ce choix de teinture sans apposer de jugement. Certains Occupants faisaient des choses si étranges avec leur corps pour la jeune femme du XVIe siècle, que cette dernière ne se tourmentait plus avec cela.

— Je ne pense pas que ce soit à moi de te le dire, mais je sens que cela pourrait prendre des années si je ne donne pas un petit coup de pouce à mon ami, poursuivit la dirigeante. Hans aime beaucoup faire des recherches à la Bibliothèque et particulièrement sur son arbre généalogique. Il a eu six enfants de son vivant. Ni eux ni sa femme ne l’ont rejoint, alors il espérait voir des descendants se présenter à la Porte d’Argent.

Elle fit une pause, proposant à l’adolescente de s’installer sur un banc de pierre au milieu des camélias. Louise chassa discrètement un sanglot qui enrouait sa gorge. L’assise avait très certainement été créée par Jeanne comme la majorité de celles qui peuplaient l’Entre-Deux. La grande femme avait passé toute sa vie debout à s’affairer. Lorsqu’elle avait enfin pu durant sa mort, elle s’était juste posée partout. La Princesse effaça un sourire triste de son visage et se reconcentra sur celui de celle qui l’accompagnait.

Chloé avait la tête baissée sur ses pieds et semblait s’être enfermée dans un mutisme pensif, paraissant attendre la suite. Ses doigts caressaient mécaniquement le bois brillant de l’alto posé délicatement sur ses genoux, comme si cela la rassurait. À la surprise de la Princesse, la jeune fille releva le regard sur elle et rompit le silence :

— Pourquoi vous me racontez tout ça ? l’interrogea-t-elle. Je ne connais pas cet homme et voilà qu’il s’immisce dans ma vie. Ça s’appelle du harcèlement pour les personnes de mon époque. Je n’ai rien contre lui, il n’a pas l’air malveillant ou même méchant, mais j’ai comme l’impression qu’il me suit. C’est un peu flippant. Et…

Elle prit une grande inspiration en reportant son regard sur l’alto.

— Je ne peux pas accepter un tel présent, affirma Chloé, bien qu’elle semblât peu sûre d’elle. D’autres Occupants rêvent certainement d’avoir un pareil chef-d’œuvre entre les mains. Ce monde doit être rempli de musiciens bien plus talentueux que moi. Pourquoi riez-vous ? s’exclama l’adolescente avec un ton vexé.

Involontairement, Louise n’avait pu retenir son amusement. Cette jeune fille lui était si rafraîchissante. Elle semblait si sûre d’elle, si mature et pourtant si naïve.

— Je comprends ce que tu me dis, Chloé, assura la dirigeante. Je ne me moque pas de toi. Tu me rappelles celle que j’étais il y a plusieurs siècles de cela.

Une lueur de nostalgie voila le vert émeraude de ses yeux, tandis qu’un sourire maternel s’installait sur ses traits. Du point de vue de Louise c’était l’expression qu’elle abordait face aux Occupants qu’elle considérait comme sa grande famille. Mais Jeanne aurait été surprise de voir un air aussi détendu sur le visage de son amie devant une personne avec qui elle engageait sa première conversation.

Sans s’en apercevoir, la Princesse avait changé d’attitude. Elle s’était légèrement tournée vers son interlocutrice en croisant les jambes. Son épaule reposait sur le dossier tandis qu’elle tripotait ses bracelets. Si quelqu’un était passé près des deux femmes, il ou elle aurait eu du mal à reconnaître la Créatrice de l’Entre-Deux au premier coup d’œil.

— Veux-tu me jouer un morceau ? lâcha-t-elle spontanément, causant la surprise chez l’adolescente.

— Que… comment ça ? bégaya Chloé. Là, maintenant ? Vous voulez que je… ?

Pour toute réponse, Louise hocha la tête avec un grand sourire. Que cela faisait du bien d’étirer ses lèvres, de ne penser à rien d’autre que le moment présent et surtout oublier tous les problèmes que son monde rencontrait ces temps-ci. Elle vit la jeune musicienne hésiter avant de retrouver un visage sérieux et un regard rempli de défi.

— Dites-moi d’abord ce que vous alliez annoncer à propos de Hans et ce qu’il a avoir avec moi, exigea-t-elle.

Ce fut au tour de Louise d’être surprise. Elle ne put retenir un rire sincère qui s’accentua avec l’air sérieux, puis faussement vexé de Chloé. L’adolescente finit par se joindre à l’hilarité de la dirigeante.

— Je suis désolée, s’excusa une nouvelle fois la jeune fille. Je n’ai rien à solliciter de votre part, vous êtes la Princesse de l’Entre-Deux.

— Oh s’il te plaît, appelle-moi Louise et tutoie-moi, insista la concernée. Je suis heureuse que le hasard t’ait fait toquer à mon carreau. Ta présence m’apaise, sans que je ne me l’explique.

La Créatrice laisse planer un silence pendant lequel les deux jeunes femmes s’observèrent. Elles ne se jaugeaient pas, ne se jugeaient pas, mais semblaient se comprendre à travers un simple regard. Cela signifiait-il que Louise retrouverait une amitié aussi solide et puissante que celle qu’elle avait partagée avec Jeanne, si rapidement et si facilement ? Remplaçait-elle sa partenaire de cette façon ? Non, ce n’était pas ce qu’elle voulait. Elle souhaitait s’ouvrir aux autres, même si cela prenait des mois ou des années. Mais personne ne pourrait substituer à Jeanne, jamais.

— Dans ses recherches, Hans a découvert que tu étais une de ses descendantes, raconta Louise. Sur huit générations qui vous séparent, très peu de personnes se sont retrouvées dans l’Entre-Deux. Il était si heureux de te trouver qu’il nous a parlé de toi pendant des jours jusqu’à te rencontrer devant la Grande Académie. Tout timide, il n’a pas osé te le dire. Tadjou lui a conseillé de t’offrir un cadeau pour se rapprocher de toi, alors il a cherché ce que tu aimais. C’est de cette façon qu’il a appris ton histoire, il a été très touché.

— C’est de la pitié, marmonna Chloé en baissant un regard triste sur ses mains.

Son corps s’était recroquevillé, chassant toute la sérénité présente l’instant d’avant. Ses cheveux blancs tombaient comme un rideau devant son visage. Elle semblait peinée, comme si un lourd poids ne s’était jamais envolé. Louise posa ses petits doigts sur le bras de la jeune fille. Le contact l’étonna tant la peau rosée était glacée.

— Je ne crois pas qu’Hans soit ce genre de personne, affirma-t-elle sans relever l’étrange température corporelle de Chloé. J’ai appris à le connaître depuis l’expédition dans les plaines vides. Il possède une grande gentillesse et une immense sensibilité. Il est également très serviable, trop. Il préfère faire des choses pour les autres que pour lui-même, car il considère avoir vécu assez longtemps pour lui.

« Enfin, en ce qui te concerne, il a vraiment été attristé de savoir que tu as passé autant de temps dans un hospice sans pouvoir profiter des joies et expériences de la vie. En te faisant ce cadeau, il pensait te rendre le sourire. D’autant plus que tu es apparemment la seule de votre famille à savoir en jouer, s’amusa Louise pour finir.

L’adolescente avait relevé ses yeux noisette et paraissait chercher des indices de sincérité ou de mensonge dans les paroles de la Créatrice. Cette dernière aurait aimé connaître les pensées de Chloé. L’entendre dévoiler ses émotions aussi aisément l’inspirait et lui donnait envie de faire de même. Peut-être pourraient-elles échanger sur son sentiment de solitude, sa peur de voir tout un monde s’écrouler sans qu’elle puisse y remédier et son désir de tout laisser tomber afin de retrouver Jeanne.

C’est à ce moment-là qu’une petite fille se présenta devant leur banc. Louise se redressa instantanément, reprenant une position droite et son masque de dirigeante.

— Cacilda ? s’étonna-t-elle. Que fais-tu ici ?

— Désolée de vous déranger, mais j’aimerai m’entretenir avec vous à propos des attaques, expliqua l’enfant. J’ai de nouveaux éléments pour l’enquête.

La Princesse se leva un peu vite. Étourdie, elle porta son regard émeraude d’une jeune fille à l’autre. Devait-elle demander à Chloé de se retirer alors qu’elle espérait passer plus de temps en sa compagnie ? Cependant, les affaires de son peuple étaient importantes, elle se devait d’écouter au moins ce que la petite de Roan avait à révéler. L’adolescente prit les devants en se dressant à son tour. Elle sourit aux deux personnes qui semblaient porter les responsabilités de l’espèce humaine et s’en alla, toujours son alto à la main. Louise se promit de vite la recontacter, elle lui devait au moins un morceau.

— Qu’y a-t-il ? demanda alors la Créatrice. Dois-je réunir le conseil ?

Cacilda paraissait un peu mal à l’aise. Elle regardait autour d’elle comme pour vérifier qu’elles étaient seules. Cela ne lui ressemblait pas d’être aussi embarrassée et peu sûre d’elle. Cette attitude alarmait gravement Louise qui commençait à imaginer toutes les horreurs possibles.

— Ne me dis pas qu’un nouvel attentat a eu lieu, s’inquiéta-t-elle en s’affalant sur le banc de pierre.

L’enfant en apparence la rejoint avant de répondre :

— Non, ce n’est pas ça. En fait, je crois que mes parents cachent quelque chose, annonça-t-elle. Je les ai entendus parler entre eux, continua-t-elle. Ils ont trouvé un échantillon des filaments blancs, mais ils refusaient de vous faire part de leur découverte.

Louise ne comprenait pas et cela dû se voir puisque Cacilda précisa :

— Ce qui a attaqué les Occupants.

***

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Sorryf
Posté le 19/06/2020
Louise \o/ Trop contente de la revoir !
La pauvre, toute seule :-( Jeanne me manque aussi, et j'espère aussi qu'elle se fait a sa nouvelle vie et qu'on la reverra !
J'étais contente de ce rapprochement avec Chloé, du coup, je pense que Louise en avait besoin ! j'aime bien comme tu montres le choc des époques, et Louise qui ne s'étonne plus de rien xD
J'espère que tu es repartie pour de bon et que les nouveaux chapitres vont fuser ! Tant pis pour ma PAL !
tiyphe
Posté le 19/06/2020
Ooooh coucou Sorryf !

Moi aussi elle me manque Jeanne T_T C'est tellement difficile d'écrire Louise sans Jeanne ! C'est tellement un duo qui se complète que l'une sans l'autre, je suis aussi paumée qu'elles ahah !
Ah ça me fait plaisir que le rapprochement te plaise ! J'avais vraiment envie que Louise se lâche et essaie de s'ouvrir :3

Hanlala je ne veux pas abuser de ta PAL ;p T'es trop chou <3 Je suis bien repartie ! Je suis une diesel, donc le démarrage peut être long, mais après ça devrait aller mieux ahah ! Le prochain chapitre est en cours d'écriture, il sortira la semaine prochaine j'espère !!

Encore merci pour tes encouragements ! <3<3<3
Draguel
Posté le 16/06/2020
Bon retour, Tiyphe :D

ça fait plaisir de poursuivre cette aventure :D J'appréciais déjà cet univers quand je le lisais mais la pause qu'il y a eu et la lecture de ce chapitre m'a montré à quel point je m'y étais attaché alors je suis ravi de lire ce nouveau chapitre :D

Je commence par les petites coquilles que j'ai vu :p
- Paragraphe 2 : "information et renseignement" il leur manque un s :p
- Paragraphe 4 : "communications" cette fois-ci il ne doit pas en avoir :D
- Paragraphe "J'ai perdu le compte" : "longue robe vert sauge", la couleur c'est vert sauge ok mais comme c'est un adjectif de robe on ne devrait pas le mettre au féminin quand même ?
- Paragraphe "ça n'est pas revenu entre-temps" : "personne ne pourraient substituer à Jeanne, jamais." Il manque le pronom "se" devant substituer :D

"Oh s’il te plaît, appelle-moi Louise et tutoie-moi, insista la concernée." Cette formulation me dérange un peu, je trouve que ça fait formulation bateau et clichée :/ ça ne fait pas très naturel ou forcé. Du moins c'est la sensation que j'en ai ^^'

Avec ce chapitre, on découvre que Louise a une obsession pour les Êtres Supérieurs et leurs potentiels implications dans l'Entre-Deux. Si ses théories sont intéressantes et nous pousse à penser dans son sens, il y a une occurrence que je trouve étrange. Quand elle parle de sa mémoire physionomiste. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu qu'elle avait un soucis pour se souvenir des noms dans sa vie passée alors je ne comprend pas pourquoi cette faculté de Louise aurait besoin d'être justifiée. On peut tout à fait l'accepter sans justification. Dans le cas présent, ça m'a surtout donner l'impression qu'elle avait une paranoïa naissante à propos des Êtres Supérieurs ^^'

J'aimerais tellement avoir un visuel sur ce jardin de verre :D Mais je me contenterai de mon imagination :D Je réitère ma joie de me replonger dans l'Entre-Deux et t'exprime ma hâte de découvrir la suite :D
tiyphe
Posté le 16/06/2020
Coucou Draguel !

Olala tu ne peux pas savoir à quel point ton commentaire me touche ! C'est hyper gentil, je l'ai lu deux fois xD De savoir que tu es content de retrouver cette histoire, ça me donne encore plus envie de la continuer, c'est ce que j'avais besoin d'entendre ahah !

Merci pour tes coquilles, je les corrigerai ! Et tu as raison pour la formulation de Louise, c'est un peu étrange, je vais essayer de trouver mieux, pas toujours facile de faire parler quelqu'un qui veut garder son langage du XVIè siècle xDD

Concernant l'obsession de Louise pour les ÊS, j'espère que ça passe bien et que ça ne tombe pas trop de nulle part ^^' c'était un peu ma peur
Sinon je vois ce que tu veux dire pour la mémoire physio, du coup je vais y réfléchir, je trouvais ça peu réaliste qu'elle se souvienne aussi bien de tous les Occupants, mais en soi je ne suis peut-être pas obligé de l'expliquer, je ne sais pas :/

Alala les jardins de l'Entre-Deux c'est bien une des choses que j'aimerai voir en vrai oui ! Entre celui du château et celui du dortoir ! En tout cas, je suis heureuse que tu me dises tout ça ! Encore merci :D <3
Draguel
Posté le 16/06/2020
C'est parfait tout ça :p Si je peux redonner de la motivation c'est avec plaisir :D

Oui j'imagine que ce n'est pas ce qu'il y a de plus évident, on se fait une idée de comment est-ce qu'il parlait mais il y a aussi la réception de ces paroles auquel il faut prêter attention ^^

Non je ne la trouve pas sortie de nulle part ^^ Après deux ans, il est normal qu'elle ai cherché des réponses et son rapport avec les Êtres Supérieurs ne rend pas étrange ses hypothèses. Il y a juste leur irruption dans les capacités de Louise qui me gêne un peu :) On ne naît pas tous égaux dans nos capacités alors ce n'est pas nécessaire de les justifier quand quelqu'un à une faculté meilleure que les autres ^^ C'est juste du talent :p Pour le soucis de réalisme, regarde les génies qui existent dans notre monde, la capacité de Louise n'est pas si exceptionnel comparée à d'autres :p
tiyphe
Posté le 17/06/2020
Bon tu m'as clairement convaincue ! Merci ahah :D J'enlèverai cette interrogation de la part de Louise :3
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