15 - Une fête

Notes de l’auteur : tw : langage ordurier

Juillet 2019.

Ile d’Aurora Skies

La nuit était chaude, le ciel dégagé. Le soleil se couchait sur les flots et la fête de l’Indépendance battait son plein. Le feu d’artifice devait être tiré au-dessus de l’océan, à côté d’une des plages les plus sauvages d’Aurora. La forêt bordait le front de mer puis la côte se levait pour former une falaise vers le phare. Les îliens avaient commencé à allumer les barbecues, la bonne odeur de viande grillée embaumait l’air, les enfants équipés de petits pétards couraient partout en poussant des cris de joie. Une fête foraine se tenait un peu plus loin, les cris des noceurs s’échappaient des manèges des plus effrayants. La foule devenait compacte et hétéroclite, composée de simples insulaires, en passant par des touristes jusqu’aux employés des différentes firmes de l’île.

Calience et Alexander retrouvèrent Abby et Léo qui était déjà sur place. Ils étaient sur le sable, assis sur une serviette verte, avec la planche de surf de Léo planté à la verticale. Ce dernier avait l’air de bien s’amuser alors que sa fiancée, le visage fermé, était de la même couleur que le tissu verdâtre.

Le couple Wilton traversa la forêt depuis le parking et se retrouva sur la plage. La plupart des habitants se retournèrent à leur passage. Alex était très élégant dans son ensemble en lin ivoire, lunette fumée sur son nez aquilin, tignasse décoiffée, au pantalon souple, et chemisette entrouverte sur son torse puissant, tenant d’une main ferme la taille fine de sa femme. Calience était simplement habillé d’une courte robe bustier blanche et bleu ciel, les cheveux détachés, retenus par ses lunettes de soleil Gucci sur le sommet de son crâne. Elle avait troqué ses hautes chaussures à lanière contre des ballerines plus confortables. Les regards d’envie des hommes et ceux de jalousie des femmes fouettèrent l’ego d’Alexander.

Abby et Léo les saluèrent et les Wilton s’installèrent sur une couverture en pashmire à motif écossais bleu et rouge. Alex sortit des flûtes en cristal ainsi qu’une bouteille de champagne du panier de pique-niques en osier, recouvert de tissu Vichy. Les quatre amis trinquèrent à cette fête du quatre juillet, sauf Abby qui préféra un verre de jus d’orange. Les hommes entamèrent une conversation sur la manière de bien prendre les vagues sans finir à l’eau, tandis que Cali se tourna vers Abby, l’air inquiet.

—  Tu ne m’a pas l’air bien ? demanda Calience en lui prenant la main.

—  Non, pas trop…

—  Qu’est-ce qui t’arrive, ma cocotte. Tu es malade ?

—  On peut le dire oui. Je n’arrête pas de gerber depuis ce matin, à côté, mon intoxication au Mexique c’était du pipi de chat. J’ai fait un test et il est positif.

—  Un test ? Je ne comprends pas…

—  Putain Cali ! Essaye de suivre ! Je suis enceinte ! s’écria Abby un peu trop fort.

Quelques couples autour d’eux les regardèrent avec étonnement, deux inconnues la félicitèrent. Alex tapa dans le dos de son pote qui souriait comme un idiot, fier comme un coq d’avoir mis un polichinel dans le tiroir. Calience se changea en statue de pierre.

—  Mais je croyais que tu voulais attendre ? bafouilla-t-elle.

—  Oui, je sais, on devait suivre nos grossesses ensemble et on s’était juré d’attendre nos trente ans, mais j’en ai marre de prendre cette saleté de pilule tous les mois, je veux du naturel, ce n’est pas bon de prendre des produits chimiques. Alors j’ai arrêté et je me suis dit que ça prendra quand mon corps sera prêt. Et puis c’est cool, mon fils sera un peu plus âgé pour épouser ta fille, blagua Abby.

—  Il est hors de question que ton garçon touche un cheveu de ma princesse, rétorqua fermement Alex en buvant son champagne.

—  Alex, crois-moi, met ta femme en cloque. Les hormones d’Abby sont comme folles, quand elle ne vomit pas, c’est pour baiser. Elle est déchaînée et je peux tout lui faire. Et, tu as vu les nichons que ça lui fait ?

—  Oui, Léo adore ma nouvelle poitrine, sourit Abby en embrassant son fiancé.

—  Merci, mon pote, mais je n’ai pas besoin que Cali soit enceinte pour lui faire l’amour. Je l’honore déjà tous les jours, il n’y a pas plus tard qu’une heure, d’ailleurs. C’est déjà dur qu’elle sorte de la maison alors si elle attend notre princesse, elle ne pourrait plus quitter notre lit.

Ce moment fut interrompu par un bruit de moteur venant du parking. Rob et Liza sortirent de leur Lamborghini jaune criard. Liza leur fit de grands gestes, Abby y répondit ,détournant l’attention de son micro esclandre. Les Denison s’installèrent avec eux. Ils apprirent la bonne nouvelle et félicitèrent de nouveau les futurs parents. D’un coup, la conversation s’orienta vers bébé, choix du prénom et comment ils allaient faire la décoration de la chambre. Liza commença à tenir les paris sur le sexe du futur petit Sutherland. Le garçon le remporta trois contre un. Abby et Léo annoncèrent qu’ils avaient avancé la date de leur mariage, prévu début octobre, avec le traditionnel gâteau à la citrouille, péché mignon de la mariée. Abby demanda solennellement que Cali devienne sa dame d’honneur. Celle-ci accepta avec enthousiasme. Le groupe d’ami était en train de discuter tranquillement quand ils croisèrent Matt et Laurence. Ils échangèrent des saluts embarrassés.

—  Vous vous amusez ? demanda Matt.

—  Carrément. Et vous ?

Matt hocha la tête en regardant Laurence. Cali le vit caresser très discrètement sa main. Un ange passa.

—  Alex, j’ai posé le dossier Shitaka sur ton bureau avec mes recommandations, dit Matt, mal à l’aise.

—  Très bien, je le regarderai dès demain, répondit-il.

—  Eh bien… bons feux s’artifice.

Le couple partit vers un brasier dont les flammes léchaient le ciel de la nuit.

—  Je n’arrive toujours pas à m’y faire, commenta Léo.

—  Non, mais c’est bien pour Matt de ne plus avoir à se cacher, répondit Calience.

—  Je ne comprends pas pourquoi il a dû quitter son club d’aviron. Tout de même, ils ne sont pas si homophobes. Ils n’en ont rien à faire qu’il soit gay ! intervient Rob.

—  D’accord, mais ce n’est pas le Village People non plus. Peut-être qu’il ne se sent plus très à l’aise avec eux.

—  Alors il est obligé de traîner avec des intellos bigleux… Je doute que ça lui convienne.

—  Il a l’air heureux en tout cas. C’est peut-être son type d’homme ?

Le début de soirée se passa dans la détente et la rigolade. Les hommes partirent disputer une course de surf. Après une baignade, les filles se gavèrent de blinis de caviar, de homard grillé et de champagne. Calience commençait à se sentir pompette.

Une nuit claire et douce s’installa sur l’île, l’enveloppa de sombre. Les odeurs de grillade furent remplacées par celles de churros et de barbe à papa. Chacun se préparait pour le feu d’artifice. Cali frissonna dans l’air du soir et enfila un petit boléro blanc qu’elle sortit du panier. Alex l’entoura de ses bras pour la réchauffer et comme à son habitude glissa sa main entre ses cuisses. En sentant l’humidité poisseuse de son entrejambe, il sourit et lui mordilla l’oreille. Cali pouffa comme une gamine. Abby limita et se passa un cardigan sur sa robe de plage turquoise à motif de fleur rose et jaune, ses tongs à paillette à ses pieds. Liza resta dans son micro maillot de bain rouge cerise à pois blancs en culotte brésilienne, qui ne cachait pas grand-chose, ses chaussures à talons au pied.

—  Tu n’as pas froid ? s’étonna Abby en regardant Liza.

—  Non, pourquoi ? J’ai apporté de quoi me réchauffer, plaisanta-t-elle en se penchant sur son mari.

—  Tu n’as pas peur d’abîmer tes Manolo dans le sable ? insista Abby se caressant le ventre.

—  Laisse là tranquille, admonesta Rob qui fumait un de ses cigarillos.

—  Tu devrais t’habiller de façon plus sensée, comme Cali tient, renchérit l’Irlandaise.

—  Je n’ai pas d’habits « sensés », siffla Liza entre ses dents.

—  Ni de sous-vêtements raisonnables d’ailleurs, et c’est ce qui me plaît chez elle, plaisanta Rob. Calience et Liza se fournissent exclusivement chez Victoria’s Secret.

—  De plus, je n’ai jamais mis les pieds chez Walmart et je n’en ai pas l’intention. Saks ne me le pardonnerait pas.

—  Rob, tu es déjà sorti avec une fille qui n’était pas issue d’une famille de millionnaire ? demanda Cali, faisant mine d’être vraiment intéressée par la réponse.

—  Je n’y peux rien, je ne vois qu’elles, expliqua-t-il en allumant une autre cigarette.

—  Quel salopard ! gloussa Abby. C’est vrai que Rob n’a jamais vraiment caché ses deux intérêts principaux dans la vie : la baise et le fric. Ça ne te dérange pas, ma belle ?

—  Pourquoi voudrais-tu que ça dérange ? questionna Rob en soufflant sa fumée au visage. Elle m’a épousé. Elle aussi adore la baise et le fric.

Le groupe discuta encore quelques minutes. Abby accompagnée de Léo partit ensemble aux toilettes, elle avait du mal à contrôler sa vessie. Les quatre autres restèrent là un moment.

—  Nous pensions aller voir Madame Violet, annonça Alex.

—  Je ne savais pas qu’il y avait encore des bordels à Aurora, plaisanta Rob.

—  La voyante, imbécile ! On se retrouve au hangar à bateaux à dix heures et demie ?

Le point de chute sur l’autre rive offrait une vue imprenable sur la jetée et sur les feux d’artifice.

—  OK.

Alex se leva et aida sa femme à se mettre sur ses pieds. Ils partirent main dans la main vers une antique roulotte en bois.

—  Madame Violet ? demanda-t-elle quand ils furent assez loin pour qu’on ne puisse plus les entendre.

—  Je me disais que ça pouvait être sympa, expliqua Alex. Allez, viens mon amour, ça va être drôle de savoir notre avenir.

—  Je l’a connais déjà. Toi et moi, pour la vie.

Il sourit et l’embrassa. Madame Violet officiait à l’entrée de la fête foraine, coincée entre un vendeur de hot-dog et un train fantôme. Ses prix étaient affichés à côté de la porte, sur une ardoise. Un voilage noir brillant faisait office de porte. Alex frappa sur le bois. Une vieille femme aux cheveux teints en noir ouvrit en souriant. Habillée d’une longue tunique rouge et violet foncé, son cou entouré de plusieurs colliers fantaisie, son visage fortement poudré, les yeux entourés de khôl noir.

—  Bonsoir mon chou. Vous voulez que je vous lise votre avenir.

—  S’il vous plaît.

—  Ensemble ou séparément ?

—  Ensemble, je ne quitte pas ma femme.

À l’intérieur, il faisait bon, mais ça empestait la cigarette et la nourriture pour chat. Madame Violet indiqua des chaises en bois au couple. Elle s’assit en face d’une petite table de camping pliante en formica.

—  Avez-vous une préférence ? Tarot ? Feuille de thé ? Chiromancie ? Ma boule de cristal ? Non, je plaisante, je n’en ai pas. C’est pour les attrape-couillons.

—  Eux… tarot ? demanda timidement Calience.

—  Bon choix. Honneur aux dames alors.

Elle sortit un tarot qu’elle tira d’une grande écharpe en soie. Elle le tendit à Cali pour qu’elle batte les cartes. Puis, Madame Violet les reprit et lui distribua six cartes, face cachée.

—  Assurez-vous juste qu’elle ne tombe pas sur la Mort, s’amusa Alex.

—  Ça ne risque pas, rétorqua la voyante. Je la retire du paquet, expliqua-t-elle à la grande surprise de Cali. Ça effraie trop les non-initiés qui ne comprennent pas que ça ne signifie pas la mort au sens propre. C’est juste la fin de quelque chose et le début d’autre chose.

—  C’est ce qu’on dit…

—  Vous êtes un cynique, remarqua-t-elle en soupirant. De toute façon, c’est votre problème de croire ou non aux cartes. Elles vous raconteront la même histoire que vous leur fassiez confiance ou pas. Les cartes ont le don d’éclairer le passé, de clarifier le présent et de dévoiler l’avenir. Si vous avez une question précise, gardez là à l’esprit.

Elle tourna la première carte : deux arbres avec une corde hissée entre eux et un homme, la tête en bas, pendu à la corde.

—  Le Pendu. Vous vous sacrifiez. Vous faites quelque chose qui vous coûte pour arriver à vos fins. De nos jours, ils appellent ça l’attitude passive agressive. C’est mieux d’être direct.

Elle retourna la deuxième carte. Sur la face, ils voyaient trois grosses pierres. Derrière, un ciel de nuit indigo, et la pleine lune dont le rayonnement était obstrué par un masque noir.

—  La Lune, annonça Madame Violet. La carte de l’illusion. Vous trompez quelqu’un ou quelqu’un vous trompe. Les choses sont cachées, obscures. Quelqu’un vit derrière un masque.

—  N’importe quoi, souffla Alex.

La voyante ignora la remarque et retourna la troisième carte. Un homme sur un trône, une couronne en or sur la tête. Ses épaules sont larges, son visage sévère.

— L’Empereur. Un homme fort et puissant. Un homme qui protège son royaume.

—  Ah là, je suis d’accord, plaisanta Alexander.

Elle vit Calience poser ses mains sur ses genoux.

La quatrième représentait un homme en robe blanche, debout au sommet d’une montagne, les bras levés vers le ciel.

—  Le Shaman. Une carte hautement spirituelle. Quelqu’un qui voyage sur une route solitaire, mais qui est très près de la révélation. Cette personne verra le monde d’une façon tout ça fait différent de nous, pauvres mortels.

Cali pâlit soudain, ce qui n’échappa pas à son mari, qui se redressa sur sa chaise, inquiet. Elle tendit la main vers la cinquième carte.

—  Si c’est la Mort, je veux être remboursé, interrompit Alexander.

C’était une femme bandée, une épée dans une main, une balance dans l’autre.

—  Le Jugement. Cette carte me montre que vous vous jugez constamment. Mais vous devez vous pardonner.

Madame Violet se pencha vers Cali et lui prit les mains. Elle avait les larmes aux yeux, les lèvres tremblantes.

—  J’en ai assez entendu, vous traumatisez ma femme !

—  Ce qui vous est arrivé n’est pas votre faute, poursuivit MmeViolet, ignorant l'intéruption. Vous devez arrêter de vous le reprocher.

Cali se leva brusquement et retourna la dernière et sixième carte. C’était un petit garçon.

—  L’Enfant. Vous allez être enceinte prochainement d’un fils.

À cette révélation, la jeune femme sentit une forte nausée la secouer. Elle sortit précipitamment de la roulotte et vomie au pied d’un buisson. Alex la suivit, la soutient en lui retenant sa longue chevelure. Une fois les spasmes terminés, elle s’essuya avec un coin de son boléro.

—  Ça va, mon bébé ? Cette femme est une arnaqueuse ! Elle t’a fait du mal ! Je vais aller lui faire éclater les genoux ! ragea-t-il en sortant son portable, prêt à appeler ses sbires pour qu’il exécute son ordre morbide.

—  Laisse, Amour, dit-elle en posant sa petite main sur son bras. Elle n’a fait que son travail. Et puis, je ne crois pas à toutes ses bêtises non plus.

—  Tu es trop gentille… tu es sûre que ça va aller ? demanda-t-il doucement en l’embrassant.

—  Oui, ne t’inquiète pas. Et peut-être a-t-elle raison ? Ça ne te dirait pas d’avoir un petit Wilton junior ?

—  J’adorerai, sourit-il.

Il s’échangèrent un regard rempli d’amour et elle se lova dans ses bras en poussant un petit soupir.

—  Et si on essayait ?

—  Quoi donc, mon amour ?

—  D’avoir notre bébé, nous aussi ?

—  Mon cœur… tu es sûr ?

—  Certaine.

Il sourit de plus belle et la porta dans ses bras en l’embrassant partout sur le visage.

—  Je t’aime, tu sais ?

—  Moi aussi… mon amour.

Il la reposa à terre et plaqua son corps souple contre le sien plus dur. Elle sentit son érection contre son ventre.

—  On va commencer dès ce soir. Je vais tellement te baiser que tu seras rapidement enceinte.

—  On aura tout le temps la semaine prochaine avec notre départ pour les îles grecques. J’ai hâte que tu me fasses l’amour sur notre voilier, en pleine mer, sur le pont, au soleil.

À cette image de sa femme, nue, offerte, ruisselante, en plein air, la lumière illuminant son corps magnifique, il grogna. Alex l’embrassa voracement. À ce moment, l’estomac de Cali gronda. Ils éclatèrent de rire.

—  Je dois avant te nourrir. Tu as besoin de prendre des forces. Ensuite, je vais te démonter toute la nuit, susurra-t-il en lui mordant la lèvre inférieure.

Elle frissonna d’anticipation. 

—  On se retrouve au hangar à bateau ? Je suis trop impatiente pour annoncer la nouvelle à Abby.

—  D’accord Amour, mais ne traîne pas de trop. Je vais aller chercher à manger.

Sur un dernier baiser, ils se séparèrent.

Quand Alex arriva sur les lieux, les feux d’artifice avaient déjà commencé. Il posa sur la table de pique-nique son volumineux chargement, un énorme hamburger avec une généreuse portion de frite pour lui et un hot-dog pour elle, accompagné de deux bières. En chemin, il avait appelé ses hommes de main, et en ce moment même, la voyante était emmenée dans une pièce sombre où des souffrances affreuses l’attendaient. Personne n’avait le droit de s’en prendre à sa femme.

—  Vous avez vu Cali ? demanda-t-il à Léo et Abby qui sirotaient des boissons sans alcool en admirant le spectacle.

—  Non, répondirent-ils à l’unisson, sans prendre la peine de tourner la tête.

Conscient qu’elle était en train de tout rater, Alex se fraya un chemin vers la sortie, au moment où Rob sortait nonchalement d’un bosquet touffu, en remontant sa braguette, une trace de rouge à lèvres dans le cou. Derrière lui, la très jeune standardiste de Denison Industrie, la robe déchirée, des traces de doigt autour du cou, un hématome sur la pommette, s’enfuit rapidement.

—  Elle suce parfaitement cette salope, tu devrais l’essayer Alex. Tu verrais comment je lui ai enfilé le cul, elle demandait que ça depuis des jours. Je vais l’inviter pour nos petites soirées.

—  File-lui une des cartes du Chandelier. Je te verrai la défoncer après mon retour de congé. Dis, tu n’as pas vu ma femme ?

Rob secoua la tête négativement en allumant une clope. Alex sentit une pression dans son dos. Il se retourna et découvrit Cali derrière lui.

— Eh bien, elle est là ta tourterelle. Je vous laisse, je vais retrouver Liza.

Rob s’éloigna en sifflotant, les couilles allégées, laissant seul le couple Wilton. Un masque de fureur apparut sur le visage d’Alex. Il agrippa violemment la nuque de Cali et la plaqua contre lui.

—  Tu étais où ? grogna-t-il d’une voix baisse et menaçante.

—  J’ai… j’ai dû… m’arrêter en chemin. J’avais… une envie pressante, balbutia-t-elle, un éclat de terreur dans le regard.

—  On devait se retrouver au hangar, avec les autres. Je ne t’ai pas ordonné de t’arrêter. Ne recommence jamais, menaça-t-il en resserrant sa prise.

Cali secoua la tête en silence, tétanisée par la peur.

—  Oui, je te le promets, je m’excuse. Je ne voulais pas t’inquiéter, répondit-elle d'une petite voix tremblante.

Son humeur changea radicalement. Il relâcha sa poigne, lissa ses cheveux et l’embrassa sauvagement, en faufilant sa main entre ses jambes, plantant brusquement ses doigts en elle. Leurs bouches et leurs langues se rencontrèrent avec fièvre, elle gémit sous l'attaque.

—  Tu seras puni pour ça, murmura-t-il à son oreille en lui pinçant méchamment le clitoris.

Elle eut un sursaut de douleur, mais ne protesta pas. En souriant, il lui prit la main et l’attira vers le bord de la rivière, d’où ils auraient une vue dégagée. Des « aaah » et des « oooh » vinrent saluer une pluie de lumière et une avalanche de paillettes roses tombant en pétales d’or. Une slave d’applaudissement accompagna le final.

—  Whooo ! siffla Léo en passant derrière eux. Il portait un haut-de-forme en velours vert sur ses dreadlocks.

—  C’était extraordinaire, non ? Ces putains de champignons magiques sont incroyables !

—  Léo, quel barjo ! Allez, va faire le clown ailleurs, s’amusa Alex.

Il la gratifia du V de la victoire et dansa avec sa fiancée, raide défoncé. Sur ces entrefaites, Rob, agité et inquiet de précipita vers eux.

—  Vous avez vu Liza ? interrogea-t-il.

—  Non, mais je suis sûr qu’elle ne doit pas être bien loin. Tu as cherché dans le hangar ?

—  Elle n’y est pas. Ça fait plus de vingt minutes que je la cherche. Elle a dit qu’elle arrivait tout de suite…

—  Tu as essayé son portable ?

—  Bien sûr ! Elle ne répond pas.

—  Rob, je suis sûr qu’elle va bien, le rassura Alex.

—  Oui, elle a dû tomber sur quelqu’un en chemin, ajouta Calience.

Une panique croissante se lisait dans les yeux de Rob.

—  C’est bien ce qui me fait peur !

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