16- Anabelle

Notes de l’auteur : Coucou, je me demande si l'action est bien dépeinte. Seriez-vous capable de me le dire ? Merci et bonne lecture.

Nous marchons l’un à côté de l’autre sur le trottoir. Je sens l’inquiétude de ma collègue reprendre le dessus. Bon sang ! Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? Est-ce qu’on l’a agressé ? Je n’aime pas son regard rempli de peur. Elle m’effraie. Où sont passées la joie et la bonne humeur ?

Nous arrivons devant son bâtiment, entendons des éclats de voix, je me détourne vers le vacarme et constate Séraphin avec un type. Ils se battent.

- Merde ! Qu’est-ce qu’il fabrique ici ? s’inquiète Anabelle.

Je n’arrive pas à savoir de qui elle parle. Mais je réitère ma question :

- Qui est-ce qui t’a fait mal ? Dis-le-moi ?

Elle baisse la tête, se rapproche de moi prête à me réponde quand une voix colérique cri vers nous.

- Anabelle, je t’ai dit quoi ? Qu’est-ce tu fou avec ces mecs ? Tu fais dans les gamins maintenant ? Ils baisent mieux !

J’aperçois l’inconnu s’approcher à vive allure de nous alors que Séraphin se relève du sol où l’autre la collé. Il est balaise. Un coup de poing de sa part et je m’écraserai par terre. Pourtant, je mets Anabelle derrière mon dos, dans l’instinct de la protéger. Un peu comme dans les bandes dessinées où le héros donne sa vie pour sa belle dulciné.

Qui est ce bargeot ?

Il me fixe incrédule, j’arrive à entendre sa penser : tu fais quoi avec une horreur pareille. J’ai le sentiment qu’il a entretenu une relation avec ma collègue. Est-ce le type dont George m’a brièvement parlé ?

Anabelle s’agrippe à moi. Je sens ses doigts se crisper sur le tissu de ma chemise.

- C’est mon ex, murmure-t-elle, un brin paniqué à mon oreille.

- J’avais cru comprendre.

- Sérieux ! Un gamin et un triso ? T’as pas trouvé mieux pour me remplacer ? Pétasse !

Il gueule ce dernier mot et je vois Séraphin se redresser, il semble avoir envoyé un message parce qu’il remet son portable dans sa poche avant de fondre sur le taré. Il lui saute dessus. Le gars part en arrière, j’en profite pour attraper la main d’Anabelle et me met à courir jusqu’à la porte de son bâtiment. Je me saisis des clés avec maladresse, passe le badge sur le capteur et emporte m’a collègue avant de refermer la porte. Je lui ordonne de rentrer chez elle et d’appeler la police.

Je ne réalise pas encore la panique qui s’éveille en moi. J’ai le cœur qui bat à cent kilomètres heure. C’est la première fois qu’un événement pareil survient dans ma vie. Je ne suis pas sûr de savoir comment le régler. J’ai l’impression d’être dans un film.

Je reste prostré devant la porte vitrée. Le fou apparait devant moi, je me recule de trois pas. Il tape sur le plexi glace. Le bruit et la violence qu’il actionne me font monter le cœur à la gorge.  Pourvue que la glace tienne le coup. On dirait King-Kong ou Hulk en plein pétage de plomb.

J’aperçois Séraphin revenir à l’attaque. Il l’attrape par la ceinture et le ramène en arrière. Le type s’allonge de tout son long. Séraphin me convit à lui ouvrit. Je ne peux décemment pas le laisser en proie à cet alcoolique dont j’ai senti l’haleine pestilentielle quelques minutes auparavant. Je me hâte, ouvre la porte, tire Séraphin vers moi, referme la porte au plus vite. La clique se fait entendre. Je relâche la pression, alors que le malade s’excite à nouveau sur notre séparation.

La voix d’Anabelle retentit à l’étage.  Je me calme et invite Séraphin à me suivre, j’aimerai bien savoir pourquoi il se battait avec l’autre.

Nous passons le hall de l’appartement, j’avise Anabelle. Elle est aussi pâle qu’une morte.

- Assis toi sur la chaise, dis-je au garçon.

Je n’en reviens de mon calme. Ne devrais-je pas être sous le jouc d’une panique grandissante ?

Je me rends dans la cuisine, attrape un verre, le rempli d’eau et le donne à Anabelle qui se trouve sur le canapé. Son regard est vide, ses mains s’enlacent et ses jambes tressautes.

- Tiens, bois. Tu les as appelés ?

- Non… Je… J’ai peur.

- Peur de quoi ?

- Pacôme est un ancien flic. Il a encore des amis là-bas.

- Et ? me surprend-je. Tu n’as rien à craindre. Il y a des lois pour éloigner ce genre de dingue de leur victime…

Je la quitte une seconde, me saisis du combiné vintage qui trône sur un meublé du style surréaliste, quand la voix de Séraphin m’interrompt.

- J’ai déjà prévenu mon père. Une patrouille va arriver dans moins de deux minutes. Il y a des rondes en ce moment dans le quartier de la Florane. Ils ne vont pas mettre de temps. 

Je me retourne, un peu choqué de ce qu’il avance. Il est le fils d’un policier et il stalke une femme ?

- Pourquoi tu te battais avec ce Pacôme ? demandé-je.

Séraphin n’ose pas vraiment me regarder. Il trifouille à nouveau le saint-bernard en peluche accroché à son sac.

- Ce matin, je me suis réveillé à laboure. Sur le chemin, je l’ai vue s’en prendre à Ana. Mais, elle s’est débrouillée seule. Elle l’a repoussé et a couru jusqu’à l’arrêt de bus. J’ai crié « Police », pour lui faire peur. Il s’est barré.

- Ça ne répond pas à ma question ?

- J’ai compris que c’était son ex.

- Comment ? me surprends-je.

- Parce qu’il y a une mesure d’éloignement avec sa photo. Pacôme Ordiguez, quarante-deux ans, ancien flic destitué pour coup et blessure sur un autre agent et sur sa compagne.

Me voilà plonger dans une série policière, maintenant. Est-ce que j’ai mal compris quand Anabelle a dit avoir peur ? Elle a déjà porté plainte ? Combien de fois ? Pourquoi est-il revenu ? Je n’aime pas la tournure que prend cette histoire.

- Et toi comment tu sais tout ça ? l’interroge Ana.

- Le PC de mon père. J’ai fait des recherches sur toi.

- Tu as fait quoi ? s’énerve-t-elle.

Je réagirai pareil qu’elle, en sachant qu’un gosse m’a espionné jusqu’à mon intimité.

- Oui, je sais. C’est immature. Mais je suis amoureux.

- Et ça te donne le droit de fouiner dans ma vie ?

- Non ! Je m’excuse.

- Écoute, tu m’as l’air d’un gentil garçon, mais je ne suis pas intéressée. Je te remercie de m’avoir aidé, mais tu ne peux pas continuer à m’attendre comme ça. Tu m’as fait peur. Tu comprends ?

- J’ai cru comprendre oui, quand ton ami a commencé à te raccompagner. Je me suis dit que j’étais allé peut-être trop loin.

Au moins, il se rends compte d’avoir mal agit. Peut-être que la frayeur que nous avons vécu à l’instant a su le secouer.

- Ok, poursuit Ana. Si la police nous pose des questions, on aura qu’à dire que tu as appelé la police en entendant des cris de voix, d’accord.

- Rassure-toi. J’en ai déjà parlé à mon père. Sur le fait que j’ai fouillé dans son ordi et que…

Il marque une pause, alors que son regard devient hésitant.

- Que quoi ?

- Ce type, il te suit depuis un moment. C’est pour ça que je campai devant chez toi, matin et soir. Au début, je te regardai de loin. Ça fait un an que je te regarde. J’ai commencé à t’attendre quand j’ai vu ce type te suivre. Il avait l’air pas net.

- De quoi ?

Sa voix tremble. La panique s’enroule autour d’elle.

- Tu veux dire que tu m’attendais parce que Pacôme me suivait ? Depuis quand ?

Il hoche la tête et répond :

- Un bon mois.

- Pourquoi tu ne l’as pas dit ?

- Parce que j’ai lu ta déposition et que ce salopard te terrorise. Je me suis dit qu’il n’oserait pas s’en prendre à toi si, je faisais mine d’être ton mec. Mais je crois qu’il a fini par se douter que je le baladai.

-Tu te rends compte qu’il aurait bien pu me faire dû mal ailleurs ? Tu aurais dû me le dire.

- Du moment qu’il y avait du monde à côté de toi, il ne tentait rien. Puis, si je te l’avais dit, tu n’aurais rien fait. Si je n’avais pas appelé mon père, on n’entendrait pas les flics à l’instant… Mais je suis désolé, j’ai agi comme un gosse en croyant réussir à te plaire.

Séraphin se sent coupable, j’ai dû mal à lui en vouloir d’avoir effrayé Ana et je crois bien qu’elle aussi serait prête à lui pardonner, s’il arrêtait toutes manipulations pour la draguer. Au fond, je pense qu’elle est bien contente qu’il soit resté devant chez elle finalement.

- Merci, murmure-t-elle. J’ai eu de la chance que tu ne sois pas un maniaque.

Le lycéen sourit, tandis que la voix de Pacôme s’élève dehors. Je m’avance vers la baie vitrée du salon, l’ouvre, et m’avance au plus proche des grilles du balcon. Deux policiers lui passent les menottes et l’embarque. Un des officiers tourne la tête vers moi et me demande.

- C’est vous qui avez prévenu la police.

J’agite la tête.

- Oui, c’est un ami qui la fait. La jeune femme que cet individu à poursuivi est en sécurité maintenant.

- Bien, j’aurais des questions à lui poser, veut-elle porter plainte ?

Je me tourne vers Anabelle qui secoue la tête positivement.

- Elle désire porter plainte.

L’homme s’avance vers la porte du bâtiment que Séraphin a ouvert. J’entends les pas dans les escaliers. Cette fin de journée aura été éprouvante et elle n’est pas encore fini. Puis-je laisser Ana, seule après notre déposition ? Le doute me submerge.

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_HP_
Posté le 18/05/2020
Hello !!

Pour répondre à ta question, je trouve que oui l'action était très bien décrite ^^
Séraphin... C'est un joli prénom ! Il est un peu flippant, à la stalker comme ça, mais le fait qu'il s'excuse, et qu'il ait défendu Anabelle... Ca le rend adorable 😄
Sinon, comme toujours, j'adore ! J'espère que ce Pacôme ne reviendra pas 🙁😠

• "Est-ce qu’on l’a agressé ?" → agressée
• "prête à me réponde quand une voix colérique cri vers nous" → répondre / crie
• "Qu’est-ce tu fou avec ces mecs" → fous
• "alors que Séraphin se relève du sol où l’autre la collé." → l'a collé (j'aurais peut-être plus mis "plaqué" ^^)
• "bandes dessinées où le héros donne sa vie pour sa belle dulciné" → dulcinée
• "Il me fixe incrédule, j’arrive à entendre sa penser" → pensée
• "passe le badge sur le capteur et emporte m’a collègue avant" → ma collègue
• "Il tape sur le plexi glace." → plexiglas
• "Pourvue que la glace tienne le coup." → pourvu
• "Séraphin me convit à lui ouvrit" → ouvrir / me convit ? 🤔
• "La clique se fait entendre" → je suppose que c'est le bruit de la fermeture de la porte, du coup ce serait plus "le clic" ^^
• "attrape un verre, le rempli d’eau et le donne à Anabelle" → remplit
• "regard est vide, ses mains s’enlacent et ses jambes tressautes." → tressautent
• "combiné vintage qui trône sur un meublé du style surréaliste" → meuble
• "Ce matin, je me suis réveillé à laboure" → la bourre
• "Sur le chemin, je l’ai vue s’en prendre à Ana" → vu
• "Me voilà plonger dans une série policière, maintenant" → plongé
• "Je te remercie de m’avoir aidé, mais tu ne peux pas continuer" → aidée
• "Au moins, il se rends compte d’avoir mal agit" → rend / agi
• "Mais je crois qu’il a fini par se douter que je le baladai" → baladais
• "qu’il aurait bien pu me faire dû mal ailleurs" → du mal
• "La jeune femme que cet individu à poursuivi" → a poursuivie
• "Cette fin de journée aura été éprouvante et elle n’est pas encore fini" → "cette fin de journée...elle n'est pas encore finie", c'est un peu répétitif ^^ Peut-être "Ce début de soirée aura été éprouvant et il n'est pas encore fini" ? ^^
NM Lysias
Posté le 19/05/2020
Coucou, je peux te confirmer qu'il ne reviendra pas.
Merci de ton passage et de tes annot's ^^
UnePasseMiroir
Posté le 18/05/2020
Waw génial ce chapitre ! Personnellement je trouve que tu as bien réussi à rendre l’action… c’était évident qu’il allait se passer un truc pas net ! Le pauvre Gauthier s’est retrouvé dans une drôle d’affaire XD
Et je le savais que Séraphin n’était pas méchant mdr. C’est trop mignon et courageux ce qu’il a fait ! Je veux un Séraphin dans ma vie T_T (bon même si son niveau de stalkage reste un peu flippant sur les bords !)
« - Oui, je sais. C’est immature. Mais je suis amoureux. » « Mais je suis désolé, j’ai agi comme un gosse en croyant réussir à te plaire. » Ces deux phrases m’ont fait faire un mini AVC de mignonnitude ^^ juste pour le fait qu’il reconnaisse et s’excuse je pense qu’il n’est pas aussi immature qu’il en a l’air. Trop envie d’en savoir plus sur lui maintenant ! J’espère qu’on le reverra ! Par contre pour ses techniques de drague, c’est à revoir ^^

Des coquilles et autres remarques que j’ai relevé :

*je me détourne vers le vacarme et constate Séraphin avec un type => le « constate » me paraît mal choisi, je dirais « aperçois » ou quelque chose comme ça
*Qui est ce bargeot ? => barjot
*Il me fixe incrédule, j’arrive à entendre sa penser => pensée
*et emporte m’a collègue avant de refermer la porte => ma
*Séraphin me convit à lui ouvrit. => dans le contexte la formulation est bizarre, je dirais plutôt « me presse/m’enjoint de lui ouvrir »
*- Assis toi sur la chaise, dis-je au garçon. => assied
*Son regard est vide, ses mains s’enlacent et ses jambes tressautes. => tressautent
*- Ce matin, je me suis réveillé à laboure. => à la bourre non ?
*Sur le chemin, je l’ai vue s’en prendre à Ana. => vu
*Au moins, il se rends compte d’avoir mal agit. => agi
NM Lysias
Posté le 19/05/2020
Merci pour ton passage à nouveau et tes annot's..^^
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