17. Souffle le vent de la colère

Par Lydasa.
Notes de l’auteur : Grace à ce chapitre je conclus enfin le NaNoWirMo!

Je sais que personne ne va dormir sur le navire, je sais que chacun va se préparer mentalement et aussi préparer tout l’armement du navire. Je leur ai pourtant dit de se reposer, mais quand la guerre est déclarée, difficile de trouver le sommeil. Moi-même je ne le trouverais pas, alors que les heures s’égrènent je suis planté devant les fenêtres de ma cabine. J’observe le bateau de mon ennemi, regardant le moindre mouvement, je vois des points lumineux bouger tel des lucioles sur leur pont, avant de finalement voir le noir.

 

Je sais que c’est le moment, ils préparent leur attaque furtive, je sors sur le pont et je voie tout le monde présent. Même s’il fait noir je peux les voir me regarder attendant mes directives.

 

— Il n’y a plus de mouvements sur leur navire, tenez-vous prêt, je crois qu’on va avoir de la visite.

 

Nous atteignons absolument toutes les lumières, même celle de ma cabine. Conrad s’approche de moi, nous observons en silence les eaux sombres. Même le plus silencieux des canots fait toujours un bruit, ce glissement particulier de l’eau. Au bout d’une heure, nous l’entendons. Conrad rejoint le pont faisant un signe bref à l’équipage qui se planque dans l’ombre du navire. Nous entendons que des hommes grimpent le long des flancs du navire, avant de finalement atterrir sur le pont.

 

En quelque mouvement et toujours dans un silence de mort, mes hommes ne tardent pas à les égorger sans aucune forme de procès. Ne les laissant pas même pousser un dernier cri, ou hurlez que l’on contre-attaque. Cette nuit ils n’ont été que cinq à venir nous rendre visite. Je pense qu’ils se sont rendu compte que cela était une tactique totalement inutile.

 

Le matin au réveil, nous balançons les corps à la mer, ne nous privons pas pour faire le plus de bruit possible. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis certain de Liath nous observe toujours. La tension monte de plus en plus et le silence règne toujours sur le pont. Nous attendons, patiemment que notre ennemi sorte de la gorge du dragon. C’est au bout de plusieurs heures que nous le voyons enfin bouger, je fais un simple signe de la main et tout le monde se met à l’œuvre. Nous nous engageons juste derrière eux, subissant le remous de leur passage.

 

Ils nous devancent de quelque mètre, alors qu’il s’engage en pleine mer, ils déploient leur voile subitement et changent de cap avec une rapidité qui nous prend au dépourvu.

 

— Déployer les voiles, maintenant cap à tribord ils vont nous canarder, hurlais-je.

 

Cela ne loupe pas, nous entendons les premiers coups de canon, un des boulets passe par-dessus le pont et atterrie derrière le Faucheur, un autre s’enfonce dans la roche de la grotte juste au-dessus de nous.

 

— Attention au rocher !

 

Mes hommes esquivent de peu des blocs de roche qui tombe sur le pont. Lorsque le vent s’engouffre dans les voiles, je sens le navire poussé en avant, je tourne la barre et nous prenons immédiatement le cap sur tribord. Nous évitons la deuxième slave qui nous manque de peu. Je grince des dents, le gouvernail tente de me revenir dans les mains à cause de la pression du vent dans les voiles, Conrad vient même m’aider pour garder le cap. Nous arrivons enfin a sortie de la gueule du dragon. On relâche la barre et notre navire reprend sa stabilité, notre ennemi en a profité pour changer lui aussi de cap, fonçant droit sur nous.

 

— Déplier tous les voiles !

 

Mes hommes déplient les dernières voiles et le navire fait un nouveau bond en avant, je regarde la proue du navire de l’irlandais foncer droit sur nous. Je grince de dents et retiens mon souffle, il ne faut surtout pas qu’il y ait une baisse dans le souffle du vent. C’est à très peu que nous arrivons à éviter la collision.

 

— Armé la poupe, hurlais-je.

 

Alors que notre navire évite de justesse celui de Liath, mes hommes font feu avec les canons en poupe. Nous n’avons que deux canons en poupe, ce qui est rare pour un navire comme le mien, mais de la façon d’où nous sommes placés nous ne ratons pas notre cible et nos boulets déchirent leur flanc dans un craquement sinistre de bois. Malheureusement, eux aussi font feu à nouveau, et je voie une partie des rambardes voler en éclat volant dans ma direction, me touchant à l’épaule, mais pas gravement.

 

— Ça, va ? Me demande Conrad inquiet.

— Oui je ne suis pas blessé ne t’inquiète pas.

 

Je tourne la barre sur bâbord, faisant ainsi pencher mon navire brutalement.

 

— Armer les canons sur bâbord !

 

Conrad m’aide à nouveau à tenir la barre qui craque entre nos mains tellement la pression est forte, elle manque même de céder, tordant dans l’extrême. Mes hommes cours dans tous les sentent, pliant les voiles pour aider la direction. Le vent les garde cependant bien gonflés, la mer est même agitée comme si une tempête se préparait. Une vague vient passer par-dessus le pont, mouillant tous ceux qui s’y trouvent. Nous nous retrouvons parallèles a Liath, avant de faire feu, je voie aussi leur canon explosé dans notre direction. Je vois le bois voler dans tous les sens, regardant le pont voir si mes hommes sont toujours présents, il ne semble pas y avoir de blessé.

 

Je me crispe hurlant de préparer à nouveau une attaque, mais nous prenons plus de vitesse et pardon le parallèle avec l’ennemie. Mes hommes doivent replier une voile pour casser notre vitesse et garder celle de l’autre navire pour que nous puissions les gardes en ligne de tir. À ce moment-là, nous prenons une slave de boulet enchainer. Je vois le haut du mat principal se faire déchiqueter, emportant avec lui l’une des petites voiles du haut.

 

— Balancer les boulets barrés, hurlais en me baissant pour éviter des éclats de bois qui vole dans ma direction.

 

Ils semblent tout de même moins précis que nous dans leur tire, avec deux boulets enchainer ils auraient très bien pu briser notre mât, mais ce ne fut pas le cas. Moi je ne ferais pas de quartier, je sais que mes hommes sont les meilleurs canonniers de tous les navires confondus. J’entends mes canons gronder et je voie les boulets atteindre leur but, c’est leur mat principal qui se fais déchiqueter. Il tombe sur leur pont, faisant hurler ceux présents sur celui-ci. Dans sa chute et s’agrippe à un autre mat qui se tord dangereusement, manquant de céder lui aussi. Je vois un amas de corde tomber dans les eaux et mon sourire satisfait doit se voire d’ici.

 

— Refermer les trappes sur Bâbord, hurlais-je.

 

Je tire sur la barre plus fort, aider de mon second, j’ai les yeux river sur Liath que je peux voire lui aussi à la barre de son navire. Il a le visage déformer d’une certaine colère, et même d’aussi loin j’imagine entendre un nombre incalculable d’insultes envers ma personne. C’est alors que l’inévitable se produisit. Les deux navires se rapprochèrent l’un de l’autre jusqu’à se percuter avec violence, faisant perdre l’équilibre à pas mal des combattants. Un bruit de bois que se tord se fit entendre comme si le navire vrillait sur lui-même. Le choc fut telle que les deux navires s’éloignèrent comme s’ils avaient rebondi. Tanguant dangereusement a presque la renverse, toujours pris dans leurs vitesses.

 

— Préparez les grappins !

 

Je me fais aider à nouveau de Conrad et nous tirons sur la barre jusqu’à ce que le navire se penche à nouveau dans la bonne direction. Au moment du nouvel impacte, mon équipage lance les grappins, cette fois préparer au choc. Je peux voir que le navire ennemi fait exactement la même chose avec un temps de retard. Le bois de bord de chaque navire se met à grincer l’un contre l’autre, arrachant les trappes du navire ennemi resté ouvert, avant de s’éloigner un peu et de tendre les cordages. À ce moment-là le ciel décide de se déchire. Un coup de tonnerre gronde au-dessus de nos têtes et le soleil se cache derrière un épais nuage noir. Je peux sentir l’odeur de la pluie arriver sur nous, et le bruit de celle-ci sur l’eau.

 

— À L’ABORDAGE !!!

 

Mes hommes balancèrent des planches de bois, pour faire passerelle entre les deux navires. Certains se balancèrent avec le cordage sur le pont ennemi. Je lâche enfin la barre, à présent que le navire est attaché avec l’autre il ne risque pas de dériver. Je saute de la mezzanine, Conrad à mes côtés. Des membres de l’équipage ennemi déboulent sur mon pont. Le mur de pluie arrive sur nous en même temps qu’un éclair déchire le ciel dans un bruit monstrueux. Je regarde mon mât principal, celui-ci a été décapité tout à l’heure, j’ai peur que si la foudre tombe dessus celui-ci prenne feu, mais le filin d’acier qui nous sert de paratonnerre semble intact.

 

Un homme s’approche vers moi, le sabre levé, je me jette sur lui, l’éventrant d’un coup. Il s’écroule au sol dans un couinement gargouillis. Conrad bloque une attaque dans mot dos, et je tire une balle dans la tête du mec qui tombe à la renverse. Au loin je peux voir Elias et Grégoire dos à dos en train de se battre au sabre contre quatre ennemis. Je me rue dans leur direction, décapitant d’un coup sec l’un de leur assayant. La pluie plaque mes cheveux contre mon visage, mais je sens la moiteur du sang de mes ennemis sur ma joue.

 

Je commence à me battre contre un autre homme et d’un coup de pied je le repousse avec force, celui-ci passe par-dessus la rambarde et malheureusement pour lui, tombe entre les deux navires qui se choc l’un contre l’autre. Ce n’est pas le bruit du bois que j’entends. Je me tourne vers les deux amis qui viennent aussi à bout de leur adversaire.

 

— Ne mourez pas ! C’est un ordre, leur hurlais-je.

— Oui capitaine, répondît-il en cœur en me souriant.

 

J’esquive l’attaque d’un fléau, celui-ci se plante dans le mât central. Quand je regarde mon adversaire, je ne vois qu’une masse de muscle difforme. Il arrache la boule à pique du mât avant de la relancer sur moi. Son fléau me siffle dans les oreilles, mais me loupe de peu. J’envoie mon sabre sur son poignet, pensant le couper net, mais ma lame ne s’enfonce que sur quelque centimètre. Il pousse un hurlement digne d’un troll de montagne, avant m’attrapant à la gorge et serrant.

 

Je sens mon air de bloquer et la douleur irradie jusque dans mes épaules. Je me débats comme je peux, alors qu’il me soulève du sol de sa seule poigne. Je ne sais pas comme un être aussi fort peut exister, il ne peut pas être humain c’est impossible. Il m’attrape la cuisse de son autre main, commençant à m’écarteler. Ma hanche craque, mais je ne peux pas hurler de douleur tellement il m’enserre la gorge. Je sens mon air se raréfier et des étoiles apparaisse devant mes yeux.

 

Une détonation retentit et toute la pression que je sentais sur mon corps s’arrête net. Je tombe au sol, la masse de muscle inerte la cervelle tapissant le pont. Grégoire s’accroupit à côté de moi, les yeux inquiets avant de m’aider à me relever. J’ai mal à ma hanche, mais je peux marcher.

 

— Vous aussi capitaine, vous n’avez pas le droit de mourir, me lance-t-il avec un sourire en coin.

 

Il vient de me sauver la vie en butant ce monstre. Je lui fais un grand sourire et un signe de tête affirmatif avant de reprendre mon sabre qui est toujours planté dans son poignet. J’ai le souffle court et je suis haletant à cause de la strangulation, mais je suis prêt au combat. Mes blessures et mes douleurs m’importent peut je n’ai qu’un seul objectif, récupérer Raphaël, si je n’y perds qu’une seule jambe je m’en contenterais.

 

Je m’approche du bord du navire, tout le monde semble être sur le navire de Liath. Je lance un regard à Conrad pour lui signifier de rester sur le Faucheur. Puis je saute entre les deux bateaux. Malheureusement à ce moment-là un vague plus grand les écarte plus fort, je n’ai pas pris assez d’élan. Je me rattrape d’une main sur le rebord de la rambarde. La pluie a rendu le bois glissant, je sens petit à petit mes doigts lâcher prise, au moment où je pense que je vais tomber, une main m’agrippe le poignet. Quand je relève les yeux pour voir qui c’est, je vois les yeux bleus de Liath et son sourire sadique. Il lève son sabre pour l’abattre sur moi. J’arrive à le bloqué me balançant sur le côté ce qui le fait lâcher-prise. Je me sens chuté entre les deux navires, j’ai le réflexe de planter mon sabre dans la coque du navire, ce qui me stoppe dans la chute.

 

Je me retrouve juste en face d’une des trappes à canon qui a été arracher. J’ai juste le temps de m’y glisser avant que la coque ne s’entre choque brutalement. Mon sabre est malheureusement resté planter un peu plus haut, je me retrouve désarmé, avec seulement mon pistolet. Je vérifie le nombre de balles qu’il me reste. Trois, trois malheureuses balles ne suffiront pas à me garder en vie sur le navire ennemi. Au moment où je relève les yeux, je vois un sabre fondre sur moi, je l’esquive avec facilité. Je donne un coup de genou dans l’estomac de mon ennemie qui lâche un hoquet de douleur. J’attrape son poignet et le tords jusqu’à entendre le bruit de celui-ci céder. J’arrache son sabre et ne le pousse pas la trappe au moment où les deux coques s’entrechoquent de nouveau.

 

J’ai finalement récupéré un sabre plus rapidement que je ne le pensais. Je l’utilise dans la foulée, car je me rends compte qu’il y a au moins une dizaine d’hommes ou je me trouve. J’arrive sans mal à me battre même si ma hanche me fait horriblement souffrir. Mais il fallut d’un pas plus écarter que les autres pour que je m’écroule sur moi-même. Un des hommes en profite pour me fondre dessus, je bloque son sabre avec le mien et le repousse, mais un second m’arrive dessus et j’ai tout juste le temps de rouler sur le côté. Je sens la lame entailler légèrement mon flanc au niveau de mes côtes flottantes.

 

Je commence à me sentir submerger par le nombre de mes assaillants. J’entends alors un hurlement de rage et c’est à ce moment-là que Marvine déboule deux sabres, un dans chaque main. Il décapite le premier comme s’il avait une paire de ciseaux. Il continue son lancer comme le ferait un taureau en furie. Il éventre encore un, avant de se retrouver à mes côtés en quelque seconde.

 

— Bah alors capitaine, on ne m’invite pas à la petite sauterie ?

— Je croyais que tu avais un truc de prévu déjà, gloussais-je en me relevant péniblement.

 

Je me mets en position de combat, en face de nous, nos ennemis commencent légèrement à se décomposer face à la fureur de Marvine. Celui-ci pousse un hurlement bestial avant de foncer dans le tas, je le suis de près avant d’être en main avec un des hommes, bloquant ses attaques avant de l’assommé avec le plat de la lame. J’entaille le dos d’un autre avant de courir vers l’escalier qui mène à la cale.

 

— Tu t’en occupes Marvine, je visite !

— Faite donc capitaine, j’ai l’habitude de faire du steak haché !

 

Sans grand étonnement je vois la cale complètement inonder et j’ai de l’eau jusqu’à la taille. La froideur de l’eau me glace jusqu’à l’os, mais je continue à vérifier les lieux. Il ne semble y avoir personne.

 

— Raphaël, hurlais-je.

 

Je n’ai pas de réponse, il doit peut-être se trouver dans la cabine du capitaine. Mais quelque chose attire mon regarde, dans un coin l’eau s’agite et il y a beaucoup de bulles. Je m’y dirige pour voir Raphaël coincer derrière un amoncellement de débris de bois. Je plonge sans réfléchir. Il y a bien deux mètres d’eau à cet endroit. Le navire est clairement en train de couler, je le devine aisément en voyant le trou béant dans la coque à ce niveau-là.

 

Je vois que Raphaël a une jambe coincée entre deux poutres de bois. Je commence à vouloir pousser en m’aidant de mes jambes, mais ma hanche m’envoie une décharge violente de douleur. J’en lâche tout mon air sans le vouloir. Raphaël semble paniqué, mais il tient bien en gonflant ses joues. Je sers la mâchoire et pousse encore une fois, j’arrive à décaler la poutre de quelque centimètre, ce qui suffit à mon ange de se libérer. Il remonte vite à la surface, pour prendre une goulée d’aire. Je veux le rejoindre, mais ma hanche me rappelle au mauvais moment à l’ordre. Je n’arrive plus à bouger les jambes, brassant avec mes bras sans réussir à nager. Raphaël replonge immédiatement et me prend sous les aisselles pour me remonter.

 

J’inspire un grand coup quand nous regagnions la surface. Il en a fallu de peu, je n’en pouvais plus. Raphaël m’aide à revenir jusqu’à un endroit où nous avons pied, le niveau de l’eau a encore monté. Je remarque que mon ange est encore entièrement nu, Liath ne l’a pas ménagé. Je retire ma veste même si celle-ci est trempée pour la lui donner et qu’il se couvre un peu plus.

 

— Merci, murmure-t-il, merci d’être venu me chercher.

— Merci à toi aussi, j’ai clairement failli me noyer… on est quitte ? gloussais-je amusé.

 

Il me fait un grand sourire avant de se jeter à mon coup et de m’embrasser avec passion. Cela m’avait tellement manqué, en seulement une semaine j’avais senti le manque. J’étais totalement drogué se sa présence, je ne pouvais plus me passer de lui tellement je l’aimais.

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