13. Navigue sur les flots

Par Lydasa.

Cela c’est enchainer très vite pour moi, je me suis retrouvé dans le lit de Samuel et mes amis mon tourner le dos. Quand le capitaine me mit à côté d’eux pour réparer la voile, je compris sa manœuvre, il voulait que je puisse leur parler. Je prends un bout de la voile regardant les grosses aiguilles qu’on utilisait pour les réparer, innocemment je regarde mes amis avec un petit sourire gêner.

 

— On fait comment ? demandais-je.

— Comme pour réparer les boutons de chemise, me répond Grégoire froidement.

— OK…

 

Je laisse le silence s’installer malgré moi, ils ont tous les deux les yeux rivés sur la voile m’ignorant totalement. Je déglutis avant de finalement craquer et m’énerver.

 

— Pourquoi vous me faites la gueule ?

— Car… je ne sais pas, tu as couché avec l’ennemie, me répond Elias en plantant ses yeux dans les miens.

— L’ennemie ? Vous êtes pourtant assez content qu’il vous intègre avec Marvine pour faire autre chose que récurer le pont.

— Mais putain Raphaël ! C’est un pirate, un hors la loi, on est ses prisonniers et il a beau te faire les yeux doux tu ne restes qu’un prisonnier, un jouet entre ses mains.

— Non je ne suis pas un jouet ou un prisonnier pour lui…

— Tu es passé à l’ennemie alors, grogne Grégoire.

 

Je déglutis en baissant la tête. En soi il n’a pas tort, Samuel est un hors-la-loi et je suis en train de protéger un criminel. Je suis censé faire partie de l’armée et servir le roi, pas protéger ceux qui sont contre la loi. Je me mords la lèvre inférieure, me retenant de pleurer. Dans quoi j’ai bien pu m’embarquer, je ne réfléchis plus depuis que nous avons échoué sur l’île. J’étais pourtant l’un des meilleurs de ma promo en stratégie, et là j’ai clairement tout faux. À quoi je joue, je suis censé faire quoi à présent que j’avais les deux pieds dedans ?

 

— Vous… n’avez pas compris, murmurais-je.

— Compris quoi ? réplique Elias.

 

Je vais encore plus jouer avec le feu, si Samuel l’apprend, il ne va pas aimer. Il ne me fera plus confiance, à moins que je tente de jouer sur les deux fronts. Que je lui dis que j’ai menti à mes amis pour qu’ils ne me fassent plus la tête. Je ne sais pas, mais pour le moment je dois regagner leur confiance à eux.

 

— Je… je fais ça pour nous sortir de là.

 

Ils me regardent tous les deux avec des yeux ronds, fronçant des sourcils. Moi je regarde la toile, essayant de recoudre les mains tremblantes. Avant que finalement l’un d’entre eux percute.

 

— Attends… tu fais ça pour nous sortir de là… ne nous dis pas que tu fais semblant avec lui, que tu couches avec lui juste pour…

— Si. J’essaie de trouver une solution. Il… il commence à me faire confiance, malgré le fait que j’ai failli le tué la dernière fois. Il commence à m’écouter et… il faut que vous joué le jeu vous aussi… s’il vous plait, suppliais-je.

— Mais… Raphaël, tu n’as pas besoin d’aller aussi loin pour nous.

— Tu as quoi comme solution ? La dernière fois qu’on a tenté quelque chose, vous avez été punis et moi j’ai failli y passer, grognais-je en murmurant.

— Enfin, tu n’es pas obligé de coucher avec ce monstre, couine Elias.

 

Je me crispe, Samuel n’est pas un monstre. J’ai envie de le lui dire, mais ça mettrait en porte à faux ce que je suis en train de faire. Je secoue la tête, avant de lui sourire tendrement.

 

— Ne t’inquiète pas, après il n’est pas brutal avec moi. Ça va ne t’inquiéter pas pour ce genre de détail.

— Du coup tu veux qu’on fasse quoi ?

— Bah… Le capitaine m’a dit qu’il était prêt à vous intégrer dans son équipage. De vous donner une bonne place, pour dormir et manger. Cela permettrait… d’endormir leur confiance.

 

Je me sens soudainement mal, je sais que ce que je suis en train de leur raconter est un horrible mensonge. Que s’ils jouent le jeu, ils vont le faire pour pouvoir s’enfuir dès la première occasion ! Et surtout de libérer tout le monde, en soi ça ne serait pas mal du tout, mais je suis tombé réellement amoureux de Samuel. Je me sens blanchir, mes mains tremblent. Elias me les attrape avec douceur, quand je relève les yeux il me regarde avec une infinie douceur.

 

— On va jouer le jeu, que tu ne fasses pas tout ça pour rien. Mais dès qu’on en aura l’occasion, on te sort de cet enfer. Rassure-moi… il n’y a pas d’autre pirate qui te touche ?

— Non, que Samuel, il me protège des autres.

— D’accord, c’est mieux… on accepte de marcher dans ta combine, murmure mon ami.

 

Je lui fais alors un grand sourire, le prenant dans mes bras sous le coup de l’impulsion avant de m’écarter rougissant. Je repense au fait que Samuel m’ait dit qu’ils étaient tous les deux amoureux de moi. Je commence à m’en rendre compte, ce n’est pas une simple amitié entre nous. Nous nous remettons au travail, cette fois il me montre comment faire. Avoir un moment complice avec eux me fait beaucoup de bien. Au bout de quelque heure, Marvine passe parmi les prisonniers pour distribuer le repas. Avant de s’arrêter à notre hauteur et de nous donner, quelque chose à tous les trois, bien plus copieux que le repas des autres.

 

— Ça va ce n’est pas trop dure, demande le cuisinier ?

— Non, mais je me suis déjà piqué les doigts, gloussais-je.

— Ne te blesse pas trop, le capitaine serait capable de te faire porter des moufles pour faire ça, ou carrément te faire faire autre chose.

— Ne lui dis pas alors, murmurais-je.

— Pas de soucie c’est notre secret, et vous les garçons tout va bien ? demande-t-il à mes amis.

— Oui merci, murmure Grégoire.

 

Le cuisinier nous fait un grand sourire avant de nous laisser manger tranquillement. Elias lui a les yeux dans le vague, comme perdu dans ses pensées avant de finalement lancer comme ça.

 

— Marvine est quelqu’un de gentil, je me demande comment il a fini sur ce navire.

— Peut-être comme nous, répond Grégoire, c’est vrai qu’il ne fait pas pirate du tout, contrairement aux autres.

— Samuel… n’est pas si mauvais que ça aussi, murmurais-je.

— Vu ce qu’il t’a fait, si, tranche Elias.

 

Je lui réponds d’un sourire gêner, en soit oui, je souffre peut-être du syndrome étrange qui est de tomber amoureux de son ravisseur. Je ne sais pas, mais j’ai envie de croire que tous les pirates ne sont pas des êtres sanguinaires et sans cœur. Que ce qu’on raconte sur Samuel est faux et qu’en apprenant à le connaitre on se rend compte qu’il a un vrai cœur.

 

La journée passe et finalement le soir tous les prisonniers sont ramenés sur le navire. Mes amis regagnent la cale alors que moi je retrouve la chaleur de la cabine du capitaine. Alors que je le vois se déshabiller pour aller dans la baignoire, je ne peux m’empêcher de le rejoindre ce qui le fait sourire amoureusement.

 

— Alors tu as bien parlé avec tes amis, demandera-t-il.

— Oui… ils sont d’accord pour intégrer l’équipage.

— Vraiment ? Ils n’ont pas un peu réfléchi avant ? Car ça fera de vous des hors la loi après.

— Bah… on a eu le temps d’en discuter toute la journée. Ils ne se sont pas décidés tout de suite.

 

J’avais mal au cœur de ne pas lui dire la vérité. Que j’avais menti à mes amis, en fait je mentais a tout le monde. Je mentais égoïstement pour avoir mes amis et le capitaine avec moi. Pour pouvoir avoir les deux, je voulais le beurre et l’argent du beurre. Je savais que joué a ça allait forcément me retomber dessus à un moment ou l’autre, que j’allais me mordre les doigts de cette décision de joués sur les deux fronts. J’allais forcément perdre l’un ou l’autre. Sauf qu’aujourd’hui j’avais déjà tout perdu, quand le navire avait sombré j’étais mort aux yeux du monde. J’ai une pensée pour ma mère, que doit-elle penser. Elle doit être anéantie, elle a perdu l’homme de sa vie à cause de la mer et aujourd’hui elle avait perdu son fils. Je nourrissais l’espoir qu’un jour je puisse la revoir.

 

— Tu crois qu’un jour nous pourrions rentrer voir ma mère, demandais-je tout de même.

— Oui, si tu veux. Quand nous aurons terminé notre premier objectif, nous mettrons le cap vers ta ville si tu veux.

— C’est… une ville militaire je crains que vous ne puissiez y accoster sans être arrêté immédiatement.

— On trouvera une solution, les côtes sont grandes. Nous pourrions accoster dans un petit village et ensuite prendre une calèche jusqu’à chez ta mère. J’imagine qu’elle doit te penser mort.

— Oui…, murmurais-je triste.

— Quand nous accosterons en grande Bretagne, nous lui enverrons un message si tu veux.

 

Je relève les yeux vers lui, tremblant d’une émotion forte. Je lui fais un grand sourire avant de venir l’embrasser, me mettant à califourchon sur lui dans la baignoire. Ses mains caressent mes hanches et remontent jusqu’à mes côtes. Très vite cette baignade se transforme en quelque chose d’un peu plus torride, ses doigts se glissent jusqu’à mon intimité pour me pénétrer avec douceur. Je lâche un soupire de plaisir me cambrant quand il trouve immédiatement ma prostate.

 

Ses lèvres se perdent dans ma nuque, me mordillant doucement me faisant frissonner malgré la chaleur de l’eau. Je sens son sexe durci contre me fesse, avant qu’il ne retire ses doigts pour le remplacer par celui-ci. Je lâche un gémissement de plaisir quand je le sens m’emplir. Il m’attrape sous les cuisses, m’aidant ainsi à me lever et me relaisser tomber, faisant des vagues autour de nous. J’ondule les hanches au rythme qu’il me soulève, jusqu’à ce que je le sente palpiter en moi, avant de me plaquer contre lui pour qu’il jouisse profondément en moi. Il attrape ma hampe et commence à enclencher un mouvement de poignet. Je ne mets pas longtemps à venir moi aussi dans un hurlement de plaisir.

 

Je me relaisse tomber sur lui en tremblant de spasme orgasmique, haletant tous les deux. Il se met à me frotter doucement le dos, me murmurant des mots doux dans le creux de mon oreille. On finit par sortir, se glissant sous la couette tous les deux nus. Je me m’endors paisiblement dans ses bras, m’entourant de façon rassurante.

 

Le lendemain je me réveil toujours dans ses bras, on se lève, nous habillant avant de rejoindre l’équipage pour prendre le petit déjeuner. Je me sens quelque peut gêner de me retrouver parmi eux, prenant mon petit déjeuner juste à côté de Conrad qui ne semble pas s’en soucier. Marvine me tend même les viennoiseries qu’il a faites ce matin. Une petite heure plus tard tout le monde est amené en haut de la falaise encore une fois. Samuel me demande de le suivre, aujourd’hui nous allons tous les deux pêcher.

 

Quand nous arrivons au bord de l’eau, nous nous installons tranquillement, il lance sa canne à pêche avant de fixer l’horizon avec un grand sourire.

 

— Je suis content de partager tout ça avec quelqu’un enfin, m’avoue-t-il.

— Merci… pour tout ça… j’aurais pu tomber sur quelqu’un qui m’aurait tué dès le début.

— Disons que tu m’as perturbé dès la première fois que je t’ai vue. Je trouve tes yeux tellement hypnotisant.

 

Je me mets à rougir violemment, sursautant alors que mon hameçon se met a tiré. Je me relève tirant sur la canne pour sortir un énorme poisson. Je me loupe et me le prends en pleine figure, tombant à la renverse. Samuel explose de rire, attrapant l’animal avant qu’il ne nous échappe. Le mettant dans un des sceaux en bois que nous avons pris spécialement pour l’occasion. Nous passons toute la matinée à beaucoup rigoler, car je ne sais pas comment je m’y prends, mais à chaque fois que je sors un poisson je l’envoie très loin. Vers midi nous remontons sur la falaise où tout le monde est encore sur la réparation des voiles. Marvine est à la préparation du repas. Samuel m’entraine avec lui pour aller manger encore une fois avec les membres de l’équipage. Après le repas je retourne avec Elias et Grégoire.

 

— Les autres commencent à se poser des questions si tu es vraiment avec nous ou non. Déclare Elias.

— Je suis avec vous.

— On vous entendait rigoler d’ici, et vous sembliez vraiment vous amuser…

— Mais… on… je…

 

Je déglutis violemment, passant par tous les couleurs. Je me mets à trembler légèrement effrayer que mes amis ne me croient plus.

 

— Vous ne… me faites plus confiance ? couinais-je.

— Si nous on sait, mais les autres non, me rassure Grégoire, nous te protègerons par rapport aux autres. Il va falloir que dès que tu peux, ce soir par exemple, de prendre les clefs dans sa cabine et nous les donnée dès que tu peux.

— Les clefs… ne sont pas dans sa cabine. La dernière fois je ne l’avais pas trouvée.

— Je soupçonne que ça soit Conrad qui les est. Il doit les avoir dans sa cabine a lui.

— Dans ce cas… Tu vas simuler que tu te sens mal, Samuel va te laisser dans sa cabine, à ce moment-là il reviendra ici en te laissant seul… s’il te fait confiance. Tu iras voler les clefs quand il n’y aura personne sur le navire, propose Elias.

 

Je me crispe, c’est un plan qui fonctionnerait à coup sûr. Mais Samuel serait capable de rester avec moi, inquiet de savoir comment je me sens. C’est à double tranchant je ne sais pas trop quoi dire.

 

— Il… il serait capable de rester avec moi.

— Ce n’est pas faux, dit Grégoire en se frottant sa barbe devenue assez longue.

 

Elias lui aussi se frotte le menton, chercher un nouveau plan, mais ne trouve pas d’autre idée. Ils tentent tous les deux de réfléchir à quelque chose. Le soir alors que tout le monde retourne au navire pour la nuit, Samuel stoppe mes deux amis avant qu’il ne retourne à la cale avec tout le monde.

 

— Vous allez dormir avec Marvine, je vais vous assigner à la cuisine avec lui. Il est très content du travail que vous faites avec lui. Je vous fais confiance, après tout vous êtes des amis à Raphaël. Il m’a dit que je pouvais vous faire confiance.

— Merci Capitaine, répond Grégoire avec un sourire timide.

 

Il leur fait un signe de tête avant de m’entrainer délicatement dans sa cabine. On se glisse rapidement sous les draps, il ne met pas longtemps à s’endormir, moi je suis perdu dans mes pensées. À tel point que je passe une nuit blanche à force de cogiter. J’ai vraiment peur, de ce qu’ils me demanderont pour la suite. Je ne veux pas décevoir Samuel et je ne veux pas perdre mes amis.

 

Les jours défilent, nous cherchons à trouver un plan, mais à chaque fois on se rend compte que cela peut tourner mal à chaque fois. Plus les jours passent et plus les membres de l’équipage commencent à me dévisager chaque matin. Je sais qu’ils me voient faire des messes basses avec mes deux amis, qu’ils ont aussi été intégrés dans l’équipage. Eux aussi trouve une tension étrange se former autour de nous.

 

Un matin alors que nous prenons tous les petits déjeuners avec tout l’équipage, Elias et Grégoire sont avec nous. J’ai des cernes sous les yeux, fatigués à force de faire des nuits blanches, je n’arrête pas de bailler. Samuel finit par s’inquiéter, posant sa main sur mon front par réflexe.

 

— Tu fais fatiguer, tu te sens bien ?

— Oui, j’ai mal dormi c’est tout.

— Tu peux rester sur le navire pour dormir encore un peu. Normalement nous devrions avoir terminé de réparer les voiles aujourd’hui, tu peux donc dormir.

 

Je le regarde, puis je me tourne vers Elias et Grégoire qui me font un signe de la tête. C’est le moment d’après eux pour appliquer un de nos plans. Je regarde Samuel et lui fait un sourire crispé, j’espère qu’il va simplement penser que je suis très fatigué et que c’est pour cela que je suis stressé. Il me fait un beau sourire tendre.

 

— Va dormir, Anthonyo et Klark vont rester avec toi sur le navire en cas où ils vont en profiter pour pêcher.

 

Je déglutis, voilà le plan tombe à l’eau, mais je vais quand même en profiter pour dormir. C’est le dernier jour que nous passons sur cette île. Je peux en profiter pour dormir, quand nous serons à nouveau en mer, mes amis réfléchiront à un nouveau plan. Alors que tous les mondes prennent la direction de la falaise, je gagne la cabine, m’asseyant sur le lit. Je me couche confortablement fermant les yeux.

 

C’est quelque heure plus tard que je sens une main posée sur mon épaule. Je sursaute, voyant le visage horrible de Ratoune pencher sur moi.

 

— Il est l’heure de se réveiller, couine-t-il.

 

Il ne m’attrape pas les cheveux, me trainant sur le sol sans difficulté. Je me mets a hurlé me débâtant comme je le peux, avant qu’il ne me lâche au milieu du pont. Anthonyo et Klark sont en train de glousser devant moi. J’ai le droit de recevoir un coup de pelle sur la tête. Quand je reprends mes esprits, je suis attaché dans une grotte, les trois pirates devant moi. Ratoune me donne une gifle qui me sonne.

 

— On a flairé que tu essayais de tous nous enculer. Avec tes petits yeux de pupute, tu suces bien le capitaine et endors sa méfiance. C’est quoi ton plan ?

— Je… n’ai aucun plan… je

— MENTEUR, hurle-t-il.

 

J’ai le droit de me faire ruer de coup, sans comprendre ce qui m’arrive. Avant que finalement devant mes non-aveux, ils finissent par se fatiguer.

 

— Bon ce n’est pas grave, au pire on le laisse ici. On n’a pas besoin de lui sur le navire. On a qu’à dire qu’il dort paisiblement dans la cabine et quand on sera bien en mer, on fera comme si on ne l’avait pas vu s’échapper !

 

Les trois hommes approuvèrent ce plan, me laissant ainsi seul attaché dans une caverne, couvert de blessure et de bleu.

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