***

Par itchane


*



Retour au Hameau.

 

 

Mamé virevoltait dans sa cuisine. Elle allait de placards en tiroirs, de desserte en buffet. Elle notait, vérifiait, comptait pour que tout soit parfait. Elle ne manquait pourtant pas d’expérience, elle était chargée chaque année de s’assurer que personne ne manquerait de quoi manger pour les cerises. Mais le week-end arrivait à grand pas et comme chaque fois, il y avait encore tant à faire. Les courses étaient faites et entassées dans tous les recoins de la cuisine, occupant toute place s’étant un jour présentée. Les plats et la vaisselle n’étaient pas encore au complet, mais Mamé possédait une liste très à jour de ce que chaque habitant était chargé de lui fournir pour combler les manques.

Elle vivait dans la seule maison que comptait les bâtisses du Hameau. Un foyer familial et confortable, sur deux étages et un grenier, hérité de mère en fille.

Alors qu’elle vérifiait pour la troisième fois de la journée si la farine était en quantité suffisante pour la confection de l’ensemble des tartes qu’elle prévoyait de servir pour les cerises, Mamé entendit toquer à sa porte.
— Entre, entre ! cria-t-elle en poursuivant son inventaire.
Les jumelles se présentèrent dans l’encadrure.
“Bonjour Mamé ;
— vous-vous en sortez ?” se sentirent-elles obligées de demander en découvrant que la logistique des préparatifs avait débordé jusque dans l’entrée.
— Ha ! Les jumelles. Je m’en sortirai oui, comme chaque année, leur répondit-elle avec le sourire. Venez venez, restez pas là.

Les sœurs suivirent jusque dans la cuisine le motif à fleurs un peu vieillot qui enveloppait la silhouette enrobée de Mamé. Cette dernière essuya ses mains sur son tablier et débarrassa rapidement un coin de table pour leur permettre de s’asseoir. Une alléchante odeur de gâteau au chocolat émanait du four ; Raphaël et son camarade auraient bien de la chance.

— Un plat à tarte ! Parfait, parfait, merci, tu peux le poser là ma grande.
Mamé ne se serait pas lancée à tenter un prénom ou un autre si tôt dans la conversation. Le meilleur indice était de repérer celle qui commençait les phrases, qu’elle pourrait alors appeler Lune sans trop craindre de se tromper.

— Nous espérions nous entretenir avec vous d’un tout autre sujet, commença celle qui devait donc être Lune ;
— mais vous semblez très occupée, termina Lotre.
— Ho ben, ça dépend quoi. Dites toujours et on verra, leur répondit-elle en rayant de sa liste le plat à tarte bien réceptionné.
— Rien d’urgent. Vous nous disiez il y a quelques semaines que vous possédiez dans votre grenier de nombreux vêtements et tissus dont vous ne saviez que faire ;
— pour un projet de Lune, nous nous demandions si nous pourrions y jeter un œil pour faire un peu de récup’... mais ce n’est clairement pas le moment.
— Ha le vieux grenier. Il y a tellement de bric-à-brac et de vieilleries là-haut, je pourrai simplement vous indiquer la route et vous y laisser, mais il y a de quoi faire pour des heures et j’aurai peur que vous vous y oubliiez.
Mamé, jeta un regard de haut en bas à ses invités et sa décision fut prise :
— Et puis vous êtes trop bien habillées, c’est pas de circonstance. C’est l’empire de la poussière qui vous attend là-haut et elle pourrait vous manger ! Qu’elles sont belles ces robes, ce serait bête de les abîmer ! dit-elle en s’approchant pour pouvoir tâter le tissus du bout de ses doigts avant de repartir aussitôt à ses préparatifs.
— Merci, dit Lune.
Lotre ne dit rien.
— Ha, c’est toi qui les a inventées je suppose, dit Mamé en regardant Lune. T’as de l’idée, hein, vraiment, t’as de l’idée, c’est magnifique…
— Merci, dit Lune. Et Lotre les a cousus.
— Ha oui, c’est du travail, hein, ça c’est sûr. Bravo. Mais en tout cas, reprit-elle, faudra revenir après les cerises avec des vieux pantalons. Alors on pourra affronter le grenier ensemble, je préfère.

Les deux jumelles n’auraient trop su dire comment, mais dans son ballet de recensement et de prises de notes - et sans interrompre son flux de paroles - Mamé avait trouvé l’occasion de poser sur la table une théière à l’eau déjà chaude, trois tasses et quelques biscuits sur un plateau :
— Servez-vous, servez-vous !
— Merci beaucoup. Bien sûr, c’est vrai que nous ne sommes peut-être pas préparées au mieux pour affronter le grenier ; reprit Lune dans sa robe légère.
Elle l’avait dessinée il y a quelques semaines, pour l’arrivée du redoux.
— nous repasserons après les cerises avec plaisir, termina Lotre dans la même robe légère.
Elle l’avait cousue il y a quelques semaines d’après le dessin de Lune.

Mamé avait fini par les rejoindre à table afin de profiter elle aussi du thé et des biscuits.
— Ho oui, n’hésitez pas. Et peut-être même pendant les cerises ! Mon fils m’en reparle souvent de ce grenier. Il voudrait y donner un bon coup de balai. Je ne suis pas sûre qu’il se rende compte du travail que cela représente, mais s’il se met en tête de s’y atteler cette année, je ne manquerai pas de vous prévenir !
Les sœurs échangèrent une oeillade.
— Vous avez de ses nouvelles ?
Mamé fu tenter d’éviter leur regard mais se ressaisit et leur répondit droit dans les yeux :
— Il va venir. Nous avons échangé il y a quelques semaines il se souvenait bien de la date. Il m’a promis qu’il tenterait d’être là.
Les jumelles se gardèrent bien de lui signifier qu’il avait fait la même promesse chaque année depuis son départ pour la Ville.
— Je sais ce que vous vous dîtes, il a fait la même promesse chaque année depuis son départ pour la Ville. Mais il faut bien comprendre que c’est un autre univers là-haut, une autre vie ! Depuis qu’il y est monté il est débordé, ce n’est pas n’importe qui mon fils, il a des responsabilités vous savez, et il grimpe de plus en plus.
Ses yeux brillaient de fierté mais ses mains frissonnaient, faisant tomber des miettes de biscuits dans le fond de sa tasse.
Les sœurs restèrent silencieuses. 

Depuis la fenêtre, un clair chant de flûte reprit doucement.
Il n’était pas virtuose, ni même encore tout à fait maîtrisé. Mais la naïveté et l’application du musicien le rendaient d’autant plus émouvant. L’oreille se tendait et s’y suspendait, séduite dès les premières notes, tirée par le fil de la mélodie.
Mamé s’y accrocha et ainsi porté, son esprit partit pour la Ville, qu’elle ne pouvait que s’imaginer n’y étant jamais allée elle-même. Elle pouvait y rejoindre son fils en pensées, beau, occupé.
— Il viendra. Je le connais. Il redescendra voir sa vieille mère.

Un morceau de biscuit entier tomba dans son thé, la faisant sursauter et revenir subitement au Hameau.
— Ho mince ! Excusez-moi, j’étais perdue dans mes pensées. C’est à cause de la flûte de Saul, sa musique me fait toujours cet effet ; je l’écoute et pfiu, me voilà partie, plaisanta Mamé tentant de se ressaisir.

— Il a pourtant des progrès à faire, ce n’est pas encore ça, commença Lune sur un ton légèrement moqueur ;
— mais c’est justement la pureté de son intention qui rend sa musique si belle et touchante, termina Lotre en baissant les yeux pour les concentrer sur le fond de sa tasse.
Lune regarda Lotre puis termina son thé en deux grandes gorgées.
— Nous n’allons pas vous déranger plus longtemps Mamé ;
— merci beaucoup pour le thé et les gâteaux.
Les jumelles se levèrent, prenant leurs tasses pour les déposer dans l’évier.
— Ho, ne vous dérangez pas, je m’en charge, je m’en charge. C’est avec grand plaisir, vous êtes toujours les bienvenues. Passez quand vous voulez.

À peine les deux sœurs avaient-elles quitté la maison que la boîte de biscuit était rangée, les miettes époussetées et l’inventaire pour le week-end repris.

Elle avait suffisamment de terrine et de pâté pour l’entrée, les pommes de terre étaient entassées à côté des tomates, le pain avait été commandé et arriverait le jour J. Mamé se retint de vérifier pour la quatrième fois si la farine et les œufs étaient en nombre suffisant pour la confection des tartes.
Elle dû finalement se rendre à l’évidence, plus rien ne la retenait vraiment dans la cuisine. Le nombre de bouches à nourrir n’était pas si conséquent et chacun viendrait mettre la main à la pâte, complétant de telle sorte qu’il y en aurait toujours trop et que tout le monde passerait un excellent moment, comme chaque année.
Elle enleva son tablier, l’accrocha, recoiffa les mèches brunes qui s’étaient échappées de son chignon au passage du tissu. Chaque boucle contenait aujourd’hui au moins cinq ou six fils gris, parfois plus, suffisamment pour éclaircir l’ensemble de sa chevelure. 

Mamé se rassit, ne parvenant pas à quitter les lieux. Elle aurait suffisamment d’assiettes et de chaises pour tout le monde, là n’était pas le problème. Ce qu’elle redoutait plutôt, c’était de devoir poser à table celles qui allaient rester vides.
Son fils ne viendrait sans doute pas. 

Elle ne prit pas de profonde inspiration, ni ne soupira. Elle se releva simplement et se résolu à partir, lorsqu’un bref éclat de couleur attira son regard vers sa droite, prêt de la fenêtre.
Le temps de tourner la tête, elle ne voyait déjà plus ce qui avait pu attirer son attention. Mais quand elle s'apprêta à repartir, s’offrit un nouvel éclair de formes qu’elle eût à peine le temps de percevoir. Son cœur se serra violemment, il avait reconnu ce que la rétine n’avait pas encore eut le temps de saisir.
Une troisième fois, aussi courte que les premières, le phénomène se reproduit. Mamé et la silhouette éphémère de son fils échangèrent le même regard ahuri, mais avant qu’aucun des deux n’ait le temps de prononcer le moindre mot, tout était fini. Il était reparti.

Mamé attendit pétrifiée, guettant une nouvelle apparition mais rien de plus ne devait venir.

Des grains de poussières en suspension flottaient dans le jet de lumière provenant de la fenêtre, nullement perturbés.

 


*



Au même moment.

 

 

Saul posa sa flûte sur le rebord du pupitre. Il s’essayait à ce morceau depuis plusieurs semaines et n’était pas très heureux du résultat. Il ne comportait pas tant de difficultés techniques pourtant, le jeune musicien avait choisi une partition adaptée à son niveau et qui lui plaisait beaucoup ; de plus, ses nombreuses annotations prises en marge de la portée l’aidaient à rester concentré jusqu’au bout. Le crescendo de la mesure dix-sept, qui devait démarrer l’air de rien pour s’intensifier presque innocemment jusqu’à rendre le motif entêtant. La trille de la mesure vingt-cinq qui vous prenait par surprise. Le retour régulier du contre-temps pour faire chavirer corps et cœurs. Comme chaque fois, il avait pris beaucoup de plaisir à l’analyse et la théorie mais peinait maintenant à interpréter le tout tel qu’il l’aurait souhaité. Alors il recommençait, un peu chaque jour ; appliqué, sérieux, absorbé.

Une fois la dernière note jouée et l’instrument reposé, Saul resta debout plusieurs minutes encore, grand, jeune, sous l’emprise d’une mélodie qui existait dans sa tête bien plus belle qu’au sortir de sa flûte. Captif d’une musique que personne ne pouvait entendre, il perdit la notion du temps.

Puis du bruit se fit entendre dans la cour, un ramdam de valises à roulettes et d’exclamations qui le tirèrent de sa rêverie.

Il réémergea, revenant des profondeurs. La pièce se redessina peu à peu, sol et murs de parquet vernis, son atelier sous la fenêtre, une chaise, un lit une place. Espace confiné aux allures de cale de navire. Il l’avait voulu ainsi. Il aimait les bateaux.
Il en avait des maquettes de toutes sortes qu’il construisait, peignait et réparait à la main. Aucune autre technique n’aurait pu être si précise. Il ne s’y attelait pas seulement par passion mais aussi par métier. En voyant la goélette rouge et or qui attendait ses bons soins sur son établi, il repensa à son poste, dans la cahute aux abords du bassin du grand parc. Certains jours de beaux temps il pouvait louer jusqu’à 15 petits bateaux en même temps aux familles et aux enfants venus se promener. Toutes voiles dehors, une nuée de triangles colorés filant d’un bord à l’autre d’une nappe de paillettes.

Mais le grand parc et son bassin était en travaux. Les bateaux étaient gardés prisonniers au port, ou en cale sèche sur l’atelier de Saul.
Depuis combien de temps ? Une éternité, lui semblait-il.

De temps en temps, pour le plus grand plaisir de Raphaël, il en déposait un à la surface de la fontaine, afin de tester sa flottaison ou toute autre réparation. Parfois simplement pour divertir l’enfant qui semblait ne jamais pouvoir manquer de questions ni de fascination. Mais sans vent, l’embarcation ne prenait pas vie ; il fallait pousser à la main pour qu’elle vienne mollement finir contre un autre bord qui arrivait toujours trop vite.

Il aimait pourtant cette fontaine ; à sa manière elle était même encore plus belle que le bassin du parc. Si familière, sereine ; comme en attente. Mais pas d’un bateau manifestement. Elle se réservait pour autre chose. Saul se poserait peut-être à ses côtés ce soir, il aimait se réconforter de son calme et de sa fraîcheur quand le moral lui manquait.

Il n’était plus allé au parc depuis bien longtemps, voir des machines infernales arracher la terre, couper les arbres, assécher les canaux le déprimait.
Patience.
En attendant que l’éternité s’écoule, il ne lui restait qu’à réparer, repeindre, consolider de fiers navires qui ne voguaient plus.

Les activités ne manquaient pourtant pas au Hameau pour se changer les idées. Et le voisinage était d’un réconfort sans limite. Il songea un instant à Ama, puis se força avec peine à la chasser de ses pensées.

Pour s’occuper l’esprit, il se dirigea sans conviction vers son établi. En chemin, Saul sentit tomber sur sa joue une goutte d’eau. Surpris, il leva les yeux vers le plafond, cherchant l’origine de l’affaire. Une fuite à l’étage ? Non, rien venu d’en haut. Une seconde goutte tomba proche de la première, puis une autre encore sur l’autre joue.

Saul porta la main à son visage et, remontant de ses doigts jusqu’à la source, compris que l’eau n’était autre que larmes qui inondaient son visage.
Cette découverte le perturba grandement.
Quelles larmes pourraient ainsi tomber de ses yeux pourtant restés secs ? 

Et s’il ne pleurait pas, qui le faisait pour lui ?

 




Au même endroit.
Ailleurs.

 

 

Le bleu du ciel s’étendait dans toutes les directions, à l’infini. Un seul petit nuage effiloché, immobile, osait crâner juste en face du soleil, le défiant de son coton candide.

Le sol était sec, poussiéreux, ocre pour toujours.

À l’aplomb du nuage, une silhouette était allongée sur le sol, la tête posée sur le bras. Sa peau était d’écailles, ses vêtements de lambeaux. Il s’était écroulé de soif à cinq mètres d’un large cercle de pierre. Mort, à cinq pas d’une fontaine à l’eau claire et parfaitement calme, dans laquelle se reflétait comme dans un miroir un arbre resplendissant.

Il ne pourrait jamais voir les étranges dessins de pierre sur la surface intérieure de la parois, qui ressemblaient un peu à ceux des tatouages des anciennes tribus.

Il ne pourrait jamais boire les gorgées d’eau pure qui l’auraient sauvé et remis sur pied.

Il s’était arrêté trop tôt pour profiter de l’ombre de l’arbre dont les branches s’agitaient sous l’effet d’une brise venue d’ailleurs.

Il n’aurait jamais le temps de jeter dans la fontaine la pièce d’or qu’il tenait encore serré dans sa main. Jamais son vœu ne serait prononcé, ni entendu. Encore moins exaucé.

 


*

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Arabella
Posté le 04/04/2020
Ce chapitre est aussi superbe que les précédents. Comme cette mélancolique Mamé est belle dans sa cuisine. J’adore cela et ça me rend triste. On a envie d’appeler de suite nos grands-mères en lisant ce chapitre. Très beau et un peu triste quand elle attend son fils. J’aime cette monotonie, redondance que tu veux montrer. On ne se lasse pas, mais elle montre la continuité, l’idée qu’elle répète des gestes déjà faits 1000 fois ! Ton histoire est ainsi, finalement rien d’extraordinaire dans le récit, mais une capacité à sublimer le quotidien de la campagne.
J’adore cette phrase : « C’est l’empire de la poussière qui vous attend là-haut et elle pourrait vous manger ! » Dans ma tête, la musique de Star Wars a légèrement bousculé ton histoire.

On veut savoir si le fils est vraiment arrivé !

Super décalage avec Saul et ses larmes.

Des bisous :)
itchane
Posté le 05/04/2020
Coucou Arabella !

merci de nouveau pour ton passage et ton commentaire ^^

Je suis contente que la lecture te plaise toujours, ce n'est pas évident de garder l'attention du lecteur quand il ne se passe... rien ou pas grand-chose x'D

Haha, je ne dirai rien pour le fils ! : P

Des bisous aussi, merci encore ♥♥
Eulalie
Posté le 05/03/2020
Hou, voilà bien du mystère !
Je me régale toujours de te lire. Je suis émue par le personnage de Saul et Mamé et son organisation me fait penser à moi. J'aimerais bien aller à cette fête des cerises.
J'ai été un peu perdue dans le rythme de ton premier paragraphe. En le relisant, j'ai toujours cette sensation d'accumulation confuse. Est-ce voulu ?
Il y a une répétition de "faire / fait".
Une autre chose étrange, les guillemets de “Bonjour Mamé ; / — vous-vous en sortez ?”. Pourquoi ce dialogue et pas les autres ?

J'ai aimé l'apparition du fils : délire ou réalité ? Les larmes de Saul sont intrigantes également, mais je suis un peu moins convaincue par la dernière phrase "Et s’il ne pleurait pas, qui le faisait pour lui ?". Je trouve que c'est une trop grande révélation qui m'a aussitôt confirmé les dimensions parallèles et simultanées alors que j'avais encore des doutes et que j'aurais aimé continuer de flotter un peu.
Le mort de soif près de la fontaine est effrayant. Est-ce qu'il y a une autre dimension où la fontaine est dans le désert ?
itchane
Posté le 05/04/2020
Bonjour Eulalie ^^

tu es toujours là, à me lire et me commenter, holala, je t'en remercie énormément, d'autant que mes temps de réponse sont affreusement longs et complètement injustifiés. Je m'étais un peu éloignée de PA dernièrement pour cause de mini blocage sur ce texte, mais me voici de retour avec les idées bien mieux en place pour la suite ! (enfin j'espère ^^)

Je note tes remarques très justifiées, je ferai les corrections. J'hésite aussi pour cette dernière phrase concernant Saul, toi tu aimes rester flottante, d'autres aimeraient au moins quelques pistes, d'autres n'ont pas encore compris cette histoire de mondes parallèles alors qu'ils en sont encore plus loin dans le texte (car oui tu as bien deviné cette notion là ^^), haha, du coup je ne sais pas trop. Je vais noter cette remarque dans un coin, et en fonction de la "moyenne" des lecteurs je verrai pour tenter de faire comprendre petit à petit tout le monde, ni trop tard ni trop tôt (c'est tellement difficile omg !!)

Merci encore Eulalie ♥♥
Joke
Posté le 30/10/2019
oh la la, mais que j'aime te lire!
Tu sais quoi, en lisant ce chapitre, j'ai eu envie de manger une crêpe à la confiture de reine-claude.
Bon, ok, il se trouve que j'avais fait des crêpes cet aprèm pour mes loulous, et que du coup ce soir il en restait, MAIS j'avais pas prévu du tout d'en manger après le repas en lisant, pendant que mon homme regardait le match XD.
Et surtout, pourquoi de la confiture de reine-claude? XD

Bref tout ça pour dire: tu nous entraînes dans une atmosphère parallèle, douce et étrange qui invite à la détente, au lâcher prise, à l'évasion, et ça se manifeste même dans le corps, tu vois ce que je veux dire? on a envie de rejoindre (là gustativement pour le coup) ton ambiance.
Bref tu crées un vrai pont entre le lecteur, ton univers, et autre chose, et ce n'est pas commun je trouve.

Bon maintenant revenons au détails du texte en lui-même.
Alors j'aime toujours autant ton style, les descriptions sont parfaites et très fluides, jamais lourdes et toujours au service de l'ambiance.
La façon dont on découvre au compte-goutte des détails sur les personnages est très subtile et agréable.
On n'est pas perdus, et rien n'est forcé non plus, bref on apprend à les découvrir peu à peu.
J'ai TROP AIME le coup de l'apparition du fils!
Génial, vraiment, j'ai hâte d'en savoir plus.

J'ai adoré tout le passage avec Saul et ses petits bateaux. C'était super. Et le passage des larmes... oh la la...

La fin en revanche m'a inquiétée... Je me demande ce que cela peut signifier, pour les personnages... Quelqu'un qui meurt de soif à deux pas d'une fontaine, c'est tellement symbolique et poignant...

Bon je fonce lire la suite.
itchane
Posté le 02/11/2019
Coucou Joke,

Merci d'être toujours là ! : )
Et merci pour ce très gentil commentaire, je ne savais pas que je pouvais créer des envies de confiture de reine-claude mais je le prends bien xD

Ha oui, ce passage de fin, haha, il est clairement en décalage avec le reste, je verrai une fois plus avancée si j'harmonise ou pas ces instants «ailleurs» : )

Merci encore pour ta lecture et ton commentaire ^^
Stella
Posté le 14/10/2019
Coucou
Eh bien c'est de plus en plus mystérieux. Pour l'instant je ne suis pas perdue par les changements de focale et de monde.
"Mais il faut bien comprendre que c’est un autre univers là-haut, une autre vie ! Depuis qu’il y est monté il est débordé, ce n’est pas n’importe qui mon fils, il a des responsabilités vous savez, et il grimpe de plus en plus." n'y aurait il pas un indice qui se cache là dessous ? Je me demande s'il ne faut pas littéralement monter pour arriver à la ville. Mais peut-être que je suis totalement dans les choux à force de traquer le mystérieux. 😁
Autres suppositions
Lotre en pince pour Saul ?
Ils sont piégés dans la fontaine ?
Les réalités s'étagent avec comme axe principal la fontaine ?
Tu n'es pas obligée de répondre à toutes ces questions. Je trouve intéressant de partager mes cogitations. Tu pourras te moquer de moi à la fin de ton roman quand j'aurai tout faux 😁

Peccadilles
"occupant toute place s’étant un jour présentée." =2 participes présents à la suite
Mamé, jeta un regard de/Mamé jeta
" Il n’était pas virtuose, ni même encore tout à fait maîtrisé. Mais la naïveté et l’application du musicien le rendaient d’autant plus émouvant." Je me suis demandé qui était le il peut-être mettre Le musicien n'était pas virtuose. Mais sa naïveté...
Des bisous étoilés
itchane
Posté le 15/10/2019
Hello Stella !

Merci de ton retour : )
Ouf, on ne se perd donc pas encore, tant mieux, cela me rassure alors ^^

Tes questionnements et suppositions sont tous très bien vus à leur manière et évidemment, je ne répondrai à rien ! haha : P

Je note aussi les détails de forme, je vais voir comment changer cela : )

Merci encore d'être toujours présente et de prendre le temps de commenter ^^
Des bises ♥

Liné
Posté le 06/10/2019
Ha, que de mystères... je sens qu'une fois que tu auras un peu plus déroulé les intrigues, Miroirs d'eau sera ce genre de romans qui prête à milles interprétations !

Dans le chapitre précédent, j'avais été moins sensible que d'autres plumes à cette histoire de plusieurs dimensions (j'étais un peu passée à côté et avait eu une lecture plus littérale, plus mystérieuse - ce n'est pas grave du tout !). Mais là, avec l'échange de regards ente Mamé et Saul, le fantastique se glisse de façon un peu plus claire dans le récit !

J'ai adoré le passage de Saul et de la flûte : comme la création artistique est toujours plus belle dans sa conception, pensée, plutôt que réalisée et concrète. Évidemment, le parallèle avec l'écrivain.e m'est tout de suite venu en tête !

A bientôt pour la suite ;-)
itchane
Posté le 07/10/2019
Hello Liné !

Toujours fidèle au poste, c'est très très gentil à toi de passer lire et commenter ♥
Je vais peut-être diminuer le rythme de publication car j'ai clairement perdu du monde en route... (espérons que ce soit ça l'explication, haha x'D ).

Oui, petit à petit le fantastique s'installe, j'espère ainsi maintenir l'attention du lecteur malgré cette absence totale d'action :P

Par contre tu parles d'échange de regards entre Mamé et Saul, ce qui me perturbe un peu... tu évoques le changement de pdv de l'un à l'autre ? Ou bien tu as pensé que le fils de Mamé qui apparaît à la fin du pdv Mamé était Saul ? Parce que si c'est le second cas alors je me suis plantée quelque part, Saul n'est pas le même personnage que le fils de Mamé et ça m'embête si on le pense...

Mais tu as tout à fait raison sur le premier point, je voulais effectivement essayer de laisser de la place aux interprétations sur pas mal de chose ; )
La difficulté étant de ne pas perdre le lecteur pour autant !

Merci encore de ton passage et de tes remarques ♥

(et oui, en tant qu'apprentie dessinatrice/écrivaine/violoncelliste, le passage de Saul est venu assez naturellement je dois dire ^^" )
Liné
Posté le 07/10/2019
Je pense surtout que l'effet NFPA s'évapore (moi-même je suis moins assidue dans mes lectures qu'il y a un mois ! ;-) ). Et puis il y a beaucoup de nouveaux venus...

J'ai effectivement cru que Saul était le fils de Mamé et, en relisant certaines parties du chapitre, je me rends compte de mon erreur et mets le doigt sur le passage qui m'a confusionnée : le dialogue au cours duquel Mamé perd son biscuit dans son thé, suivi de la réplique "oh, mince, sacré Saul...". En fait, puisque tu parles de la Ville et du fils de Mamé qui y vit, logiquement, le monsieur qui fait de la flûte ne peut pas être son fils... en même temps, il n'y a pas vraiment de transition entre la mention du fils et la mention de Saul (et mon cerveau fonctionne en associations rapides...). D'autant qu'il semble être question de plusieurs dimensions, ce qui pourrait impacter autant les lieux que les temporalités... bref, me suis plantée :-p mais au final, si tu veux éviter que d'autres têtes de linotte tombent dans le panneau, il n'y aurait que ce passage "biscuits dans le thé" à préciser !
itchane
Posté le 07/10/2019
Ok, merci pour ce retour !
Je vais essayer de corriger cela, tu ne seras sûrement pas la seule. Je vais réfléchir à une solution pour être sûre qu'il n'y aura plus de confusion possible ^^
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