15. Un trésors emeraude

Par Lydasa.

Voilà plus d’une semaine que Raphaël a disparu, pour moi il n’est pas parti. Quelqu’un me là enlever. Je n’arrive cependant pas à m’en remettre, je n’arrive pas à savoir le vrai du faux. Quand je suis arrivé sur le navire, mes hommes m’ont affirmé qu’il se reposait encore dans la cabine. C’est quand nous sommes parties, c’est au bout de plusieurs heures que j’ai finalement rejoint ma cabine. Celle-ci était totalement vide, alors quand je suis ressorti et que mes hommes m’ont affirmé ne rien avoir vu, j’ai commencé à retourner tout le navire. Avant de me rendre compte qu’il manquait un canot. Je suis entré dans une colère sans nom, renvoyant absolument tous les prisonniers sans nourriture a la cale avant de m’écrouler, je finis par me reclure dans ma cabine jusqu’à ce qu’on arrive au continent ou je m’y suis noyer dans l’alcool.

 

Ratoune a eu le malheur de me faire une fausse joie, comme quoi il avait aperçu Raphaël dans la ville. J’ai cette fois retourné toute la ville, chercher absolument partout, jusque dans les habitations ou j’avais effrayé de braves gens. Nous avons dû quitter le port plus rapidement que prévu, car à cause de mes recherches, j’ai failli finir au cachot.

 

C’est à ce moment-là que j’avais déclaré à tout le monde que je parcourrais toutes les mers pour le trouver. Et contre toute attente, mon équipage fut avec moi. Ils étaient prêts à me suivre dans mon voyage avec le seul but de retrouver le plus beau trésor de l’océan, celui qui m’avait volé mon cœur. C’est après plusieurs heures qu’on se rendit compte qu’il manquait quelqu’un dans notre équipage, Ratoune. Conrad pose sa main sur mon épaule, m’évitant de partir à nouveau dans une colère noire.

 

— Calme-toi, m’ordonne-t-il.

— Ouais… pourquoi il manque lui en particulier, lui qui m’a fait croire qu’il était en ville au moment où nous avions accosté ?

— Je crois, non j’en suis même sure qu’il y est pour quelque chose dans la disparition de Raphaël.

— Toi aussi tu as cette impression qu’il n’est pas parti de lui-même ?

— Oui… Il va falloir que tu interroges Anthonyo et Klark.

— Anthonyo ? Non il est un de mes hommes les plus fidèles, murmurais-je pensif.

— Pourtant avec Klark il est le seul à ne pas t’avoir acclamé et répondu positivement quand tu as déclaré parcourir les mers pour Raphaël.

 

Je me frotte le menton pensivement, nous sommes en pleine mer depuis plusieurs heures. Je finis par acquiescer, avant de me diriger vers un groupe de mon équipage, faisant signe à Conrad de me suivre.

 

— Anthonyo, Klark venez quelque instant dans ma cabine j’ai à vous parler.

 

Conrad finit par me suivre, je m’assoir à mon bureau alors que mon second referme la porte à clef derrière nous, restant près de celle-ci. Il me lance un regard rempli de malice, il est prêt à agir quoiqu’il arrive.

 

— Vous étiez ou quand Raphaël a disparu ? demandais-je froidement.

— Sur le pont à pêcher comme tu nous l’avais demandé, répond trop rapidement Anthonyo.

— Et Ratoune ?

— On ne sait pas capitaine, enchaine Klark, on était a pêché.

 

J’inspire un bon coup.

 

— Donc vous ne surveillez pas Raphaël comme je vous l’avais demandé… concluais-je ?

— Si capitaines, nous n’étions pas loin de la porte de la cabine. Il… a pu s’échapper par la fenêtre.

— Étrange, elle était fermée de l’intérieur, donc il n’est clairement pas passé par là, lançais-je.

 

Je vois mes hommes se regarder l’un et l’autre, commençant à se décomposer de plus en plus.

 

— Capitaine, je vous assure que nous étions bien devant la porte de la cabine tout le temps jusqu’au retour de toute le monde, couine Anthonyo.

— Faux, vous étiez à la proue du navire, claque Conrad, et avec Ratoune.

— QUOI ? Hurlais-je, tu ne me donnes cette information que maintenant ?

— Oui, car te connaissant et dans l’état mental ou tu te trouves tu aurais pu tout foiré et dernièrement c’était compliqué de te parler, hurle-t-il en réponse.

 

Je me tasse, il n’a pas tort, je regarde alors les deux zigotos qui sont devenus plus blancs que des ossements. Je commence à muer mon visage dans une grimace de colère, me levant d’un coup, ce qui a pour effet de les faire fuir vers la porte, mais Conrad les repousse violemment. Il bombe le torse les faisant reculer malgré eux vers moi, ils se retournent vers moi les yeux paniqués.

 

— Je… on vous assure capitaine que…

— Vous n’auriez pas aussi peur si vous n’aviez rien à vous reprocher n’es-pas ? dis-je d’une façon sadique en m’approchant d’eux.

 

Je relève les yeux vers Conrad, il a le même sourire sadique que moi, d’un simple signe de tête nous nous lançons. Mon poing vient se fracasser sur le nez d’Anthonyo. Un craquement sinistre retentit et il s’écroule au sol, le visage en sang. Klark n’est pas dans un meilleur état, mais il ne s’évanouit pas comme une grosse merde. J’attrape la cheville d’Anthonyo et le traine sur le sol, ouvrant la porte de la cabine pour sortir sur le pont. Conrad attrape le col de l’autre idiot et me suis. On les laisse au milieu de pont et tout le monde se regroupe autour d’eux, curieux de ce qui se passe en sachant que nous allons surement tout expliquer.

 

— Bien bien bien… il semblerait que Ratoune nous ai faussé compagnie, et qu’il ne serait pas étranger à la disparition de Raphaël.

 

Elias et Grégoire sont tous les deux sur le pont au côté de Marvine. Fronçant des sourcils ils s’approchent tous les deux. Un peu plus près regardant les deux accusés. Klark est tremblant, il lève les yeux vers moi, commençant à me supplier de ne pas le tuer.

 

— Dis-moi où est Raphaël ! hurlais-je.

— Sur… l’île. On la laisser dans une grotte dans un flanc de la falaise. Nous l’avons tabassé et on est parti il était inconscient.

 

Je sens mon sang ne fait qu’un tour, je regarde Conrad, tout le monde n’attend pas mon ordre. Conrad court à la barre et dirige le navire droit sur l’île que nous avions quitté il y a plus d’une semaine. Je ne me sens vraiment pas bien, s’il est vraiment là-bas, il doit être dans un piteux état. Il n’y a pas à manger, pas à boire et survivre seul sur cette île est impossible. Je regarde Marvine, celui-ci prend la directive de la suite. Il fait envoyer les deux traites en cale attacher individuellement loin des esclaves actuelles.

 

Moi je regagne ma cabine, me laissant tomber sur la banquette. S’il est encore sur l’île, j’espère qu’il n’est pas mort, ou qu’il n’a pas sauté du haut de la falaise. Je pris pour qu’il soit en vie, que l’homme que j’aime soit toujours en vie. Il est mon trésor et je ne veux pas le perdre. Je sens que mon cœur s’emballer, je commence à avoir très chaud et surtout très mal a respiré. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je commence même à avoir mal dans la poitrine, j’étouffe. Conrad arrive à ce moment-là, me voyant dans cet état il me fait m’assoir au sol et me dit de calqué ma respiration sur la sienne.

 

J’arrive enfin à me calmer, suant à grosse goutte tellement je ne me sens pas bien. Mon second m’apporte une gourde d’eau pour que je me désaltère. Avant de s’asseoir au sol en face de moi.

 

— C’était une petite crise d’angoisse me rassure-t-il. Je comprends tu dois t’imaginer le pire s’il est encore sur l’île.

— Une crise d’angoisse ? Bordel, j’ai cru que j’allais crever.

— Oui ça fait ça… j’en faisais avant de vous rejoindre, m’avoue-t-il.

— Ah oui ?

— Ouais… j’étais… quelqu’un de plus froussard qu’aujourd’hui. J’ai pris beaucoup d’assurance auprès de vous tous. Grâce à toi Samuel. Je te dois tant tu sais, tu m’as sortie de mon village ou mon père alcoolique me frappait chaque jour et, ou je devais manger les restes tomber dans la boue.

— C’est vrai que tu n’étais pas dans un bel état quand on t’a trouvé dans la cale. Tu avais quoi ? 14 ans ?

— Oui, et toi tu m’as regardé avec tes yeux sévères, tu voulais me balancer à la flotte. Mais finalement tu m’as gardé comme mousse… et aujourd’hui je suis ton second. Alors tu vois ton histoire avec Raphaël elle me fait penser à la nôtre. Tu as plus de cœur que tu ne le penses Samuel. On va le retrouver et vivant je te le promets, me dit-il avec un beau sourire.

 

Je lui réponds à son sourire, avant de me pencher en avant et de le prendre dans mes bras. J’avais presque oublié par quoi on était passé avant d’arriver à notre équipe. Je sais que sur mon navire j’ai des hommes aussi fidèles que lui, avec une histoire semblable. J’ai créé mon équipage après la mort de mon père, avec des membres qui le servaient et qui aujourd’hui sont toujours à mes côtés. Certain sont venu se greffer à nous, des rejeté de la société, des laissé pour compte. Nous sommes avant toute une famille, en y réfléchissant, Anthonyo, Klark et Ratoune n’ont pas rejoint notre navire de la même façon. Ils n’ont pas d’histoire eux, juste d’ancien mercenaire rien d’autre.

 

Nous finissons enfin par arriver aux abords de l’île, quand j’entends un de mes hommes hurler que la terre est en vue. Je bondis hors de ma cabine pour voir la roche sortir de l’eau. À peine accosté je saute du pont pour atterrir sur les quais, me mettant à courir pour monter au sommet. Je n’y trouve absolument rien, je me mets alors à hurler son nom, à hurler le nom de celui que j’aime avec pour seule réponse le silence.

 

Je reviens sur le quai bredouille de mes recherchés avant de demander à Conrad de ramener Klark. Celui-ci est trainé devant moi sans ménagement.

 

— Où est la grotte ? demandais-je froidement.

 

Il pointe alors du doigt un petit chemin à peine praticable sur le bord de la falaise. Je commence à m’y engager, sans réfléchir plus que ça. Sur mon chemin je remarque des traces de sang sur les parois, avant de finalement arriver à cette fameuse cavité. Tout ce que j’y trouve c’est un cordage souillé de sang, et pas de trace de mon Raphaël. Je me mets à hurler de rage, faisant demi-tour pour revenir sur le quai. Je commence à regarder dans l’eau, il n’y a pas de cadavre visible. Conrad a donné les directives à tous les mondes de chercher absolument partout sur l’île. Il s’approche de moi et pose sa main sur mon épaule.

 

— On va le retrouver, murmure-t-il.

— Oui, mais comment ? Mort ? J’ai hurlé son nom, j’ai cherché partout, il n’est nulle part. Il est peut-être dans l’océan à nourrir les poissons et nous ne retrouverons jamais son corps, commençais à couiner.

— Ne dis pas ça, ne voie pas les choses aussi négativement, murmure-t-il.

 

Lui aussi ne semble pas convaincu par ses paroles. Je sais qu’il tente de me rassurer, mais je voie ses yeux embrumés de larmes. Elias et Grégoire toujours accompagner de Marvine s’approche de nous.

 

— On a trouvé sur sang au bout du quai, murmure Elias.

 

Je vais voir l’endroit indiqué, effectivement il y a des traces de sang en forme d’empreinte de main. Il a dû s’abimer les mains sur la falaise, ce que j’ai vu en y allant. Il n’est donc pas tombé à l’eau en revenant ici. Alors que je commence à perdre espoir, un oiseau vient se poser sur l’un de poteau du quai. Je fronce des sourcils, normalement aucun oiseau ne vit ici, et encore moins un Ara, un perroquet au plumage très coloré. Je m’approche de lui et tends ma main, celui-ci vient s’y poser soulevant une patte. J’y remarque qu’un petit parchemin y est attaché. Je le prends et l’animal vient se poser sur mon épaule. Je déplie le message pour lire ce qui y est inscrit.

 

“Cher capitaine Samuel Blackstone,

Je me présente, Liath l’affamé. Je crois que tu me connais même très bien, car nous ne sommes pas des alliés tout au contraire. Sache une chose, je vais aller droit au but, je détiens ton trésor le plus précieux, un trésor a la couleur émeraude.

Je ne désire qu’une seule chose, le Faucheur sombre. Si tu tiens temps à ton fabuleux trésor, je te donne rendez-vous à la pleine lune sur l’île du dragon. Si tu n’y es pas, je t’enverrais simplement les deux pierres précieuses, le reste je le balancerais au fond de l’océan.

À très vite Samuel.”

 

Je sens une colère sombre monter en moi, quelque chose de bien plus puissant qu’un tsunami. Je tends le papier à Conrad qui le lit rapidement, soupirant alors de soulagement. Je lui lance un regard des plus noirs. Il se met alors à glousser avant de passer le papier à Elias et Grégoire.

 

— Pourquoi ça te fait rire ? grognais-je.

— Bah… Raphaël est vivant.

 

J’écarquille les yeux, avant de sentir la tension quitter les épaules. Oui, Raphaël est vivant, il est peut-être aux mains de mon pire ennemi, mais il est bien vivant. Je ne serais donc pas étonné de découvrir Ratoune à ses côtés. Il devait vraiment être sur l’île, et quand il nous a faussé compagnie, il a rejoint l’équipage de Liath, venant directement récupérer mon trésor ici. Raphaël est vivant, il n’est pas dans l’océan et encore moins dessécher quelque part sur l’île. J’inspire un bon coup avant de dire à Conrad de ramener tout le monde sur le navire.

 

Au bout de quelque heure, toujours le perroquet sur l’épaule, je me tiens à la barre du navire devant tout mon équipage.

 

— Bien ! Il semblerait que Raphaël soit aux mains de Liath l’affamer ! Cet inconscient me demande le Faucheur sombre en l’échange de Raphaël.

 

Je peux entendre un murmure et des ricanements parcourir mon équipage. Elias et Grégoire ne savent pas trop où se mettre. Je lève la main pour stopper les murmures que tout le monde se relocalise sur moi.

 

— Vous vous doutez bien que nous n’allons pas leur donner le Faucheur sombre, déclarais-je.

— Je croyais que vous l’aimiez, hurle Elias.

 

Tout le monde se tourne vers lui, tous ont les yeux ronds, mais personne ne dit rien. J’inspire un bon coup, descendant de la mezzanine pour venir près de lui et le regarder droit dans les yeux.

 

— Je l’aime… oui je l’aime donc tu n’as pas tort, soupirais-je.

— Alors vous comptez faire quoi ? Le laisser aux mains de ce Liath l’affamer ? Rajoute Grégoire.

— Si vous m’écoutiez jusqu’au bout avant de faire des conclusions hâtives, tranchais-je froidement.

 

Finalement je remonte sur mon perchoir, l’oiseau n’ayant pas bougé d’un pouce. Tout le monde est devenu très silencieux attendant mes directives pour la suite.

 

— Nous allons donc aller au point de rendez-vous qui est l’île du dragon. Nous y serons le jour de la pleine lune comme il l’a gentiment demandé. Nous allons récupérer Raphaël… et couler leur navire. Nous ne négocions pas avec ceux qui nous volent, Raphaël est à nous et nous allons simplement le reprendre.

 

Des hurlements d’encouragement s’élèvent sur le navire, Elias et Grégoire me regardent avec des yeux ronds avant de finalement lâcher un grand sourire. Marvine leur tape sur les épaules leur murmurant des trucs qui les font encore plus sourire. S’ils croyaient que j’allais abandonner mon Raphaël ils se sont lourdement tromper, sinon pourquoi j’aurais donné autant d’énergie pour ne venir ne serait-ce qu’ici. Je lève la main et tout le monde sait parfaitement ce qu’ils doivent faire. Le Navire est détaché sur quai et nous prenons immédiatement le large. Cependant, j’ai donné une directive juste avant de partir. Anthonyo et Klark ont été solidement attacher et abandonné sur le quai. Cela leur apprendra, du moins s’ils survivent.

 

Je mets le cap sur l’île au dragon, avec le moral remonter a bloqué. Raphaël est vivant et je sais parfaitement où il se trouve. J’espère juste que Liath ne va pas lui faire de mal, ou des choses bien pires. Je ne pense pas que ce soit ce genre de capitaine, il préfère collectionner les yeux de ses ennemis. Je sais qu’il rêve d’avoir les miens dans l’un de ses bocaux de formol. Moi… j’aimerais avoir son crâne pour y coller des diamants, comme celui que j’ai déjà dans ma cabine. Je compte bien couler son navire, je compte bien lui trancher la tête pour avoir osé me prendre Raphaël. Mais en soi je lui suis aussi reconnaissant, car il la sauve de l’île. Pour moi c’est la seule chose qui m’importe vraiment.

 

Je finis par redescendre me rapprochant des deux amis de mon amant, un sourire sadique sur les lèvres.

 

— J’aimerais qu’une chose soit claire entre vous et moi, lançais-je avec dureté, vous ne faites pas encore partie de l’équipage officiellement. Vous n’avez pas à m’interrompre de la sorte.

— Pardon capitaine, couine-t-il en cœur.

— Ne recommencer plus jamais ou vous retourner en cale avec les autres.

 

Je m’éloigne d’eux, rejoignant Conrad qui m’observe les bras croisés sur sa poitrine.

 

— Ça te va bien le perroquet, glousse-t-il.

— Tu trouves… je suis sûr qu’il va rejoindre son maitre dès qu’il le verra.

— Peut-être, mais pourquoi pas penser à en adopter un ?

— J’ai déjà adopté un animal que je croyais indomptable…

 

Il me fait un sourire en coin, je parle évidemment de Raphaël. Je l’ai apprivoisé, dompté avant de l’adopter dans mes bras. J’ai mis du temps, mais il n’a pas été facile, c’est surement pour ça que je l’aime autant. Il a son caractère, il est Raphaël tout simplement, et j’imagine déjà qu’il a dû mettre du fils à retordre à Liath. Je l’imagine parfaitement se dresser devant lui et tout simplement lui cracher à la figure comme il me l’avait fait. J’espère juste qu’il ne prendra aucune décision inutile et qui le mettra en danger. Je veux le retrouver vivant et surtout entier, si bien moralement que physiquement.

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