1. Ordures en tous genres

Si l’on devait décrire monsieur Flaubert, tant dans sa personne que son style de vie, se risquer à le qualifier de moyen équivaudrait à une absence totale de prise de risque. De taille commune et de corpulence banale, cet  homme entre deux âges s'évertuait à rester en phase avec les standards vestimentaires de son temps. Il usait une énorme part de son énergie pour respecter chaque code social à la lettre. A ses yeux, la norme constituait un art de vivre. Se conformer l'emplissait de fierté, et il demeurait incapable de concevoir une autre manière d'exister, car il ne pouvait s’imaginer autrement, ni même percevoir la diversité du monde lorsqu’il prenait le tramway tous les matins à la station Voltaire, à sept heures quarante-trois précises.

Après le départ, il prenait appui sur une barre métallique, de sa main gauche, systématiquement. Il baissait la tête, fixait le sol, et se laissait ballotter par les accélérations et freinages de la rame. Il comptait les stations, puis, arrivé à sept, levait enfin les yeux pour se diriger vers la sortie. Devant le passage piéton, il inhalait une grande bouffée d'air pollué, indifférent à la fumée, au brouhaha et aux déchets qui parsemaient les trottoirs. Comme toute personne civilisée, il attendait que le feu passe au vert pour traverser l’avenue de Lodève, et s'étirait gaiement les bras et les jambes, jusqu'au moment de traverser. Il poursuivait ensuite sa route vers la banque dans laquelle il travaillait depuis quatorze ans. Il longeait d'abord la rue Hippolyte sur quelques mètres, avant de bifurquer vers la rue Gustave. Au premier croisement, il s'engageait dans la rue Condorcet, qu'il remontait jusqu'à son lieu de travail, sur le boulevard des Arceaux.

Lorsqu'il marchait, monsieur Flaubert, regardait droit devant lui. Il ne permettait jamais à son esprit de vagabonder  tant qu'il s'affairait à mettre un pied devant l'autre. Il ne prêtait nul intérêt aux conversations des gens, et observait si peu son environnement qu'il ignorait jusqu'à la couleur des maisons ou le nom des boutiques présentes sur son trajet quotidien. 

Pourtant, même une personne comme monsieur Flaubert remarqua l’attroupement de collégiens autour de la grande benne à ordures. Ils criaient, riaient, et formaient un arc de cercle autour d’un garçon au sol, le dos contre la paroi métallique de la benne. À cet instant, et pour la première fois depuis qu’il avait fermé la porte de son appartement à double tour, le banquier se surprit à penser. Que faisaient ces jeunes, à cet endroit pendant les vacances d’été, plutôt que dans leur lit, à la piscine ou devant la télévision ? Il jugea la situation du garçon au sol peu enviable. Le pauvre bougre n’avait aucune chance de sortir indemne de l’altercation que les six autres allaient inexorablement provoquer. Une personne plus courageuse serait intervenue. Un individu plus empathique aurait couru signaler ces agissements au policier qui se trouvait à une centaine de mètres, les yeux rivés dans la mauvaise direction. Quelqu’un d’autre aurait agi, mais pas monsieur Flaubert, le banquier. 

Mais cela, tout comme la suite de la journée de monsieur Flaubert, s'avérait sans importance, car il ne s'agissait pas de son histoire, mais de celle de l’adolescent brun au coude égratigné, qui serrait les dents et les poings de rage face à ses assaillants. Et en cet instant, le garçon se débattait avec une unique pensée. Pourquoi diable, parmi les centaines de rues qui dessinaient Montpellier, le gang de Paul se promenait-il dans celle-ci ?

Chez les Brassevin, pourtant, la journée démarra sans accrocs. Mavel, le collégien brun et maigrelet qui se trouverait bientôt en mauvaise posture à l’angle de la rue Condorcet, se réveilla tôt. Une chose inhabituelle pour un adolescent en vacances d’été, certes, mais Mavel Brassevin était, en tous points, quelqu’un d’inhabituel. Il préférait lire, dessiner, fabuler des aventures que jouer au football avec des garçons de son âge, et troquait volontiers les sorties entre amis contre sa console de jeu portable. Tout le monde en dehors de sa famille le qualifiait d'étrange. Quant à ses professeurs, ils estimaient que son principal talent consistait à n’en dévoiler aucun. Dans une société qui mesurait la valeur d’un individu à l’estime portée par les autres, le jeune garçon devint vite un loup solitaire. Un garçon « dans les nuages », plaisantaient les plus bienveillants.

Au saut du lit, Mavel s’était habillé d’un jean sombre et d’un t-shirt gris. Il remit en place son pendentif porte-bonheur - une simple cordelette au bout de laquelle pendait un dé à douze faces, usé, offert par son oncle des années auparavant - et après avoir chaussé ses baskets, il quitta sa chambre. Il était à peine sept heures vingt lorsqu’il dévala l’escalier de bois qui menait au salon. Il glissa un regard par-dessus le dossier du canapé, et le trouva vide. En revanche, il entendit du bruit dans la cuisine. Il y trouva sa mère qui vidait le lave-vaisselle. Sans se redresser, elle lui lança :

‒ Bonjour mon lapin, déjà debout ?

Mavel haussa les épaules.

‒ J’ai fait un drôle de rêve, avec une grande arche couverte de mousse et une fille encapuchonnée qui me prenait pour l'oncle Vecner. J’ai préféré me lever pour le retranscrire dans mon journal avant de tout oublier, expliqua-t-il.

Lyra Brassevin se redressa, souriante.

‒ Pantoufle dort encore, j’imagine ? s'enquit l'adolescent.

‒ Il n’est pas encore couché, tu veux dire ! corrigea-t-elle.

Le dénommé Pantoufle était l’homme que Mavel, dans des conversations plus sérieuses, appelait papa. Sa mère et lui étaient aussi différents que le jour et la nuit. Toujours à se promener et à profiter de la lumière du jour, la chevelure blonde de Lyra Brassevin illuminait tous les lieux qu’elle traversait, en symbiose avec sa joie de vivre et son empathie prodigieuse. Elle travaillait comme rédactrice free-lance, et semblait bien plus jeune que ses trente-cinq ans révolus. Elliot, en revanche, attirait moins les regards. Il ne sortait de l’appartement que très rarement, et partageait son temps entre son bureau près de l’entrée, dans lequel il travaillait nuit et jour sur des programmes informatiques, un mug de café à la main ; et le canapé, sur lequel il s’endormait, la télécommande entre les doigts, à des heures aussi variées qu’imprévisibles. Il ne quittait jamais sa robe de chambre grise, et affichait une barbe inégale couplée à des cheveux noirs en bataille. Mais ce qui le caractérisait le mieux, au point de donner naissance à son surnom, était lié à ses pieds. Il les affublait en permanence de pantoufles en peluche à l’effigie d’animaux. Les deux tourtereaux ne s'étaient jamais mariés, mais ils s'accordaient le droit d'usage d'un même nom de famille, celui de Lyra, qu'ils avaient transmis à leur fils.

‒ Mavel, lorsque tu auras déjeuné, tu pourras amener ces ordures à la grande benne, s’il te plaît ? Le container de la cour de l’immeuble est déjà plein à craquer, soupira sa mère en désignant deux gros sacs noirs près du couloir.

Le garçon se dirigea vers le réfrigérateur.

‒ Pas de souci, je bois un jus de fruits et je m’en occupe !

En l'absence d'amis à côtoyer, il ne sortait pas beaucoup. Son seul comparse au collège, Freddy, passait l'été chez son père à l’autre bout du pays. « Au bagne pour deux mois », exagérait-il avant chaque année. Il revenait pourtant toujours enjoué et pressé de raconter ses anecdotes à quiconque voulait les entendre. Mavel l’enviait en silence. Lui aussi partait en vacances l’été, avec son oncle et sa tante, quelques années plus tôt. Mais depuis deux ou trois ans, silence radio. « Vecner a trop de travail », justifiait Lyra lorsqu’il évoquait le sujet. C’était sûrement vrai, mais le jeune homme avait l’impression qu’on ne lui disait pas tout.

Il se saisit des sacs d’ordures, un dans chaque main, et sa mère l'accompagna dans le couloir pour lui ouvrir la porte. Il quitta l’appartement lumineux et douillet pour rejoindre unes sombre cage d’escalier. L’odeur du container dans le patio remontait jusqu’au palier du troisième et dernier étage. Les narines froncées, Mavel dévala les marches de pierre jusqu'au rez-de-chaussée. Il glissa un regard en direction de la poubelle commune. Effectivement, la qualifier de pleine était un doux euphémisme. Les voisins y avaient entassé tellement de choses qu’il aurait eu besoin d’une échelle pour poser ses sacs par-dessus. Il grimaça et sortit de l’immeuble de l'immeuble par une vieille porte en fer.

La ville baignait dans une lumière fade. Des nuages gris surplombaient les bâtiments, et une odeur d’orage imminent régnait dans l’atmosphère. Entre l’impasse des Trois Songes et sa destination, Mavel n'aperçut que quelques retraités qui vagabondaient distraitement vers la boulangerie, et des travailleurs pressés de rejoindre la station de tramway.

Il se trouvait désormais sur la petite place Vercingétorix, au croisement entre les rues Condorcet et Gustave. Devant lui, une grande benne métallique le dominait de sa hauteur. Rouillé et tagué d’inscriptions imputables à plusieurs générations de jeunes des Arceaux, le bassin d’ordures se fondait entre un mur de briques et des arbustes mal taillés. Alentours, les volets des habitants demeuraient clos, et le seul commerce à proximité, un restaurant à emporter spécialisé dans le fromage et la charcuterie, n’ouvrirait pas ses portes avant plusieurs heures. Mavel se hissa sur la pointe des pieds, et d’un ample mouvement, fit basculer l’un après l’autre les sacs dans la benne. Il secoua les bras, heureux de se défaire de son chargement. Il s'apprêtait à rentrer chez lui, lorsqu'un groupe de collégiens pénétra dans la rue et beugla son nom.

‒ Ça alors, Brassevin ! Tu fais connaissance avec ta nouvelle maison ? railla celui qui semblait être le leader du groupe, un adolescent de grande taille, blond aux yeux de fouine et au nez arqué.

Mavel sursauta. Il ne les avait pas entendus arriver, mais il reconnut la voix, et ne put cacher dans son regard un mélange de détresse et d’agacement lorsqu'il se retourna pour lui faire face.

‒ Paul…

Le groupe se divisa pour former un arc de cercle autour du garçon et lui couper toute retraite. Paul observa brièvement les lieux, et esquissa un sourire narquois.

‒ Il est tranquille ton quartier, à cette heure.

Il adorait utiliser des phrases banales pour signifier la menace. Mavel sentit la colère monter. Ils n’avaient rien de mieux à faire que de traîner au hasard au petit matin pour trouver un sans-abri, ou mieux, un camarade de classe à martyriser ? Le blond avança vers sa proie et l’empoigna par les cheveux pour le forcer à se courber. Il pencha la tête et souffla :

‒ T’aurais pas cinq balles, par hasard ? J’ai pas pris de petit-déj’ !

‒ Pas pour toi ! cracha Mavel.

Sans le lâcher, Paul lui asséna un coup de poing dans le sternum, qui fit reculer le garçon et lui coupa le souffle. L’adolescent posa un genou à terre. Du pied droit, son bourreau le fit basculer, et il se retrouva assis au sol, le dos contre la grande benne.

‒ Fouillez-le, ordonna le vaurien à sa bande.

Trois de ses acolytes se ruèrent sur le garçon. Mavel tenta de se débattre, sans succès. Un petit nerveux aux dents de souris qu’on appelait Jerry lui agrippa le bras gauche, et un colosse dont il ignorait le nom lui broya l’épaule droite de sa poigne de fer. Frank, un type banal qui s’arrangeait toujours pour traîner avec les élèves populaires, attendit qu'il soit complètement immobilisé, puis s'avança pour lui tâter les poches.

‒ Ce looser a rien. Même pas un portable, bordel !

Paul se racla la gorge et cracha au sol.

‒ Tu sers vraiment à rien, Brassevin. Pas assez combatif pour m’amuser, et trop pauvre pour m’offrir un casse-croûte. Qu’est-ce que je vais faire de toi ?

Il fit mine de réfléchir, puis leva son index.

‒ Je sais ! On va te raccompagner chez toi. Allez-y, les mecs, aidez Brassevin à rentrer dans sa jolie poubelle.

Un homme passa dans la rue, les yeux braqués vers ses pieds, un porte-documents à la main. Mavel le fixa, et pria pour attirer son attention. L’inconnu finit par lever les yeux, et croisa son regard. Il cligna, hésita, mais se désintéressa de la scène et poursuivit sa route. Paul éclata de rire.

‒ Pas de bol, hein ?

Jerry, Frank et le colosse soulevèrent le garçon, et d’un grognement conjoint, le firent basculer à l’intérieur de la benne, sous les moqueries des autres collégiens. Mavel s’écrasa brutalement sur des ordures diverses et s’y enfonça, assailli par une odeur pestilentielle de pourriture et d’alcool macéré. Son t-shirt se tacha   d'humidité au contact des fruits en décomposition. Ecoeuré et agacé par une horde moucherons qui voletaient autour de sa tête, le jeune homme songea à escalader la paroi pour s'extirper de ce bourbier, mais se ravisa. La bande de Paul était toujours là. S’ils apercevaient ne serait-ce qu’un de ses cheveux dépasser, ils le renverraient dans la fosse en un instant. Mavel se résigna à attendre que les voix s’éloignent.

Cela prit quelques minutes, mais lorsqu'ils se mirent d'accord sur leur prochaine destination, les collégiens quittèrent les lieux. Par précaution, Mavel décida d'attendre une petite minute, pour s'assurer qu’ils ne reviennent pas.

Se faire une idée précise du temps qui s’écoulait, lorsque l’on se trouvait dans un bain d’immondices au fond d’une poubelle qui, malgré des avancées technologiques stupéfiantes, n’indiquait pas encore l’heure, était un défi complexe. Il jugea malgré tout avoir patienté suffisamment pour que Paul et ses sbires prennent de la distance. Mais lorsqu'il entama un mouvement pour sortir de ce bain d'immondices, il entendit des bruits de pas, suivis d'un son métallique répété contre la paroi de la benne. Quel genre de personnes toquaient sur la paroi des vide-ordures avant d’y jeter ses sacs, se demanda-t-il. Une voix retentit au-dehors :

‒ Garçon ? Tu t’es endormi ?

Mavel sursauta. C’était un homme, adulte, et son interrogation semblait sincère. Étonné, il répondit :

‒ Euh… non. Bien sûr que non ! Vous voulez bien m’aider à sortir ?

Son interlocuteur escalada la tôle à grand bruit. Ses pieds glissaient sur la paroi et ses genoux cognèrent à quelques reprises sur la ferraille, mais deux avant-bras finirent par apparaître au sommet, suivis d’une tête. Mavel le jaugea rapidement. Il devait avoisiner la quarantaine d’années. Ses cheveux étaient bruns, décoiffés et plutôt courts. Il semblait perdu, comme s’il ignorait ce qu’il faisait là, quel jour de la semaine on était, en quelle année, ou dans quel monde. Malgré tout, il tendit la main en avant, et invita le collégien à s’en saisir pour le hisser vers l’extérieur.

Au prix de quelques efforts et de multiples grognements, le jeune homme et son bienfaiteur se retrouvèrent tous deux les pieds au sol, essoufflés, mais entiers. L’inconnu se pencha et ramassa un chapeau haut de forme qu’il replaça sur sa tête, ainsi qu’une canne d’ébène au manche argenté. Mavel analysa sa propre tenue et grimaça de dégoût. Des restes organiques et de divers détritus en provenance des sacs poubelles éventrés à qui il venait de fausser compagnie suintaient de ses vêtements. Il commit l'erreur de renifler son t-shirt, et ravala un haut-le-cœur. S’il rentrait dans cet état, sa mère s’évanouirait sur place.L’individu qui lui avait prêté main-forte l’observait désormais avec attention. Gêné, le garçon se souvint qu’il ne l’avait pas encore remercié.

‒ Oh, euh, merci, monsieur ! Je m’appelle Mavel. Heureux que vous soyez passé par là ! bégaya-t-il, le bras tendu en avant.

L’autre pencha la tête sur le côté.

‒ C’est normal, la moindre des choses. Navré, je ne te serre pas la main cette fois, il te reste des épluchures entre le pouce et l’index. Je crois que c’est de la mangue. En décomposition, cela va de soi. Il faut te laver, garçon, tu sens le putois.

L’adolescent sourcilla. Évidemment qu’il sentait mauvais ! Qui sentirait encore bon après ça ?

‒ Je sors d’une poubelle, vous vous souvenez ? se défendit-il, incrédule.

‒ Mmh… oui. C’est un argument valable. Puisque tu t’es présenté, à mon tour. Je m’appelle Braams Fortesprit. Je ne suis pas d’ici, et je cherche quelqu’un.

Soucieux d’être quelque peu sympathique envers cet étrange, mais serviable individu, Mavel proposa :

‒ Je peux peut-être vous aider ? De qui s’agit-il ?

‒ Fichtre, je n’en sais rien. Si je savais qui je cherchais, je serais déjà allé le trouver, réfléchis un instant, garçon ! rétorqua monsieur Fortesprit.

‒ D... d’accord, je vois. Je vous remercie et je vais aller me laver, comme vous me l’avez sagement conseillé. Bon courage pour vos recherches, monsieur.

Il s’éloigna à petites enjambées afin de ne pas donner l’impression de fuir. L’homme paraissait un peu fou, mais pas dangereux. Au bout de quelques mètres, un détail attira l'attention de Mavel. Entre l'angle de la place et la benne, sous une fenêtre close, se dressait une porte en fer. Une porte qui n’était pas là lorsqu’il était arrivé. Qui n’y avait jamais été, d’ailleurs. Il se stoppa net. Avait-il reçu un coup sur la tête ? Oui, il s’était cogné un peu plus tôt. Peut-être n’avait-il pas encore recouvré ses esprits ? Après tout, monsieur Fortesprit avait tout d’une hallucination. Était-il toujours au fond de cette benne, évanoui, le nez plongé dans les effluves malodorants ?

‒ Un souci, garçon ? demanda l’homme, qui n’avait pas bougé d'un pouce.

‒ Non, c’est juste, cette porte. Je… ce n’est rien, laissez tomber, je dois être un peu secoué. Au revoir !

Il reprit sa route, dubitatif, et s’efforça de ne pas trop réfléchir. Il suffisait de se répéter en boucle : maison, douche, et tout irait bien, non ? C’était sans compter monsieur Fortesprit, qui l’interpella à nouveau depuis la place. Plusieurs dizaines de mètres les séparaient désormais, ainsi avait-il dû crier :

‒ GARÇON ?

Mavel soupira et se retourna pour lui faire face. Il n’avait pas envie de crier à son tour, et préféra un mouvement interrogatif des bras pour l’encourager à dire ce qu’il voulait.

‒ TOUT COMPTE FAIT, TU PEUX PEUT-ÊTRE… ATTENDS, J’ARRIVE !

L'homme à la canne trottina dans sa direction, une main sur son couvre-chef pour l’empêcher de basculer.

‒ Je crois que tu pourrais m’aider à trouver la personne que je cherche, tout compte fait. Rejoins-moi sur cette place le dernier soir des vacances d’été, après vingt-trois heures, veux-tu ?

Sans attendre de réponse, il repartit sur ses pas sans se retourner. Mavel le regarda s’éloigner. Qui était ce type ? Pourquoi demander à le voir à cette heure, la veille de sa rentrée au lycée ? Jamais sa mère ne le l'autoriserait à retrouver seul un type louche en pleine nuit ! Et lui-même ne voyait aucune raison d'honorer ce curieux rendez-vous. Il reprit son chemin jusqu’à la maison. Pour le moment, il devait commencer par s’assurer qu’il n’était pas devenu complètement fou. Il repenserait à tout ça plus tard…

Lorsque Mavel entra dans l’appartement familial, il ne trouva pas Lyra. Seul Pantoufle était là, endormi sur le sofa, la bouche ouverte et la télécommande à la main. La télévision diffusait un reportage sur la reproduction des anguilles d’eau douce, et le garçon soupçonna son père d’avoir choisi ce programme ennuyeux à mourir pour s’endormir rapidement. S’il se fiait à ses ronflements soutenus, la technique avait été d’une efficacité redoutable. Mavel se faufila à l’étage et s’enferma dans la salle de bains. Il se débarassa de ses vêtements, ne conservant que son pendentif porte-bonheur. Un liquide visqueux suintait du vieux dé. Il entra sous la douche et frotta l'objet avec soin, avant de s'attarder lui-même sous le pommeau. La pression du jet l’aida à recouvrer ses esprits. Il se sentit soulagé. Il n’était pas fou, il était bien réveillé, il n’était plus dans cette benne. En revanche, cela signifiait aussi que l'étrange monsieur Fortesprit ne provenait pas de son imagination débordante.

Il ferma les yeux, et songea à la requête de l'homme à la canne. Retourner le voir, le soir avant la rentrée… Quelle idée saugrenue ! S'il restait sagement chez lui ce soir-là, et il n’entendrait probablement plus jamais parler de lui et sa manie loufoque de l’appeler « garçon ». C’était décidé, il s'en tiendrait à ce plan. Inutile d’en parler et d’inquiéter ses parents. Malgré tout, il lui restait un dernier mystère à résoudre : cette satanée porte en fer, près de la benne. Il fouillait ses souvenirs, secouait sa tête, comme si le geste pouvait l'aider à déterrer une image enfouie dans les méandres de sa mémoire. Rien à faire. Aujourd’hui, il l’avait vue, et avant, elle n’existait pas. Pourquoi voyait-il apparaître des portes à des endroits où il n’y en avait pas ?

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JeannieC.
Posté le 11/11/2022
Hello !
Pantoufle, c'est super mignon <3 On rentre très vite dans ton texte, avec cette plume assez légère. Je lui trouve un petit côté "Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire" dans sa façon joueuse de présenter les choses. Notamment ce Monsieur Flaubert dont le portrait m'a fait sourire. Chouette idée, que d'entrer dans l'histoire par le truchement de ce personnages franchement pas reluisant, ou du moins banal en somme.
Fortesprit est sympa, comme personnage, et on accroche bien à tes dialogues.
Helasabeth
Posté le 08/11/2022
Coucou !
Je suis tombée sur ton histoire dans la liste des HO et elle m’a bien fait envie, alors me voilà !
M. Flaubert, on sent bien une certaine inspiration x) Même si je n’ai pas fait Lettres Classiques pour le français, j’admets que ça me plaît beaucoup, surtout que j’imagine que c’est en lien avec le fait que c’est justement un gars dont l’histoire se fiche finalement, qui vit juste sa vie. La transition entre Flaubert et le petit gars m’a beaucoup plu !
(D’ailleurs, à propos de M. Flaubert, sa description est en tout cas très sympathique. Il est vraiment « l’homme moyen », en effet, mais tellement « moyen » qu’il en devient singulier puisque pratiquement personne n’est autrement aussi réglé et fondu dans la masse. J’aime bien.)

J’ai relevé quelques coquilles et j’ai surtout pinaillé mais c’était une lecture très sympa ! (J’ai particulièrement aimé les petites pointes cyniques de temps en temps, comme la poubelle-horloge !) Alors par contre, elle fait quelle taille la benne pour qu’il faille l’escalader ? Oo
Le dialogue avec Fortesprit me fume par contre xD Je l’aime déjà xD Il a un petit côté Sherlock Holmes. Mais son nom est ultra transparent, ça fait caricature, c’est voulu ? Et le fait que Mavel ne s’étonne pas de ses accessoires d’un temps un peu passé, c’est normal ?
Le surnom du père me fait bizarre en tout cas, de la part d’un enfant. Chais pas. On dirait le nom d’un chat. Pas d’un père.
Voilà en tout cas les bricoles que j’ai relevées :
« se *risquer* à le qualifier de moyen équivaudrait à une absence totale de prise de *risque* » : je me dis que c’est pour un effet humoristique mais en même temps, chais pas, la répétition et le paradoxe me font bizarre.
« A ses yeux » : « À » (je suis intraitable sur les majuscules accentuées x))
« il demeurait incapable de concevoir une autre manière d'exister, car il ne pouvait s’imaginer autrement » : ça me semble tautologique, ça
« sept heures quarante-trois précises » : xD (à deux doigts du 42 ! :o)
« Comme toute personne civilisée, il attendait que le feu passe au vert » : ce petit tâcle des gens qui traversent au rouge x)
« il attendait que le feu passe au vert pour traverser… jusqu'au moment de traverser » : c’est comme s’il traversait deux fois pour moi. Niveau action, il attend, il traverse, il attend, il traverse, ça fait un peu bizarre.
« monsieur Flaubert, regardait » : pas de virgule
« ces jeunes, à cet endroit pendant les vacances d’été, » : niveau virgule, soit j’enlèverais celle après « jeunes » pour la mettre après « endroit », soit je mettrais un « et » entre « endroit » et « pendant ».
« Lyra Brassevin se redressa, souriante. » : j’ai été perturbée parce que j’attendais qu’elle dise un truc ensuite… mais non.
« free-lance » : italique (dans mes souvenirs, c’est possible avec l’éditeur PA)
« un mug de café à la main ; » : virgule plutôt, je pense. Ça fait une coupe dans le balancement sinon.
« deux mois », » : j’aurais mis la virgule avant le guillemet, pareil pour les autres cas.
« C’était sûrement vrai, mais le jeune homme avait l’impression qu’on ne lui disait pas tout. » : ça me semble un peu léger pour soupçonner ça, à moins que le gamin n’ait des tendances paranoïaques ou qu’il y ait des antécédents.
« unes sombre » : une
« les marches de pierre » : j’imagine des marches type château fort, là ^-^’
« et sortit de l’immeuble de l'immeuble » : je dirais même plus : « de l’immeuble ».
« une odeur d’orage imminent » : c’est vraiment du pinaillage mais il y a des odeurs d’orages lointains ?
« Jerry, Frank et le colosse soulevèrent le garçon » : il ne se débat pas ?
« se tacha d'humidité » : un peu trop d’espaces
« Ecoeuré » : « Écœuré »
« d'attendre une petite minute » : « d’attendre *encore* une petite minute » ? (vu qu’il en a déjà attendues plusieurs)
« qui, malgré des avancées technologiques stupéfiantes, n’indiquait pas encore l’heure » : vraiment c’est scandaleux
« sur place.L’individu » : manque un espace
« D... d’accord » : « D…D’accord », je pense.
« un mouvement interrogatif des bras » : j’ai du mal à me figurer le truc. Perso, je lève le menton et je n’ai encore jamais vu d’équivalent des bras, je crois.

(Diable, je pinaille vraiment beaucoup quand je m’y mets ^-^’ J’espère que ça ne t’a pas fait peur !)
La suite m’intrigue en tout cas, comme ce curieux monsieur, donc je passerai sans doute sur le chapitre 2 un de ces quatre. ^^

À plus ! :D
Herbe Rouge
Posté le 08/11/2022
Bonjour,
Sacré début ! J'aime beaucoup cette présentation qui passe d'un personnage à l'autre de façon totalement naturelle, comme sur un rail de cinéma.
Et le degré de "bizarrerie" m'indique que je vais probablement beaucoup aimer cette histoire :D
Nanouchka
Posté le 06/11/2022
◊ J'ai bien aimé que tu commences par un personnage qui n'est pas le héros, puis que tu bascules de point de vue.
◊ Apprécié le surnom Pantoufle aussi et cette description bienveillante des parents.
◊ Le style du premier paragraphe m'a semblé un tout petit peu pesant et m'avait arrêtée dans ma lecture lors d'un passage précédent. Le reste m'a paru beaucoup plus fluide.
◊ L'apparition d'un personnage étrange et d'éléments qui n'appartiennent pas tout à fait à la réalité, ça m'a fait penser à une série que j'ai adoré qui s'appelle Dirk Gently (dont je viens de découvrir que c'était un roman à l'origine, il faut que je le lise).
◊ J'aime bien ce héros. Il m'a paru plutôt effacé et bienveillant pour le moment.
Edouard PArle
Posté le 05/11/2022
Coucou !
Un chapitre d'introduction efficace. On a les principaux personnages de base présentés et identifiés (pour moi en tout cas). J'ai particulièrement aimé Pantoufle, de son surnom jusqu'au moment où il regarde le reportage, je sens que ce personnage va me faire rire.
Le titre de chapitre est bien trouvé et s'éclaire par la suite. Le thème du conformise et du harcèlement sont intéressants et très d'actualité (malheureusement).
L'écriture est très agréable à suivre sans lourdeur et avec des petites touches d'humour cool^^
Mes remarques :
"monsieur Flaubert, regardait droit devant lui." -> virgule en trop après Flaubert ?
"Quant à ses professeurs, ils estimaient que son principal talent consistait à n’en dévoiler aucun." ouch, sacrée phrase !
"mais ils s'accordaient le droit d'usage d'un même nom de famille, celui de Lyra, qu'ils avaient transmis à leur fils." sympa comme choix ! ça change (=
"Son t-shirt se tacha d'humidité" espace en trop
"La télévision diffusait un reportage sur la reproduction des anguilles d’eau douce, et le garçon soupçonna son père d’avoir choisi ce programme ennuyeux à mourir pour s’endormir rapidement." xD Très drôle ce passage !
Je continue ma lecture...
LionneBlanche
Posté le 27/10/2022
Coucou, Tom !

Ma première réaction a été « oh ? » suivi d’un petit sourire. Dès le premier paragraphe, j’ai su que j’allais aimer, même si le monsieur Flaubert et son envie de se conformer à la norme ne serait clairement pas le genre de personne qui m’attirerait dans la vraie vie. Mais il y a un petit quelque chose dans la narration qui a aussitôt retenu mon attention, ma donnée envie d’une tasse de chocolat pour poursuivre. D’ailleurs, j’entends bien la voix du narrateur dans ma tête.
C’est vraiment bizarre d’être attiré à la lecture alors que le personnage semblait à ce point banal, morne. Je suis quelqu’un de très attaché au personnage, j’ai besoin de me sentir en phase avec eux, normalement.
Mais quelle belle entrée en scène ! Quel contraste entre la vie de ce monsieur et celle du garçon ! Leur vision différente aussi : le premier qui ne voit rien, le garçon qui décrit. J’aime beaucoup ce basculement qui me donne l’impression de plonger d’une vie à une autre.

Hm…. Le rêve a aussitôt retenu mon attention car dans ce dernier, on l’a pris pour son oncle et qu’il l’avait évoqué avec ce curieux dé, dès les premières lignes. Je sens que ça aura son importance, surtout qu’on est revenu dessus le dé à la fin…
Tu as de bonnes descriptions, on s’y croirait vraiment (Même si je suis contente de ne pas avoir séjourner dans la benne).

Décidément, il croise de dôles de personnage ce jeune homme. ^^
Il peut peut-être être celui qu’il rechercher… Quel bon début d’histoire !
Étrange, par contre, ce rendez-vous.

Je sens que tu vas finir dans ma PAL… ^^
À bientôt.
Ayunna
Posté le 21/08/2022
Hello Tom,

Le titre de ton histoire m'a attirée, moi qui suis une grande rêveuse et consigne mes rêves depuis toute petite dans des carnets...

Ta plume m'a immédiatement fait penser à celle de J. K. Rowling, tant dans le style, la façon de raconter au travers de points de vues de personnages, que dans la construction de ce premier chapitre.
La fin est intrigante, mais on devine facilement des petites choses.
J'aime bien le fait que tu parles du harcèlement. (Ce passage dans la benne m'a fait penser à l'Histoire sans Fin, que j'adore, que j'ai lu et vu ^^)
J'aime bien l'idée de la porte en fer qui apparaît, (un portail entre les deux mondes)

En tout cas j'aime beaucoup ta plume, très fluide, avec ce côté humoristique dans l'écriture parfois

A très vite !
Ayunna
Tom Bragulat
Posté le 29/08/2022
Salut !
Désolé du temps de réponse, j'étais coincé dans une benne à ordures ! :)

L'Histoire sans Fin, il faudra que je lise ça ou revoit le film. Je le regardais gamin mais ça remonte à trop loin, je n'en ai presque aucun souvenir !

Oui le thème du harcèlement me tenait à cœur, bien qu'il ne soit pas central dans le livre. Le fait d'être exclu ou moqué, et surtout ne pas se sentir à sa place dans un moule sociétal imposé.
Ça ne sert que de mise en place pour le personnage principal, mais c'est un peu comme dans Harry Potter justement : le héros se sent à part, et trouve finalement une place à Poudlard. Univers et histoires différents, mais schéma similaire. ^^

Merce à toi d'avoir lu ! ^^
Wendy_l'Apprent
Posté le 20/08/2022
Hello,

Je trouve ce premier chapitre très bien écrit. J'aime beaucoup ta manière de décrire les personnages à travers leurs petites habitudes/ manies qui en disent long sur eux. J'ai trouvé cette introduction originale et intrigante, elle donne envie d'en savoir plus. J'ai hâte de lire la suite!

À très bientôt !
Tom Bragulat
Posté le 20/08/2022
Salut !

J'ai vraiment du mal avec les descriptions en réalité, je ne sais jamais trop par ou les commercer, et ça se ressent, je le crains, peut-être pas ici mais sur la suite.
Du coup c'est plaisant de savoir que la manière dont j'ai introduit ces personnages reste efficace !

Merci d'avoir lu !
Feydra
Posté le 19/08/2022
J'ai été attiré vers ton histoire par la couverture, très jolie. C'est un premier chapitre très bien écrit : on fait connaissance avec les personnages et puis voilà l'apparition soudaine de Braams Fortesprit et le mystère qui nous donne envie de lire la suite. Bravo pour les choix des noms de tes personnages ! J'aime beaucoup la description des parents du héros. Ce sont des personnages attachants.
Ta façon de commencer par un personnage banal qui n'est en fait pas le héros, c'est bien vu : cela nous mène sur une fausse piste.
C'est un récit plein de fantaisie, d'humour mais aussi de poésie. Merci pour ce moment de lecture.
Ton expression et ton style sont de très bonne qualité. J'aime aussi beaucoup la référence littéraire à Flaubert. Lyra est-elle une référence à l'héroïne du roman A la croisée des mondes ? Et dans Braams, j'entends le nom du compositeur Brahms...
Merci pour cet agréable moment de lecture.
Tom Bragulat
Posté le 19/08/2022
Merci beaucoup pour ton retour !

Je suis content que la couverture te plaise. L'illustration n'est pas de moi, je la trouvais très adéquate pour le roman, donc il y a un an environ, j'avais acheté les droits pour pouvoir l'utiliser légalement si j'auto-éditais ce livre un jour !

Le prénom de Lyra est effectivement inspiré de l'héroïne d'A la croisée des mondes, même si elle n'ont rien en commun, c'est de là que ça me vient ! Bien vu !

Pour Flaubert, c'est plutôt marrant, parce que je n'ai jamais lu une ligne de cet auteur en réalité, mais comme j'avais une idée précise de l'endroit où se déroulait ce début d'histoire, je suis allé vérifier les noms de rue de la zone en question, et quand j'ai vue "rue Gustave", le nom de Flaubert s'est imposé comme une évidence. ^^

Pour Braams et Brahms, en revanche, c'est une simple coïncidence ! Mais au fond, tant mieux !

Merci encore d'avoir lu !
-nebulaee-
Posté le 19/08/2022
J'aime beaucoup ce premier chapitre, très bien écrit et travaillé. Comme dit dans le commentaire précédent, on sent l'influence de J. K. Rowling à travers la plume assez légère et humoristique. Tes descriptions sont très belles, bien travaillées et originales, surtout celle de M. Flaubert que j'aime beaucoup. Je n'ai pas relevé de faute, ce qui est vraiment super puisqu'on voit qu'on est face à un texte qualitatif.
La fin de chapitre est très intrigante, je vais me dépêcher de lire le suivant pour savoir ce qui va se passer !
Tom Bragulat
Posté le 19/08/2022
Ça me fait très plaisir ce que tu me dis là !

Pour l'influence de Rowling, en effet, j'imagine que c'est très visible. La saga Harry Potter m'a transporté lorsque j'étais jeune, et c'est ce que j'essaie tant bien que mal de reproduire comme ressenti, à ma manière.

Je m'en inspire donc beaucoup ! ^^

MariKy
Posté le 18/08/2022
Très sympa comme premier chapitre ! On sent l'influence d'Harry Potter dans le style d'écriture : le récit à la 3è personne, avec ce petit air de décalé un peu moqueur. J'aime beaucoup.
Juste deux remarques sur la forme (le texte est par ailleurs très bien écrit, ce sont des détails !) :
- je conseillerais d'écrire "Monsieur Flaubert" en entier, ou juste "M" si tu préfères le laisser en abrégé (Mr c'est pour Mister)
- il y a une coquille à : "le droit d'usage d'une même nom de famille" => d'un

Je ne comptais pas spécialement poster de commentaire ce soir, mais je suis tombée par hasard sur le titre et l'image de couverture de ton histoire et cela m'a attirée. Le thème idéal pour lire un peu avant d'aller se coucher ! :)
Tom Bragulat
Posté le 18/08/2022
Ça me va droit au cœur et je suis heureux que ce premier chapitre t'ai offert une lecture agréable avant de dormir !

Je te remercie aussi pour les deux remarques, je viens d'éditer le texte pour arranger les deux points que tu as relevés ! =)
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