10. Ely

    

Perdue au milieu de cette immense pièce, le cœur battant, Ely chercha un endroit pour s’assoir. Elle croyait sentir le poids des regards, de ces autres prétendants au poste de Chuchoteur, mais trop intimidée elle n’osait pas relever la tête. Du coin de l’œil, juste à côté de la grande cheminée, elle entrevit un tabouret encore libre et se pressa dans cette direction.

            Les fesses posées en équilibre sur le trépied en bois, elle cherchait furieusement à occuper ses pensées pour ne pas paniquer, pour ne pas laisser de place à toutes ces questions qu’elle avait mis de côté. Elle se sentait si perdue au milieu de cette immense salle. L’amoncellement de sculptures et tapisseries, tout le faste assumé d’une puissante... Trop de détails, Ely n’arrivait pas à fixer son regard sur quoique ce soit. Et les hommes en uniformes postés devant l’unique entrée, augmentait la sensation de malaise qui grandissant dans sa poitrine.

            Du coin de l’œil, Ely se risqua à observer les autres. Tous de tailles, de statures, d’âges différents. Ils ne paraissaient pas avoir de chose en commun, et pourtant ils étaient là pour la même chose. Cela n’avait pas de sens, Ils ne l’avaient pas averti que d’autres seraient là. Dans une profonde et lente inspiration, Ely se concentra pour communiquer avec eux, après tout ils étaient tous chuchoteurs, tous de la même famille. Pour la première fois, elle ressentit un fil ténu qui paraissait partir de sa poitrine pour s’entremêler à quelque chose de plus grand mais qu’elle n’arrivait pas encore à définir. Une légère ondulation de ce lien lui fit espérer qu’elle avait réussi à entrer en contact avec ses semblables, mais il ne se passa pas rien. Le silence de son esprit resta vierge de toute discussion. La curiosité qu’elle avait envers eux, ne semblait clairement pas réciproque. A moins que...

            L’arrivée d’un homme dans la salle interrompit ses pensées. Malgré sa petite taille, une incroyable autorité émanait de lui. Pour preuve, les gardes qui s’étaient écartés sur son passage, droit comme des piquets, la main droite figée au niveau de leur tempe dans un salut militaire et respectueux.

— Chers prétendants, Chères prétendantes, le conseil se joint à moi pour vous remercier de votre présence.

            Dans ce silence total, la voix de cet homme résonnait fortement, chacun de ses mots ricochaient contre les murs de pierre, créant un écho de son discours.

— Je suis Alexandre de Monssac, membre suprême du conseil mais aussi juré du test. L’épreuve débute demain, dans l’attente vous êtes nos invités. Chacun de vous sera conduit à sa chambre, où vous resterez jusqu’à ce que l’on vienne vous chercher. Un souper sera servi à votre demande. Un garde posté devant chacune de vos chambres assura votre sécurité. Reposez-vous bien, la journée s’annonce… hum… chargée.

            Le cœur battant, Ely se leva prestement pour suivre le soldat qui s’était avancé jusqu’à elle. Son menton lisse et ses joues vierge de barbe confirmait son jeune âge. Elle se laissa guider sans oser prononcer un mot, sans oser poser de questions. Le stress qui l’avait envahi depuis son premier pas dans le château refusait d’être dompté, formant une barrière infranchissable aux mots coincés dans sa gorge sèche. L’assurance naissante qui avait poussé en elle grâce à Eux, n’avait pas encore pris assez racine pour franchir cet obstacle. Pour tenter de se détendre, Ely joua à son jeu préféré. Deviner les pensées à partir d’un geste, d’un bruissement de tissu... A défaut d’obtenir des réponses de la part du garde, elle allait se distraire en l’observant.

            Un port de tête fier, des épaules musclées bien que partiellement dissimulées par l’épaisse veste militaire, une silhouette plutôt svelte… rien de significatif pour aiguiller sur ses origines. Le talon de ses bottes attaquait le sol, marquant là un caractère volontaire et déterminé. Ely redoubla d’effort pour traquer le moindre détail. Elle scruta sa démarche, les mouvements mécaniques de balancier de ses bras, mais tout était empreint de l’éducation militaire qu’il avait reçu et qui l’avait formaté.

            A force d’examiner le dos de son guide, son imagination se laissa aller à imaginer les mouvements félins des muscles le long de sa colonne vertébral, la chaleur de sa peau moite, la cicatrice sur son flanc gauche vestige d’une leçon de son maitre d’arme. Cette dernière pensée fît sursauter Ely. Ce flash lui avait paru si clair qu’il semblait réel et pourtant face à elle, l’étoffe rigide du veston du jeune garde était bien présente. Elle chassa cette idée de son esprit, la fatigue et la faim lui faisaient voir n’importe quoi.

            Absorbée par ses interrogations, elle rentra de plein fouet dans le garde qui venait de s’arrêter. Il vacilla à peine, lui attrapant fermement le bras pour l’empêcher de basculer lamentablement en arrière. Et tout cela sans un mot, sans un sourire.

— Madame, voici votre chambre. Sur ordre du conseil, vous êtes invité à ne pas en sortir. Je viendrais vous cherche au moment voulu. Souhaitez-vous que l’on vous serve un repas chaud ?

            Ely était gênée par ce « Madame » qui semblait s’adresser à une autre personne, pas à elle, elle aurait voulu lui dire de simplement l’appeler « Ely » mais l’impatience qui noircissait la pupille de son interlocuteur stoppa net ses pensées. Elle s’empressa d’incliner la tête pour confirmer son souhait de dîner et avant d’entrer dans la chambre, elle jeta un rapide coup d’œil dans le couloir, où une ligné de gardes stationnait chacun devant une porte. Les autres prétendants étaient déjà installés. D’un geste sec de la main, le jeune militaire l’invita à entrer.

            Jamais Ely n’avait eu une chambre rien qu’à elle et c’est avec un peu d’émotion qu’elle découvrit les lieux. La pièce de taille moyenne était de décoration simple mais chaleureuse. Les rideaux en velours vert du lit à baldaquin étaient joliment relevés et noués à l’aide de ceintures cousus dans la même étoffe. Posée sur l’épais édredon en plume, se trouvait une robe blanche aux extrémités dentelés. Du bout des doigts, elle caressa le tissu qui coulait entre ses doigts. En comparaison la robe portée lors de la réception de la Maîtresse, paraissait être un tas de chiffons rêches.

            Un léger coup à la porte se fît entendre. Une dame à la chevelure argentée poussa le battant en bois à l’aide de son imposant postérieur, faisant attention à ne pas renverser le contenu disposé sur son large plateau. Ely voulut faire un pas dans sa direction pour l’aider, mais celle-ci avait rapidement franchit cet obstacle et était déjà en train de poser les plats sur l’unique table de la pièce.

— Madame, le repas est servi. Dans l’assiette creuse, un consommé de châtaignes et en accompagnement, un petit pain blanc ainsi qu’une tranche de fromage. Souhaitez-vous mon aide pour votre toilette et vêtir votre tenue de nuit ?

            Un grognement sourd et profond en provenance de l’estomac d’Ely résonna dans la pièce, et elle se mit à rougir en baissant la tête. Encore une fois, elle ne se sentait pas à la hauteur du « Madame » qui lui était donné, et se sentait gêné de se faire servir comme une noble. Quand le bruit assourdissant s’interrompit, elle osa relever les yeux et un doux sourire l’accueillit.

— Madame, prenez votre temps pour dîner. Je vais faire chauffer de l’eau en attendant. Je reviendrai plus tard.

            Le taffetas de sa robe chuchota sur son départ, laissant Ely seule avec cette odeur gourmande qui lui torturait les narines depuis que les plats étaient entrés dans la pièce. Saisissant rapidement la chaise en bois pour s’assoir et sans personne pour la juger, elle laissa de côté les bonnes manières. Elle ignora la grande cuillère posée sur le plateau, préférant saisir l’assiette creuse à pleine mains, pour boire directement à grandes gorgés cette soupe brûlante et fumante. Peu importe la chaleur qui venait lui picoter les papilles, seul lui importait de soulager cette la faim dévorante qui la tenaillait et qui se calmait légèrement sous ces quelques lampées.  Méticuleusement elle sauça son plat, imbibant généreusement chaque morceau de pain. En quelques minutes, l’assiette en porcelaine brillait comme neuve. Elle laissa de côté le bout de fromage dont la forte odeur la rebutait et s’affala d’aise contre le dossier de sa chaise avant de vite se redresser. Le contact dur du bois contre son dos blessé lui rappela sa nuit précédente.

            Un léger coup à la porte qu’Ely reconnut à sa douceur se fît entendre. La dame aux cheveux argentés était revenue comme promis, mais elle n’était pas seule. Un tout jeune garçon la suivait portant un énorme seau d’eau fumant, qui paraissant plus lourd que lui.

— Allez dépêche toi mon garçon, Christian t’attend aux écuries et il est déjà bien tard. Oust ! N’oublie pas de lui transmettre mon bonjour !

            Et par de petits balayements de la main elle le chassa des lieux sans jamais se départir de ce même sourire lumineux, tout en le couvant du regard. Une fois seule à seule, elle se retourna vers Ely.

— Madame, je suis Valérie, votre femme de chambre dédiée jusqu’à ce que vous rencontriez le conseil, pourriez-vous...

— Pas Madame, juste… Ely, je suis juste Ely… — l’interrompit Ely dans un souffle, les yeux regardant obstinément le sol gris.

— Allons allons, il va falloir vous habituer à vous faire appeler Madame, parce que mon petit doigt me dit que c’est vous.

            Ely releva la tête, le regard interrogateur. La voix de Valérie baissa d’un ton et dans un murmure lui glissa à l’oreille :

— Vous serez la prochaine Chuchoteuse.

            Le rose aux joues, elle se redressa brusquement, et comme si cet instant n’avait pas existé, elle reprit son babillage sur la température de l’eau, sur la recette du potage, mais Ely ne l’écoutait plus, son esprit s’était figé sur cette confidence. Comment pouvait-elle le savoir ? Était-ce une simple supposition ? pourtant elle semblait si sure d’elle… Mais pourquoi elle, avec son don à peine naissant ? Pourquoi les Autres l’avaient choisi, pourquoi ne pas avoir choisi l’un d’entre eux ? Tant de questions qui se bousculaient et restaient coincés dans sa gorge, qui s’ajoutaient aux autres interrogations cumulées au fil des dernières heures. La fatigue, la timidité et la lassitude de la journée l’emportèrent sur sa curiosité et Ely se laissa noyer par le flot de paroles.

            Tout en continuant à l’assommer d’informations et détails sans importance, Valérie commença par déboutonner le col de sa robe pour enchainer sur la toilette. Sa main tressaillit lorsque le gant passa sur le dos zébré d’Ely et se fût dans un silence total que la toilette se termina. Enfin en tenue de nuit, elle se glissa dans le lit et se laissa border. Toujours le même sourire sur le visage, mais cette fois-ci légèrement teinté d’une tristesse partagée, Valérie leva la main comme pour venir lui caresser le visage mais s’arrêta, reprenant rapidement sa posture de domestique avant de partir. Ely aurait aimé qu’elle termine son geste. Elle lui rappelait Marie, le coté bourru en moins. Dans ce grand lit froid, les Autres qui s’obstinaient dans le silence, elle se sentait un peu seule. Elle pressa l’oreiller contre sa poitrine pour se réconforter.

            D’un souffle sec, Ely éteignit la bougie posée sur sa table de chevet, et dans l’obscurité, les images d’une enfant aux cheveux clairs et au dos strié venaient danser dans les braises de la cheminée que le sommeil vint éteindre. Plusieurs fois, elle fût violemment tirée de sa nuit par des rêves confus, où se mélangeaient des flashs d’épée, d’enterrement, de dispute familiale, d’un soleil couchant… Trop d’informations qui lui donnaient le sentiment d’étouffer, que son cerveau allait exploser sous la pression. Quand les premiers rayons du soleil traversèrent la grande fenêtre de la chambre, caressant doucement les paupières, Ely émergea, fatiguée mais soulagée que cette nuit agitée soit enfin terminée.

            Encore enfouie sous son épais édredon, le discret toc-toc de Valérie annonça son entrée. Entre ses mains, un plateau chargé de nourriture et sur son avant-bras droit était délicatement pliée une robe d’un rouge profond dont l’étoffe semblait significativement lourde, au vu de la raideur et des légers tremblements de son bras. Elle se dirigea rapidement vers la table pour déposer les plats et déplia la tenue sur la chaise.

— Madame a-t-elle bien dormit ?

            Et sans lui laisser le temps de répondre, elle enchaina sur une foule de questions qui n’appelaient pas de réponse, portant sur la fraicheur de la nuit ou encore la météo des derniers jours. Tout ce babillage avait l’avantage de distraire Ely de l’enjeu de cette journée et elle se laissa déshabiller, rafraichir et habiller. Il n’y avait pas de miroir dans la pièce, mais elle pouvait sentir la lourdeur du tissu en velours, lissant impeccablement le jupon qui frôlait le sol. Le bustier maintenait bien droit son dos et tentait de mettre en valeur ses maigres formes, soulignant sa taille si fine malgré le décolleté peu rempli. Mais ce qu’Ely préférait, étaient les manches. Bouffantes sur les épaules et ajustées sur le reste. Elle imaginait que cela lui donnait une certaine prestance.

— Vous êtes très jolie là-dedans... J’ai serré les lacets du corset au maximum, il faudra vous remplumer Madame. Humm oui tournez-vous, oui, humm c’est pas mal... dès que vous êtes arrivé hier soir, je suis allée aérer la robe, mais bon... y’a toujours cette petite odeur de renfermée... c’est déjà pas bien qu’on ait eu assez de tenues pour tout le monde ! Vous êtes si nombreux cette année...

            Peu importait à Ely que sa robe soit un peu défraichie, qu’elle ne soit qu’un prêt pour la rendre présentable devant le conseil. Elle se sentait bien dedans.

Souviens-toi de cette nuit, n’ai pas peur, nous sommes avec toi.

            Enfin, Ils étaient là. Elle aurait aimé avoir plus de temps pour leur poser toutes ces questions auxquelles elle ne trouvait pas de réponse, peut-être plus tard… Elle sentit ces dizaines de mains lui caressant le dos, les bras, lui serrant les mains et d’un coup ses angoisses s’envolèrent pour laisser place à un calme soufflé par Eux.

— Vous voilà prête…le garde ouvrira la porte quand le conseil voudra vous voir. Tachez de ne pas trop vous froisser Madame.

            Malgré son sourire figé sur les lèvres, l’inquiétude flottait dans son regard.

— Madame… Tout se passera bien, je…

            Sans finir sa phrase, elle sortit de la pièce. Les sourcils froncés, Ely s’assit sur le rebord de son lit. Elle n’avait pas vraiment compris cette dernière phrase de Valérie et les nombreuses heures à attendre, lui donnèrent l’occasion de réfléchir à ce qu’elle avait eu envie de dire sans le terminer. Une à une, elle entendit les autres portes du couloir s’ouvrirent et se fermer. Des pas résonnaient dans le couloir. Certains décidé, d’autres plus hésitant. Il lui sembla entendre quelques sanglots. Seule la lumière du jour déclinant lui donnait une indication sur le temps qui passe. Assise sur le rebord de son lit, respectant la recommandation de Valérie, elle n’osait pas bouger pour éviter de créer de faux plis sur la jupe. Une raideur inconfortable s’était installée dans sa nuque et les muscles de son dos. Le regard figé sur la fenêtre, elle observait les rares nuages qui passaient. Dans leurs formes, elle devina des objets, des animaux et son esprit se laissa à imaginer des histoires complètes. Et même quand le ciel redevint d’un bleu pur, elle resta plongée dans son imagination.

            Seule la main du garde qui posa sur son épaule la tira de cette rêverie dans laquelle un petit garçon élevé dans une ferme s’amusait avec une brindille comme si elle était une véritable épée sous l’œil désapprobateur de son père.  Ely croisa le regard du soldat et comprit qu’il était temps pour elle de passer devant le conseil. Les jambes un peu tremblantes, elle se leva pour le suivre. Il marchait vite, elle peinait à tenir le rythme et c’est toute essoufflée qu’elle entra dans la grande salle.

            Le raffinement du lieu lui coupa le souffle. Le sol en pierre était en grande partie recouvert par un tapis en soie aux motifs complexes, qui avait dû demander des mois de travail. Sur les murs, pendaient de magnifiques tapisseries, finement brodé avec des fils d’or et d’argent, représentant des scènes de chasse ou de guerre. Et juste en face d’Ely, une grande table en bois précieux, dont la tranche était élégamment sculptée de fruits divers. Et derrière cette table… Les quatre membres du conseil qui la regardaient. Leur autorité était amplifiée par le feu de cheminée qui brulait derrière eux, projetant une aura rougeâtre et menaçante sur leur silhouette. Monsieur de Monssac assis droit comme un i, imageait très bien l’autorité. Plus discret à sa droite, un petit bonhomme caché derrière de grosses lunettes rondes en équilibre sur son nez pointu, semblait plus interessé par la profondeur de son décolleté que par la mission pour laquelle il était là. A coté de lui, Ely Ely s’étonna de voir un homme emmitouflé dans une large écharpe multicolore, il devait suer avec cette chaleur... A se demander comment la mouche grossière qu’il s’était dessiné au coin de la bouche, ne coulait pas dans les grosses gouttes qui ruisselaient sur son visage.  Et enfin un homme au regard sévère, les sourcils en brousailles faisant concurrence à une barbe noire et sauvage.

            Ely se fît la réflexion qu’ils avaient les traits tirés et fatigués. Elle essuya nerveusement ses mains moites sur son jupon, tout en ayant conscience de la mauvaise image qu’elle renvoyait.

Respire, tu n’es pas seule.

            Une brise légère et délicatement parfumée aux embruns l’enveloppa, faisant s’évaporer les gouttes de transpiration qui commençaient à émerger sur son front. Ils étaient là, et c’est tous ensemble qu’ils allaient passer ce test.

— Bienvenue devant le conseil, présentez-vous.

            C’était la même personne qu’hier soir qui venait de prendre la parole, Alexandre de Monssac. Toujours aussi intimidant. Ely inspira profondément, remplissant ses poumons de l’air iodé qu’Ils lui envoyaient.

— Bon-bonjour Messieurs, je … euh … je suis Ely et je… je suis l-la nouvelle Chuchoteuse.

— Madame, respirez. Le conseil et moi allons vous posez des questions. Prête ?

            D’un hochement de tête, elle acquiesça, son regard balayant à droite ou à gauche en fonction de l’interlocuteur qui s’adressait à elle.

— Votre âge ?

— Environ 16 ans Monsieur.

— Où habitez-vous ?

— Chez la Maîtr- Madame de Chavard.

— Qui sont les autres prétendants ?

— Euh… D’autres chuchoteurs ?

— Parlez-nous du Don… comment est-il apparut ?

— Il y a 2 jours je …euh… j’ai senti un truc là … dans ma tête… des voix, dans.. ma tête, balbutia Ely.

            Elle vit les membres du conseil s’échanger des regards, dont la signification exacte lui échappait mais qui ne semblaient pas du tout encourageant.

— Allez, avançons ! Reprenons ! qui suis-je ? Mon nom ? ma ville de naissance ? Dépêchez-vous ma petite, ne me faîtes pas perdre mon temps !

            Elle regarda ahurie celui qui venait de la bombarder de questions. Un court instant, son visage flotta dans son esprit. Aucune réponse ne lui vint et elle perçu un silence gêné des Autres. Elle avait beau le dévisager, aucune réponse ne venait. Rien dans ces sourcils noirs en bataille, dans cette barbe explosive ne lui donnait d’indice. Seul l’image d’un ours féroce envahissait son esprit affolé.

Il est nouveau, il n’était pas en poste lorsque l’ancien chuchoteur était là.

— Vous… euh… vous êtes nouveau à ce conseil, je… crois… euh … enfin…

— Très exactement Chère Madame ! Justement pour éviter à des opportunistes dans votre genre de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas ! J’ai fait tomber le masque de vos petits camarades avant vous et maintenant… Maintenant c’est à votre tour d’être démasquée. Imposteur ! — Eructa l’homme dans une explosion de postillon, debout, les poings ancrés sur la table. Les yeux exorbités, les sourcils en bataille, un peu d’écume de salive aux coins des lèvres, les cheveux désordonnés, seule sa tenue impeccable indiquait son rang. Sa colère volcanique semblait familière à Ely.

— Je… Posez moi une autre question, s’il vous plait, je…euh … j’ai fait un long chemin pour venir jusqu’ici, je suis la nouvelle Chuchoteuse, s’il vous plait… croyez-moi, je vous en supplie…

— Une autre… chance ? une autre chance pour quoi ? nous duper ? pour nous…

            Un geste de la main interrompit la diatribe assassine. Les yeux brillants, Ely se tourna vers celui qui venait de faire cesser le flot de paroles. L’homme placé à droite d’Alexandre de Monssac. Ses tempes grisonnantes lui rappelèrent la chevelure argentée de Valérie. Il la regardait par-dessus ses petites lunettes rondes qui avaient glissé au bout de son nez pointu et d’une voix étonnamment douce, il s’adressa à elle.

— Allons allons, restons civilisé et courtois mon Cher Lotaire. Ely, depuis votre arrivée au château, avez-vous vu ou entendu des choses qui prouveraient votre qualité de Chuchoteuse ?

Souviens-toi de ta nuit, de cet après-midi, raconte-leur. Il ne s’agit pas de rêves, Ely…

            Devinant qu’il s’agissait de la dernière fois où elle pourrait faire entendre sa voix, elle voulut raconter tout ce qu’il lui avait paru intriguant, inhabituel, croisant les doigts pour que cela suffise à prouver qui elle était, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge. Une boule se stress l’empêchait de s’exprimer et dans son esprit affolé, des images des flash, des sons se percutaient pour ensuite rebondir contre les parois de son crâne. Et d’un seul coup, tout se mit en place, comme les pièces d’un immense puzzle. Elle venait de comprendre.

— Je…euh … J’ai deviné une cicatrice dans le dos du garde, je… je  l’ai vu enfant grandir à la campagne, et aussi… jouer avec un brin de paille comme si c’était une épée parce que… Il a toujours voulu intégrer la garde royale. Je.. je l’ai vu à l’enterrement de sa maman. J’ai vu sa maman se disputer…  avec un homme…son frère je crois… et quitter la maison de son enfance pour épouser celui qu’elle aimait. Et ce frère… ce frère….

            Son cœur tambourinait fort dans sa poitrine, Ely fixa l’homme qui lui avait hurlé dessus, l’homme dont elle avait déjà senti la colère dans ce souvenir qu’elle avait rêvé, et dans un souffle, elle lui murmura :

— c’était vous.

            Le visage de celui qu’elle regardait, se figea dans un hoquet de surprise et de douleur. Si elle n’avait pas su ce qu’il ressentait, elle aurait presque pu le trouver grotesque ainsi figé. Ses sourcils semblaient vaincu et tombaient en un rideau sombre sur ses yeux et le rictus de sa bouche s’était enfoncé dans son épaisse barbe. Des rires, des applaudissements parcouraient ses veines, et dans son sourire c’était toute l’euphorie des Autres qui s’exprimait. Pourtant malgré la liesse du moment, et le soulagement qui avait remplacé sa tension, un torrent de questions se déversa dans son esprit.

            Bientôt, Ely, bientôt tu sauras tout.

            Le petit bonhomme à lunette ronde et au nez pointu la regardait d’un air pleinement satisfait, tandis que Monsieur de Monssac gardait un sourcil relevé, scrutant ce Lotaire toujours aussi immobile, mais dont le teint avait pris la couleur de la cire des bougies.

— Monsieur de Sylvaran, asseyez-vous. Merci Madame Ely. Passons à la deuxième étape. Les candidats restants nous attendent dans la salle à côté.

            Une porte cachée par l’ombre de la bibliothèque, s’ouvrit. Tous les membres du conseil se levèrent comme un seul homme pour se diriger dans la seconde pièce, Ely leur embraya le pas. Deux autres personnes les attendaient, un jeune garçon qui semblait avoir son âge, et une femme qui aurait pu être sa mère. Chacun s’était assis dans un coin, s’évitant du regard. La rivalité ambiante rendait l’atmosphère irrespirable. Tout au fond de cette vaste salle, les quatre jurys s’installèrent dans de larges fauteuils. Toujours en Maître de cérémonie, Monsieur de Monssac pris la parole.

— Bien. Vous êtes trois. Deux imposteurs, un chuchoteur. Personne ne sortira de cette pièce tant que nous n’aurons pas résolu qui est qui.

— Je vous ai prouvé que c’était moi — s’exclama la femme, en se relevant avec force. J’ai lu dans votre esprit, j’ai vu que…

— Chacun de vous a vu, lu ou simplement deviné des choses — L’interrompit un des jurés.

Un léger raclement de gorge provenant du jeune garçon précéda sa prise de parole.

— Vl’a donc… on vous l’prouve comment?

Jamais Ely n’avait entendu un accent si typé. Il n’y avait rien de chantant sans ces phrases, qui sentait plutôt les terres lointaines. Mais sur le fond il avait raison. Comment prouver sa légitimité ? Elle regarda attentivement le conseil, attendant sagement le reste des instructions qui ne venait pas.

— Ce n’est pas à nous de vous le dire. Trouvez.

            La voix cassante de Monsieur de Sylvaran stoppa toute envie de poser d’autres questions. Les bras croisés, il fixait chacun des candidats à tour de rôle, la mâchoire serrée tout en les défiant du regard et plus particulièrement Ely. Elle tentait de refouler les vagues de panique qui venaient la frapper de plus en plus fort et menaçait de l’engloutir. Ce n’était pas le moment de fléchir.

Cette partie du test n’existait pas la dernière fois… elle s’arrêtait à l’étape précédente. Nous ne l’aimons pas ce Lotaire de Sylvaran, il n’a pas l’air de porter dans son cœur le poste de Chuchoteur. Méfie-toi de lui, nous voyons comme il te scrute. Il n’a pas digéré que tu lises dans son passé.

            Ely avait espéré trouver la solution de ce qu’il fallait faire, grâce à Eux, mais ils étaient tout aussi désemparés qu’elle. L’angoisse lui resserra la poitrine, ne laissant plus qu’un mince filet d’air entrer et sortir de ses poumons.

— V’la donc, regardez cette fille ! Vl’a que j’vai vous dire son passé, j’vai lire en elle…

            Le jeune garçon se leva et prit tout son temps pour s’avancer jusque devant Ely qui le dévisageait avec de grands yeux horrifiés. Elle sentait son cœur vibrer dans sa poitrine, elle avait la certitude qu’il n’était pas l’un des leurs, qu’il ne pouvait pas se connecter à elle… et c’était justement cela qui la paniquait. Qu’allait-il bien pouvoir dire ou faire pour convaincre le conseil ?

— Cette gamine, vl’a donc, elle a pas d’père, pas d’mère.

            Il la fixait droit dans les yeux, elle aurait aimé pouvoir détourner le regard pour lui échapper mais elle n’y arrivait pas, tétanisée par la peur.

— Vl’a donc que j’te vois, j’te lis parce que c’est moi le chuchoteur. Vl’a donc que t’es qu’une gosse seule, qui veut s’faire passer pour ce que t’es pas.  Vl’a donc que t’es rien qu’une servante qui se faisait cogner dessus, tu f’rai mieux d’partir de là !

— Deux imposteurs, deux enfants perdus, ne les laissez pas vous abusez, l’interrompit l’autre prétendante, imposant le silence par sa voix rauque rayée pas les années. Une fois l’attention dirigée sur elle, elle reprit la parole.

— Je lis en vous, membres du conseil, je sais pourquoi nous sommes là. Vous doutez, et c’est bien normal. Ces deux jeunes gens ont presque réussi à vous convaincre, mais il manque quelque chose. Monsieur de Sylvaran, je nous prédis un bel avenir ensemble, à travailler main dans la main. Votre fine analyse mariée à mon don, nous…

            Et pendant un long moment, elle monopolisa le temps de parole, n’oubliant aucun membre du juré, flattant leur ego avec conviction. Seul Monsieur de Monssac gardait le sourcil levé. Ely en conclut qu’il ne devait pas aimer la prestation pourtant rondement menée. Dans sa tête, les questions s’entrechoquaient en désordre, et c’est à peine si elle arrivait à entendre les conseils qu’Ils lui donnaient.

Ecoute nous… ouvre… lis… accepte…. Respire, Respire Ely !

            Ce dernier mot resonna avec force tandis qu’une violente odeur vinaigrée envahissait ses narines. L’acidité lui fit l’effet d’une claque qui la sortit immédiatement de sa torpeur, lui rendant instantanément sa lucidité.

Ely, nous voyons uniquement ce que toi tu vois… ouvre-toi, prend confiance ! Le don nous connecte mais il te permet aussi de lire les gens et c’est ce qui t’a permis de réussir l’épreuve précédente. Concentre-toi et lis dans ces deux imposteurs, trouve ce qui révèlera leur supercherie. Il faut que tu vois !

            Sa volonté se gonfla sous l’indignation des Autres, que des personnes tentent de se faire passer pour l’un des leurs. Elle lisait dans leur mémoire collective qu’à chaque fois, les prétendants étaient un peu plus nombreux mais c’était bien la première fois qu’un Chuchoteur voyait son talent remis en question avec une telle force. Ely redressa la tête. Elle avait eu le courage de quitter la Maîtresse pour prendre sa place, et il était hors de question qu’elle retourne là-bas. La simple évocation de cette idée la fît frissonner.   

            Fermer les yeux, inspirer calmement, expirer longuement... Au fil des respirations, elle pouvait sentir son cœur ralentir jusqu’à reprendre un rythme normal. Focaliser son attention au centre de sa poitrine pour mieux ressentir les flux d’énergies qui circulent par ce fil qui la relie aux Autres. Et pour la première fois en pleine conscience, elle perçut l’aura de tous ceux qui l’entouraient. Comme des vibrations de couleurs enveloppant les corps, des nuances de sons qui s’en échappaient, mettant à nu les pensées, le passé de leur propriétaire. Comme un voile d’obscurité qui venait de s’arracher à la vision d’Ely. Elle voyait enfin.

Elle voyait le filet de violence et de noirceur qui étouffait le jeune garçon.

Elle voyait le mirage de soumission que la vieille femme créait par ses flatteries.

            La membrane de leur esprit était comme deux fines bulles de savon, qu’elle traversa sans peine, accédant pleinement à la bibliothèque de souvenirs. Et là, pas encore rangé dans l’un des rayons de leur mémoire, fraichement posées à la lisière de leur âme... les images de la première épreuve du test. En une fraction de seconde Ely les absorba et su ce qu’elle devait faire.

            Sans trembler, le menton fier et le regard dirigé vers les membres du conseil, sa voix prit possession de l’espace. Si puissamment que la vieille femme qui n’avait pas cessé sa distribution de compliments, s’interrompit sans protester.

— Jonas et Clarisse sont deux personnes malines...

            A l’entente de leurs prénoms, les deux prétendants sursautèrent, tandis que le jury se redressa, soudainement attentif.

— Cette femme vous a berné. Par ces caresses, ces flatteries, vous avez laissé vos égos obscurcir votre discernement. Son habilité lui vient de son métier de voyante itinérante. Elle use de sa capacité de prémonitions, ou du moins de suppositions...

— Insolente ! je ne vous permets pas de.... S’insurgea Clarisse, rapidement stoppé par Ely.

— De simples suppositions enveloppées de courbettes qui vous ont aveuglé. Monsieur de Chapon, en trois questions Clarisse a orienté votre réponse. Votre âge, votre ancienneté à la cour, votre fonction... lui ont permis de déduire l’intérêt que certaines jeunes femmes peuvent avoir pour vous ... et sans hésiter vous lui avez compté le reste.

Le principal intéressé baissa les yeux, ses lunettes rondes glissant un peu plus sur ce nez pointu, menaçant de tomber à tout moment.

— Quant à vous Monsieur, il n’y a pas de victoire à deviner votre penchant pour la jouer la comédie. Il est de notoriété publique que vous êtes le principal mécène de la troupe royale, que vous passez des après-midis entières avec les acteurs...

Monsieur de Pamin, s’enfonça un peu plus dans son foulard coloré.

            Mise à nue, Clarisse se jeta à genoux devant le conseil et dans de bruyants sanglots, elle implorait leur pardon, les suppliant de lui éviter la lapidation publique réservée aux imposteurs. Toute cette mise en scène grotesque aux relents hypocrites, lui soulevait le cœur. Mais une autre odeur, plus âpre, plus désespérée attira son attention. La rapidité de l’action l’empêcha d’intervenir et le prénom du jeune garçon mourut sur ses lèvres. Jonas n’avait pas voulu subir la même humiliation, le même supplice et avait préféré se donner la mort. Une fine lame cachée dans sa botte et un geste précis avait suffit à trancher sa gorge. En même temps que le sang fuyait ce corps sans vie, les sentiments, les souvenir se dispersaient, plongeant Ely dans la violence du passé de ce jeune garçon. Elle se perdit au milieu de souvenirs qui n’étaient pas les siens mais qui leur ressemblaient tellement. Des coups, de la privation, de la solitude... Un moment suspendu dans le temps, elle ne s’aperçut pas qu’on la poussait, que des gardes venaient de surgir dans la pièce pour enlever le corps, que des domestiques s’empressaient de nettoyer le sol...

            Des bribes de mots flottaient jusqu’à elle sans vraiment l’atteindre, son esprit errait dans des limbes dans lesquelles elle ne trouvait pas la sortie.

... Ely...

            Le chuchotement de son prénom à plusieurs reprises lui permit de s’ancrer à la réalité, à ce moment présent, et c’est les joues baignées de larmes qu’elle vit les membres du conseil incliné devant elle.

— Bienvenue à la Cour, Madame Ely, Chuchoteuse du Roi.

   

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Elornyx
Posté le 21/04/2020
Chapitre fort intéressant on rentre dans le vif du sujet ^^.

Je me suis aussi demandé pourquoi Valérie lui disait qu'elle était la nouvelle chuchoteuse. C'est bien mystérieux de la part d'une domestique surtout que je me disais elle n'as pas pu "évaluer" tout le monde et avoir l'air si sûr en sa position de domestique . Puis je me suis dit, "ils sont combines aux justes les prétendants ?". J'ai peut-être zappé l'info, mais du coup ils étaient possiblement plus nombreux dans ma tête que réellement surtout si le prix a payé et aussi élever. J'ai moi aussi était très surprise de cette révélation/fin sanglante. Et Ely elle le savait ? car bon, elle a pris un gros risque pour sa vie aussi en vennant là. Pas d'appréhension avant ? ou alors c'est l'effet des voix qui ihinibe pas que sa timidité mais son sens du danger également ^^
Cocochoup
Posté le 22/04/2020
Coucou !
Oui effectivement Valérie est un peu mystérieuse... 😉
Alors oui au début les prétendants étaient plus nombreux. Les 2 qui restent à la fin (en plus d'ely) Ont ceux qui ont réussi la 1ere parti du test.
Il faudra que je reprenne ce chapitre qui est un peu confu 🙄
Jupsy
Posté le 18/04/2020
Je continue sur ma lancée.

Dans l’ensemble, j’ai pris plaisir à lire ce chapitre même si deux trois détails me laissent dubitatives.

Si je peux comprendre que le Roi puisse traiter les individus comme des invités, je me dis qu’il a quand même beaucoup d’argent pour leur fournir une tenue et une femme de chambre dédiée. Après il est peut-être du genre riche et dépensier… Mais si les imposteurs sont voués à la lapidation publique, ça fait quand même beaucoup de gâchis.

Pour la femme de chambre, j’avoue que si j’avais été Ely, je l’aurais sans doute questionnée… Puis je me suis rappelée que même si Ely savait faire preuve d’audace, elle restait une jeune fille timide et que ça ne devait pas être évident de prendre son courage à deux mains pour interroger la femme de chambre. Par contre Valérie fait suspecte. J’aurais pu dire qu’elle ne cherche qu’à la rassurer, mais vu le châtiment final, il est évident que si c’était de la compassion… Valérie aurait poussé Ely vers la sortie pour la protéger. Du coup, je pense plutôt qu’elle en sait beaucoup et qu’à un moment, va falloir la prendre à part et en parler sérieusement.

Sinon j’aime bien la manière dont le pouvoir d’Ely se manifeste, l’air de rien avant que les voix ne reviennent pour jouer les coachs. Je dois avouer que j’ai un peu tiqué entre le moment où Ely balbutie et qu’elle se met à démasquer les deux autres imposteurs avec assurance. Je trouve le changement de personnalité un peu brutal. Je ne l’ai pas reconnue. Je l’aurais bien vue perdre de la superbe quand l’autre l’accuse d’être insolente… pour la voir reprendre de manière plus désespérée qu’assurée. Bon après c’est compliqué de trouver l’équilibre juste…

Par contre le retour à la réalité, le fait qu’Ely prenne conscience de ce qu’elle vient de causer avec l’acte désespéré de Jonas est intéressante. On comprend qu’il a fait son choix, qu’il préfère mourir à sa façon plutôt que de se faire lapider… Et on note que sa fin est aussi terrible que son existence… Qu’il a tenté une manœuvre désespérée pour s’en sortir et que cela a lamentablement échoué. BREF c’est HORRIBLE.

Et ils s’inclinent tous devant elle à la fin ? Y en a pas un qu’en a moins envie que les autres ? Tu sais le monsieur dont la méfiance paraît justifié même s’il y a peut-être plus que cela au fond. En tout cas, une chose est sûre, la nouvelle vie d’Ely s’annonce riche en rebondissements. Ceux qui l’ont choisie auraient quand même pu lui offrir une petite formation pour survivre dans le nid de vipères que risque d’être l’endroit où elle va vivre sa nouvelle vie.
Cocochoup
Posté le 18/04/2020
Je crois que tu es la seule à avoir noter les changements de comportements d'ely.... Et je peux juste te dire qu'il ne s'agit pas d'une incohérence 🙄
Pour Valérie, ben faudra lire la suite 😜
Et je prend note pour le fait que le roi accueille si richement les prétendants. Faudra que j'eclaircisde tout ça à la ré écriture ❤️
Xendor
Posté le 11/04/2020
C'est triste comme chapitre 😕 C'est connu qu'un poste comme celui-ci attise la convoitise mais jusqu'à se donner la mort ? En tous cas chapeau à Ely de les avoir démasquée !

J'aime bien la relation qu'elle entretien avec les autres. Il n'y a que du consentement, pas comme avec Uju. Je suis à fond avec elle !
Cocochoup
Posté le 11/04/2020
Oui c'est vrai que c'est un chapitre pas bien happy. Je re travaillerai un peu plus la partie ou le jeune homme de suicide pour donner plus d'indice sur le pourquoi de son acte. Histoire que ça ne tombe pas comme un cheveux sur la soupe.
J'essai au maximum de contraster les caractères d'ely et UJU 😉
Xendor
Posté le 11/04/2020
Tkt, c'est plutôt réussi :)
_HP_
Posté le 21/03/2020
J'ai beaucoup aimé ce chapitre. Tu as très bien détaillé les tests.
J'espère qu'on reverra Valérie, je l'aime bien ^^ Et tu as réussi à nous faire ressentir le malaise qui devait régner dans la pièce après qu'elle ait vu les cicatrices d'Ely.
J'ai beaucoup aimé la partie où Ely démentait totalement Clarisse, et fait comprendre aux jurés que leur ego les aveugle. J'aimerais parfois avoir ce don, afin de mettre certaines personnes face à ce qu'elles sont, face à leurs mensonges ^^

"la sensation de malaise qui grandissant" → grandissant/qui grandissait
"Ils ne l’avaient pas averti" → avertie
"assura votre sécurité." → assurera
"ses joues vierge de barbe" → vierges
"qui l’avait envahi" → envahie
"Ely redoubla d’effort" → efforts
"qu’il avait reçu" → reçue
"le long de sa colonne vertébral" → vertébrale
"vous êtes invité" → invitée
"Je viendrais vous cherche" → chercher
"aux extrémités dentelés" → dentelées
"celle-ci avait rapidement franchit" → franchi
"et se sentait gêné" → gênée
"qui paraissant plus lourd que lui." → qui paraissait/paraissant
"pourtant elle semblait si sure d’elle" → sûre
"les Autres l’avaient choisi" → choisie
"restaient coincés dans sa gorge" → coincées
"le coté bourru en moins" → côté
"caressant doucement les paupières" → il faudrait que tu précises qu'on parle d'Ely, bien qu'on le sache ^^ (lui carressant, ses paupières, les paupières de la jeune fille.....)
"Madame a-t-elle bien dormit" → dormi
"dès que vous êtes arrivé hier soir" → arrivée
"cette petite odeur de renfermée" → renfermé
"Certains décidé, d’autres plus hésitant" → décidés / hésitants
"la main du garde qui posa sur son épaule" → qu'il posa
"finement brodé" → brodées
"le feu de cheminée qui brulait" → brûlait
"semblait plus interessé" → intéressé
"A coté de lui, Ely Ely s’étonna" → c'est son surnom ? :p xD
"comment est-il apparut" → apparu
"mais qui ne semblaient pas du tout encourageant." → encourageants
"elle perçu un silence gêné" → perçut
"Une boule se stress" → de
"Ses sourcils semblaient vaincu" → vaincus
"Monsieur de Monssac pris la parole." → prit
"ne les laissez pas vous abusez" → abuser
"rapidement stoppé par Ely." → stoppée
"qui vous ont aveuglé" → aveuglés
Cocochoup
Posté le 21/03/2020
Mille merci pour ce commentaire encourageant. J'ai ré écris ce chapitre car la 1ere version était pas satisfaisante et je suis tellement contente que tu ais apprécié !
peneplop
Posté le 19/03/2020
Alors, je suis mitigée par rapport à ce chapitre.

J’ai lu la première version. Il n’y a pas photo avec celle-là :) Du point du rythme, c’est vraiment mieux. Tu prends ton temps. Tu as développé les étapes de sélection, c’était nécessaire et cela fonctionne très bien.

J'en viens à mes questionnements et aux trucs qui me chiffonnent.

Pourquoi les prétendants chuchoteurs sont-ils accueillis dans un lieu aussi austère pour ensuite être soignés comme des coqs en pâte ? Sachant que le conseil se doute qu'ils sont tous des menteurs sauf un ?

La servante est curieuse. Elle se laisse aller à prédire qu’Ely sera la prochaine chuchoteuse. Alors peut-être que c’est parce qu’elle a un rôle plus grand à jouer dans ton histoire, auquel cas, oublies ce que je dis :D Mais sinon, je reste sur ma faim. Pourquoi elle dit ça ? Pourquoi Ely n’en profite pas pour la questionner sur ce qu’elle sait ? Où est passé le dernier chuchoteur ? etc.

Le ton d’Alexandre Demonssac me perturbe. Je trouve qu’il manque de distance par rapport à la situation. Il a l’air d’être un homme respecté mais sa manière de parler me donne l’impression qu’il cherche à « copiner ». Je pense à ça : « — Détendez-vous Ely. Nous allons simplement vous poser quelques questions. Prête ? »

J’ai du mal à voir les personnages de ce chapitre et je me suis un peu mélangée les pinceaux. J’aurais eu besoin d’un peu plus de descriptions pour les identifier plus clairement. Un élément auquel me rattacher.

« —Ely... Ely... Madame Ely... » : je me suis demandée pourquoi tout à coup on l’encensait autant. Je pourrais comprendre qu’ils soient satisfaits d’avoir accompli leur mission : trouver la prochaine Chuchoteuse. Mais j’ai presque l’impression qu’ils se prosternent... :/ Pourquoi ?
Cocochoup
Posté le 19/03/2020
Coucou ! Et merci pour ce commentaire si détaillé.
Je note le manque de cohérence entre le lieu d'accueil et le reste. Je vais revoir ça.
Concernant la servante et où est passé le dernier chuchoteurs, tu auras tes réponses bientôt :)
Pour la phrase Ely... Ely... Madame Ely... J'ai loupé mon coup. Elle ne se fait pas encenser mais en fait elle est plongée dans ses pensées et c'est le conseil qui tente de la faire revenir à la réalité. Faut que je revois ça.
Et je note qu'il faut que je travaille pour mieux identifier chaque perso !
Allie Oster
Posté le 18/03/2020
Coucou!

Le test est tout à fait plausible, je l'ai trouvé très convaincant! J'aime que tu écrives les choses sans faux semblant, sans pour autant que le texte perdre de la douceur qui caractérise ton écriture. C'est très particulier et tout à fait admirable!

Même si Ely ne semble pas en très bonne compagnie, je suis ravie de voir qu'elle se trouve embarquée pour de bon sur la route de son destin o_o
Cocochoup
Posté le 19/03/2020
Coucou allie
Contente que ce chapitre t'ai plu. Je reste encore mitigée sur certains points mais que je retravaillerai au moment de la ré écriture,....
Zig
Posté le 16/03/2020
Et re-coucou !

Ce que j'adore dans ton style (mis à part tout... mais e te l'ai éjà dit), c'est cette manière d'utiliser des mots à des endroits où on ne les attend pas... je crois que je te l'ai déjà dit, mais vraiment ça me marque, à chaque fois ! On lit une phrase et, tout à coup, on voit sortir quelque chose qui semble ne rien avoir à faire là, mais qui trouve finalement tout à fait sa place, avec une délicatesse et un naturel qui confère une vraie force poétique.

Ensuite cette histoire de toile et de lien (qu'on voit déjà avec UJU), me fascine... j'ai hâte de savoir comment les deux sont connectés (parce qu'ils le sont forcément, n'est-ce pas ?)

La dernière scène m'a glacé le sang ! Je ne m'y attendais pas du tout...
Cocochoup
Posté le 21/03/2020
Coucou Zig!
Ely et UJU... Et bien si tu veux savoir la fin...
Je te dis tout...
..
..
..
...
Va falloir lire la suite 😂
Renarde
Posté le 14/03/2020
Coucou CorinneChoup,

Vu le sort réservé aux imposteurs, c'est étonnant qu'il y a ait eu autant de candidats ! En tout cas, je ne m'y serais pas risquée...

Je sens qu'Ely va en baver avec Lotaire. Ses réactions ne sont pas "rationnelles", on sent qu'il a un conflit personnel avec le rôle de chuchoteur du roi.

Quant à Valérie, elle me semble bien lucide. Fait-elle partie des voix ?

Elle sera mieux à la cour que chez son ancienne horrible maîtresse, mais vu le sort réservé au dernier chuchoteur, il faudra qu'elle fasse attention à elle...
Cocochoup
Posté le 14/03/2020
Y'aura des réponses à tes interrogations dans les prochains chapitres :)
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 10/03/2020
Hello chère Corinne !

Contente de voir que tu t’es lâchée sur le nombre de mots pour bien développer la narration.

C’est très bien d’avoir rajouté une seconde épreuve au test, et d’avoir fait en sorte qu’Ely soit confrontée aux autres prétendants.
Il reste un travail à faire, mais c’est normal. Ce type de récit met du temps à se construire et on est là pour ça 😊

En outre, on se pose encore quelques questions en lisant ce chapitre :

- Pourquoi y a t-il eu un test l’année dernière ? Le chuchoteur du roi vient de mourir et il n’est resté qu’un an ? (la demandeuse d’emploi que je suis se demande pourquoi il y a du turnover hahaha ! ) Peut-être que tu l’as raconté dans un chapitre précédent et pardonne-moi si je ne m’en souviens pas, mais l’ancien chuchoteur est-il mort de vieillesse ou assassiné ? Est-ce que Ely ne devrait pas s’inquiéter ?

- Pourquoi la tenue que porte Ely est-elle offerte dès son arrivée ? D’ailleurs comment ils connaissent sa taille ? On imaginne que tous les autres prétendants sont chouchoutés et toilettés de la même manière. Donc le roi est généreux. Mais ne devrait-il pas y avoir un prix à payer si on est un imposteur et que l’on a profité de ces privilèges ? Après tout, ils ont tenté d’arnaquer le roi, c’est un affront. Peut-être qu’il devrait y avoir la menace de se faire torturer ou exécuter si on découvre qu’ils sont des imposteurs ? Ils ne peuvent pas repartir tranquille avec une nouvelle tenue. Avec cette menace, ça expliquerait pourquoi Jonas se suicide soudainement. Il préfère se tuer plutôt que de se faire exécuter. Et à ce moment-là, Clarisse ne tombe pas à genoux devant Ely mais devant le conseil pour les supplier de ne pas l’exécuter…même si je peux comprendre qu'elle puisse tenir la vraie Chuchoteuse en respect car il semble que ce soit un don très spécial.

Ce sont les éléments qui me viennent à chaud. Il y a un net progrès par rapport à la version précédente et je t'en félicite. Je pense qu’il faut que tu continues à te lâcher sur la narration car ça te réussit 😊

Bisous !
Cocochoup
Posté le 10/03/2020
Coucou !
Merci pour toutes tes remarques qui m'aide beaucoup !!
Le dernier test, n'était pas l'année dernière et le dernier chuchoter a été assassiné. Spoiler, tu en apprendra un peu plus dans un prochain chapitre :)
Pour le second test, je devrai effectivement appuyer sur le fait que c'est dû à l'arrivée de lotaire de Sylvaran qui a une certaine méfiance vis à vis de la fonction de chuchoteur.
Et oui tu as raison pour le fait qu'il devrait y'avoir une sanction pour les faux prétendants je vais regarder pour modifier ça.
En tout cas merci pour ta lecture si éclairée !
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 10/03/2020
Ok, parce que j'ai tiqué en lisant : "Cette partie du test n’existait pas l’année dernière… elle s’arrêtait à l’étape précédente." Je me suis dit oulaaaa on dirait qu'ils ont du mal à garder leurs chuchoteurs ces gens là! XD
Je comprends mieux maintenant :)
Cocochoup
Posté le 10/03/2020
Je suis en train de me relire et effectivement c'est moi qui t'ai induite en erreur en mettant l'année derniere pour le test.. Alors que je voulais écrire la dernière fois... Bref hum hum
Tu me dis au tout début de ton commentaire, qu'il reste un travail à faire, tu pensais à d'autre chose que ce que tu m'a dit ?
Merci encore pour ton aide !!
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 10/03/2020
Non non, je t'ai mis tout ce à quoi je pensais sur le moment et qu'il serait bon de retravailler un peu, mais si d'autres choses me viennent je ne manquerais pas de t'en faire part cocochoup :)
Alice_Lath
Posté le 10/03/2020
Ah ouaaais, elle est brutale la fin haha, j'aime beaucoup cette réécriture sinon, ça fluidifie beaucoup la transition arrivée/chambre/épreuve. Le seul point qui me chiffonne, c'est le côté un peu rapide et édulcoré du suicide dans l'esprit des gens dans la salle. Sinon, tu as vraiment fait un super travail de réécriture, ça se lit vraiment très bien et je suis contente d'en apprendre encore plus sur ce don!
Cocochoup
Posté le 10/03/2020
Coucou
Merci d'être repassé par la pour me relire
Je note ta remarque et je verrais comment retravailler ça ❤️
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